Catégorie : Économie

  • Dakar-Bamako : les transporteurs exigent une meilleure fluidité pour l’axe stratégique

    Dakar-Bamako : les transporteurs exigent une meilleure fluidité pour l’axe stratégique

    À la frontière de Moussala, côté sénégalais, une file impressionnante de près de 15 kilomètres de camions s’étire, attendant inlassablement de pouvoir franchir le poste-frontière vers le Mali. Cette situation, directement liée à l’incapacité actuelle d’absorber un tel volume de trafic, génère des retards considérables et des conditions d’attente particulièrement difficiles pour les chauffeurs routiers opérant sur l’axe Dakar-Bamako.

    Daouda Singui Sarr, directeur de la promotion et de l’assistance au Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), a mis en lumière la complexité des défis rencontrés. « Les problèmes sont multiples. Les délais de transit s’allongent, ce qui entraîne inévitablement des surcoûts pour les transporteurs. De plus, pour les chauffeurs, le manque de commodités est flagrant, surtout en période hivernale, où ils doivent faire face à de nombreuses difficultés », a-t-il expliqué.

    Le flux de marchandises dans cette région connaît une croissance constante, en grande partie stimulée par l’intensification des activités minières. Face à cet engorgement, le Cosec a déjà entrepris l’aménagement d’un parking de 15 hectares dédié aux camions à Kidira. À Moussala, l’objectif est désormais d’identifier et de mettre en œuvre des solutions adaptées pour désengorger la zone, comme l’a précisé Daouda Singui Sarr.

    « Nos collègues de la douane et de la police des frontières avaient déjà anticipé en renforçant leurs effectifs sur place pour accélérer le passage des véhicules. La question se pose : pourquoi ne pas reproduire notre projet de parking moderne de Kidira à Moussala ? »

    Des mesures d’urgence sont attendues dans les semaines à venir, fruit d’une coordination étroite avec les autorités locales, afin de restaurer la fluidité essentielle à cet axe commercial vital entre le Sénégal et le Mali.

  • Nouveau partenariat Gabon BAD pour un développement transformateur

    Nouveau partenariat Gabon BAD pour un développement transformateur

    Économie

    Gabon – BAD : un nouveau pacte pour des projets transformateurs

    Libreville, 15 août 2026 — Le Gabon et la Banque africaine de développement (BAD) ont franchi une étape décisive dans leur collaboration. Lors d’un entretien en tête-à-tête avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, Sidi Ould Tah, président de la BAD, a acté l’engagement commun vers des projets concrets, ciblant directement les défis structurels du pays.

    Cette rencontre, bien plus qu’un simple échange diplomatique, marque un tournant dans la relation entre les deux parties. Les discussions ont porté sur les priorités nationales, avec une attention particulière portée aux secteurs stratégiques : l’accès aux services essentiels et la souveraineté alimentaire. Deux enjeux dont dépend la stabilité sociale et économique du Gabon.

    Des infrastructures pour une vie quotidienne améliorée

    L’amélioration de l’accès à l’eau et à l’électricité figure au cœur des priorités identifiées. Ces services, vitaux pour les populations, conditionnent également la compétitivité du pays. Le Gabon mise sur des investissements massifs pour renforcer ses infrastructures, notamment via l’exploitation des ressources du fleuve Komo. L’objectif ? Garantir un approvisionnement stable et durable, tout en modernisant les réseaux de distribution.

    Cette démarche ne se limite pas à la construction d’ouvrages. Elle implique une coordination renforcée entre les acteurs publics, les experts techniques et les opérateurs locaux. L’enjeu est de taille : transformer des ressources naturelles en services publics accessibles, fiables et durables.

    Vers une autonomie alimentaire renforcée

    Le second pilier de ce partenariat concerne l’agriculture. Le Gabon, fortement dépendant des importations alimentaires, souhaite réduire cette vulnérabilité structurelle. Le président Oligui Nguema a souligné l’urgence de stimuler la production locale, en ciblant les filières porteuses et en soutenant les producteurs nationaux.

    L’ambition est double : renforcer la sécurité alimentaire et créer des emplois locaux. Pour y parvenir, les financements de la BAD devront s’accompagner d’infrastructures adaptées, de mécanismes de commercialisation efficaces et d’un environnement propice aux investissements privés. L’agriculture devient ainsi un levier de croissance inclusive, capable de transformer durablement l’économie gabonaise.

    Un partenariat recentré sur l’impact

    Cette nouvelle orientation reflète une volonté partagée : passer d’un simple financement à un modèle d’impact mesurable. Le Gabon et la BAD ont acté leur volonté de privilégier des projets capables de générer des résultats tangibles pour les citoyens. L’eau, l’électricité et l’agriculture ne sont plus de simples secteurs d’intervention, mais des piliers d’un développement durable.

    Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de concrétiser ces engagements en projets exécutables et évaluables. Pour la BAD, l’opportunité est de démontrer que son soutien peut directement contribuer à résoudre les défis les plus pressants du pays. Cette dynamique ouvre une nouvelle ère, où les annonces laissent place à des actions concrètes, alignées sur les besoins réels des Gabonais.

    Le dialogue engagé le 14 août à Libreville pose les bases d’une collaboration renouvelée. Celle-ci devra prouver sa capacité à transformer les promesses en progrès tangibles, dans des secteurs où chaque amélioration compte. La réussite de ce partenariat se mesurera moins aux montants investis qu’à sa capacité à améliorer durablement le quotidien des populations.

  • Le Gabon mise sur le manganèse pour booster son industrie locale

    Le Gabon mise sur le manganèse pour booster son industrie locale

    Le Gabon mise sur le manganèse pour booster son industrie locale

    La production nationale de manganèse a atteint 9,1 millions de tonnes, mais les défis logistiques persistent. Les pannes répétées et les goulots d’étranglement sur le réseau ferroviaire, notamment le Transgabonais reliant les sites miniers au port d’Owendo, ont longtemps freiné l’essor du secteur. Pourtant, le quatrième trimestre 2025 a marqué un tournant avec une reprise significative de l’activité.

    Cette embellie s’explique par le redémarrage des gisements de Moanda et Franceville, qui a permis une progression de 10,8 % de l’indice de production par rapport au trimestre précédent, selon les données de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DEPF). Au-delà de l’extraction, les acteurs du secteur envisagent désormais une transformation locale du minerai, une stratégie clé pour renforcer la valeur ajoutée du manganèse gabonais.

    Un accord historique pour la transformation locale du manganèse

    En juillet 2026, l’État gabonais et le groupe français Eramet ont scellé un protocole d’accord ambitieux à Paris. Ce partenariat engage Eramet à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse par an d’ici fin 2031. Trois scénarios sont envisagés : la modernisation du complexe métallurgique de Moanda, la création d’unités de transformation à Owendo ou encore l’implantation d’une usine dédiée à la production d’oxyde de manganèse pour batteries, située près de la capitale, Libreville.

    Face aux interrogations de la société civile, le ministère de l’Industrie a clarifié un point essentiel : ces 700 000 tonnes ne représentent qu’une partie de l’engagement d’Eramet. Les autres exploitants du secteur sont également appelés à contribuer activement à cette dynamique de transformation locale.

    Vers une transition industrielle durable

    Eramet ne se contente pas de promouvoir la transformation du manganèse. Le groupe mise également sur des solutions innovantes pour sécuriser son approvisionnement énergétique et intégrer le biocharbon dans ses processus. Ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large, préparant le secteur à l’échéance de 2029, année où l’exportation de minerai brut sera interdite. L’enjeu est de taille : transformer une ressource naturelle abondante en un levier économique pérenne pour le Gabon.

  • Rencontre stratégique entre la bad et le Gabon pour dynamiser les investissements

    Rencontre stratégique entre la bad et le Gabon pour dynamiser les investissements

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le président de la BAD Sidi Ould Tah © Com PR

    Une audience dédiée au développement économique

    Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a été reçu officiellement à Libreville par le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin d’échanger sur les moyens de renforcer la collaboration entre l’institution financière et le Gabon. Cet entretien, organisé vendredi, avait pour objectif principal d’évaluer les avancées des projets en cours et d’identifier de nouvelles pistes pour stimuler les investissements dans le pays.

    Accompagné par Nouredine Kane Dia, représentant résident de la BAD au Gabon, le président de l’institution a pu discuter avec le chef de l’État des priorités nationales en matière de développement, notamment dans les secteurs stratégiques.

    Les priorités nationales mises en avant

    Lors de cette rencontre, plusieurs axes majeurs ont été évoqués pour accélérer la transformation économique du Gabon. L’accès à l’eau et à l’électricité, en particulier pour Libreville et les autres régions, figure en tête des préoccupations. Le secteur agricole a également été souligné comme un pilier essentiel pour réduire les importations et favoriser l’autosuffisance alimentaire.

    Les discussions ont également porté sur la nécessité de moderniser les infrastructures existantes et de lancer des projets structurants, en collaboration étroite avec les acteurs locaux comme la Société d’énergie et d’eau du Gabon.

    Un engagement concret pour les infrastructures hydrauliques

    Dans le domaine de l’eau potable, la BAD s’est engagée à soutenir des initiatives ambitieuses. Parmi elles, le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL) a bénéficié d’un financement de 200 millions d’Unités de compte, soit environ 75 milliards de FCFA. Ce projet avait pour but de réhabiliter et d’étendre le réseau d’eau potable du Grand Libreville, après des années de négligence.

    Les actions menées ont inclus la réhabilitation de 310 km de canalisations, l’installation de 21 000 compteurs, ainsi que la construction et la rénovation de plusieurs châteaux d’eau à Ntoum, Bikélé-Nzong, Alénakiri et Sotega. Malgré ces efforts, le président gabonais a reconnu que les résultats n’ont pas encore atteint les objectifs escomptés.

    Une volonté commune de renforcer l’impact socio-économique

    Le président Oligui Nguema a salué la qualité des relations entre le Gabon et la BAD, insistant sur la nécessité de les approfondir. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à privilégier des projets à fort impact, alignés sur les priorités nationales définies dans le cadre du projet de société porté par le chef de l’État depuis son arrivée au pouvoir.

    Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large visant à structurer davantage les engagements entre Libreville et la BAD, afin d’orienter les financements vers les secteurs les plus critiques pour améliorer le quotidien des Gabonais.

    La BAD, un partenaire clé pour le Gabon

    L’institution figure parmi les principaux bailleurs de fonds du Gabon, avec des financements dédiés aux infrastructures, à l’énergie et à l’agriculture. Ces investissements visent à renforcer la résilience économique du pays et à promouvoir un développement durable et inclusif.

  • Vie chère à Dakar : les prix dépassent ceux de Paris, un choc pour les ménages

    Vie chère à Dakar : les prix dépassent ceux de Paris, un choc pour les ménages

    vie chère à Dakar : les prix dépassent ceux de Paris, un choc pour les ménages

    vie chère à Dakar : les prix dépassent ceux de Paris, un choc pour les ménages

    Une vidéo devenue virale expose la réalité brutale du pouvoir d’achat au Sénégal, révélant que certains produits de base y sont facturés à des tarifs supérieurs à ceux pratiqués en France. Cette situation aggrave les difficultés économiques des Dakarois, déjà sous pression.

    Des comparaisons qui révèlent un déséquilibre criant

    Une publication récente, largement relayée sur les réseaux sociaux, met en évidence des écarts de prix surprenants entre Dakar et Paris. Le poulet, pilier de l’alimentation sénégalaise, s’affiche à 2 610 F CFA le kilo dans la capitale sénégalaise, contre 2 300 F CFA en France. Le beurre, autre produit quotidien, suit la même tendance : 2 990 F CFA à Dakar pour 1 990 F CFA à Paris. Même l’huile, incontournable dans les foyers, coûte 6 990 F CFA au Sénégal, soit 990 F CFA de plus qu’en France.

    Des produits du quotidien bien plus chers au Sénégal

    Les écarts se creusent davantage pour des articles moins essentiels mais tout aussi consommés. Une boîte de céréales Chocapic, vendue 1 990 F CFA en France, atteint 5 250 F CFA au Sénégal — soit plus du double. L’adoucissant Soupline, lui, est facturé 9 990 F CFA à Dakar, contre 5 600 F CFA à Paris. Ces différences ont de quoi surprendre, voire choquer, les internautes sénégalais qui découvrent ces comparaisons.

    Logement et carburant : des postes de dépense en forte hausse

    La vie chère à Dakar ne se limite pas aux denrées alimentaires. Le logement, déjà onéreux, voit ses loyers continuer de grimper, tandis que le prix du carburant vient d’être révisé à la hausse par les autorités. Ces augmentations successives pèsent lourdement sur le budget des ménages, alors que le Sénégal figure, selon des données 2024, parmi les pays africains où le coût de la vie est le plus élevé, juste derrière la Côte d’Ivoire.

    Une réalité qui interroge sur les causes profondes de cette inflation persistante et ses conséquences sur le quotidien des Sénégalais.

  • Algerie et Niger : une nouvelle étape énergétique avec le jet a1 et le pétrole meleck

    Algerie et Niger : une nouvelle étape énergétique avec le jet a1 et le pétrole meleck

    Une avancée majeure dans les échanges énergétiques entre l’Algérie et le Niger vient d’être franchie. Les deux pays renforcent leur collaboration économique à travers des accords concrets portés par les acteurs clés du secteur pétrolier.

    L’initiative s’articule autour de deux piliers stratégiques : l’approvisionnement en carburant pour l’aviation et la commercialisation de ressources pétrolières nigériennes. Une dynamique qui s’inscrit dans une vision de développement régional et de diversification des partenariats.

    Premières livraisons de carburant Jet A1 depuis Adrar

    Le géant algérien Sonatrach et son homologue nigérien Sonidep ont scellé leur coopération par le biais d’un contrat historique. Les premières livraisons de Jet A1, carburant essentiel pour le transport aérien, ont été officiellement lancées depuis la raffinerie algérienne d’Adrar. Ce transfert marque l’entrée en vigueur d’un accord bilatéral visant à sécuriser les approvisionnements énergétiques du Sahel.

    Cette opération confirme la volonté d’Alger de consolider sa présence comme partenaire énergétique fiable pour les nations sahéliennes. Les livraisons régulières promises répondent aux besoins croissants du marché nigérien en produits pétroliers raffinés.

    Exportation du brut nigérien « Meleck » : une commercialisation conjointe

    La coopération ne se limite pas aux carburants. Un autre volet stratégique a été concrétisé avec l’exportation du premier chargement de pétrole brut nigérien « Meleck » depuis le terminal de Sèmè au Bénin. Cette initiative, menée en collaboration avec Sonatrach, illustre la capacité des deux nations à mutualiser leurs ressources et leur expertise pour conquérir des marchés internationaux.

    Ce partenariat commercial ouvre la voie à une diversification des débouchés pour le Niger, tout en renforçant l’influence économique de l’Algérie en Afrique de l’Ouest. L’opération s’appuie sur l’expérience de Sonatrach en matière de logistique pétrolière et de négociation sur la scène mondiale.

    Un partenariat aux multiples facettes

    Axe de collaboration Actions concrètes Objectifs à long terme
    Approvisionnement en Jet A1 Livraisons régulières depuis Adrar (Algérie) vers le Niger Garantir la stabilité des approvisionnements énergétiques au Sahel
    Commercialisation du brut « Meleck » Expédition depuis Sèmè (Bénin) vers les marchés internationaux Développer l’exportation nigérienne grâce à l’expertise algérienne

    Une dynamique économique aux retombées régionales

    Cette collaboration entre Sonatrach et Sonidep s’inscrit dans une stratégie plus large visant à dynamiser les échanges énergétiques en Afrique. En renforçant ses liens avec Niamey, l’Algérie confirme son rôle central dans la sécurité énergétique du continent. Le partage de savoir-faire et de ressources entre les deux pays ouvre des perspectives prometteuses pour le développement économique du Sahel.

    Ces initiatives concrètes démontrent comment des partenariats bilatéraux bien structurés peuvent transformer des défis énergétiques en opportunités de croissance partagée.

  • Hausse des prix des carburants au Sénégal : impact économique et enjeux sociaux

    Hausse des prix des carburants au Sénégal : impact économique et enjeux sociaux

    Le gouvernement du Sénégal applique une revalorisation des tarifs des carburants à compter du 15 août 2026, touchant particulièrement le supercarburant et le gasoil. Cette mesure, qui s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires et de volatilité des prix mondiaux, impacte directement l’inflation, le coût des transports et la compétitivité des entreprises locales. Dakar s’aligne ainsi sur une tendance régionale où plusieurs États de l’UEMOA ont dû ajuster leurs grilles tarifaires pour faire face à des contraintes financières similaires.

    Une décision motivée par l’impossibilité de maintenir les subventions

    Depuis plusieurs mois, les autorités sénégalaises reconnaissent que le système de subventions sur les carburants, financé par le Trésor public, n’est plus tenable. Les dépenses allouées à cette compensation grèvent les budgets alloués aux infrastructures et aux programmes sociaux, limitant ainsi les marges de manœuvre pour les investissements publics. Cette révision tarifaire s’inscrit dans une démarche d’assainissement budgétaire, alignée sur les orientations économiques annoncées par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir.

    La pression exercée par le contexte sous-régional a également joué un rôle clé. Plusieurs pays de l’UEMOA, comme la Côte d’Ivoire et le Mali, ont déjà procédé à des ajustements comparables. Le cadre monétaire commun, imposé par l’utilisation du franc CFA, restreint les marges de manœuvre des États membres sur des postes aussi stratégiques que l’énergie. À Dakar, cette nouvelle grille tarifaire vise à aligner les prix locaux sur une trajectoire jugée plus réaliste, tout en évitant de subir pleinement les fluctuations des cours internationaux du pétrole.

    Des répercussions immédiates sur l’économie et les ménages

    L’augmentation du prix du gasoil constitue le principal défi pour l’économie réelle. Ce carburant est essentiel au transport routier de marchandises, à la pêche artisanale, à la production électrique décentralisée et à une grande partie des véhicules utilitaires. Toute hausse se répercute rapidement sur le coût des denrées alimentaires, les tarifs des transports interurbains et les charges des petites entreprises. Les professionnels du secteur logistique anticipent un renchérissement des chaînes d’approvisionnement, notamment sur l’axe Dakar-Bamako, un corridor essentiel pour le commerce régional.

    Pour les particuliers, la hausse du supercarburant affecte en priorité les classes moyennes urbaines, qui utilisent quotidiennement des véhicules privés. Les syndicats de transporteurs, souvent mobilisés lors des précédents ajustements, surveillent de près cette décision. Leur capacité à obtenir une révision des tarifs officiels du transport public déterminera en grande partie la traduction sociale de cette mesure. Le gouvernement devra alors trouver un équilibre fragile entre rigueur budgétaire et maintien de la stabilité sociale, alors que l’inflation sur les produits de base reste une préoccupation majeure.

    Un signal fort pour les partenaires financiers du Sénégal

    Cette décision intervient à un moment où le Sénégal négocie ses équilibres macroéconomiques avec ses principaux bailleurs de fonds, dont le Fonds monétaire international. La réduction des subventions énergétiques figure parmi les recommandations récurrentes des institutions financières, qui y voient un moyen de renforcer la crédibilité budgétaire et de faciliter l’accès à des financements concessionnels. En procédant à cet ajustement, le gouvernement envoie un message clair aux marchés et aux investisseurs, alors que le pays cherche à consolider sa trajectoire de dette après la révélation de son endettement réel.

    Cependant, la communication autour de cette mesure sera cruciale. Les précédents épisodes de hausse, en 2022 et 2023, avaient entraîné des contestations et des ajustements compensatoires en faveur des transporteurs et des ménages vulnérables. La question du réinvestissement des économies réalisées grâce à la réduction partielle des subventions se posera rapidement. Santé, éducation, soutien aux filières productives : les choix futurs détermineront si la fin des subventions énergétiques se traduit par un redéploiement concret des ressources publiques vers les secteurs prioritaires.

  • L’investissement, pilier de la souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire

    L’investissement, pilier de la souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire

    La Côte d’Ivoire s’engage fermement à accroître sa production dans les secteurs animal et halieutique. Cette initiative stratégique vise à réduire significativement sa forte dépendance aux importations, dont le coût pour les viandes et abats a atteint un montant considérable de 782 milliards de francs CFA en 2024. C’est ce qu’a clairement indiqué Bouadi Beda Paul, le directeur des affaires financières du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH).

    Une dépendance coûteuse aux importations animales et halieutiques

    Lors d’un atelier crucial tenu à Jacqueville le 29 juillet 2026, axé sur la révision du Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses et des Projets Annuels de Performance (DPPD-PAP) pour la période 2027-2029, le responsable du MIRAH a souligné l’impératif d’une planification budgétaire rigoureuse. Il a insisté sur la nécessité d’une approche orientée vers l’obtention de résultats concrets pour relever efficacement les défis complexes qui caractérisent ces filières vitales.

    Planification stratégique pour des résultats tangibles

    La feuille de route pour cette ambition est la Politique Nationale de Développement de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (PONADEPA) 2026-2030. Cette politique est spécifiquement conçue pour renforcer la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire et pour catalyser les investissements du secteur privé dans ces domaines clés.

    La PONADEPA, levier de développement

    Bouadi Beda Paul a affirmé avec conviction que, dans le cadre d’une gestion résolument axée sur les résultats, l’élaboration du DPPD-PAP n’est plus une simple option, mais une exigence absolue. Cet atelier, organisé par la direction des affaires financières du MIRAH du 29 au 31 juillet, a réuni les cadres dirigeants du ministère. Leur mission était d’identifier collectivement les besoins essentiels et les priorités stratégiques pour les trois années à venir. Le document final, fruit de ces intenses discussions, aura pour objectif de fixer des buts clairs pour le ministère, de détailler les actions concrètes à mener et d’établir des indicateurs de suivi précis pour évaluer l’efficacité de l’utilisation des ressources publiques.

    Des opportunités prometteuses pour la jeunesse ivoirienne

    En marge de ces délibérations techniques, le directeur des affaires financières a lancé un appel vibrant à la jeunesse ivoirienne. Il les a encouragés à s’orienter vers les carrières dans l’élevage, la pisciculture et l’aquaculture, des secteurs qui, selon lui, regorgent d’opportunités d’emploi et de développement personnel en Côte d’Ivoire.

  • Air Sénégal met fin au conflit avec Carlyle : accord historique à Dakar

    Air Sénégal met fin au conflit avec Carlyle : accord historique à Dakar

    Un différend aérien résolu à l’amiable

    Le contentieux opposant Air Sénégal au groupe américain Carlyle a connu une issue favorable après des mois de tensions. La compagnie nationale sénégalaise et son ancien partenaire ont finalement opté pour une résolution négociée du litige lié à la résiliation de quatre contrats de location d’appareils.

    Une procédure judiciaire close à Dakar

    Le Directeur général d’Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a obtenu l’arrêt des poursuites engagées devant le Tribunal de commerce hors classe de Dakar. Cette décision fait suite à la signature d’un protocole d’accord entre les parties, mettant un terme définitif au conflit.

    Les discussions menées à Dakar pourraient également influencer le volet international de l’affaire. Carlyle, qui avait saisi les tribunaux de New York, envisage désormais de clore définitivement ce dossier, permettant ainsi une résolution globale du contentieux.

    Un règlement financier quasi finalisé

    L’accord trouvé repose sur une transaction signée le 4 mai 2026 entre Air Sénégal et les propriétaires des appareils. Le procès-verbal de conciliation, homologué le 25 juin 2026, officialise les termes de cet arrangement.

    Dans ce cadre, la compagnie a réglé la quasi-totalité des sommes dues, incluant les loyers et les réserves de maintenance impayés jusqu’à la restitution des avions. Ces créances, reconnues par Air Sénégal, ont été honorées conformément aux engagements pris.

    Les appareils concernés par le litige

    Quatre appareils étaient au cœur du différend : deux Airbus A319 et deux Airbus A321. La nouvelle direction d’Air Sénégal, dirigée par Tidiane Ndiaye, a décidé de ne pas les conserver dans sa flotte.

    Les raisons de la résiliation des contrats

    Plusieurs facteurs ont motivé cette décision. Les coûts élevés de location et de maintenance, combinés à des pannes répétitives, rendaient l’exploitation de ces avions peu rentable. Selon les analyses, leur maintien aurait pu aggraver les difficultés financières déjà rencontrées par la compagnie.

    Un conflit qui s’est prolongé avant sa résolution

    La résiliation des contrats n’a pas immédiatement mis fin aux tensions. Carlyle avait engagé des poursuites judiciaires contre Air Sénégal, avant que les deux parties ne reprennent les négociations et ne parviennent à un accord mutuellement acceptable.

  • Tarifs des télécoms au Mali : pourquoi les prix explosent face au Sénégal

    Tarifs des télécoms au Mali : pourquoi les prix explosent face au Sénégal

    Les usagers et experts du secteur des télécommunications en Afrique de l’Ouest dénoncent une injustice tarifaire croissante entre le Mali et le Sénégal. À budget égal, un abonné de Bamako obtient une quantité de données mobiles bien inférieure à celle proposée par un opérateur dakarois, révélant un déséquilibre criant dans l’espace UEMOA. Les chiffres, largement relayés, confirment un écart de un à quinze entre les deux pays, plaçant la capitale malienne parmi les plus chères en termes de coût du mégaoctet sur le continent.

    Un marché malien verrouillé et des prix exorbitants

    Une même dépense permet d’accéder à seulement 1,5 Go de données au Mali, contre 25 Go au Sénégal. Cette disparité flagrante soulève des questions légitimes sur l’efficacité de la régulation dans un pays où le mobile représente le principal accès à internet. L’Autorité malienne de régulation des télécommunications (AMRTP) est souvent pointée du doigt pour son manque d’initiative face à un duopole dominé par Orange Mali et Malitel, filiale de Sotelma. À l’inverse, le Sénégal, avec ses trois opérateurs majeurs (Sonatel, Free et Expresso), bénéficie d’une concurrence dynamique qui pousse les prix à la baisse et les volumes de données à la hausse.

    Infrastructures et concurrence : les clés d’un écart persistant

    L’écart tarifaire s’explique en partie par des choix stratégiques divergents. Le Sénégal a massivement investi dans une infrastructure fibre et un réseau national robuste depuis la fin des années 2010, réduisant ainsi les coûts de transport des données. Sonatel, soutenue par le groupe Orange, a joué un rôle central dans cette transformation. Au Mali, l’enclavement géographique et la dépendance aux câbles sous-marins (dépendant de Dakar, Abidjan ou Nouakchott) alourdissent les coûts d’interconnexion internationale, facturés en devises. Cependant, selon les analystes, ces facteurs ne suffisent pas à justifier un écart aussi important.

    La faible concurrence, les redevances élevées imposées aux opérateurs et l’absence d’un troisième acteur innovant sont souvent cités comme des causes majeures. Le projet d’octroi d’une nouvelle licence, évoqué depuis des années à Bamako, n’a toujours pas permis de briser le statu quo. Résultat : les ménages maliens, dont le pouvoir d’achat est bien inférieur à celui des Sénégalais, consacrent une part disproportionnée de leur budget à la connectivité. Cette situation freine l’adoption des services numériques essentiels, comme le mobile money ou l’e-administration, alors que le gouvernement mise sur la digitalisation des services publics.

    Souveraineté numérique et enjeux politiques

    Le débat dépasse la simple question économique. Depuis le retrait du Mali de la CEDEAO et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Niger, la souveraineté numérique est devenue un axe politique majeur. Pourtant, sans un marché télécom compétitif, cette ambition reste un vœu pieux. La question du roaming intra-AES, souvent évoquée mais peu appliquée, illustre le décalage entre les discours officiels et la réalité vécue par les abonnés.

    Le Sénégal, souvent présenté comme un modèle en Afrique de l’Ouest, sert de référence pour pointer les lacunes du Mali. Des voix issues de la société civile réclament un audit indépendant des tarifs, une révision des cahiers des charges des opérateurs et une ouverture du marché à un nouvel acteur. Parmi les solutions envisagées : la régulation par les données, la transparence sur la qualité de service et l’encouragement à l’émergence d’un opérateur alternatif.

    Pour des millions de Maliens, l’évolution des prix conditionnera leur inclusion numérique dans les années à venir. Sans correction, l’écart avec Dakar pourrait s’aggraver, alors que les besoins en bande passante (vidéo, paiements mobiles) ne cessent de croître. Une mobilisation accrue des usagers pourrait, selon toutes probabilités, inciter le régulateur à revoir sa copie.

    Le Mali face à Dakar : un miroir des inégalités numériques

    La comparaison des tarifs télécoms entre le Mali et le Sénégal révèle bien plus qu’un simple déséquilibre économique. Elle met en lumière les défis structurels, politiques et stratégiques auxquels est confronté Bamako pour offrir à ses citoyens un accès abordable et performant à internet. Dans un contexte régional marqué par des alliances politiques inédites, la question de l’inclusion numérique devient un enjeu de souveraineté, voire de légitimité pour les autorités maliennes.

  • Accord de partenariat économique : le Cameroun allège ses droits de douane sur les produits européens

    Accord de partenariat économique : le Cameroun allège ses droits de douane sur les produits européens

    Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne et le Royaume-Uni. Un communiqué du ministre des Finances, Louis Paul Motazé, officialise une réduction de 70 % des droits de douane sur les produits en provenance des Vingt-Sept et de Grande-Bretagne. Cette mesure, ciblant le troisième groupe de biens stratégiques pour les recettes douanières, s’inscrit dans une baisse progressive de 10 % par an, aboutissant à une suppression totale des tarifs en 2030.

    Les véhicules utilitaires, les carburants, les ciments, les peintures et les emballages industriels sont les premiers concernés par cette nouvelle décote. Cette étape s’ajoute à celles déjà engagées pour les deux premiers groupes de produits. Depuis le 4 août 2023, les biens du deuxième groupe, incluant plâtres, clinkers, camions, remorques et groupes électrogènes, bénéficient d’une franchise totale. Quant au premier groupe, composé notamment de produits pharmaceutiques, engrais, pesticides, ordinateurs, gaz et tracteurs, il profite de cette exonération depuis le 4 août 2019.

    Un impact budgétaire maîtrisé malgré les craintes initiales

    Lors de leur lancement, les APE suscitaient des craintes quant à un trou budgétaire potentiel. Pourtant, les chiffres officiels révèlent une réalité plus nuancée. Sur les dix dernières années, les pertes cumulées de recettes douanières s’élèvent à environ 103 milliards de FCFA, soit une moyenne annuelle de 10 milliards. Un montant significatif, mais qui reste gérable au regard de la croissance globale des recettes.

    En effet, les recettes douanières camerounaises ont franchi un cap symbolique en 2023, dépassant pour la première fois le seuil des 1 000 milliards de FCFA. Ce paradoxe apparent s’explique par une diversification accrue des partenaires commerciaux du Cameroun, notamment vers l’Asie, compensant ainsi l’érosion des recettes liées aux importations européennes.

    La Chine, grand gagnant inattendu de l’APE

    L’ironie de cette situation réside dans le fait que la préférence tarifaire accordée à l’Europe n’a pas empêché la Chine de s’imposer comme le premier partenaire commercial du Cameroun. Depuis 2013, Pékin domine à la fois comme client et fournisseur, renforçant son emprise année après année. Les données du Comité de compétitivité du ministère de l’Économie illustrent cette dynamique.

    En huit ans, la part de marché chinoise dans le segment des machines et équipements est passée de 23,8 % à 52,5 %, soit une progression de 28,7 points. Dans le même temps, l’Union européenne a vu sa part chuter de 50,1 % à 29,3 % en 2023, avant un léger rebond à 32,3 % en 2024. Ce recul de près de 20 points interroge sur l’efficacité des préférences tarifaires européennes face à la compétitivité des produits chinois.

    Un avantage fiscal concentré entre les mains d’une minorité

    L’analyse des bénéficiaires de ces mesures révèle une concentration inquiétante des avantages fiscaux. Au 31 décembre 2023, sur les 1 021 entreprises ayant recours au tarif préférentiel de l’APE, moins de 5 % captaient environ 75 % des gains. Cette disparité s’observe également selon la taille des entreprises : 80 % des bénéfices reviennent aux grandes structures, contre seulement 20 % pour les petites et moyennes entreprises.

    Le Comité de compétitivité souligne que « les 50 premières entreprises bénéficiaires du tarif préférentiel de l’APE opèrent majoritairement dans les secteurs industriel et commercial ». À quatre ans de l’exonération totale prévue en 2030, cette répartition soulève des questions sur la pérennité de l’accord. Les autorités camerounaises doivent désormais arbitrer entre le maintien d’un ancrage historique avec l’Europe et l’adaptation à une économie dominée par la Chine.

  • Cajou : les autorités ivoiriennes lancent un fonds pour booster la transformation locale

    Cajou : les autorités ivoiriennes lancent un fonds pour booster la transformation locale

    Un financement innovant pour dynamiser la filière cajou en Côte d’Ivoire

    Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), représentant plus de 100 000 tonnes de noix brutes traitées annuellement, a officiellement salué la signature d’une convention tripartite le 11 juin 2026. Ce partenariat rassemble la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les acteurs locaux du secteur. Une initiative qui marque un tournant pour l’industrialisation de la filière et l’autonomie économique du pays.

    Un mécanisme inédit pour sécuriser les approvisionnements

    Face aux défis liés à l’achat des noix brutes et aux besoins massifs en financement durant la campagne de commercialisation, le GTCI a reçu un soutien décisif. Dans une lettre envoyée le 17 juillet 2026 aux plus hautes autorités, dont le Premier ministre Robert Beugré Mambé et les ministres concernés, le président du groupement, Denis Kouadio, a exprimé sa reconnaissance. Ce dispositif vise à garantir un approvisionnement stable des usines et à couvrir les coûts de transformation sur l’année.

    Un partenariat gagnant-gagnant pour les transformateurs nationaux

    Le CCA s’engage à fournir, dès le début de la saison, 20 % des besoins en noix brutes des transformateurs. La BNI prend en charge les 80 % restants, tout en assurant les financements nécessaires aux fonds de roulement pour les opérations industrielles et les exportations. Une solution qui répond aux enjeux de trésorerie et de rentabilité des unités locales.

    Un projet salué par les acteurs clés du secteur

    Denis Kouadio a tenu à remercier l’ensemble des parties prenantes, dont le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur collaboration a permis la mise en place d’un système de financement structurant, conçu pour pérenniser le développement des champions nationaux dans la transformation du cajou.

    Vers une extension du modèle à d’autres filières ?

    Ce mécanisme innovant, déjà plébiscité pour son impact sur la création de valeur ajoutée, pourrait inspirer d’autres secteurs. Une étude est en cours pour adapter ce modèle au cacao, avec pour objectif de renforcer l’industrie locale et d’optimiser les retombées économiques pour le pays.

    La Côte d’Ivoire, leader mondial du cajou, accélère sa transformation

    Premier producteur mondial de noix brutes de cajou avec une production annuelle d’environ 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de 37 unités de transformation. Ces infrastructures représentent une capacité totale de plus de 830 000 tonnes. Avec un taux de transformation locale de 43 %, le pays se classe au deuxième rang des exportateurs d’amandes de cajou et occupe la troisième place en tant que transformateur mondial, selon les dernières données de l’ITC (2025).

    Après avoir maîtrisé l’augmentation de sa production de noix brutes, le pays mise désormais sur l’accélération de la transformation locale. L’objectif ? Conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire, renforcer son industrie et générer davantage d’emplois pour les populations.