Catégorie : Actualités

  • Blocus jihadiste à Bamako : des bus incendiés près de la capitale malienne

    Blocus jihadiste à Bamako : des bus incendiés près de la capitale malienne

    Attaques dans la forêt de Faya : un convoi de bus réduit en cendres près de Bamako

    Un nouveau cycle de violence frappe la région de Bamako. Samedi 16 mai, des hommes armés ont intercepté un convoi de transport routier dans la forêt classée de Faya, située sur l’axe stratégique Bamako-Ségou. Selon des témoins directs, les assaillants ont contraint les passagers à quitter les véhicules avant d’incendier sept bus.

    Tirs et blessés dans le chaos

    Des échanges de coups de feu ont éclaté lorsque certains chauffeurs ont résisté aux ordres des attaquants. Plusieurs personnes ont été blessées lors de ces affrontements. Les véhicules, réduits à l’état de carcasses calcinées, bloquent désormais une route essentielle pour l’approvisionnement de la capitale.

    Un blocus jihadiste s’intensifie autour de Bamako

    Depuis le 30 avril, des groupes armés affiliés au JNIM, lié à Al-Qaïda, maintiennent un blocus sur plusieurs axes menant à Bamako. Cette stratégie s’ajoute à une série d’attaques coordonnées survenues fin avril, plongeant le pays dans une insécurité croissante.

    Une économie malienne sous pression avant Tabaski

    Les conséquences de ce blocus se font déjà sentir sur les échanges commerciaux. Les livraisons de bétail en direction de Bamako, essentielles pour la fête de Tabaski, sont particulièrement touchées. Plusieurs camions transportant des moutons ont également été incendiés ces dernières semaines, aggravant les pénuries et les craintes des commerçants locaux.

    Quelles perspectives pour la région ?

    Les autorités tentent de sécuriser les axes routiers, mais la situation reste volatile. Les groupes armés profitent des failles du dispositif sécuritaire pour étendre leur emprise, mettant en péril la stabilité économique et sociale du Mali.

  • Tchad : N’Djamena réfute les allégations de l’ONU sur des victimes civiles au lac Tchad

    Tchad : N’Djamena réfute les allégations de l’ONU sur des victimes civiles au lac Tchad

    Le gouvernement tchadien défend l’intégrité de son armée face aux rapports onusiens

    Les autorités du Tchad ont exprimé leur vive opposition aux conclusions du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Ce rapport évoque la présence de victimes civiles suite à des interventions militaires aériennes menées dans la zone du bassin du lac Tchad, ciblant les insurgés de Boko Haram. Cette mise au point officielle a été portée par Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

    Lors d’une intervention médiatique, le porte-parole a qualifié ces affirmations de manœuvres destinées à ternir l’image des forces armées nationales. Selon lui, de telles déclarations portent atteinte à l’honneur et à la respectabilité des troupes engagées sur le terrain. Il a rappelé que l’armée du Tchad demeure un pilier essentiel de la lutte antiterroriste, non seulement dans le Sahel, mais également dans l’ensemble de la région du lac Tchad, un territoire régulièrement frappé par l’insécurité.

    Le respect du droit humanitaire au cœur des opérations

    Le gouvernement assure que les manœuvres militaires sont exécutées avec une rigueur absolue, en conformité avec les standards internationaux du droit humanitaire. Les autorités affirment que des protocoles stricts sont observés pour minimiser les dommages collatéraux et garantir la sécurité des populations locales lors des offensives contre les positions de Boko Haram.

    Cette réaction fait suite à la publication d’un document du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui suggère que des civils auraient perdu la vie lors de raids aériens tchadiens. Ce rapport a ravivé les tensions concernant les méthodes employées dans cette zone de conflit où les accrochages entre les forces de défense et les groupes terroristes sont fréquents.

    Un appel à la coopération internationale

    Contestant fermement ces conclusions, N’Djamena estime que les preuves avancées manquent de fondement solide. Les responsables tchadiens insistent sur le fait que leurs unités de sécurité jouent un rôle déterminant pour stabiliser la région face à la menace extrémiste.

    Pour conclure, le pouvoir exécutif exhorte la communauté internationale à adopter une vision plus juste et pondérée de la crise sécuritaire actuelle. Tout en réitérant sa volonté de protéger les civils, le Tchad plaide pour un renforcement de l’entraide mondiale afin de mieux coordonner les actions contre les groupes armés qui déstabilisent le bassin du lac Tchad. Malgré les pressions diplomatiques, le pays confirme son intention de poursuivre la lutte contre Boko Haram avec professionnalisme.

  • Opération de sécurité à N’Djamena : 447 personnes interpellées dans le 10e arrondissement

    Opération de sécurité à N’Djamena : 447 personnes interpellées dans le 10e arrondissement

    opération de sécurité à N’Djamena : 447 personnes interpellées dans le 10e arrondissement

    Une opération d’envergure a été menée dans le 10e arrondissement de N’Djamena, combinant contrôles et fouilles approfondies. Cette action coordonnée a mobilisé la Gendarmerie Nationale, la Police Nationale, ainsi que la Garde Nationale et Territoriale et plusieurs unités spécialisées. L’ensemble des opérations a été placé sous la supervision du Contrôleur Général de Police Tougoud Digo Maïdé et du Général de division Djiddo Mahamat Haggar. Le Ministre de la Sécurité Publique Ali Ahmat Aghabache était également présent sur les lieux pour suivre l’avancée des travaux.

    bilan de l’intervention : saisies et interpellations

    Les équipes ont procédé à la saisie d’armes et de véhicules non immatriculés. Parallèlement, 165 étrangers en situation irrégulière ont été appréhendés, tout comme 282 citoyens tchadiens dépourvus de pièces d’identité valides. Le Ministre a tenu à souligner le professionnalisme et l’efficacité des forces de l’ordre engagées dans cette mission.

    opération de sécurité à N'Djamena : forces de l'ordre en action dans le 10e arrondissement
  • Arrestation de Matar Ndiaga Seck au Sénégal : un proche du pouvoir dans le viseur de la justice

    Arrestation de Matar Ndiaga Seck au Sénégal : un proche du pouvoir dans le viseur de la justice

    Le paysage politique et judiciaire du Sénégal est secoué par l’interpellation de Matar Ndiaga Seck, un homme de 51 ans identifié comme une figure proche des cercles d’influence d’Ousmane Sonko. Cette opération a été exécutée par les agents de la Division des investigations criminelles (DIC), agissant sur la base d’un avis de recherche lancé par le commissariat de Linguère, dans le nord du pays.

    Une enquête d’envergure dans la région du Djoloff

    Les informations recueillies sur cette affaire révèlent que l’arrestation de Matar Ndiaga Seck n’est pas un cas isolé. Elle s’intègre dans une procédure judiciaire plus vaste liée à la répression de l’homosexualité sur le territoire national. Dans la zone du Djoloff, les autorités ont déjà procédé à l’interpellation d’une vingtaine d’individus dans le cadre de ces mêmes investigations, s’appuyant sur des indices jugés probants par les enquêteurs.

    À l’heure actuelle, le parquet n’a pas encore communiqué officiellement sur la nature précise des charges retenues contre le suspect. Toutefois, l’enquête technique se concentre sur l’examen des données numériques. La saisie d’un téléphone portable apparaît comme un élément central, les autorités cherchant à en extraire des preuves susceptibles de confirmer les soupçons pesant sur l’intéressé.

    Un contexte législatif durci au Sénégal

    Cette vague d’interpellations survient alors que le Sénégal a récemment renforcé son arsenal juridique contre les relations entre personnes de même sexe. Depuis la promulgation d’une nouvelle loi le 31 mars 2026, les dispositions de l’article 319 du Code pénal ont été durcies. Le texte sanctionne désormais plus sévèrement la « promotion » de l’homosexualité, avec des peines de prison pouvant aller jusqu’à dix ans.

    Cette évolution législative suscite l’inquiétude des défenseurs des droits humains. Ces organisations pointent du doigt une multiplication des arrestations, estimant que plus de cent personnes ont été appréhendées depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures. Elles soulignent également la complexité des dossiers impliquant des personnalités liées à l’appareil d’État ou à la classe politique, tout en appelant au respect de la présomption d’innocence.

    En parallèle, d’autres procédures similaires sont suivies de près, notamment celle concernant un ressortissant étranger incarcéré depuis plusieurs mois. Pour le moment, les autorités sénégalaises restent discrètes sur les suites de l’affaire Matar Ndiaga Seck, dont l’issue dépendra des éléments de preuve présentés devant les tribunaux dans les prochaines semaines.

  • Arrestation d’un proche d’Ousmane Sonko au Sénégal : ce que l’on sait de l’affaire Matar Ndiaga Seck

    Arrestation d’un proche d’Ousmane Sonko au Sénégal : ce que l’on sait de l’affaire Matar Ndiaga Seck

    Une figure politique interpellée par la Division des investigations criminelles

    Le climat sécuritaire et judiciaire s’intensifie au Sénégal avec l’arrestation de Matar Ndiaga Seck. Cet homme de 51 ans, identifié comme une personnalité proche de la mouvance d’Ousmane Sonko, a été appréhendé par les agents de la Division des investigations criminelles (DIC). Cette intervention fait suite à une notice de recherche émise par les autorités policières de Linguère, située dans la partie septentrionale du pays.

    Une enquête d’envergure dans la région du Djoloff

    L’interpellation de Matar Ndiaga Seck ne semble pas être un acte isolé. Elle s’inscrit dans un dossier complexe lié à l’application de la législation sur les mœurs. Les premiers éléments indiquent que cette procédure fait partie d’une vaste opération menée dans la zone du Djoloff, où près d’une vingtaine d’individus ont déjà été placés sous les verrous. Les enquêteurs s’intéressent de près aux activités numériques de l’intéressé, notamment à travers le décryptage d’un téléphone portable saisi, dont les données pourraient s’avérer déterminantes pour la suite de l’instruction.

    Un cadre législatif durci au Sénégal

    Cette vague d’arrestations survient alors que le Sénégal a récemment renforcé son arsenal juridique. Depuis le 31 mars 2026, une nouvelle loi modifiant l’article 319 du Code pénal criminalise plus sévèrement les actes liés à l’homosexualité, incluant désormais la notion de « promotion » de ces pratiques. Les prévenus s’exposent désormais à des peines de réclusion pouvant atteindre dix années.

    La situation actuelle suscite l’inquiétude des organisations de défense des libertés fondamentales. Ces dernières pointent du doigt une multiplication des interpellations, estimant à plus d’une centaine le nombre de personnes arrêtées depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions. Elles soulignent également la dimension politique que prennent certains dossiers, particulièrement lorsque les suspects gravitent autour des sphères administratives ou gouvernementales.

    Suivi judiciaire et vigilance des organisations civiles

    Alors que la justice poursuit son travail, des défenseurs des droits humains indiquent rester attentifs à d’autres procédures similaires, évoquant notamment le cas d’un ressortissant étranger en détention depuis plusieurs mois pour des motifs analogues. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a détaillé les charges précises pesant sur Matar Ndiaga Seck. Le dénouement de cette affaire dépendra des éléments de preuve qui seront soumis aux magistrats compétents dans les prochains jours.

  • Sénégal : El Malick Ndiaye brise le silence sur les rumeurs concernant Ousmane Sonko

    Sénégal : El Malick Ndiaye brise le silence sur les rumeurs concernant Ousmane Sonko

    Une atmosphère de questionnement entoure les récents échanges internes au sein de la formation PASTEF-Les Patriotes. Suite à la circulation de bruits évoquant un possible retrait de Ousmane Sonko, El Malick Ndiaye a pris la parole pour clarifier la situation et réitérer la cohésion du mouvement.

    Levée de l’immunité de Farba : El Malick Ndiaye recadre une députée de Pastef en pleine plénière

    L’actuel président de l’Assemblée nationale, figure centrale du parti, s’est exprimé via un message officiel après une séance de travail stratégique. Dans ce plaidoyer intitulé « La force de PASTEF », il revient sur les fondements et l’évolution historique de l’organisation politique.

    Une unité inébranlable malgré les spéculations

    Le message diffusé insiste particulièrement sur la solidité des liens unissant les membres du parti. El Malick Ndiaye a mis en avant la détermination collective et la fidélité absolue aux idéaux qui animent les Patriotes. Cette sortie vise à dissiper les doutes et à confirmer que la structure reste soudée face aux enjeux actuels.

    Au-delà des rumeurs, les cadres de la formation se projettent vers l’avenir. L’accent est mis sur la poursuite du programme national porté par Ousmane Sonko, avec une vision résolument optimiste pour les prochaines étapes du développement politique au Sénégal.

  • Alerte sur la liberté de circulation au Mali face au blocus de la capitale

    Alerte sur la liberté de circulation au Mali face au blocus de la capitale

    L’organisation Amnesty International tire la sonnette d’alarme concernant la situation sécuritaire au Mali. Elle exhorte les combattants du JNIM à garantir la sécurité et à rétablir la libre circulation des populations civiles. Depuis le 30 avril, les insurgés imposent un véritable siège routier autour de Bamako, une ville qui dépend lourdement des flux de marchandises importées pour sa survie quotidienne.

    Cette entrave aux déplacements majeurs engendre des répercussions critiques. Selon les observations recueillies, l’asphyxie actuelle de Bamako menace directement les droits fondamentaux des citoyens, notamment l’accès à la santé, à la sécurité alimentaire et, plus largement, le droit à la vie. Le respect du droit international humanitaire par les groupes armés est désormais une urgence absolue.

    Depuis deux semaines, le Jnim soumet Bamako à un blocus en réduisant les entrées dans la capitale malienne

    Un événement marquant a illustré cette tension le 6 mai dernier : un convoi de transport civil a été pris pour cible entre Bamako et Bougouni. Ces camions, qui transportaient des produits de consommation comme des fruits, ne bénéficiaient d’aucune protection militaire et ne convoyaient aucun matériel de guerre. En réaction à cette insécurité grandissante, de nombreuses entreprises de transport ont décidé d’interrompre leurs services vers la capitale.

    En lien avec ce blocus, plus d'une dizaine de compagnies de transport routier ont annoncé en début de semaine avoir suspendu leurs liaisons au départ et à destination de Bamako.

    Intensification des opérations militaires au Nord

    Parallèlement au blocus du sud, l’armée malienne prévoit d’intensifier ses interventions aériennes sur Kidal. Cette localité est passée sous l’influence des rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) et de leurs alliés du JNIM à la fin du mois d’avril. Tandis que les forces régulières multiplient les frappes, les groupes séparatistes affirment retenir prisonniers environ 200 soldats maliens capturés lors des récents affrontements.

    Sur le terrain, la vie quotidienne devient un défi. À Kidal, les habitants subissent des interruptions chroniques d’électricité et une dégradation des réseaux de communication. L’incertitude domine et les populations peinent à identifier des sources d’information fiables au milieu des discours contradictoires.

    À Gao, bien que la ville reste sous autorité gouvernementale, la méfiance s’installe. Les conséquences économiques sont déjà visibles : le prix de certaines denrées de base, comme l’oignon, a doublé en peu de temps. Cette stratégie d’isolement semble viser à détacher les régions septentrionales du reste du pays, le JNIM cherchant désormais à prendre le contrôle effectif des centres urbains.

    Une administration absente dans plusieurs zones

    Le centre du pays n’est pas épargné. Plusieurs secteurs de la région de Ségou, sur la rive gauche du fleuve Niger, ainsi qu’une partie de Koulikoro, échappent totalement au contrôle de l’État. Dans ces zones, les groupes djihadistes imposent la zakat, un impôt religieux, et ont provoqué la fermeture de plus de 2 300 établissements scolaires sur l’ensemble du territoire malien.

    Les experts décrivent une phase de réorganisation tactique. Si l’armée malienne semble se préparer à une contre-offensive d’envergure, les forces du JNIM et du FLA observent attentivement ces mouvements. Dans ce bras de fer, les civils restent les premières victimes des exactions commises par les différentes parties en présence.

    L'armée malienne dit avoir procédé à des frappes sur la ville de Kidal contrôlée par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA)

    Face à cette crise généralisée, certains observateurs préconisent l’ouverture d’un dialogue inclusif. Bien que le gouvernement de transition refuse officiellement toute négociation avec ceux qu’il qualifie de terroristes, des échanges secrets auraient déjà eu lieu par le passé pour sécuriser l’approvisionnement en carburant. L’avenir du pays pourrait dépendre de la capacité des acteurs nationaux à s’asseoir autour d’une table pour trouver une issue politique durable.

  • Pas de réunion de crise au domicile d’Ousmane Sonko : un démenti formel

    Pas de réunion de crise au domicile d’Ousmane Sonko : un démenti formel

    Depuis le début de la journée de ce vendredi, une rumeur persistante circule concernant une prétendue rencontre de crise organisée par Ousmane Sonko. Les bruits de couloir évoquaient une réunion convoquée en urgence à son domicile situé à la Cité Keur Gorgui pour 18 heures, dans un climat politique marqué par une certaine effervescence.

    Selon ces bruits de couloir, plusieurs cadres du parti Pastef devaient y prendre part, notamment El Malick Ndiaye, Birame Souleye Diop, Yassine Fall, Daouda Ngom, Abass Fall et Ayib Daffé. Cependant, après vérification auprès de l’entourage immédiat du leader politique, il s’avère que ces allégations sont totalement infondées.

    Un proche collaborateur d’Ousmane Sonko a tenu à clarifier la situation en affirmant qu’aucune session du bureau politique n’est à l’ordre du jour, que ce soit à sa résidence privée ou dans un autre lieu. Il précise qu’aucune convocation officielle n’a été transmise aux membres mentionnés et déplore la propagation de cette fausse information sur les plateformes numériques.

  • Tabaski 2026 : le Burkina Faso ferme ses frontières au bétail et bouscule la Côte d’Ivoire

    Tabaski 2026 : le Burkina Faso ferme ses frontières au bétail et bouscule la Côte d’Ivoire

    À l’approche de la grande fête du sacrifice, une onde de choc secoue le marché du bétail en Afrique de l’Ouest. En suspendant brutalement ses exportations de cheptel, le Burkina Faso place la Côte d’Ivoire dans une position délicate. Abidjan doit désormais trouver en urgence 172 000 têtes pour satisfaire la demande, alors que les circuits d’approvisionnement sahéliens se ferment les uns après les autres.

    La décision a été actée par un arrêté interministériel signé le 8 mai 2026 par les autorités burkinabè en charge du Commerce, de l’Agriculture et de l’Économie. Ce texte suspend la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) de bétail depuis le 11 mai. Les commerçants disposant de titres encore valides n’ont eu qu’une semaine pour clore leurs transactions. Désormais, plus aucun animal ne peut légalement quitter le territoire burkinabè.

    Pour Ouagadougou, cette mesure vise officiellement à assurer la disponibilité des animaux sur le marché local afin de stabiliser les prix et de préserver le budget des ménages avant la Tabaski. Cependant, en Côte d’Ivoire, cette annonce sonne comme une rupture majeure.

    Une dépendance structurelle mise à rude épreuve

    Les besoins ivoiriens pour cette période de célébration sont massifs : entre 172 000 et 350 000 têtes selon les estimations incluant ovins et bovins. Or, l’élevage local ne parvient à couvrir qu’un quart de ces besoins, soit environ 87 500 bêtes. Le pays s’appuie traditionnellement sur le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Bénin pour combler ce déficit.

    Sur le terrain, notamment au parc à bétail de Yamoussoukro, l’inquiétude grandit. Les prix ont déjà grimpé de 10 % par rapport à l’an dernier. Mohamed Touré, porte-parole des commerçants locaux, souligne que l’insécurité au Sahel complique déjà les flux en provenance du Mali. Sans l’apport du Niger et du Burkina Faso, le ravitaillement devient un véritable casse-tête logistique.

    Face à l’urgence, les autorités ivoiriennes tentent de réagir. Assoumany Gouromenan, représentant du ministère des Ressources animales, a rencontré les organisations religieuses sunnites (CODISS) pour encourager les fidèles à se tourner vers les races locales. Toutefois, cette alternative se heurte aux habitudes de consommation, les béliers sahéliens étant plus prisés pour leur stature que les races locales, plus petites.

    La stratégie de souveraineté de l’Alliance des États du Sahel

    Cette suspension s’inscrit dans une politique plus large adoptée par les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Niger avait déjà pris des mesures similaires l’année précédente. Le Burkina Faso, de son côté, cherche à transformer son économie pastorale. L’objectif est de passer de la vente de bétail sur pied à l’exportation de viande traitée, une ambition portée par l’Agence Faso Abattoir créée en 2025.

    Le secteur est stratégique : les exportations de bétail burkinabè sont passées de 400 millions de FCFA en 2020 à près de 11,8 milliards de FCFA en 2024, devenant le troisième produit d’exportation du pays. Toucher à ce pilier économique témoigne d’une volonté de reprise en main souveraine des ressources nationales.

    Un contexte diplomatique sous haute tension

    Il est difficile d’isoler cette décision économique du climat politique glacial entre Ouagadougou et Abidjan. Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022, les relations n’ont cessé de se dégrader. Le leader burkinabè a plusieurs fois critiqué l’attitude de la Côte d’Ivoire, l’accusant de servir de base arrière à des opposants cherchant à déstabiliser son régime.

    Le rappel du chargé d’affaires Dié Millogo fin 2024 et l’absence d’ambassadeurs en poste dans les deux capitales illustrent cette rupture. Malgré une tentative de dialogue en décembre 2025 entre les ministres Adama Dosso et Karamoko Jean Marie Traoré, la méfiance persiste. Le décès récent en détention de l’activiste Alino Faso en avril 2026 aurait encore durci les positions.

    Si l’argument de la sécurité alimentaire nationale est mis en avant, la durée de cette interdiction sera révélatrice. Une levée rapide après la fête confirmerait une gestion de crise intérieure, tandis qu’un maintien prolongé de la fermeture des frontières pourrait être perçu comme un levier de pression politique sur Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké.

  • Le Bénin, moteur agricole : comment les réformes ont transcendé l’économie

    Le Bénin, moteur agricole : comment les réformes ont transcendé l’économie

    Depuis 2016, le Bénin a entrepris une métamorphose profonde de son secteur agricole. Une stratégie gouvernementale audacieuse, combinant d’importantes subventions, une mécanisation rapide et un aménagement territorial précis, a conduit à des productions agricoles sans précédent. Qu’il s’agisse du coton, de l’ananas, du maïs ou du soja, l’agriculture béninoise est devenue le pilier fondamental de la croissance économique nationale et un garant essentiel de la sécurité alimentaire pour ses habitants.

    Les filières stratégiques du Bénin : une croissance agricole impressionnante

    En l’espace de quelques années, les campagnes agricoles du Bénin ont changé de dimension. Les plans de développement ambitieux mis en œuvre par le gouvernement du Président Patrice Talon ont porté leurs fruits, propulsant les volumes de production vers des sommets jamais atteints.

    Le maïs, céréale essentielle à l’alimentation des Béninois, illustre parfaitement cette dynamique. Sa production, qui peinait à dépasser 1,3 million de tonnes en 2016, a spectaculairement atteint 2,5 millions de tonnes en 2025. Face à une demande intérieure d’environ 1 million de tonnes, le Bénin assure désormais une autosuffisance confortable. Ce volume excédentaire génère toutefois un enjeu de régulation des échanges transfrontaliers afin de préserver la stabilité des prix sur les marchés intérieurs.

    La culture du soja incarne la politique d’industrialisation du Bénin. Partant d’un volume modeste de 140 000 tonnes en 2016, la production de soja a connu une progression remarquable, atteignant 422 000 tonnes en 2022, puis un record historique de 606 016 tonnes pour la campagne 2024-2025, soit une multiplication par plus de quatre. Cette performance assure l’approvisionnement des installations de transformation de pointe au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), tout en garantissant des volumes significatifs pour l’exportation.

    Le riz, autre denrée fondamentale, a suivi une évolution tout aussi positive. La production de riz paddy est passée de 204 000 tonnes avant 2016 à 525 000 tonnes dès 2022, avec une projection ambitieuse d’atteindre 1 million de tonnes en 2025.

    Le coton, surnommé l’« or blanc », conserve sa place de choix dans l’agriculture béninoise. Alors que seulement 269 000 tonnes étaient récoltées en 2015, la période post-2016 a vu la production annuelle moyenne se stabiliser au-delà de 640 000 tonnes, avec un sommet à 766 273 tonnes en 2021. Cette constance dans la performance assure au Bénin son statut de premier producteur de coton sur le continent africain, avec l’objectif du million de tonnes fermement maintenu.

    Parmi les cultures de rente, l’ananas a connu une augmentation de 93 %, passant de 244 000 tonnes avant 2016 à 470 000 tonnes en 2022, et devrait prochainement atteindre 600 000 tonnes. La noix de cajou a également vu sa production doubler, avec une progression de 105 %, passant de 91 000 tonnes à 187 000 tonnes en 2023, tout en affichant une amélioration de rendement de 34 %. Pour cette filière stratégique, l’État apporte un soutien direct aux agriculteurs, couvrant 500 FCFA du coût total de 600 FCFA pour l’acquisition de plants certifiés.

    Les subventions étatiques : un soutien crucial de 110 milliards de FCFA

    Ces résultats exceptionnels sont indissociables d’un appui financier direct et substantiel de la part de l’État. Face à une flambée des prix mondiaux des engrais et intrants chimiques, menaçant de compromettre l’accès des agriculteurs à ces ressources vitales, l’administration du Président Patrice Talon a agi pour sauvegarder le secteur agricole. Une somme colossale de 110 milliards de FCFA a été allouée en subventions pour les campagnes agricoles s’étalant de 2022 à 2025 (incluant 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025). Cette initiative politique majeure a permis de maîtriser le coût des intrants, prévenant ainsi une chute des rendements et écartant le risque d’insécurité alimentaire au Bénin.

    Modernisation agricole : maîtrise de l’eau et mécanisation au Bénin

    La modernisation des infrastructures et des méthodes de culture constitue un autre axe essentiel de cette transformation agricole. L’agriculture béninoise, autrefois vulnérable aux caprices du climat, gagne en autonomie grâce à d’ambitieux aménagements hydro-agricoles. Avant 2016, seulement 6 200 hectares, soit 2 % du potentiel national, étaient équipés. Depuis 2016, ce chiffre a quadruplé, avec 25 440 hectares aménagés dans 67 communes. L’ambition à moyen terme est d’atteindre 50 000 hectares, consolidant ainsi la résilience du secteur et améliorant significativement les revenus des agriculteurs.

    Simultanément, la mécanisation agricole progresse rapidement, allégeant la charge de travail des cultivateurs. Le taux de mécanisation, qui était inférieur à 8 % avant 2016, a doublé. Plus de 400 000 hectares ont été labourés mécaniquement grâce à l’introduction de 5 000 ensembles de tracteurs, acquis à moitié prix grâce aux subventions étatiques. Pour assurer la durabilité de ces équipements, 6 000 tractoristes et 300 mécaniciens ont été formés. Cette évolution offre un gain de temps et d’argent immédiat aux exploitants, et l’objectif est d’atteindre un taux de mécanisation de 30 % d’ici fin 2026, avec 8 000 kits opérationnels.

    Financement et durabilité : piliers d’une agriculture béninoise renouvelée

    Concernant le financement agricole, les dispositifs précédents, le FNDA et le FADeC-Agriculture, ont été remplacés par des mécanismes profondément réformés. Le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) agit désormais comme un levier puissant pour le crédit agricole, ayant soutenu plus de 3 000 projets pour un financement dépassant les 19 milliards de FCFA. Parallèlement, le Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC-Agriculture) a facilité 330 investissements au niveau communal, mobilisant 68 milliards de FCFA. L’ambition immédiate est de perfectionner la gouvernance pour étendre cet impact à des milliers d’autres initiatives.

    Cette renaissance agricole s’inscrit dans une démarche écologique proactive. Alors que 80 % des terres béninoises souffraient d’une faible fertilité avant 2016, l’adoption de pratiques de gestion durable a permis de restaurer la productivité de plus de 3 millions d’hectares, tout en les protégeant de l’érosion. Le secteur halieutique a également bénéficié de cette approche, avec l’assainissement et le réensemencement des plans d’eau, auparavant pollués et sous-exploités. La production halieutique totale a ainsi enregistré une hausse de 79 %. Preuve de cette avancée environnementale et réglementaire, les produits de la pêche béninoise, en particulier les crevettes, sont de nouveau exportés avec succès vers l’Union européenne. Les filières animales ne sont pas en reste, avec des augmentations de 53 % pour la production de viande et de 43 % pour les œufs, avec des prévisions solides pour atteindre 75 % des besoins du pays.

    L’agriculture béninoise : une orientation vers le marché et le territoire

    Par une approche de développement agricole ancrée dans les territoires, caractérisée par un renforcement des prérogatives de l’État et un soutien ciblé aux diverses filières, le gouvernement béninois a réussi à réorganiser l’économie rurale de manière holistique. Cet effort a significativement amélioré l’accès aux marchés internationaux et favorisé la consolidation de partenariats stratégiques durables.

    En moins de dix ans, les décisions politiques courageuses et l’appui financier conséquent déployés par l’administration du Président Patrice Talon ont profondément modifié la vision de l’agriculture au Bénin. Loin d’être une simple activité de subsistance, elle est devenue un secteur économique vibrant, moderne et hautement compétitif. Le prochain enjeu majeur sera de pérenniser cette bonne gouvernance et de renforcer les mécanismes de contrôle pour garantir que les richesses générées bénéficient équitablement et durablement à l’ensemble des producteurs ruraux.

  • Ousmane Sonko mobilise les cadres du Pastef à la Cité Keur Gorgui

    Ousmane Sonko mobilise les cadres du Pastef à la Cité Keur Gorgui

    Le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, a décidé de rassembler les piliers de sa formation politique pour une concertation de haut niveau. Cette rencontre stratégique se tient ce vendredi, dès 18 heures, au sein de sa résidence privée située dans le quartier de la Cité Keur Gorgui.

    Parmi les figures marquantes de l’état-major attendues à ce rendez-vous crucial, on retrouve plusieurs responsables de premier plan du mouvement, notamment :

    • El Malick Ndiaye
    • Birame Souleye Diop
    • Yassine Fall
    • Daouda Ngom
    • Abass Fall
    • Ayib Daffé

    Bien que les points précis inscrits à l’ordre du jour n’aient pas encore été officiellement communiqués, cette mobilisation massive des cadres du Pastef intervient dans un contexte politique suivi de près. La présence de ces personnalités influentes souligne l’importance de cette réunion interne dont les conclusions restent attendues.

  • Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo plébiscité à la présidence du PPA-CI

    Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo plébiscité à la présidence du PPA-CI

    Lors du premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire à Abidjan, les militants ont massivement renouvelé leur confiance à Laurent Gbagbo. À 80 ans, l’ancien chef de l’État accepte un nouveau mandat à la tête de la formation qu’il a créée après son retour de la CPI.

    C’est une confirmation sans surprise pour Laurent Gbagbo. Il a été reconduit à la présidence du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), à l’occasion du premier congrès ordinaire du parti qui s’est déroulé au Palais de la Culture de Treichville, dans la capitale économique ivoirienne.

    Près de 3 000 congressistes ont acclamé la réélection de l’ancien président. Cette formation politique avait été fondée en 2020, marquant son retour sur la scène politique après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) des accusations de crimes contre l’humanité découlant de la crise post-électorale de 2010-2011.

    Bien qu’il ait atteint l’âge de 80 ans et ait évoqué en 2025 son désir de prendre du recul par rapport aux fonctions officielles, Laurent Gbagbo a finalement cédé à la demande insistante de ses partisans. Il a donc accepté de poursuivre sa mission à la tête du PPA-CI.

    Ce congrès est perçu comme une étape stratégique pour le parti, qui entend renforcer son maillage territorial et redynamiser ses structures. Pour les cadres du PPA-CI, ce nouveau mandat de leur leader historique doit également servir à préparer une transition en douceur vers une nouvelle génération de dirigeants.