Catégorie : Économie

  • Côte d’Ivoire : le secteur agricole, pilier économique et défis sociaux

    Côte d’Ivoire : le secteur agricole, pilier économique et défis sociaux

    Avec une croissance économique parmi les plus fortes d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire a bâti son développement sur un secteur agricole historiquement dominant. À son indépendance, l’agriculture représentait près de 50 % du PIB national. Malgré une diversification progressive de l’économie, elle conserve une place centrale : en 2024, elle ne contribuait plus qu’à 15,9 % du PIB, mais employait encore 46 % de la population active et générait plus de la moitié des exportations du pays (51,5 % en 2025).

    Les disparités entre zones urbaines et rurales restent marquées. Le taux de pauvreté atteint 54,4 % en milieu rural, contre 37,5 % en moyenne nationale. L’emploi dans ces territoires repose massivement sur l’agriculture, où près de 90 % des agriculteurs font partie du premier décile des revenus les plus faibles. Dans le secteur du cacao, considéré comme le moteur agricole ivoirien, 60 % des producteurs vivent sous le seuil de pauvreté national.

    Les cultures de rente et industrielles (1er producteur mondial de cacao et de noix de cajou, 3ème producteur mondial de caoutchouc naturel) tirent l’économie agricole. Pourtant, le pays dépend fortement des importations pour ses besoins en céréales et en poissons, essentiels à l’alimentation des populations urbaines. La production vivrière, quant à elle, repose majoritairement sur un modèle informel, limitant l’accès des petits producteurs aux marchés et aux circuits de distribution structurés.

  • L’accélérateur HEC Paris dynamise l’écosystème startup en Côte d’Ivoire

    L’accélérateur HEC Paris dynamise l’écosystème startup en Côte d’Ivoire

    Les estimations gouvernementales révèlent la présence d’environ 300 startups en activité en Côte d’Ivoire. Pour propulser leurs entreprises, de nombreux entrepreneurs privilégient des programmes de formation reconnus. Parmi eux, Challenge + Afrique, une initiative de la prestigieuse école de commerce française HEC Paris, attire particulièrement l’attention.

    En cinq ans, Challenge + Afrique, un programme de la célèbre école de commerce HEC Paris, a accompagné ​​​​​​​près de 120 start-up, à Abidjan et Dakar.

    Une vingtaine de participants, hommes et femmes, assistent à leur session inaugurale. Leur objectif principal est de comprendre comment accroître la valeur de leur jeune entreprise. Mariama Kaba, originaire du Sénégal, est une experte en validation des acquis de l’expérience qui se lance dans l’entrepreneuriat. Son projet vise à certifier les compétences des travailleurs du secteur informel. Elle témoigne avec enthousiasme : « J’ai déjà participé à des projets d’entreprise, mais je suis toujours restée en retrait. C’est l’opportunité de me concentrer sur ma propre initiative, d’acquérir de nouvelles compétences… car la finance était un ‘gros mot’ pour moi. Ce matin, le cours sur les fondamentaux de la startup était très instructif ; je note tous les mots-clés pour créer une fiche récapitulative. Ce que j’attends ? Le réseau est également essentiel ; toutes les personnes présentes sont une source d’inspiration. Après seulement deux jours, je parle de mes collègues à mes amis et à ma famille. Je suis exactement là où je dois être pour sortir de ma zone de confort. »

    Les projets de cette promotion, incluant celui de Mariama, couvrent des domaines variés, allant de l’accès au logement à des solutions techniques pour l’économie d’énergie.

    Développer une vision stratégique pour une croissance exponentielle

    Les participants investissent 5 000 euros (environ 3 millions de francs CFA) pour bénéficier des conseils d’experts comme Etienne Krieger. Ce spécialiste de la finance entrepreneuriale partage ses « bonnes recettes » pour le succès : « Nous sommes ici pour leur faire prendre conscience des éléments qui crédibiliseront leurs projets, pour identifier des besoins réels, mal ou non satisfaits par les offres existantes, pour les aider à vendre, et pour qu’ils soient suffisamment crédibles afin d’attirer des investisseurs qui les aideront à passer d’une activité artisanale à une dimension ‘industrielle’. »

    Parmi les réussites notables du programme, on compte Leya, une startup basée à Abidjan. Cette entreprise facilite l’approvisionnement en liquidités des guichets de mobile money. Thibaut Cathenoz, cofondateur de Leya, souligne l’impact de la formation : « Nous avons pu prendre un recul considérable, affiner notre pitch, perfectionner notre proposition de valeur et comprendre les mécanismes d’une levée de fonds. Cela nous a été extrêmement utile par la suite, puisque nous avons effectivement levé des fonds. Franchement, ce fut une aide précieuse. »

    En l’espace de cinq ans, le programme Challenge + Afrique a soutenu près de 120 startups, opérant principalement à Abidjan et Dakar.

  • Budget santé 2026 : le Burkina Faso alloue 11% de ses dépenses publiques

    Budget santé 2026 : le Burkina Faso alloue 11% de ses dépenses publiques

    UEMOA : Le Burkina Faso en tête des budgets santé avec 11% de ses dépenses publiques en 2026

    Le Burkina Faso, leader régional en matière de financement de la santé

    En 2026, le Burkina Faso se distingue dans l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) en consacrant 11% de son budget national à la santé. Ce choix stratégique représente un investissement de 388 milliards FCFA sur un budget global de 3 432 milliards FCFA. Une performance remarquable qui dépasse largement les efforts consentis par les autres États membres de l’UEMOA.

    Cette allocation budgétaire place Ouagadougou en position de leader sur le continent africain, même si la cible internationale de 15% reste encore à atteindre. Cette décision s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer les infrastructures sanitaires et d’améliorer l’accès aux soins pour la population.

    Pourquoi un tel engagement ? Les autorités burkinabè misent sur la santé comme levier de développement économique et social. En allouant une part aussi significative de ses ressources, le pays vise à réduire les inégalités d’accès aux services médicaux et à préparer son système de santé aux défis futurs.

    Comparaison régionale

    • Côte d’Ivoire : environ 8% de son budget dédié à la santé
    • Sénégal : autour de 7%
    • Bénin : proche de 6%
    • Niger : en dessous de 5%
    • Mali : légèrement supérieur à 5%
    • Togo : environ 6%

    Ces chiffres illustrent clairement l’effort budgétaire exceptionnel consenti par le Burkina Faso pour son secteur sanitaire.

    Le gouvernement burkinabè a également souligné que cette augmentation des dépenses publiques en santé s’accompagne de réformes structurelles visant à optimiser la gestion des ressources et à lutter contre la corruption dans le secteur.

    Un investissement aux retombées multiples

    Au-delà de l’aspect purement financier, cet investissement dans la santé devrait générer des bénéfices à long terme pour l’économie du pays. Une population en meilleure santé est synonyme de productivité accrue, d’attractivité pour les investisseurs étrangers et d’amélioration des indicateurs sociaux.

    Les experts s’accordent à dire que cette stratégie pourrait servir d’exemple pour d’autres pays de la région souhaitant renforcer leur système de santé. Cependant, des défis subsistent, notamment en matière de formation du personnel médical, d’approvisionnement en médicaments et d’infrastructures hospitalières.

    Perspectives pour l’avenir

    Avec cette allocation budgétaire ambitieuse, le Burkina Faso confirme sa volonté de devenir un acteur clé en matière de santé publique en Afrique de l’Ouest. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de ces investissements sur la qualité des soins et l’état de santé général de la population.

    Les autorités ont d’ores et déjà annoncé des mesures complémentaires pour renforcer la couverture sanitaire, notamment dans les zones rurales où l’accès aux soins reste limité.

  • Crise économique au Niger : une génération en proie à la faim

    Crise économique au Niger : une génération en proie à la faim

    Le Niger confronté à sa pire crise économique depuis des décennies : l’urgence humanitaire

    Dans les rues poussiéreuses de Zinder, au sud-est du Niger, le quotidien de Rabiatou, 29 ans, illustre l’effondrement économique qui frappe le pays. Cette mère de famille, commerçante d’articles d’occasion, peine à écouler son stock. Après une journée entière d’efforts, elle ne parvient à vendre qu’un seul vêtement pour 1 000 F CFA – une somme dont la moitié est engloutie par les frais de transport. De retour chez elle, son bébé déjà endormi, elle incarne le désespoir d’une population en proie à une crise sans précédent.

    Cette situation dramatique n’est malheureusement pas isolée. Le Niger, déjà fragilisé par des années d’instabilité politique et la menace persistante des groupes armés, traverse aujourd’hui la pire crise économique de son histoire récente. Entre l’isolement diplomatique imposé par la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani et l’avancée des groupes jihadistes, le pays se trouve dans une impasse sans précédent.

    Une économie exsangue et une population en détresse

    Les indicateurs économiques du Niger affichent des signes alarmants. L’inflation galopante, la dépréciation du franc CFA, et la chute des revenus liés aux exportations, notamment des ressources naturelles, ont plongé des millions de ménages dans une précarité extrême. Selon les dernières estimations, plus de 40 % de la population nigérienne vit désormais sous le seuil de pauvreté, un chiffre en hausse constante depuis 2020.

    Les secteurs clés de l’économie sont particulièrement touchés :

    • L’agriculture, qui emploie plus de 80 % de la population active, subit de plein fouet les effets des changements climatiques et des violences dans les zones rurales. Les récoltes sont en baisse, et les prix des denrées alimentaires flambent.
    • Le commerce transfrontalier, autrefois dynamique avec les pays voisins comme le Bénin et le Nigeria, est paralysé par les restrictions imposées par la junte et les barrières sécuritaires.
    • Les hydrocarbures, secteur historique du pays, voient leur production chuter en raison des sanctions internationales et du manque d’investissements étrangers.

    Un isolement diplomatique et sécuritaire aux conséquences dévastatrices

    La prise de pouvoir par la junte militaire en juillet 2023 a entraîné une rupture des relations avec les partenaires internationaux, notamment les anciennes puissances coloniales et les organisations régionales comme la CEDEAO. Ces tensions ont accéléré l’isolement du pays sur la scène internationale, aggravant les difficultés économiques.

    Parallèlement, la montée en puissance des groupes armés dans les régions de Tillabéri, Diffa et Tahoua a forcé des milliers de personnes à fuir leurs foyers. Les déplacements massifs de populations, combinés à la destruction des infrastructures agricoles et commerciales, aggravent la crise alimentaire et humanitaire.

    Dans ce contexte, le gouvernement de transition dirigé par le général Abdourahamane Tiani tente de maintenir une stabilité relative, mais les défis restent immenses. Les négociations avec les partenaires internationaux pour lever les sanctions et relancer l’économie piétinent, tandis que la population endure les conséquences de cette crise multidimensionnelle.

    Des solutions urgentes pour éviter l’effondrement

    Face à l’urgence, plusieurs pistes sont évoquées pour tenter de stabiliser la situation :

    • Relancer le dialogue diplomatique : La levée des sanctions internationales et la normalisation des relations avec les partenaires régionaux et internationaux pourraient permettre un accès accru aux aides humanitaires et aux financements.
    • Renforcer la sécurité alimentaire : Des programmes ciblés pour soutenir les agriculteurs, améliorer les infrastructures de stockage et faciliter l’accès aux marchés sont indispensables pour éviter une famine généralisée.
    • Diversifier l’économie : Réduire la dépendance aux hydrocarbures et aux exportations agricoles en développant des secteurs comme les énergies renouvelables ou le numérique pourrait offrir de nouvelles perspectives économiques.
    • Soutenir les initiatives locales : Les associations et coopératives locales, souvent plus proches des réalités du terrain, jouent un rôle clé dans l’aide aux populations vulnérables. Leur renforcement doit être une priorité.

    Pour Rabiatou et des millions d’autres Nigériens, chaque jour est une lutte pour survivre. La crise actuelle n’est pas seulement économique : elle menace l’avenir même d’une génération entière. Sans une réponse rapide et coordonnée, le Niger risque de sombrer dans un chaos dont les répercussions se feront sentir bien au-delà de ses frontières.

    Un appel à l’action internationale

    La communauté internationale ne peut ignorer la détresse du Niger. Les organisations humanitaires, les États voisins et les partenaires multilatéraux doivent unir leurs efforts pour apporter une aide concrète et durable. Chaque contribution, qu’elle soit financière, logistique ou politique, peut faire la différence entre la survie et l’effondrement d’un pays déjà en première ligne face aux défis du XXIe siècle.

  • Premières cargaisons de gaz pour le projet Mauritanie-Sénégal grand tortue ahmeyim

    Premières cargaisons de gaz pour le projet Mauritanie-Sénégal grand tortue ahmeyim

    Le Sénégal et la Mauritanie franchissent une étape majeure dans l’exploitation gazière

    Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), mené conjointement par la Mauritanie et le Sénégal, a franchi une étape historique avec la première production de gaz naturel liquéfié (GNL). Selon Kosmos Energy, cette réalisation positionne désormais le Sénégal et la Mauritanie parmi les nations productrices d’hydrocarbures, marquant un tournant décisif pour leur économie.

    Les gouvernements des deux pays avaient confirmé, fin décembre, que le gaz avait commencé à être extrait des puits vers le navire flottant de production, situé en mer à la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal. Cette infrastructure, dédiée à la production, au stockage et au déchargement, est au cœur du projet GTA, un partenariat stratégique entre plusieurs acteurs clés.

    Un projet gazier d’envergure internationale

    Le consortium derrière GTA inclut BP (actionnaire principal), Kosmos Energy, la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier. L’exploitation est assurée par British Petroleum, leader mondial du secteur.

    D’après les estimations officielles, la capacité initiale de production s’élève à 2,5 millions de tonnes de GNL par an. Mohamed Ould Khaled, ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, a précisé que cette production pourrait atteindre 10 millions de tonnes annuellement d’ici quelques années, selon les projections de l’Agence mauritanienne d’information.

    Le Sénégal renforce sa position dans le secteur énergétique

    Quelques mois avant cette avancée, le champ pétrolier de Sangomar, situé à environ 100 km au sud de Dakar, avait également franchi une étape clé avec la production de ses premiers barils de pétrole. Exploité par Woodside Energy, ce projet renforce davantage la présence du Sénégal sur la scène énergétique africaine. Le pays dispose également d’un autre gisement prometteur, Yakaar-Teranga, dédié à l’exploitation gazière.

    Ces développements s’inscrivent dans une dynamique régionale où la Mauritanie et le Sénégal misent sur leurs ressources naturelles pour stimuler leur croissance économique et réduire leur dépendance aux importations d’énergie.

  • SOS NDD : un contrat majeur pour la gestion des déchets à Nouakchott

    SOS NDD : un contrat majeur pour la gestion des déchets à Nouakchott

    Le groupe marocain SOS NDD, propriété de la famille Said, a obtenu un accord stratégique pour la collecte et le transport des ordures ménagères au cœur de la capitale mauritanienne, Nouakchott.

    Ce marché d’envergure a été concédé par la Commission des marchés publics, relevant du ministère mauritanien de l’Intérieur, dont la mission inclut la dynamisation de la décentralisation et du développement local.

    L’attribution de ce contrat fait suite à un appel d’offres international lancé en 2024, ayant attiré la participation de six entreprises.

    SOS NDD a su se démarquer face à une concurrence relevée, incluant une société sous la direction de Mohamed Zine El Abidine Cheikh Ahmed, une personnalité influente des affaires en Mauritanie, ainsi que l’entreprise française Pizzorno, qui assurait auparavant la gestion des déchets à Nouakchott.

    L’accord initial couvre une période d’un an, avec une possibilité de renouvellement pouvant s’étendre jusqu’à une décennie.

    Sous l’impulsion d’Abdelwafi Said, la firme a décroché ce projet après une évaluation approfondie des différentes propositions.

    Le montant annuel de cette prestation s’élève à 7,5 milliards d’ouguiyas, équivalant à environ 1,9 milliard de dirhams, marquant un investissement considérable pour optimiser la gestion des déchets urbains dans la capitale mauritanienne.

    Établie à Casablanca depuis 1977, SOS NDD, présidée par Abdelkader Said El-Figuigui, est une entité familiale dotée d’un capital social de 20 millions de dirhams.

    Grâce à ses multiples filiales, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 500 millions de dirhams.

    Initialement axée sur le nettoyage industriel, SOS NDD a progressivement diversifié ses compétences pour englober la collecte des ordures, l’assainissement liquide et la gestion des sites d’enfouissement publics.

    On notera qu’elle est en charge de la gestion de la décharge de Médiouna depuis 2018, suite au départ d’Ecomed.

    Au cours des dernières années, SOS NDD a consolidé sa présence au Maroc en remportant plusieurs marchés importants dans des villes comme Mohammédia, Oujda, Marrakech, Skhirat, Tifelt, Nador, M’diq et Berkane.

    Ce nouveau contrat en Mauritanie marque une étape décisive pour l’entreprise, concrétisant ainsi son tout premier marché à l’échelle internationale.

  • Akwa Africa officialise le rachat de Total Mauritanie après validation du Conseil

    Le Conseil de la concurrence a donné son feu vert définitif au projet de rachat de Total Mauritanie S.A par le groupe Akwa Africa S.A, selon une annonce publiée dans le Bulletin officiel. Cette opération stratégique, validée lors de la réunion du 12 décembre 2022, concerne l’acquisition de la totalité du capital social ainsi que des droits de vote associés à la filiale mauritanienne de TotalEnergies.

    Un projet de concentration économique sous haute surveillance

    Dès le 3 novembre 2022, le Conseil de la concurrence avait été informé de cette opération de concentration économique. Selon les informations relayées par Financial Afrik, le montant de cette transaction s’élèverait à environ 185 millions de dollars, marquant ainsi une étape majeure dans le développement du groupe Akwa Africa en Afrique subsaharienne.

    Akwa Africa : un acteur stratégique dans le secteur énergétique africain

    Filiale du groupe marocain Akwa, Akwa Africa S.A se positionne comme une société d’investissement spécialisée dans le secteur des carburants et lubrifiants. Son activité couvre l’importation, le stockage, le négoce et la distribution de produits pétroliers, ainsi que la gestion des chaînes de valeur du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Cette acquisition s’inscrit dans une logique d’expansion régionale pour renforcer sa présence sur le continent.

    De son côté, Total Mauritanie S.A, société de droit mauritanien et filiale de TotalEnergies Marketing Afrique, est un acteur clé dans l’aval pétrolier du pays. Son intégration au sein du groupe Akwa Africa devrait permettre de dynamiser les activités de distribution et de logistique énergétique en Mauritanie.

  • Akwa africa rachète total Mauritanie : le conseil de la concurrence informé

    Le Conseil de la concurrence a récemment été notifié d’une opération majeure dans le secteur énergétique mauritanien. Selon un communiqué officiel, le groupe marocain Akwa Africa projette de racheter l’intégralité des parts sociales et droits de vote de Total Mauritanie.

    une acquisition stratégique dans le secteur pétrolier mauritanien

    Cette transaction, déjà annoncée par plusieurs médias locaux, s’inscrit dans une démarche de restructuration du paysage énergétique du pays. Des sources mauritaniennes confirment que les salariés de Total Mauritanie ont été informés de cette décision, reflétant une volonté de modernisation du secteur. Selon Financial Afrik, ce rachat s’aligne sur la politique énergétique mauritanienne, qui vise à renforcer ses alliances avec des partenaires fiables. Le montant estimé de l’opération s’élèverait à 185 millions de dollars, d’après cette même source.

    qui est akwa africa ?

    Akwa Africa, holding d’investissement marocain, se spécialise dans l’acquisition de participations au sein d’entreprises africaines. Son cœur de métier couvre l’importation, le stockage, le négoce et la distribution de carburants et lubrifiants, ainsi que le GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié). Cette opération en Mauritanie marque une nouvelle étape dans son expansion en Afrique subsaharienne.

    total Mauritanie : une filiale clé du géant totalenergies

    Total Mauritanie, filiale du groupe TotalEnergies Marketing Afrique, est un acteur incontournable de l’aval pétrolier en Mauritanie. Elle intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la distribution à la logistique des produits pétroliers. Son rachat par Akwa Africa pourrait donc redessiner le marché énergétique local.

    À noter : cette transaction doit encore obtenir l’aval des autorités de régulation pour être finalisée.

  • Financement santé Niger : enjeux et réformes pour une couverture sanitaire universelle

    Financement santé Niger : enjeux et réformes pour une couverture sanitaire universelle

    Pourquoi le Niger mise sur une réforme du financement de la santé ?

    La République du Niger, pays d’Afrique de l’Ouest confronté à des défis majeurs comme les conflits armés et les sécheresses répétées, affiche des indicateurs sanitaires parmi les plus préoccupants au monde. Avec des taux de mortalité maternelle et infantile records, le système de santé nigérien peine à offrir des services accessibles à tous. Face à cette situation, les autorités ont lancé une politique de gratuité des soins en 2006, ciblant d’abord les femmes et les enfants de moins de cinq ans. Pourtant, malgré des résultats initiaux encourageants, cette initiative s’est heurtée à un financement insuffisant, ne couvrant que la moitié des besoins réels jusqu’en 2011. Résultat : des factures de soins impayées se sont accumulées, paralysant partiellement le système.

    Un financement fragmenté et des dépenses de santé en dents de scie

    Les dépenses publiques de santé au Niger ont fluctué entre 4,9 % et 5,7 % du PIB entre 2007 et 2020, sans jamais atteindre les 6 % recommandés par l’OMS. Les dépenses directes des ménages représentent plus de 40 % des dépenses totales, un fardeau insupportable pour les populations les plus vulnérables. Dès 2006, le Gouvernement nigérien avait tenté de structurer le financement de la santé via le Fonds Commun Santé (FCS), en collaboration avec des partenaires comme l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale. En 2020, ce cercle s’est élargi avec l’arrivée de l’UNICEF, de l’UNFPA, de Gavi et de l’AECID (Espagne).

    Maman câlinant son bébé dans un village du Niger

    Maman câlinant son bébé, dans le village de Soki situé dans le centre du Niger. © UNICEF/Dejongh

    Réseau P4H et Plan d’action mondial : une coordination renforcée pour un financement pérenne

    Pour pallier les lacunes du système, le Niger s’est tourné vers des mécanismes de collaboration internationale. Depuis 2018, le pays bénéficie du soutien du réseau Providing for Health (P4H), une plateforme mondiale dédiée au financement de la santé et à la protection sociale. En 2021, les membres de P4H et les signataires du Plan d’action mondial pour la réalisation de l’ODD 3 ont uni leurs forces pour recruter un point focal national. Ce dernier, soutenu par le Gouvernement et des partenaires comme Gavi, joue un rôle clé dans la coordination des financements et l’alignement des aides sur les priorités nationales.

    Ce poste, initialement financé par l’OMS et l’AFD, a été transféré à la Banque mondiale en 2022, avec le soutien du Mécanisme de financement mondial. Son objectif ? Désengorger le Ministère de la santé des sollicitations multiples des bailleurs et harmoniser les interventions pour une couverture sanitaire universelle (CSU) plus efficace.

    Quelles réformes pour un système de santé plus résilient ?

    Le Niger a identifié cinq priorités stratégiques pour moderniser son financement de la santé :

    • Alignement budgétaire : harmoniser les dépenses de santé sur des indicateurs stratégiques communs.
    • Réforme du FCS : transformer cet outil de gestion en un système de financement plus flexible et fongible.
    • Achats stratégiques : optimiser les acquisitions médicales avec l’appui de l’INAM.
    • Prévisibilité des contributions : sécuriser les engagements des partenaires techniques et financiers.
    • Mobilisation des ressources locales : plaider pour une augmentation des budgets alloués aux soins primaires et à la vaccination.

    Ces réformes s’articulent autour de quatre axes majeurs :

    • Harmonisation du financement : recensement des donateurs, analyse des flux financiers et trajectoire du FCS.
    • Harmonisation du soutien : évaluation critique de l’assistance technique disponible.
    • Outils de financement : analyse des stratégies de gratuité des soins et d’assurance-maladie universelle.
    • Optimisation des ressources : développement d’outils de simulation des coûts et identification d’innovations peu coûteuses.

    Résultats attendus et défis persistants

    Cette approche collaborative vise à réduire les doubles emplois entre partenaires et à cibler les interventions là où elles sont le plus nécessaires. Par exemple, le Mécanisme de financement mondial permet de suivre précisément l’allocation des ressources, évitant ainsi le gaspillage. À terme, cette réforme devrait améliorer l’efficacité de l’INAM et réduire les dépenses directes des ménages, soulageant ainsi les populations les plus pauvres.

    Cependant, des obstacles subsistent :

    • Surcharge des points focaux : le personnel des organismes partenaires doit consacrer plus de temps à ces missions.
    • Financement à long terme du poste de point focal : des discussions sont en cours pour pérenniser ce mécanisme, avec un soutien de Gavi et du Mécanisme de financement mondial.

    Les leçons tirées de cette expérience pourraient être partagées avec d’autres pays confrontés à des enjeux similaires, renforçant ainsi la coordination internationale en matière de santé.

    Focus sur le Plan d’action mondial pour l’ODD 3

    Le Plan d’action mondial pour la réalisation de l’ODD 3 rassemble 13 organismes clés (OMS, UNICEF, Banque mondiale, etc.) pour accélérer la progression vers les cibles sanitaires des Objectifs de développement durable. Son originalité réside dans la collaboration renforcée entre acteurs, alignant leurs actions sur les stratégies nationales. Mis à jour en octobre 2021 pour intégrer une stratégie de reprise post-COVID-19, ce plan vise une relance équitable et durable des systèmes de santé.