Catégorie : Économie

  • Ue et Cameroun unis pour booster les pme via un fonds dédié

    Ue et Cameroun unis pour booster les pme via un fonds dédié

    Un fonds européen pour renforcer l’accès au crédit des PME camerounaises

    L’Union européenne et le Cameroun ont dévoilé un mécanisme financier innovant visant à faciliter l’obtention de prêts bancaires pour les petites et moyennes entreprises locales. Ce dispositif, intégré au Projet d’appui au développement économique par la promotion des chaînes de valeur et de l’initiative privée (PAD-CV), s’appuie sur une enveloppe totale de près de 30 milliards de FCFA.

    Comment fonctionne ce soutien financier ?

    Une partie centrale de ce programme repose sur une garantie de 6 milliards de FCFA, destinée à sécuriser les prêts accordés par les banques locales aux entrepreneurs. Le solde, soit 9,8 milliards de FCFA, servira à renforcer l’accompagnement technique des porteurs de projets. L’objectif ? Rendre leurs dossiers plus attractifs aux yeux des établissements financiers en optimisant leur structure et leur viabilité.

    Un appel à projets ouvert aux entrepreneurs

    Dès le 15 juillet 2026, un appel à candidatures a été lancé pour sélectionner les projets éligibles. Les entrepreneurs intéressés disposent d’un délai de trois mois pour soumettre leur dossier via la plateforme dédiée www.padcv-cm.net. Une fois les candidatures retenues, les projets feront l’objet d’un diagnostic approfondi et bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour peaufiner leur modèle économique et leur plan d’affaires.

    Qui peut en profiter ?

    Ce dispositif s’adresse à une large gamme de structures, notamment :

    • Les très petites entreprises (TPE) et les PME
    • Les start-up et les coopératives
    • Les groupes d’initiative commune (GIC) et les organisations de producteurs
    • Les clusters et incubateurs spécialisés dans le numérique

    Une priorité sera accordée aux initiatives portées par les femmes et les jeunes, reflétant ainsi une volonté d’inclusion et de dynamisation de l’entrepreneuriat local.

    Un levier pour l’économie camerounaise

    En facilitant l’accès au financement bancaire, ce programme vise à stimuler la croissance des PME, piliers de l’économie camerounaise. Grâce à cette initiative, les entrepreneurs pourront mieux structurer leurs projets et convaincre les banques de la solidité de leurs plans, tout en renforçant leur compétitivité sur le marché.

  • Félix Tshisekedi vise la troisième place économique africaine d’ici 2035

    Félix Tshisekedi vise la troisième place économique africaine d’ici 2035

    Adolphe Muzito, Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget de la RDC, lors d'un entretien à Kinshasa en février 2026

    Lors d’un entretien exclusif à Kinshasa, Adolphe Muzito, Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget de la République Démocratique du Congo, a partagé une vision ambitieuse pour l’économie congolaise. Selon ses déclarations, Félix Tshisekedi, le Président de la RDC, s’est fixé un objectif clair : propulser le pays au rang de troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne d’ici 2035.

    Une stratégie économique en marche

    Adolphe Muzito a détaillé les grandes lignes de ce plan qui s’articule autour de plusieurs leviers stratégiques. Parmi eux, l’industrialisation accélérée, la diversification des secteurs clés et l’attractivité des investissements étrangers occupent une place centrale. Ces mesures visent à transformer profondément la structure économique du pays pour en faire un acteur majeur sur le continent.

    Le Vice-Premier Ministre a également souligné l’importance de la formation des jeunes talents et du renforcement des infrastructures pour soutenir cette croissance. Selon lui, ces investissements dans le capital humain et matériel sont indispensables pour soutenir une croissance durable et inclusive.

    Des défis majeurs à relever

    Malgré l’optimisme affiché, Adolphe Muzito reconnaît que ce projet ambitieux n’est pas sans obstacles. Les défis sont nombreux : la stabilité politique, la lutte contre la corruption, l’amélioration du climat des affaires et l’accès aux financements figurent parmi les priorités à adresser rapidement.

    Le Ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance et d’assurer une transparence totale dans la gestion des ressources publiques. Ces efforts sont cruciaux pour restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

    Un horizon prometteur pour la RDC

    Si ces ambitions se concrétisent, la RDC pourrait connaître une transformation économique sans précédent. En devenant la troisième puissance d’Afrique subsaharienne, le pays renforcerait non seulement sa position régionale, mais aussi son influence sur la scène internationale. Cette perspective offre un espoir renouvelé pour des millions de Congolais en quête de développement et de prospérité.

    Adolphe Muzito a conclu en réaffirmant la détermination du gouvernement à poursuivre ces réformes avec rigueur et discipline. Pour lui, l’avenir de la RDC dépend de la capacité de ses dirigeants à concilier ambition et pragmatisme.

  • Coopération économique Cameroun-Algérie : des accords concrets pour booster les échanges

    Coopération économique Cameroun-Algérie : des accords concrets pour booster les échanges

    coopération économique Cameroun-Algérie : des accords concrets pour booster les échanges

    Le Cameroun et l’Algérie scellent des partenariats ambitieux dans l’agroalimentaire et au-delà, avec des investissements majeurs dans la banane, le café et d’autres filières stratégiques.

    Partenariat économique Cameroun-Algérie : signature d'accords pour renforcer les échanges

    Une étape décisive dans le rapprochement économique entre le Cameroun et l’Algérie a été franchie lors d’une rencontre entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et l’ambassadeur algérien Abdallah Boukemmache, accompagné d’Abdel Khemane, PDG de la Holding MADAR. Cette Holding, pilier de l’économie algérienne avec plus de 6 000 employés et une présence dans onze filières, mise sur des investissements stratégiques dans les secteurs camerounais les plus prometteurs.

    Des investissements ciblés pour dynamiser l’économie camerounaise

    Le géant algérien, premier importateur de banane et de café en Algérie, voit dans le Cameroun un partenaire incontournable pour ses approvisionnements. Abdel Khemane a réaffirmé sa volonté d’importer massivement ces produits phares, tout en envisageant des investissements directs dans leur production et transformation. « Notre objectif est de concrétiser des partenariats gagnant-gagnant, en soutenant les filières camerounaises tout en répondant aux besoins du marché algérien », a-t-il déclaré.

    Les échanges entre les deux pays connaissent déjà une progression spectaculaire : le trafic aérien entre Alger et Douala est passé à quatre vols hebdomadaires, tandis que les visas accordés par l’ambassade d’Algérie au Cameroun ont augmenté de plus de 150 %. Les exportations camerounaises vers l’Algérie ont, quant à elles, enregistré une hausse de 107 % entre 2023 et 2024, preuve d’un essor commercial sans précédent.

    La 5e Commission mixte Cameroun-Algérie : un nouveau cap

    L’imminence de la 5e session de la Commission mixte de coopération économique à Yaoundé marque une étape clé. Abdallah Boukemmache a souligné l’avancement des négociations, avec plus de quinze accords en cours de finalisation. « Nous ne nous contentons pas de signer des textes : nous venons avec des engagements concrets, notamment via des investissements dans des filières comme le cacao et le coton, en plus de la banane et du café », a-t-il précisé.

    Les discussions en cours visent à faciliter les exportations camerounaises vers l’Algérie et à soutenir la transformation locale avant exportation. Deux réunions d’envergure sont déjà programmées à Douala le 9 juillet avec l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) et la Société des Plantations du Haut Penja (PHP), afin d’accélérer les opérations dès que possible.

    Un forum d’affaires pour sceller les partenariats

    Pour donner une nouvelle impulsion à cette dynamique, un forum économique réunissant des entrepreneurs algériens et camerounais sera organisé prochainement. Placé sous l’égide du patronat algérien, cet événement permettra de concrétiser les projets en cours et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les opérateurs des deux pays. Une occasion unique de renforcer les liens commerciaux et de concrétiser la vision d’une coopération Sud-Sud renforcée.

  • Économie bleue : le Sénégal et la Guinée-Bissau unissent leurs forces pour le transport maritime

    Un engagement commun pour dynamiser le transport maritime en Afrique de l’Ouest

    À l’occasion du Forum international dédié au développement des transports maritimes et de la logistique dans l’économie bleue, les autorités du Sénégal et de la Guinée-Bissau ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration. Cette rencontre, organisée à Dakar, a rassemblé des décideurs politiques, des experts maritimes et des partenaires techniques pour discuter des défis et opportunités liés à la gouvernance des mers, à la logistique portuaire et à l’intégration régionale.

    Le ministre bissau-guinéen en charge des Transports, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Florentino Mendes Pereira, a dirigé une délégation de haut niveau lors de cet événement stratégique. Les échanges ont permis de mettre en lumière les enjeux cruciaux du secteur, notamment la modernisation des infrastructures, la sécurité des routes maritimes dans le golfe de Guinée et l’approfondissement des alliances régionales.

    L’économie bleue au cœur des priorités régionales

    Lors de la cérémonie d’ouverture, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a salué la présence de la Guinée-Bissau, qualifiée de « nation sœur ». Il a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée pour faire de l’économie bleue un levier de croissance durable en Afrique de l’Ouest.

    Pour les responsables bissau-guinéens, cette participation s’inscrit dans une démarche visant à moderniser les infrastructures portuaires et maritimes, à sécuriser les voies navigables et à consolider les partenariats économiques au sein de la sous-région. Plusieurs axes ont été identifiés pour atteindre ces objectifs :

    • Optimisation des services de cabotage pour fluidifier les échanges commerciaux ;
    • Développement des infrastructures portuaires afin d’accroître la compétitivité des pays ;
    • Renforcement de l’industrie navale pour stimuler l’emploi et l’innovation ;
    • Transition écologique des activités maritimes pour réduire l’empreinte carbone ;
    • Digitalisation des processus logistiques pour améliorer l’efficacité opérationnelle.

    Les discussions ont également porté sur la formation des professionnels du secteur, la recherche appliquée et la mobilisation de financements, notamment via des collaborations public-privé.

    Un forum propice aux échanges et aux partenariats

    En marge des sessions officielles, une exposition internationale et des rencontres B2B ont permis aux acteurs publics et privés d’explorer de nouvelles pistes de coopération et d’investissement dans les domaines maritime et logistique. Ces initiatives visent à concrétiser les ambitions partagées par les deux pays.

    La délégation bissau-guinéenne, invitée par l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC), était composée de figures clés du secteur : Gualdino Afonso Té, président de l’Institut maritime et portuaire de Guinée-Bissau, et Félix Nandungue, directeur général de l’administration des ports bissau-guinéens.

    Une vision alignée avec les stratégies nationales

    Ce forum s’inscrit pleinement dans les ambitions du Sénégal. Les orientations fixées par la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029 visent à positionner le pays comme un pôle logistique et maritime incontournable en Afrique de l’Ouest. Une approche qui s’appuie sur une coopération régionale renforcée autour des enjeux de l’économie bleue.

  • Iboga Gabon : le pays mise sur sa plante sacrée pour révolutionner la médecine mondiale

    Iboga Gabon : le pays mise sur sa plante sacrée pour révolutionner la médecine mondiale

    Plante emblématique des traditions gabonaises, l’iboga s’apprête à connaître une métamorphose industrielle sans précédent. Alors que la dépendance aux opiacés frappe durement les États-Unis, cet arbuste sacré attire désormais l’attention des scientifiques et des investisseurs du monde entier. Face à cette demande mondiale croissante, le gouvernement gabonais entend reprendre le contrôle de son patrimoine naturel pour en faire un levier économique et thérapeutique.

    Des racines ancestrales aux laboratoires modernes : une filière en plein essor

    Longtemps exploitée de manière désordonnée par des acteurs étrangers, l’iboga a trop souvent échappé aux retombées locales. Pourtant, sur les terres gabonaises, une dynamique de reconquête s’amorce. Près de Cap Esterias, des initiatives locales comme celle de l’ONG IDRC Africa intègrent désormais la plante dans des projets agricoles durables. Ulysse Bekale, aménagiste sur place, alerte : « C’est notre héritage, nous devons le préserver », tout en appelant à la création de solutions médicales gabonaises pour contrer les circuits illégaux.

    Valorisation locale : l’iboga transformée en remèdes et produits innovants

    Des acteurs pionniers, tels que le docteur Yoan Mboussou, ont déjà franchi une étape décisive en développant des dérivés de l’iboga : gélules, infusions et même chocolats thérapeutiques. L’enjeu ? Structurer une filière médicale gabonaise unifiée, capable de rivaliser avec les standards internationaux. Pour y parvenir, le pays doit investir dans des infrastructures techniques de pointe, dédiées à l’extraction sécurisée des principes actifs de la plante.

    Les ambitions sont claires : établir des centres spécialisés où les patients pourront bénéficier de traitements à base d’iboga, encadrés par des professionnels de santé. Une véritable révolution pour la médecine gabonaise, qui pourrait positionner le pays comme leader africain dans ce domaine.

    Une législation renforcée pour protéger et promouvoir l’iboga

    Le gouvernement gabonais a pris les devants en adoptant un décret strict régissant l’accès, l’exploitation et la commercialisation de l’iboga et des savoirs traditionnels associés. Une avancée saluée, mais insuffisante selon les professionnels du secteur. Ceux-ci réclament un soutien financier accru pour les cultivateurs locaux et une stratégie ambitieuse de diplomatie culturelle.

    La pression internationale s’intensifie, notamment aux États-Unis, où les autorités encouragent activement la recherche sur l’iboga pour traiter les troubles post-traumatiques. Bien que certains pays européens classent toujours cette substance comme stupéfiant, le Gabon voit dans ce contexte une opportunité unique de transformer son trésor ancestral en un pilier de la médecine contemporaine.

  • Libreville lance la préparation du budget 2027 gabonais

    Libreville lance la préparation du budget 2027 gabonais

    Libreville engage les discussions pour un budget gabonais 2027 équilibré et transparent

    Le gouvernement gabonais a officiellement lancé, mardi dernier à Libreville, les conférences budgétaires annuelles destinées à affiner les prévisions de recettes et de dépenses. Cette initiative marque le début des négociations qui aboutiront au projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2027, un document clé pour l’économie nationale.

    Ces assises, organisées selon la circulaire n°000245/PR/SG du 31 mars 2026, se structurent en deux temps forts. La première phase, dite ministérielle, se déroule du 14 au 17 juillet et rassemble les responsables gouvernementaux. La seconde phase, technique, se tiendra du 20 au 24 juillet au sein des ministères concernés, où les experts examineront la faisabilité des prévisions financières.

    Conférences budgétaires Gabon 2027

    une démarche budgétaire sous haute exigence

    Les travaux de cette année s’articulent autour de plusieurs objectifs majeurs. D’une part, évaluer la cohérence des prévisions de recettes dans un contexte économique complexe. D’autre part, analyser la soutenabilité des dépenses publiques proposées pour éviter tout déséquilibre budgétaire. Enfin, les participants devront identifier les besoins en financement des administrations afin d’anticiper les arbitrages nécessaires.

    Ces conférences visent à produire un budget « sincère, réaliste et soutenable », comme l’a souligné le gouvernement. Une ambition renforcée par la volonté de mobiliser davantage de ressources publiques et d’optimiser l’efficacité des dépenses, dans un cadre marqué par des contraintes économiques persistantes.

    alignement sur les priorités nationales et régionales

    Les discussions s’appuient sur plusieurs cadres de référence essentiels. Elles intègrent les orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, ainsi que les conclusions du débat d’orientation budgétaire tenu fin juin. Les recommandations issues des échanges parlementaires et des orientations de la CEMAC – notamment celles issues de la conférence des chefs d’État de janvier 2026 à Brazzaville – y occupent également une place centrale.

    Les choix budgétaires devront refléter les priorités définies par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, notamment lors de son discours sur l’état de la Nation du 15 juin 2026. Ces priorités incluent le soutien aux infrastructures, le renforcement des politiques sociales et la consolidation des finances publiques, dans un contexte de transition économique et institutionnelle.

    un exercice 2026 sous tension financière

    L’exercice en cours a déjà subi des ajustements significatifs. Le budget 2026, revu à la baisse par une loi de finances rectificative, s’élève désormais à 5 495,2 milliards de francs CFA, contre 6 358,2 milliards initialement prévus. Cette réduction de 862,9 milliards de francs CFA s’explique par un ajustement des prévisions de recettes et une volonté de maîtriser les dépenses publiques.

    Malgré ces contraintes, le budget 2026 continue de mettre l’accent sur des investissements ciblés dans les infrastructures, des politiques sociales renforcées et une consolidation progressive des finances publiques. Ces choix reflètent une stratégie visant à concilier relance économique et rigueur budgétaire.

    le rôle central du ministre de l’économie

    Le ministre de l’Économie, Thierry Minko, a appelé les participants à s’assurer que les propositions issues de ces conférences garantissent la cohérence du futur budget 2027 avec le cadre macroéconomique et budgétaire 2027-2029. Il a insisté sur l’importance d’aligner l’action publique sur les priorités nationales définies par les autorités, afin de renforcer la crédibilité du PLF et sa capacité à répondre aux défis économiques du pays.

  • Rdc : vers une révolution industrielle grâce aux minerais stratégiques

    Rdc : vers une révolution industrielle grâce aux minerais stratégiques

    La République démocratique du Congo (RDC) incarne désormais un acteur clé dans l’approvisionnement mondial des minerais essentiels à la transition énergétique. Cobalt, cuivre, lithium, coltan et terres rares : son sous-sol regorge de ressources devenues indispensables aux industries high-tech et aux technologies vertes. Pour Kinshasa, l’enjeu n’est plus de constater l’attrait international pour ces richesses naturelles, mais d’en faire un levier de développement économique pérenne, en évitant le traditionnel modèle extractiviste qui a trop souvent privé le pays de ses bénéfices.

    L’environnement géopolitique actuel offre à la RDC une position stratégique inédite. La demande explosive en batteries électriques, l’essor des semi-conducteurs et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement entre les grandes puissances économiques placent le pays au cœur d’une compétition mondiale. Pourtant, cette opportunité géologique exceptionnelle n’a jamais suffi, à elle seule, à créer des emplois durables, des revenus stables pour l’État ou une véritable diversification industrielle. Le défi majeur pour la RDC réside dans sa capacité à inverser cette tendance historique.

    Transformer la rente minière en industrie locale

    La feuille de route des autorités congolaises s’articule autour d’une idée centrale : maximiser la valeur ajoutée en aval de l’extraction minière. Cette stratégie implique le raffinage local du cobalt et du cuivre, la création d’usines spécialisées dans les précurseurs de batteries, et à terme, la fabrication de composants pour les marchés africains et internationaux. Les accords signés avec la Zambie pour bâtir une filière régionale des batteries électriques, ainsi que les discussions en cours avec des investisseurs américains, européens, chinois et des Émirats, illustrent cette ambition ambitieuse.

    Pourtant, cette transformation se heurte à des défis structurels majeurs. Le déficit énergétique du pays reste criant, en dépit du potentiel hydroélectrique colossal du fleuve Congo. Les infrastructures de transport, entre les régions minières du Katanga et les ports de l’océan Indien ou de l’Atlantique, restent onéreuses et peu fiables. Enfin, le manque criant de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs de la métallurgie de précision et de la chimie industrielle freine considérablement ces ambitions. Chacun de ces obstacles nécessite des investissements massifs et une vision à long terme, rarement compatibles avec les cycles politiques nationaux.

    Dette et souveraineté : les risques d’une industrialisation accélérée

    Pour financer sa montée en puissance industrielle, la RDC dispose de plusieurs outils : partenariats public-privé, coentreprises avec la Gécamines, accords de troc infrastructures contre minerais, et emprunts souverains. Chacune de ces solutions présente des risques spécifiques. Le troc, popularisé par les arrangements sino-congolais, sécurise des projets d’infrastructure mais complique l’évaluation équitable des contreparties minières cédées. Quant aux emprunts internationaux, ils exposent le pays à la volatilité des cours du cobalt et du cuivre, mettant en péril la stabilité budgétaire.

    La récente renégociation de certains contrats miniers, notamment avec des partenaires chinois, reflète une volonté de rééquilibrer la répartition des richesses. Kinshasa cherche à renforcer ses recettes fiscales, à mieux contrôler les volumes exportés et à intégrer des clauses strictes de transformation locale. L’équilibre est cependant précaire : une pression excessive pourrait dissuader les investisseurs, tandis qu’un manque de fermeté perpétuerait la dépendance aux exportations brutes. La marge de manœuvre se réduit d’autant que le service de la dette pèse lourdement sur les finances publiques.

    Gouvernance, intégration régionale et défis à relever d’ici 2030

    La réussite de cette stratégie industrielle dépendra en grande partie de la qualité de la gouvernance minière. La traçabilité du cobalt artisanal, la lutte contre les circuits informels, la transparence des contrats, ainsi que le respect des normes environnementales et sociales, deviennent des impératifs pour accéder aux marchés internationaux. Des initiatives comme l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) et les certifications de chaîne d’approvisionnement s’imposent progressivement comme des références incontournables pour les investisseurs.

    L’intégration régionale jouera également un rôle clé. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre un cadre prometteur pour étendre les débouchés d’une future industrie congolaise des batteries et des matériaux avancés. Les synergies avec la Zambie, l’Angola et la Tanzanie, autour du corridor de Lobito et de la ligne ferroviaire de Tazara, pourraient dessiner les contours d’un espace productif intégré. Reste à harmoniser les cadres fiscaux et douaniers entre ces États pour concrétiser cette vision.

    D’ici la fin de la décennie, la RDC se trouve à un carrefour décisif. Si le pays parvient à concilier rigueur budgétaire, diversification industrielle et partenariats stratégiques variés, il pourrait basculer d’une économie de rente vers une économie de transformation. À l’inverse, la puissance de ses ressources pourrait rester un potentiel inexploité pour ses cent millions d’habitants. L’équation congolaise se résume désormais à une seule question : comment convertir un atout géologique en souveraineté économique réelle ?

  • Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Économie

    Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Une réunion stratégique s’est tenue mardi 14 juillet 2026 au Ministère du Commerce pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale de l’or et améliorer la traçabilité du précieux métal.

    Armand Djaleu
    ||3 min de lecture
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    Une mobilisation renforcée contre l’exploitation illégale de l’or

    Une réunion d’ampleur s’est déroulée mardi 14 juillet 2026 dans la salle de conférences du Ministère du Commerce camerounais. L’objectif : définir une stratégie commune pour restructurer la filière aurifère et renforcer la traçabilité de l’or produit localement.

    Cette séance de travail, présidée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (par intérim), le Pr Fuh Calistus Gentry, a rassemblé les principaux acteurs du secteur. Parmi les participants figuraient les directeurs généraux des Douanes, des Impôts, du Trésor, ainsi que les responsables de la SONAMINES et du Secrétariat permanent du SNPPK. Une collaboration interinstitutionnelle essentielle pour moderniser la gestion des ressources minières.

    Des enjeux économiques majeurs au cœur des discussions

    Les échanges ont porté sur trois axes principaux : la traçabilité renforcée de l’or, la structuration de la chaîne de valeur aurifère et l’amélioration de la coordination entre les administrations. Les participants ont souligné l’importance d’une meilleure collecte des recettes fiscales et d’une lutte accrue contre les circuits informels. L’objectif ? Maximiser les revenus de l’État issus de l’exploitation de l’or et garantir une gouvernance transparente du secteur.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la transparence dans les industries extractives au Cameroun. Face aux pertes importantes subies par l’économie nationale, les autorités ont décidé de passer à l’action.

    Un manque à gagner estimé à plus de 2 000 milliards de FCFA

    Selon les dernières révélations de l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), des écarts préoccupants ont été identifiés. Alors que les registres douaniers camerounais n’enregistraient que 22 kg d’or exportés, plus de 15 tonnes d’or camerounais étaient déclarées à leur arrivée aux Émirats arabes unis. Ce trafic illicite représente une perte financière colossale pour le pays : plus de 2 000 milliards de FCFA sur cinq ans, dont 165 milliards de FCFA de recettes fiscales non perçues.

    Cette contrebande massive met en lumière la nécessité d’une action gouvernementale immédiate et coordonnée pour assainir le secteur et sécuriser les ressources aurifères du Cameroun.

    Cameroun or trafic économique

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  • Chômage des jeunes au Gabon : les raisons d’un paradoxe persistant

    Chômage des jeunes au Gabon : les raisons d’un paradoxe persistant

    Le chômage des jeunes au Gabon révèle un paradoxe troublant : un jeune actif sur trois reste sans emploi, tandis que de nombreux secteurs économiques peinent à recruter des profils qualifiés. Cette situation, souvent ignorée, trouve ses racines dans trois dysfonctionnements structurels majeurs qui s’entremêlent pour fragiliser le marché de l’emploi national.

    Des formations inadaptées aux réalités du marché

    L’inadéquation entre l’offre de formation et les besoins des entreprises constitue le principal moteur du chômage des jeunes au Gabon. Les filières universitaires, encore très orientées vers les diplômes généraux, produisent des milliers de licenciés et de masters chaque année. Pourtant, les employeurs recherchent activement des techniciens spécialisés, comme des soudeurs, des électromécaniciens ou des techniciens de maintenance industrielle.

    Cette divergence crée un phénomène préoccupant : des diplômés qualifiés se retrouvent contraints de postuler à des postes ne correspondant pas à leur niveau de compétences. Le rapport souligne que cette sous-utilisation du capital humain alimente une frustration socio-économique profonde dans la jeunesse gabonaise.

    Une économie peu diversifiée et concentrée géographiquement

    L’économie gabonaise, fortement dépendante des matières premières, reste vulnérable aux aléas des marchés internationaux. Lorsque les cours s’effondrent, les investissements diminuent, les recrutements se raréfient et le chômage s’aggrave. Cette dépendance rend le pays particulièrement sensible aux crises économiques mondiales.

    Par ailleurs, l’exode rural aggrave la situation : les provinces se dépeuplent de leur main-d’œuvre active, tandis que Libreville, déjà saturée, concentre une population en quête d’emploi sans que le marché ne puisse absorber cette demande croissante. Cette concentration des activités dans l’Estuaire accentue les inégalités territoriales et limite les opportunités pour les jeunes des autres régions.

    Des politiques d’emploi inefficaces et un système d’information obsolète

    Les institutions gabonaises chargées de l’emploi souffrent de plusieurs maux : des lourdeurs administratives paralysantes, un droit du travail difficile à appliquer et un système d’information sur l’emploi jugé obsolète. Pendant des années, cette opacité a privé les décideurs d’une vision claire des besoins réels du marché.

    Les dispositifs d’accompagnement des demandeurs d’emploi manquent également de suivi. Sans un accompagnement durable, de nombreux jeunes basculent dans une précarité cyclique, alternant entre périodes d’activité précaire et retours au chômage. Pourtant, des solutions existent pour inverser cette tendance.

    Un avenir possible si les leviers sont actionnés

    Le rapport insiste sur la nécessité d’agir sur plusieurs fronts pour transformer cette crise en opportunité. La diversification économique doit être accélérée pour créer des emplois hors du secteur extractif. Les formations doivent être réorientées vers les métiers porteurs, en collaboration étroite avec les entreprises. Les politiques d’emploi doivent être territorialisées pour réduire les déséquilibres régionaux, et la planification publique doit être renforcée pour anticiper les besoins futurs.

    Le défi est de taille, mais le Gabon dispose de tous les atouts pour en faire une réussite : une jeunesse dynamique, des ressources naturelles abondantes et une volonté politique affichée de réformer. Le vrai défi désormais est de passer des constats aux actes, avant que la frustration des jeunes ne devienne ingérable.

  • L’or clandestin du Cameroun : un trésor perdu pour l’État

    L’or clandestin du Cameroun : un trésor perdu pour l’État

    Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun, une ruée vers l’or a transformé les paysages en véritables chantiers à ciel ouvert. Malgré la présence de gisements prometteurs, l’État camerounais peine à récupérer les revenus générés par cette manne aurifère. Les milliards de dollars issus de l’exploitation minière s’évaporent vers des destinations étrangères, notamment Dubaï, sous l’œil complice de réseaux organisés et de complicités locales.

    Des sites miniers incontrôlés et des milliards volatilisés

    Les provinces de l’Est et de l’Adamaoua regorgent de sites d’extraction d’or, souvent illégaux. Les méthodes employées par les mineurs artisanaux et les exploitants informels échappent totalement à la régulation gouvernementale. Résultat : une partie colossale des revenus générés par ces activités échappe aux caisses de l’État, privant le pays de ressources essentielles pour son développement.

    Les réseaux criminels, qui orchestrent une partie de ce trafic, bénéficient de protections locales et de rentes bien placées. Leur influence leur permet de contourner les contrôles et de faciliter l’exportation illicite de l’or vers des marchés internationaux, où la traçabilité devient quasi impossible.

    Dubaï, plaque tournante des exportations illégales

    Les enquêtes menées sur place révèlent que Dubaï constitue la destination privilégiée pour l’or camerounais. La ville offre des infrastructures financières et logistiques adaptées aux transactions opaques, permettant aux acteurs de blanchir les revenus issus de l’exploitation minière illégale. Les transferts s’effectuent via des circuits complexes, impliquant des intermédiaires et des sociétés-écrans, rendant toute répression extrêmement difficile.

    Les autorités camerounaises, malgré leurs tentatives, peinent à endiguer ce phénomène. Les moyens alloués au contrôle des flux financiers et à la traçabilité de l’or restent insuffisants face à la sophistication des réseaux criminels.

    Les conséquences pour le Cameroun

    La fuite des milliards issus de l’or camerounais prive le pays de ressources indispensables pour financer des infrastructures, l’éducation ou la santé. Cette perte de revenus aggrave les inégalités sociales et limite la capacité de l’État à investir dans des projets de développement durable. Par ailleurs, les conditions de travail dans les mines artisanales restent précaires, avec des risques sanitaires et environnementaux élevés pour les populations locales.

    Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer une réforme du secteur minier. L’objectif ? Instaurer une gouvernance plus stricte, renforcer les contrôles et lutter contre la corruption qui gangrène cette filière. Sans une intervention décisive, le Cameroun continuera de voir s’envoler une partie de sa richesse sous forme d’or clandestin.

  • Forum Maroc-golfe : des solutions concrètes pour booster l’innovation des jeunes

    Forum Maroc-golfe : des solutions concrètes pour booster l’innovation des jeunes

    forum Maroc-golfe : des solutions concrètes pour booster l’innovation des jeunes

    Des mécanismes financiers innovants pour les jeunes entrepreneurs

    Le Forum Maroc-Golfe, dédié à l’autonomisation économique et sociale des jeunes, s’est clos à Casablanca avec un appel pressant à la mise en place de dispositifs financiers adaptés. L’accent a été mis sur le soutien aux initiatives innovantes dans les secteurs vert, bleu et numérique, jugés stratégiques pour l’avenir des économies régionales.

    Organisé sur trois jours par le ministère marocain de la Jeunesse, en collaboration avec le Secrétariat général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’événement a rassemblé plus d’une centaine de participants : jeunes porteurs de projets, experts, responsables institutionnels et acteurs du monde entrepreneurial issus du Maroc et des pays du Golfe.

    un levier clé pour un développement durable et inclusif

    Lors de la présentation des conclusions, Ahmed Aboukrim, président du comité scientifique du Forum, a insisté sur l’importance cruciale de l’autonomisation des jeunes. « Cette autonomisation s’impose désormais comme un pilier incontournable pour répondre aux défis économiques, sociaux et technologiques actuels, tout en accélérant la réalisation des objectifs de développement durable », a-t-il déclaré.

    Les échanges ont mis en lumière la nécessité d’une approche globale, combinant éducation, formation professionnelle, création d’emplois, entrepreneuriat, innovation et accès au financement. L’investissement dans le capital humain a été présenté comme un facteur déterminant pour renforcer la compétitivité des économies locales.

    quatre secteurs porteurs pour l’avenir des jeunes

    Les ateliers thématiques ont permis d’identifier quatre domaines stratégiques à fort potentiel pour l’autonomisation économique des jeunes :

    • L’économie verte et ses solutions durables ;
    • L’intelligence artificielle et la transformation numérique ;
    • Les énergies renouvelables, incluant l’hydrogène vert ;
    • L’économie bleue et la gestion des ressources en eau.

    des recommandations concrètes pour accélérer l’impact

    Les participants ont formulé plusieurs pistes d’action prioritaires, dont :

    • La création de fonds dédiés pour financer les projets innovants des jeunes dans les secteurs identifiés ;
    • Le renforcement des programmes de recherche et de formation en partenariat ;
    • Le développement d’incubateurs spécialisés pour accompagner les jeunes entrepreneurs ;
    • L’élaboration d’indicateurs communs pour évaluer l’impact sur l’emploi des jeunes, l’innovation et le développement durable.

    Ces mesures visent à exploiter la complémentarité entre le Maroc et les pays du Golfe, dont les ressources, expertises et capacités d’investissement pourraient permettre de bâtir un modèle régional de coopération axé sur l’innovation et le développement durable.

    les Émirats arabes unis saluent l’hospitalité marocaine

    Salma Khalifa Al Ghafli, cheffe de la délégation émiratie, a chaleureusement salué l’organisation du Forum et l’accueil réservé par le Maroc. Elle a souligné les liens fraternels unissant le Royaume aux pays du CCG, qualifiant cette rencontre d’espace privilégié pour échanger des bonnes pratiques et renforcer les partenariats au service de l’autonomisation des jeunes.

    « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de nos nations », a-t-elle affirmé.

    un hommage aux acteurs de la coopération régionale

    La cérémonie de clôture a été l’occasion de rendre hommage aux délégations des pays du CCG et aux représentants diplomatiques pour leur engagement en faveur d’une coopération renforcée entre le Maroc et les pays du Golfe, notamment dans les domaines de la jeunesse et du développement.

  • Ahmed Cissé prend le contrôle de la BICICI en Côte d’Ivoire

    Ahmed Cissé prend le contrôle de la BICICI en Côte d’Ivoire

    La Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Côte d’Ivoire (BICICI) voit son actionnariat se transformer une nouvelle fois. Après le départ de BNP Paribas il y a trois ans et la prise de contrôle par des investisseurs locaux, la Banque nationale d’investissement (BNI) a finalisé une transaction majeure le 13 juillet. Cette opération concerne le transfert de l’intégralité de ses parts dans l’établissement bancaire à Brandon & Mcain Capital, une société gérée par Ahmed Cissé.

    Ce dernier, également à la tête du patronat ivoirien, récupère ainsi les 21,09 % du capital et des droits de vote que détenait la BNI. Une fois validée par la Commission bancaire de l’UMOA, cette acquisition portera sa participation à 40,2 % au sein de la BICICI, contre un niveau actuel de 19,11 %. Une étape clé pour renforcer son influence dans un secteur bancaire stratégique.