Catégorie : Économie

  • Le gouvernement sénégalais défend sa stratégie économique face aux critiques du FMI

    Le gouvernement sénégalais défend sa stratégie économique face aux critiques du FMI

    Le ministre des Finances du Sénégal, Cheikh Diba, a présenté vendredi dernier devant l’Assemblée nationale les premiers résultats du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), révélant une collecte de 63,4 milliards de francs CFA pour cette année. Ces chiffres, dévoilés dans un contexte de tensions avec le Fonds Monétaire International (FMI), ont poussé Waly Diouf Bodian, proche collaborateur du Premier ministre Ousmane Sonko, à prendre la parole pour défendre l’action gouvernementale.

    Des recettes en hausse mais des objectifs ambitieux

    Le PRES, dévoilé le 1er août 2024 par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise une mobilisation totale de 5 667 milliards de francs CFA sur la période 2025-2028. Pour l’année 2026, l’État mise sur 762,6 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires, inscrits dans la Loi de finances initiale. À ce jour, 63,4 milliards ont été perçus, dont 7,9 milliards issus des droits de douane, selon les chiffres communiqués par Cheikh Diba. Un effort nécessaire pour combler un gap de près de 700 milliards avant la fin de l’exercice.

    Le FMI observe de près la situation financière du Sénégal, confronté à des défis budgétaires majeurs. La capacité de Dakar à atteindre ses objectifs de recettes influence directement les négociations en cours avec l’institution financière internationale.

    Waly Diouf Bodian répond aux scepticismes

    Face aux critiques relayées par certains médias, Waly Diouf Bodian a réagi en soulignant que le PRES génère entre 15 et 20 milliards de francs CFA par mois. Il a également mis en avant l’impact attendu des mesures sur le foncier et les transferts d’argent, promettant des résultats plus marqués dans les mois à venir.

    Le gouvernement sera mis à l’épreuve dès ce vendredi lors d’une séance de questions au Parlement. Les parlementaires examineront la progression réelle des recettes du PRES par rapport aux objectifs trimestriels définis dans la loi de finances, un point crucial pour la crédibilité du plan.

  • Performance économique du Sénégal : les défis à relever pour l’UEMOA

    Performance économique du Sénégal : les défis à relever pour l’UEMOA

    Un bilan contrasté pour le Sénégal lors de la revue de l’UEMOA

    La 11e édition de la revue annuelle des réformes communautaires de l’UEMOA s’est tenue à Dakar, après un report initial d’une journée. Cette rencontre, qui a réuni les acteurs politiques et techniques, a été marquée par la présence du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, et du ministre sénégalais des Finances et du Budget. L’objectif ? Évaluer les progrès réalisés et identifier les lacunes à combler pour renforcer la convergence économique au sein de l’espace communautaire.

    Le Sénégal, bien que globalement performant, affiche un recul de 2,14 points sur les 145 réformes évaluées par rapport à 2024. Un résultat qui alerte les autorités sur la nécessité d’agir rapidement pour corriger le tir. Le taux provisoire de mise en œuvre des réformes atteint désormais 76,45 %, contre 78,59 % en 2024. Ce recul s’explique en grande partie par des contreperformances dans deux domaines clés : la gouvernance économique et la convergence, ainsi que par les réformes structurelles, avec une baisse de 6,3 points.

    Les secteurs en difficulté : des priorités claires

    Parmi les insuffisances identifiées, la non transmission du rapport 2024 du guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission de l’UEMOA figure en tête de liste. D’autres domaines, comme la culture, le tourisme, l’artisanat, la qualité et le climat des affaires, nécessitent également une attention particulière. Ces secteurs, souvent perçus comme des leviers de croissance, montrent des signes de fragilité qui pourraient freiner le développement économique du pays.

    Face à ce constat, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a souligné que les résultats de cette phase politique seront présentés au Premier ministre. « Une audience sera organisée pour discuter des mesures correctives à mettre en œuvre », a-t-il déclaré. L’objectif est clair : accélérer la mise en conformité avec les normes communautaires avant la prochaine revue.

    Des avancées encourageantes dans certains domaines

    Malgré ce recul global, certains secteurs ont enregistré des progrès notables. L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement affichent une progression de 12 points, tandis que le développement humain et social gagne 6,5 points. L’énergie, quant à elle, progresse de 3 points, et la modernisation du cadre juridique, comptable et statistique enregistre une hausse de 5,5 points. Ces résultats témoignent d’une dynamique sectorielle que les autorités souhaitent renforcer.

    Abdoulaye Diop a rappelé que cette revue, instaurée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État en 2013, vise à évaluer les actions menées pour atteindre les objectifs du traité de l’UEMOA. Depuis 2014, dix revues ont déjà été conduites au Sénégal, avec des résultats globalement satisfaisants. La session actuelle, la onzième du genre, s’inscrit dans une configuration politique biennale, comme le prévoit la décision de juillet 2023.

    Pour traduire ces engagements en actions concrètes, les autorités sénégalaises ont annoncé que les conclusions de cette phase politique feront l’objet d’une présentation spéciale au Premier ministre. Une démarche visant à mobiliser l’ensemble des administrations concernées et à accélérer les réformes avant la prochaine évaluation.

  • Faure gnassingbé et george elombi discutent des leviers d’investissement pour le Togo

    Faure gnassingbé et george elombi discutent des leviers d’investissement pour le Togo

    Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a accueilli lundi à Lomé le président du Conseil d’administration d’Afreximbank, George Elombi. Au cœur de leur entretien : le renforcement des liens entre le Togo et cette institution financière panafricaine, ainsi que l’identification de nouvelles opportunités d’investissement dans des secteurs clés pour l’économie du pays.

    Un partenariat renforcé pour booster l’industrie locale

    Les deux responsables ont échangé sur les moyens d’accélérer la transformation industrielle des ressources disponibles au Togo. Plusieurs domaines ont été mis en avant, notamment l’exploitation et la valorisation du phosphate, un minerai dont le pays regorge. Les discussions ont également porté sur la production d’énergie dédiée aux zones industrielles ainsi que sur l’optimisation des matières premières africaines pour en tirer une valeur ajoutée maximale. L’objectif ? Stimuler l’économie locale en réduisant la dépendance aux exportations brutes.

    « Notre échange a permis d’aborder les stratégies pour créer de la richesse grâce à la transformation des ressources togolaises. Nous avons notamment évoqué le phosphate, la production énergétique pour les pôles industriels et d’autres pistes liées à la valorisation des matières premières sur le continent », a souligné George Elombi.

    Une institution financière déterminée à soutenir le développement industriel

    George Elombi a réitéré l’engagement d’Afreximbank à accompagner le Togo dans ses projets de développement. Son institution s’est dite prête à mobiliser des financements et à proposer des partenariats techniques pour concrétiser les ambitions industrielles du pays. Une collaboration qui s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de l’industrie locale et de croissance économique durable.

    La visite d’George Elombi s’inscrit dans un cadre stratégique

    Cette rencontre s’est tenue dans le contexte de la 3e édition du forum Biashara Afrika, co-organisé par le gouvernement togolais et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cet événement met en lumière l’attractivité croissante du Togo auprès des investisseurs internationaux et des partenaires financiers. Il reflète aussi la volonté des autorités locales de faire de la transformation des ressources naturelles un levier majeur pour l’économie africaine.

    Cette visite illustre la stratégie togolaise visant à attirer des investissements et à renforcer sa position sur la scène économique continentale. En misant sur l’industrialisation et l’innovation, le pays se positionne comme un acteur clé pour le développement industriel en Afrique de l’Ouest.

  • Tabaski au Sénégal : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier

    Tabaski au Sénégal : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier

    Tabaski : quand l’achat du mouton devient un fardeau financier pour les Sénégalais

    Chaque année, des centaines de milliers de familles sénégalaises s’endettent pour honorer la tradition de la Tabaski. Entre spéculation, pression sociale et absence de solutions publiques, cette fête religieuse se transforme en véritable crise économique.

    À deux semaines de la Tabaski, l’angoisse gagne les foyers sénégalais. Dans les quartiers populaires comme aux Almadies, la question revient immanquablement : comment financer l’achat d’un mouton ? Les prix flambent, oscillant désormais entre 150 000 et 200 000 francs CFA pour un animal standard. Les moutons dits « de prestige », ceux qui feront le buzz sur les réseaux sociaux, dépassent allègrement les 300 000 francs CFA.

    Ce stress annuel n’est pas anodin. Il révèle une transformation profonde de cette fête religieuse : la Tabaski, autrefois acte de foi, est devenue une obligation sociale et économique. Mamadou, père de famille vivant à Sacré-Cœur, incarne cette réalité. Avec un salaire mensuel de 60 000 francs CFA, il doit débourser l’équivalent de deux mois et demi de revenus pour honorer la tradition. Une somme colossale qui le pousse à se tourner vers les solutions de crédit informel.

    Quand le mouton se transforme en dette

    Mamadou ne peut accéder au crédit bancaire classique. Aucune institution financière ne lui accordera un prêt dédié à l’achat d’un mouton. Il se tourne alors vers les tontines de son quartier. Le taux d’intérêt ? Entre 30% et 50% par an. Pour un emprunt de 150 000 francs CFA, cela représente des frais immédiats de 3 750 à 6 250 francs. Sans compter le remboursement sur 12 mois. Une spirale d’endettement qui s’apparente à un piège.

    Cette situation n’est pas isolée. Entre 35% et 45% de tous les crédits accordés par les institutions de microfinance au Sénégal pendant la période de la Tabaski concernent l’achat d’un mouton. Une proportion vertigineuse qui illustre l’ampleur du phénomène.

    Une inflation des prix qui défie toute logique

    Évolution du prix médian du mouton de Tabaski au Sénégal (2010-2024)
    En francs CFA

    En 2010, un mouton coûtait entre 60 000 et 80 000 francs CFA. En 2024, les prix varient désormais entre 150 000 et 250 000 francs CFA. Une hausse vertigineuse de 87% à 275% en moins de 15 ans. Cette inflation n’est pas liée à l’économie générale du pays, mais bien à une spéculation ciblée sur une demande concentrée sur deux mois seulement. La demande étant inélastique pendant la Tabaski, les éleveurs et intermédiaires n’hésitent pas à gonfler les prix.

    Le coût réel pour un ménage moyen

    Avec un SMIG fixé à 60 239 francs CFA par mois, l’achat d’un mouton à 150 000 francs représente 2,5 mois de salaire complet. Une somme colossale qui ne tient pas compte des autres dépenses liées à la Tabaski : vêtements, nourriture, cadeaux. Pour les 60% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, cette dépense est tout simplement inaccessible sans recourir massivement à l’emprunt.

    Qui finance réellement l’achat des moutons ?

    35-45%
    Des crédits microfinance pendant la Tabaski concernent un mouton
    62%
    D’augmentation des demandes de crédit vs. période ordinaire
    150-250K
    Prix moyen d’un mouton en 2024 (FCFA)
    2,5-4
    Mois de salaire requis (SMIG)

    Pour la Tabaski 2024, les demandes de microcrédit ont augmenté de 62% par rapport à une période normale. Le montant moyen emprunté oscille entre 120 000 et 200 000 francs CFA. Un déluge de demandes concentré sur quelques semaines qui met à rude épreuve le système de crédit sénégalais.

    L’endettement informel : un écosystème qui prospère

    Face à l’incapacité des banques classiques à proposer des solutions adaptées, un écosystème complexe d’endettement s’est développé. Tontines, microfinances, prêteurs informels : tous profitent de cette période pour imposer des taux exorbitants.

    Source de créditTaux période ordinaireTaux période Tabaski
    Tontines locales15-30% par an30-50% par an
    Microfinances formelles24-36% par an36-48% pour crédits courts
    Prêteurs informels privés30-40% par an50-60%+ par an
    Banques commercialesQuasi inaccessibleQuasi inaccessible

    Les tontines, avec leurs taux oscillant entre 30% et 50% pendant la Tabaski, transforment un prêt de 150 000 francs en une dette totale de 172 500 à 225 000 francs après remboursement sur 12 mois. Les microfinances, bien que légèrement moins onéreuses, imposent des taux effectifs annuels de 24% à 48%, avec des frais immédiats de 3 000 à 6 000 francs pour un emprunt de 150 000 francs.

    Les réseaux sociaux : amplificateurs de pression sociale

    Pression sociale liée à la Tabaski chez les jeunes dakarois (2023)
    Base : jeunes 18-35 ans | Étude UCAD

    Une étude de l’Université Cheikh Anta Diop révèle que 67% des jeunes dakarois subissent une pression sociale concernant l’achat d’un mouton pour la Tabaski. Parmi eux, 48% attribuent cette pression aux réseaux sociaux. Les influenceurs valorisent les moutons prestigieux, transformant la Tabaski en un concours de statut social où l’image prime sur la tradition.

    La Tabaski s’est métamorphosée en une compétition de standing. Les réseaux sociaux en sont l’arène principale : un mouton non photographié sur Instagram n’a, aux yeux de beaucoup, aucune existence sociale.

    Cette pression sociale touche particulièrement les hommes, pour qui l’achat du mouton reste un symbole de réussite familiale. Ne pas pouvoir offrir un mouton à Tabaski équivaut, dans l’imaginaire collectif, à un échec personnel et professionnel.

    Les conséquences cachées : consommation en berne et crédits détournés

    Impact du remboursement de crédit Tabaski sur les dépenses des ménages
    Variation de la consommation alimentaire et sanitaire

    Les ménages ayant contracté un crédit pour la Tabaski réduisent leur consommation alimentaire et sanitaire de 18 à 25% au cours des trois mois suivants. Des enfants voient leurs frais de scolarité tomber au second plan, des médicaments essentiels ne sont plus achetés. Le coût réel de la Tabaski dépasse donc largement le simple prix d’achat du mouton.

    Plus préoccupant encore : entre 8% et 12% des crédits agricoles sénégalais sont détournés pour financer l’achat d’un mouton. Des paysans sacrifient leurs semences et engrais, compromettant ainsi leurs récoltes futures. Une perte sèche pour l’économie rurale.

    Le Maroc a résolu le problème il y a 25 ans

    Dès 1999, le Maroc a pris une décision radicale : offrir à chaque citoyen pauvre un mouton pour la Tabaski, non pas comme une aumône, mais comme un droit inaliénable. Cette initiative, portée par le Fonds Zakat Al-Fitr, a transformé la Tabaski en un événement accessible à tous, sans dette ni honte.

    2,8M
    Moutons distribués en 2023
    450M
    Dirhams budgétaires annuels
    43M
    FCFA (équivalent)
    0,1%
    % du budget national marocain

    En 2023, le Maroc a distribué plus de 2,8 millions de moutons, pour un coût annuel de 450 millions de dirhams (43 milliards de francs CFA). Un investissement minime représentant moins de 0,1% du budget national, qui permet à chaque famille modeste de célébrer la Tabaski dans la dignité.

    Pourquoi cette solution fonctionne

    Le Maroc a reconnu une vérité fondamentale : une fête religieuse ne peut dépendre de la richesse individuelle. En traitant la Tabaski comme un bien public plutôt qu’un privilège privé, le pays a brisé le cycle de la dette et de la honte. Le Sénégal pourrait s’inspirer de cette approche audacieuse.

    Au Sénégal, l’État reste absent du débat

    Contrairement au Maroc, le Sénégal n’a mis en place aucun programme national pour soutenir les familles modestes pendant la Tabaski. Quelques initiatives locales et initiatives privées religieuses tentent d’apporter des solutions, mais elles restent marginales. Le reste de la population est livré à lui-même, confronté aux taux usuraires et à la pression sociale écrasante.

    Les sociétés de recouvrement confirment cette situation : le taux de surendettement des ménages atteint son apogée trois mois après la Tabaski. Les familles doivent choisir entre rembourser leurs crédits et subvenir à leurs besoins vitaux. Le résultat ? Des repas réduits, des soins médicaux reportés, des enfants retirés de l’école.

    La santé mentale paie également un lourd tribut. Une étude du Centre de Recherche en Santé Mentale de Dakar montre une hausse de 100% des appels aux lignes d’aide psychologique trois semaines avant la Tabaski chez les hommes de 30 à 55 ans. L’angoisse de l’échec social, la peur de ne pas pouvoir offrir un mouton, la honte du regard des autres : tous ces facteurs pèsent lourdement sur les épaules des pères de famille.

    Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Cycle annuel : volume de crédit et taux de surendettement au Sénégal
    Données BCEAO 2020-2024

    Cette crise trouve ses racines dans deux phénomènes concomitants. D’abord, la transformation de la Tabaski en un symbole de statut social. Autrefois acte de foi et de partage, elle est devenue une démonstration de richesse, amplifiée par les réseaux sociaux. Ensuite, l’absence totale de politique publique adaptée. Aucun débat national n’a été engagé sur ce sujet. Aucun plan d’action n’a été proposé pour protéger les familles. Pendant ce temps, des millions de Sénégalais s’enfoncent chaque année un peu plus dans le cycle infernal de la dette.

    Mamadou reçoit déjà les premiers appels de sa tontine. La Tabaski 2025 approche, avec son lot de stress, de prix en hausse et de taux d’intérêt qui flambent. Le cycle de l’endettement recommence.

  • Transition économique du Tchad : le plan 2030 peut-il briser la dépendance au pétrole ?

    Transition économique du Tchad : le plan 2030 peut-il briser la dépendance au pétrole ?

    Le Tchad se trouve à un tournant décisif de sa transition économique. Le gouvernement mise sur le plan « Tchad Connexion 2030 » pour réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, un pari ambitieux dans un contexte marqué par des défis structurels persistants. Les partenaires internationaux, séduits par cette dynamique, ont réaffirmé leur soutien, mais leur engagement financier reste conditionné par des réformes tangibles et une gestion rigoureuse des ressources.

    L’économie tchadienne, enclavée et vulnérable aux fluctuations des cours du brut, subit de plein fouet les conséquences des tensions sécuritaires aux frontières avec le Soudan et la Libye. Le pays doit concilier dépenses régaliennes, relance sociale et diversification productive, alors que sa dette extérieure absorbe une part croissante des fonds publics. La marge de manœuvre budgétaire, déjà limitée, se réduit encore davantage.

    Tchad Connexion 2030 : un plan stratégique pour une économie résiliente

    Le plan « Tchad Connexion 2030 » se présente comme le socle d’une décennie de transformation. Il mise sur trois piliers : infrastructures, capital humain et modernisation des chaînes de valeur, notamment dans l’élevage, l’agro-industrie et les services numériques. L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance au pétrole en développant des secteurs porteurs et en intégrant le Tchad aux corridors économiques régionaux, du Cameroun au bassin du lac Tchad.

    Pour y parvenir, le gouvernement devra prioriser ses investissements. Les projets d’interconnexion énergétique, l’expansion des réseaux de fibre optique et l’amélioration des infrastructures logistiques sont au cœur des attentes. Cependant, l’efficacité de ces mesures dépendra de la capacité de l’administration à absorber les financements et à améliorer le climat des affaires. Sans avancées concrètes, les annonces risquent de rester sans lendemain.

    Soutien international : une opportunité à saisir avec prudence

    Le Tchad bénéficie aujourd’hui d’une attention renewed de la part des bailleurs de fonds. Dans un Sahel où les alliances géopolitiques se redéfinissent, N’Djamena apparaît comme un partenaire stratégique pour les institutions européennes et américaines. Cette position offre au gouvernement une marge de négociation accrue, comme en témoignent les engagements récents en faveur d’un appui budgétaire et de financements ciblés.

    Cette confiance n’est pas pour autant acquise. Les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, insistent sur la nécessité de réformes structurelles. La transparence des finances publiques, la lutte contre la corruption et l’élargissement de l’assiette fiscale non pétrolière sont des conditions sine qua non pour débloquer des fonds supplémentaires. La performance de l’administration fiscale, dans un pays où l’économie informelle domine, sera un indicateur clé de la crédibilité des engagements pris.

    Obstacles persistants sur la voie de la croissance

    Plusieurs défis entravent la réalisation des ambitions affichées. La croissance démographique rapide, le faible niveau de formation de la main-d’œuvre et le déficit chronique d’infrastructures sociales freinent la productivité. Le secteur privé formel reste embryonnaire, limité à quelques acteurs aux capacités limitées. Par ailleurs, la volatilité des prix du pétrole expose le budget de l’État à des ajustements constants, menaçant la stabilité macroéconomique.

    La sécurité constitue un autre enjeu majeur. Les tensions régionales, l’afflux de déplacés en provenance du Soudan et la présence de groupes armés dans le bassin du lac Tchad mobilisent des ressources qui auraient pu être allouées à l’investissement productif. Une dégradation supplémentaire de la situation sécuritaire pourrait compromettre les arbitrages prévus dans le plan 2030.

    Le succès du plan « Tchad Connexion 2030 » repose sur une équation délicate : transformer l’élan diplomatique actuel en avancées économiques durables. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si le gouvernement parvient à concrétiser ses promesses ou si ce projet stratégique restera lettre morte.

  • UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    UEMOA : pourquoi le Sénégal peine à progresser en 2025

    Malgré une légère embellie sur le marché commun, le Sénégal affiche un recul notable dans la mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA pour 2025. Décryptage des causes et pistes pour inverser la tendance.

    Ministre des Finances et du Budget du Sénégal en réunion avec la Commission de l'UEMOA

    Les réformes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont connu un ralentissement en 2025 au Sénégal. Selon les résultats officiels de la 11e Revue annuelle, le taux de mise en œuvre a atteint 76,45 %, contre 78,59 % l’année précédente. Cette baisse de 2,14 points reflète les défis persistants dans l’exécution des programmes communautaires.

    L’évaluation, qui a porté sur 145 réformes cette année (contre 132 en 2024), a été menée lors d’une réunion présidée par Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, en présence du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop.

    Les secteurs en difficulté : gouvernance et convergence en tête

    Les principaux reculs concernent la gouvernance économique et la convergence, avec une chute de 1,3 point, ainsi que les réformes sectorielles, en baisse de 6,03 points. Ces contre-performances s’expliquent notamment par un retard dans la transmission du rapport 2024 du Guichet unique de dépôt des états financiers (GUDEF) à la Commission de l’UEMOA.

    Des progrès notables dans certains domaines

    Malgré ce bilan contrasté, plusieurs secteurs clés affichent des avancées encourageantes :

    • Harmonisation juridique et comptable : +1,83 point
    • Union douanière : +4,55 points
    • Agriculture, élevage, pêche et environnement : +2,12 points
    • Développement humain et social : +6,58 points
    • Énergie et mines : +3,33 points

    Les réformes structurelles dans les domaines de la culture, du tourisme, de l’artisanat, ainsi que l’amélioration du climat des affaires et de la qualité ont également été saluées.

    Des engagements fermes pour redresser la situation

    Face à ces résultats, le gouvernement sénégalais a annoncé des mesures correctives pour renforcer l’application des réformes. Cheikh Diba a insisté sur la nécessité de :

    • Finaliser la validation des documents administratifs
    • Fournir les pièces justificatives requises
    • Assurer un suivi rigoureux des programmes communautaires

    Cette Revue politique a permis de valider les conclusions techniques et de réaffirmer l’engagement des plus hautes autorités dans la mise en œuvre des réformes communautaires.

    Le ministre a souligné que, malgré ces défis, le Sénégal reste déterminé à consolider son intégration régionale, une priorité majeure pour l’économie nationale. Les conclusions de cette Revue seront présentées au Premier ministre Ousmane Sonko par le président de la Commission de l’UEMOA.

  • Le Sénégal lance quatre licences de pêche pour sécuriser son approvisionnement en poisson

    Le Sénégal lance quatre licences de pêche pour sécuriser son approvisionnement en poisson

    Économie
    le Sénégal lance quatre licences de pêche pour sécuriser son approvisionnement en poisson
    une stratégie fondée sur des études scientifiques pour concilier production locale et préservation des ressources marines

    Le ministère sénégalais des Pêches et de l’Économie maritime a franchi une étape décisive en octroyant quatre licences de pêche démersale côtière, destinées à la capture de poissons et céphalopodes, à un armement local. Cette initiative s’inscrit dans une politique ambitieuse visant à renforcer l’autosuffisance en produits halieutiques et à garantir la sécurité alimentaire du pays.

    Un communiqué officiel, publié par le département ministériel, précise que l’attribution de ces licences résulte des délibérations de la Commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCALP), réunie le 12 mai 2026. Cette décision s’appuie strictement sur les recommandations scientifiques du Centre de Recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye, qui a évalué la durabilité des stocks disponibles.

    Cette mesure s’aligne sur les orientations fixées lors du Conseil des ministres du 26 novembre 2025, consacré à la disponibilité des produits de la mer sur le marché intérieur. Les autorités assurent que le processus a été conduit avec transparence et rigueur scientifique, après consultation préalable de plusieurs armements en novembre 2025 pour recueillir leurs engagements.

    Parmi les candidats sollicités, un seul armement a répondu favorablement à cette initiative de partenariat public-privé. Ce dernier s’est engagé à réserver l’intégralité de sa production au marché national et à investir dans des infrastructures de conservation et de distribution, notamment dans les zones reculées du pays. L’objectif : faciliter l’accès des populations à des produits halieutiques de qualité à des tarifs abordables.

    Les études menées par le Centre de Recherches océanographiques ont confirmé l’existence d’un potentiel exploitable de manière contrôlée pour la pêcherie démersale côtière. Dans un contexte de hausse des prix du poisson et de pression accrue sur les ressources marines, cette initiative marque une première au Sénégal. Elle instaure un cadre réglementé pour une pêche industrielle dédiée à l’approvisionnement régulier du marché domestique.

    Le ministère réaffirme sa volonté de concilier préservation des stocks, développement économique et satisfaction des besoins alimentaires. Cette stratégie s’inscrit dans une démarche de gestion durable, responsable et transparente des ressources halieutiques, tout en promouvant la consommation locale et l’autonomie alimentaire du pays.

  • Zenaba Adoum Oudah, l’entrepreneure tchadienne qui révolutionne l’innovation locale

    Zenaba Adoum Oudah, l’entrepreneure tchadienne qui révolutionne l’innovation locale

    Zenaba Adoum Oudah, l’entrepreneure tchadienne qui révolutionne l’innovation locale

    Avec une vision audacieuse, cette biologiste et entrepreneure tchadienne se distingue au PROJIACE 2026, incarnant une nouvelle génération d’acteurs économiques déterminés à valoriser les ressources du pays.

    Zenaba Adoum Oudah, entrepreneure tchadienne innovante

    À N’Djamena, une figure féminine se démarque dans le paysage entrepreneurial tchadien. Zenaba Adoum Oudah, biologiste de formation et entrepreneure visionnaire, prouve que science, créativité et ambition peuvent coexister harmonieusement.

    Fondatrice d’AgriOudah, elle vient d’être récompensée lors du PROJIACE 2026, un programme d’incubation conçu pour accélérer les projets des jeunes entreprises locales. Son parcours, loin des sentiers battus, illustre une volonté farouche de repenser l’économie du Tchad en s’appuyant sur des solutions locales innovantes.

    Une enfance baignée par les défis et les solutions locales

    Native et élevée à N’Djamena, Zenaba Adoum Oudah a grandi dans un environnement où la nature et l’effort quotidien rythmaient la vie. Cette proximité avec les réalités du terrain a forgé sa sensibilité pour les sciences biologiques, une passion qu’elle a cultivée dès le lycée.

    Après l’obtention de son baccalauréat série D, elle poursuit des études en sciences biologiques avant de se spécialiser en infographie et design. Un parcours atypique qui révèle son aptitude à marier rigueur scientifique et expression créative, deux piliers essentiels pour son projet entrepreneurial.

    AgriOudah : une réponse aux enjeux agricoles du Tchad

    Avec sa structure, Zenaba Adoum Oudah ambitionne de moderniser le secteur agricole tchadien en proposant des solutions adaptées aux besoins locaux. Son objectif ? Réduire la dépendance aux importations tout en valorisant les ressources nationales.

    Sa distinction au PROJIACE 2026 n’est pas seulement une reconnaissance de son travail, mais aussi le symbole d’un entrepreneuriat tchadien en pleine mutation. Dans un pays où les jeunes talents peinent souvent à trouver leur place, son parcours montre qu’il est possible de transformer les contraintes en leviers de croissance.

    En combinant expertise scientifique et esprit d’innovation, Zenaba Adoum Oudah incarne l’espoir d’une économie tchadienne plus résiliente et dynamique. Son histoire rappelle que les défis d’aujourd’hui peuvent devenir les opportunités de demain.

  • Gouvernance des données personnelles : la Côte d’Ivoire à l’avant-garde du numérique africain

    Gouvernance des données personnelles : la Côte d’Ivoire à l’avant-garde du numérique africain

    Abidjan accueille du 18 au 21 mai 2026 la neuvième édition du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP), un événement majeur réunissant plus de trente pays africains et européens. Vingt-quatre délégations venues du continent africain, accompagnées d’experts internationaux et de représentants du secteur privé, participent à cette conférence dédiée aux enjeux cruciaux de l’économie numérique. La séance inaugurale, présidée par Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a lancé des débats centrés sur l’intelligence artificielle, les plateformes numériques et la gestion des données biométriques en Afrique.

    Une déclaration stratégique pour encadrer l’avenir numérique du continent

    Le point d’orgue de cette rencontre réside dans l’adoption de la Déclaration d’Abidjan 2026-2030, un texte fondateur visant à tracer les grandes lignes de la gouvernance des données personnelles pour les années à venir. Amadou Hiro, président du RAPDP, a plaidé pour une coopération renforcée entre les États afin de construire une souveraineté numérique africaine. De son côté, Djibril Ouattara a mis en avant le thème central de l’événement : « Réguler sans freiner l’innovation », insistant sur la nécessité d’un cadre réglementaire équilibré, adapté aux spécificités du continent, capable de concilier protection des citoyens et développement technologique.

    Des enjeux humains et sécuritaires au cœur des discussions

    Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a rappelé que la protection des données personnelles ne se limite pas à des aspects techniques ou juridiques. Pour lui, elle s’étend aux droits fondamentaux des individus : vie privée, dignité, liberté et confiance dans les institutions. Il a souligné que la régulation doit être perçue non comme une entrave, mais comme un levier essentiel pour stimuler l’innovation au sein de l’écosystème numérique africain.

    La Côte d’Ivoire, laboratoire de la conformité numérique en Afrique

    Les autorités ivoiriennes ont profité de l’événement pour mettre en lumière les avancées significatives réalisées dans le domaine de la protection des données. Depuis l’adoption de la loi du 19 juin 2013 relative aux données à caractère personnel, la Côte d’Ivoire a engagé une démarche progressive : campagnes de sensibilisation dès 2015, audits de conformité en 2022, et mise en place de normes simplifiées. En 2026, une nouvelle étape est franchie avec la création d’un fichier national des correspondants chargés de la protection des données. Cette initiative reflète la volonté des régulateurs africains de s’unir face aux défis technologiques mondiaux et d’harmoniser leurs pratiques.

  • Biashara afrika 2026 : l’afrique face à l’urgence d’une intégration économique concrète

    Biashara afrika 2026 : l’afrique face à l’urgence d’une intégration économique concrète

    Lomé, capitale africaine de l’économie en 2026

    Depuis le 18 mai 2026, Lomé accueille la troisième édition du forum Biashara Afrika, un événement phare dédié aux échanges commerciaux, aux investissements et aux partenariats économiques sur le continent. Cette rencontre rassemble des dirigeants africains, des ministres, des investisseurs et des représentants du secteur privé pour discuter des défis et des opportunités de l’intégration économique africaine.

    Faure Gnassingbé : « L’Afrique doit passer de la vision à l’action »

    Lors de l’ouverture des travaux, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a souligné l’urgence de transformer les ambitions politiques en résultats tangibles. Dans un discours marquant, il a insisté sur la nécessité de faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) un outil concret de développement économique.

    Un hommage à Issoufou Mahamadou et une critique des obstacles persistants

    Le dirigeant togolais a rendu hommage à Issoufou Mahamadou, figure emblématique de la promotion de la ZLECAf, pour son engagement en faveur de l’intégration économique africaine. Cependant, il a également pointé du doigt les barrières non tarifaires, les lenteurs aux frontières et les coûts logistiques élevés qui freinent encore le commerce intra-africain.

    Pour lui, les accords et les textes ne suffisent plus. L’Afrique doit désormais se doter d’infrastructures performantes, de corridors logistiques efficaces et de systèmes de paiement modernes pour faciliter les échanges entre les entreprises du continent.

    Biashara Afrika 2026 : une plateforme de solutions, pas seulement de débats

    Faure Gnassingbé a clairement défini le rôle du forum Biashara Afrika : il ne doit pas être un simple cadre de discussions, mais une plateforme de solutions et de partenariats concrets. Son objectif ? Accélérer l’opérationnalisation de l’intégration africaine et créer des opportunités réelles pour les acteurs économiques du continent.

    La ZLECAf, un levier de souveraineté économique

    Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et le protectionnisme croissant, le Président togolais a souligné le rôle stratégique de la ZLECAf. Selon lui, cette zone de libre-échange représente bien plus qu’un simple accord commercial : elle est un instrument de souveraineté économique continentale.

    L’objectif ? Permettre à l’Afrique de produire davantage localement, de renforcer ses capacités industrielles et d’améliorer son pouvoir de négociation sur la scène internationale. « Aucune économie africaine ne peut aujourd’hui défendre seule ses intérêts dans un monde de plus en plus fragmenté », a-t-il déclaré.

    Vers des chaînes de valeur africaines compétitives

    Malgré ses ressources naturelles et humaines, l’Afrique reste dépendante des exportations de matières premières brutes et des importations de produits transformés. Faure Gnassingbé a appelé à un changement de paradigme : développer des chaînes de valeur régionales et faire émerger un secteur privé africain puissant, capable d’opérer à l’échelle continentale.

    Il a notamment plaidé pour l’émergence d’entreprises africaines à capitaux africains, capables de rivaliser avec les géants internationaux. La ZLECAf doit permettre de dépasser les limites des marchés nationaux fragmentés et de bâtir des industries africaines compétitives.

    Jeunesse, femmes entrepreneures et PME : les acteurs clés de l’intégration africaine

    Dans la dernière partie de son allocution, Faure Gnassingbé a mis l’accent sur trois acteurs essentiels : la jeunesse, les femmes entrepreneures et les PME. Pour lui, l’intégration africaine ne pourra être durable que si elle profite concrètement aux populations.

    « L’intégration africaine ne réussira que si elle profite à tous, pas seulement aux grandes entreprises ou aux institutions », a-t-il affirmé. Il a souligné l’importance de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de l’accès aux marchés régionaux pour les jeunes et les femmes entrepreneures.

    Le Togo, acteur clé de l’intégration économique africaine

    En conclusion, Faure Essozimna Gnassingbé a réaffirmé l’engagement du Togo en faveur de l’intégration africaine. Grâce à sa position géographique stratégique, ses infrastructures logistiques et sa vocation de connectivité régionale, le pays entend jouer un rôle actif dans la construction du futur marché africain.

    Il a exprimé le souhait que cette édition de Biashara Afrika permette de faire émerger de nouveaux partenariats et une nouvelle dynamique économique pour le continent africain, au bénéfice de tous ses citoyens.

  • Faure gnassingbé pousse à l’action pour la zone de libre-échange africaine

    Faure gnassingbé pousse à l’action pour la zone de libre-échange africaine

    Lors du lancement de la troisième édition du forum Biashara Afrika, dédié aux échanges commerciaux et aux investissements intra-africains, Faure Gnassingbé, président du Conseil, a martelé un message clair : passer des discours aux actes pour donner vie à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cette rencontre majeure, organisée à Lomé, a réuni des décideurs, des entrepreneurs et des partenaires économiques venus de toute l’Afrique.

    Face à une assemblée attentive, le dirigeant togolais a souligné l’urgence de convertir les ambitions politiques en résultats tangibles pour les populations africaines. Dans son allocution axée sur l’action économique et l’intégration régionale, il a lancé un appel solennel : « Le moment est venu de passer de la vision à l’exécution ». Son intervention a mis en lumière la nécessité de renforcer les chaînes de valeur régionales et de faciliter les échanges commerciaux sur le continent.

    L’événement, co-organisé par les autorités togolaises et le secrétariat de la Zlecaf, se positionne comme une plateforme stratégique pour accélérer la coopération économique africaine. Selon Faure Gnassingbé, l’Afrique dispose désormais de tous les atouts pour réussir cette transformation : un marché continental dynamique, des ressources stratégiques abondantes, une population jeune et ambitieuse, ainsi qu’un cadre juridique unifié grâce à la Zlecaf.

    Le président du Conseil a également mis en avant le Togo comme un modèle en matière d’intégration économique. Il a salué les infrastructures logistiques du pays, notamment le port en eau profonde de Lomé, ainsi que les réformes engagées pour améliorer l’attractivité économique et simplifier les procédures d’investissement.

    Cependant, des obstacles persistent. Les barrières non tarifaires, les lacunes en infrastructures, les difficultés d’accès au financement et la faible implication des petites et moyennes entreprises (PME) dans le commerce transfrontalier freinent encore l’intégration économique du continent. Ces défis, bien identifiés, doivent être surmontés pour libérer le plein potentiel de la Zlecaf.

    L’édition 2026 de Biashara Afrika a pour ambition de catalyser les partenariats, de stimuler les investissements et de proposer des solutions pragmatiques pour convertir le potentiel économique africain en une croissance inclusive et pérenne. Les participants s’engagent à travailler main dans la main pour bâtir un avenir où chaque État africain profite pleinement de cette zone de libre-échange historique.

  • Biashara Afrika 3 : l’Afrique doit passer des discours aux actes économiques

    Biashara Afrika 3 : l’Afrique doit passer des discours aux actes économiques

    Un appel sans ambiguïté a résonné à Lomé lors de l’inauguration de la troisième édition du forum Biashara Afrika. Le président Faure Gnassingbé a exhorté l’Afrique à abandonner les promesses politiques pour se concentrer sur des résultats économiques concrets, soulignant la nécessité de transformer les ambitions continentales en actions mesurables afin de dynamiser durablement la croissance et renforcer l’intégration africaine.

    La capitale togolaise s’est imposée comme le cœur battant du pragmatisme commercial africain. Ce rassemblement de décideurs du continent marque l’ouverture de la troisième édition de Biashara Afrika, un forum d’envergure dédié aux échanges et aux investissements intra-africains. Organisé en collaboration avec le Secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les autorités togolaises, cet événement de haut niveau s’est ouvert sous le signe d’une mobilisation sans précédent.

    Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a saisi cette tribune pour délivrer un message fort, presque solennel :
    « L’heure est venue de passer de la vision aux actions concrètes. »

    Pour le dirigeant togolais, l’Afrique se trouve à un tournant décisif de son histoire économique. Il a insisté sur « la capacité du continent à convertir une ambition politique en une réalité économique tangible », affirmant sans détour que l’ère des hésitations était désormais révolue.


    Le Togo, un modèle concret pour l’intégration économique africaine

    Contrairement aux discours théoriques, le chef de l’État a illustré son propos par la feuille de route du Togo, présenté comme un exemple à suivre. Le pays mise sur ses atouts stratégiques pour s’affirmer comme un acteur clé de la ZLECAf :

    • Un renforcement de la connectivité régionale pour faciliter les flux commerciaux.
    • Un pôle logistique de premier ordre, soutenu par un port en eau profonde, le seul de sa catégorie en Afrique de l’Ouest.
    • Des réformes structurelles audacieuses, saluées sur le continent pour leur impact positif sur l’environnement des affaires.

    À travers ce modèle, Lomé démontre qu’une intégration économique africaine peut générer des bénéfices immédiats et durables, à condition que la volonté politique s’aligne sur les besoins des entreprises.


    La ZLECAf, un géant aux pieds d’argile ?

    Le projet phare de la ZLECAf représente l’un des défis économiques les plus ambitieux au monde. Ce marché unique ambitionne de regrouper :

    Les chiffres clés de la ZLECAf

    • 55 pays membres signataires.
    • Un marché de 1,4 milliard de consommateurs.
    • Un PIB cumulé estimé à 3 400 milliards de dollars.

    Pourtant, malgré ce potentiel, des obstacles persistent. Le forum Biashara Afrika s’est fixé pour objectif de lever les freins majeurs au commerce intra-africain. Parmi les priorités identifiées : la suppression des barrières non tarifaires, l’amélioration des infrastructures défaillantes et l’accès facilité aux financements. Les participants ont également souligné l’urgence de restructurer les chaînes de valeur, aujourd’hui trop fragmentées, et d’intégrer pleinement les petites et moyennes entreprises (PME), souvent exclues des échanges transfrontaliers.


    Biashara Afrika : un tournant pour la crédibilité de la ZLECAf

    « Il est temps de passer des promesses aux réalisations », a déclaré un entrepreneur kenyan lors du forum, reprenant l’appel lancé par Faure Gnassingbé. Un économiste nigérian a renchéri : « La ZLECAf ne gagnera en légitimité que si les PME y trouvent leur place. » Ces témoignages reflètent l’impatience des acteurs économiques pour une mise en œuvre rapide et inclusive de ce marché unique.

    Au-delà des discussions techniques, Biashara Afrika s’inscrit dans une vision géopolitique plus large : celle d’une Afrique déterminée à renforcer sa position dans les échanges mondiaux. La ZLECAf est perçue comme une réponse stratégique aux défis de la mondialisation et aux tensions commerciales internationales.

    Le message lancé à Lomé est sans appel : l’Afrique dispose désormais des outils juridiques, des ressources naturelles et du capital humain nécessaires. Pour la ZLECAf, l’enjeu n’est plus de concevoir l’avenir, mais de le construire sans délai.