Catégorie : Économie

  • La Côte d’Ivoire confirme sa croissance forte avec alassane ouattara

    La Côte d’Ivoire confirme sa croissance forte avec alassane ouattara

    La Côte d’Ivoire confirme sa croissance forte avec Alassane Ouattara

    À l’aube du 66e anniversaire de son indépendance, le Président Alassane Ouattara a dressé un bilan encourageant de la trajectoire économique du pays. Selon lui, la Côte d’Ivoire maintient une dynamique de développement remarquable, affichant l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique et du globe. Cette performance, insiste-t-il, repose sur des fondations économiques solides et une gestion rigoureuse. « Notre économie résiste et progresse, mais ce succès n’a de valeur que s’il se traduit concrètement dans le quotidien des Ivoiriennes et des Ivoiriens », a-t-il souligné lors de son traditionnel discours à la Nation.

    Des engagements concrets pour améliorer le quotidien

    Pour ancrer cette croissance dans le réel, le gouvernement poursuivra ses efforts pour élargir l’accès aux services essentiels. Parmi les priorités :

    • L’accès à l’eau potable et à l’électricité pour toutes les régions ;
    • Un système de santé renforcé et plus accessible ;
    • Une éducation de qualité, de la maternelle à l’enseignement supérieur ;
    • La construction de logements sociaux pour répondre à l’urgence du déficit ;
    • Des infrastructures publiques optimisées pour un meilleur service aux citoyens.

    Le Chef de l’État a également insisté sur l’emploi, le pouvoir d’achat et la protection des populations vulnérables. « Chaque effort doit viser à améliorer le quotidien des familles et à offrir des perspectives stables à tous », a-t-il déclaré.

    Le Plan National de Développement 2026-2030, fer de lance du futur

    Alassane Ouattara a détaillé la vision à long terme du pays : bâtir une Grande Côte d’Ivoire, où prospérité économique, infrastructures modernes et cohésion sociale se renforcent mutuellement. Cette ambition se concrétise à travers le Plan National de Développement (PND) 2026-2030, qui servira de boussole pour transformer l’économie, la société et la culture du pays.

    Un signe fort de cette dynamique ? Le Groupe consultatif pour le financement du PND, organisé les 8 et 9 juillet, a mobilisé une forte participation. Ce succès reflète la confiance des partenaires nationaux et internationaux, fruit de la stabilité politique, de la crédibilité des institutions et des efforts collectifs consentis depuis des années.

    Autre outil clé : le Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (FSD-CI), lancé en avril. Ce fonds incarne la volonté de renforcer la souveraineté financière et de préparer l’avenir. « Il financera des investissements structurants, accompagnera les secteurs stratégiques et accélérera la transformation de notre économie », a précisé le Président.

    Modernisation des institutions pour un État plus performant

    Pour Alassane Ouattara, un développement durable passe par des institutions solides et efficaces. La Côte d’Ivoire a retrouvé la paix et consolidé sa stabilité, ce qui lui permet aujourd’hui de moderniser ses structures pour répondre aux défis contemporains. « Nos institutions doivent évoluer pour mieux servir la démocratie et répondre aux attentes de nos concitoyens », a-t-il affirmé.

    Parmi les réformes en cours : la refonte de la gouvernance électorale, après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). L’objectif est d’améliorer la transparence et la confiance dans le processus électoral. « En clarifiant les rôles de chacun — organisation matérielle, recensement des voix, observation — nous renforçons l’intégrité du scrutin et consolidons notre démocratie », a-t-il expliqué.

    Le Président a appelé chaque citoyen à contribuer à cette modernisation, soulignant que la démocratie se construit au quotidien.

    Un appel à l’ensemble de la société pour construire l’avenir

    La « Grande Côte d’Ivoire » ne se bâtira pas sans l’implication de tous. Alassane Ouattara a lancé un appel vibrant à chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien : saisir les opportunités, innover et s’engager pour le pays. Voici ses messages clés :

    À la jeunesse : le moteur du changement

    Le Chef de l’État a salué le talent, la créativité et l’énergie de la jeunesse ivoirienne. « Vous êtes l’avenir, mais aussi le présent de la Côte d’Ivoire. Aucun projet ne se réalisera sans votre contribution », a-t-il déclaré. Il a appelé les jeunes à investir dans l’entrepreneuriat, l’innovation et la formation pour ouvrir de nouvelles voies.

    Aux femmes : une force essentielle

    Le Président a reconnu le courage, l’engagement et l’esprit d’initiative des femmes, qu’il qualifie de piliers du développement. Il les a encouragées à poursuivre leurs projets et à jouer un rôle central dans la transformation du pays.

    Aux entrepreneurs : créateurs de richesses et d’emplois

    Pour les acteurs économiques, Alassane Ouattara a insisté sur l’audace, l’innovation et l’investissement. « C’est en osant et en créant que vous contribuerez à bâtir une économie plus forte et plus inclusive », a-t-il lancé.

    Aux agriculteurs : gardiens de la souveraineté alimentaire

    Enfin, il a salué le rôle clé des agriculteurs, premiers artisans de la sécurité alimentaire et de la prospérité économique. Leur travail est au cœur de la souveraineté du pays.

    Sécurité, dignité et État de droit au cœur de l’action publique

    Le Président a réaffirmé que la protection des populations et le respect de la dignité humaine restent des priorités absolues. Les opérations de libération des zones à risque se poursuivront, dans le strict respect de l’État de droit, pour préserver des vies. Des investissements accélérés dans les infrastructures de drainage, d’assainissement et de logement social sont également prévus, ainsi que le renforcement des programmes de prévention.

    Concernant les opérations de déguerpissement menées en dehors du cadre légal, notamment à Koumassi-campement, le Chef de l’État a ordonné des enquêtes approfondies. « Toutes les responsabilités seront établies et sanctionnées conformément à la loi. Dans la Côte d’Ivoire que nous bâtissons, personne ne peut agir au nom de l’État en dehors de l’État », a-t-il martelé.

    Pour marquer son engagement en faveur de la justice et de l’humanité, Alassane Ouattara a signé deux décrets autorisant la libération de 4 661 détenus de droit commun. Parmi eux, 2 064 bénéficieront d’une grâce présidentielle, tandis que 2 597 verront leur peine réduite d’un reliquat inférieur à 36 mois.

    Célébration de l’indépendance : une fête populaire à Yopougon

    Pour clore son message, le Président a invité l’ensemble de la population à célébrer ensemble le 66e anniversaire de l’indépendance. Une grande parade est prévue à Yopougon, commune emblématique du Nord d’Abidjan, symbole de l’énergie de la jeunesse, de la diversité et du dynamisme ivoirien.

  • Gabon : l’exploitation minière comme levier économique face au déclin pétrolier

    Gabon : l’exploitation minière comme levier économique face au déclin pétrolier

    Gabon : l’exploitation minière comme levier économique face au déclin pétrolier

    Face à la baisse progressive de la production pétrolière, le Gabon mise sur l’exploitation minière pour dynamiser son économie. Ces derniers mois, le pays a multiplié les annonces d’investissements stratégiques, tandis que les campagnes de prospection et d’exploration se multiplient à travers plusieurs provinces.

    La ville de Libreville

    Un secteur minier en pleine expansion

    Depuis sa prise de fonction au ministère des Mines, Sosthène Nguema Nguema souligne une relance marquée du secteur. Selon ses déclarations, un plan ambitieux prévoit l’ouverture de près d’une dizaine de sites miniers d’ici 2030, avec des projets majeurs axés sur le fer, mais aussi sur l’or et la potasse.

    Le gouvernement gabonais mise sur cette diversification pour stimuler la création d’emplois et renforcer la croissance économique. Le ministre estime que la contribution actuelle du secteur minier, estimée à environ 6% du PIB, pourrait atteindre entre 15% et 20% d’ici quelques années.

    Les infrastructures, un défi à relever

    L’économiste Orphée Mouelé, spécialiste formé à l’université Omar Bongo, met en lumière les défis logistiques auxquels le Gabon devra faire face. Il insiste sur la nécessité de moderniser et d’étendre les infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et fluviales pour faciliter le transport des minerais.

    L’accès à une énergie stable et abondante représente également un obstacle majeur. Une production électrique fiable sera indispensable pour soutenir le fonctionnement des exploitations minières et favoriser l’émergence d’industries locales autour de ces ressources.

    Une croissance économique inclusive ?

    L’ONG Éthique et bonne gouvernance salue les opportunités offertes par le développement du secteur minier. Sa présidente, Edmiaune Zouga, appelle cependant à une répartition équitable des retombées économiques. Elle plaide pour que les revenus générés par l’exploitation minière améliorent concrètement les conditions de vie des populations gabonaises et profitent à la majorité.

    Le Gabon se trouve à un tournant stratégique, où l’exploitation minière pourrait devenir un pilier de son développement économique, à condition de surmonter les défis infrastructurels et de garantir une gestion transparente des ressources.

  • Sénégal : la banque mondiale injecte 340 milliards de fcfa grâce aux réformes de diomaye faye

    Sénégal : la banque mondiale injecte 340 milliards de fcfa grâce aux réformes de diomaye faye

    Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, marquant une avancée majeure dans la collaboration entre Dakar et l’institution financière internationale. Lors de cet entretien, une enveloppe de 340 milliards de francs CFA, équivalant à environ 598,40 millions de dollars américains, a été officialisée pour renforcer les secteurs clés du pays. Cette initiative reflète la confiance renouvelée de la Banque mondiale envers les réformes initiées par les autorités sénégalaises.

    Ousmane Diagana et Bassirou Diomaye Faye lors de leur rencontre

    Un financement dédié aux priorités économiques et sociales

    Cette enveloppe financière s’oriente vers des projets majeurs dans des domaines stratégiques : l’agriculture, les infrastructures de transport, ainsi que des initiatives ciblées pour renforcer la résilience des jeunes et des femmes. Ces secteurs constituent des piliers essentiels pour impulser une croissance durable et inclusive au Sénégal.

    Confiance accordée aux réformes économiques en cours

    En complément de ce soutien financier, la Banque mondiale a annoncé un appui budgétaire direct à l’État sénégalais. Elle a également décidé d’élargir les dispositifs de financement axés sur les résultats. Ces mesures illustrent la pleine adhésion de l’institution aux réformes structurelles engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Leur objectif ? Optimiser l’efficacité des politiques publiques et accélérer la transformation économique du pays.

    Énergie, agriculture et bonne gouvernance : les axes prioritaires

    Les échanges ont permis de définir des priorités stratégiques communes : réduire les coûts énergétiques et accélérer la transition vers le solaire ; renforcer la résilience du secteur agricole pour garantir la souveraineté alimentaire ; améliorer le climat des affaires et moderniser les finances publiques ; enfin, consolider la gouvernance et la transparence administrative.

    Vers un partenariat ambitieux à l’horizon 2050

    Les deux parties ont également évoqué la mise en place d’un nouveau cadre de collaboration destiné à structurer leurs relations dans les années à venir. Ce partenariat s’inscrira pleinement dans la Vision Sénégal 2050, le plan directeur du gouvernement visant à transformer durablement l’économie nationale et à renforcer l’attractivité du pays sur la scène internationale.

  • Ryanair étoffe son réseau aérien au Maroc avec 17 nouvelles lignes

    Ryanair étoffe son réseau aérien au Maroc avec 17 nouvelles lignes

    Ryanair étoffe son réseau aérien au Maroc avec 17 nouvelles lignes

    Pour l’hiver 2026, Ryanair lance son plus ambitieux programme de vols au Maroc. Avec 17 nouvelles liaisons aériennes et près de 5,3 millions de sièges disponibles, la compagnie irlandaise renforce significativement son ancrage dans le Royaume.

    Durant la saison hivernale, Ryanair desservira 156 lignes reliant le Maroc à 14 pays européens. Rabat se positionne comme le principal gagnant de cette expansion, avec sept nouvelles routes aériennes, suivie de près par Marrakech et Agadir qui bénéficieront chacune de cinq dessertes supplémentaires.

    Bien que les villes européennes desservies et les fréquences exactes n’aient pas encore été dévoilées, cette initiative confirme l’engagement de la compagnie à consolider sa présence dans les principaux pôles touristiques marocains. Le renforcement du réseau aérien s’inscrit dans une dynamique visant à faciliter l’accès au Maroc depuis l’Europe.

    Selon les autorités locales, cette initiative marque un record pour Ryanair au Maroc, reflétant une stratégie ambitieuse pour dynamiser le tourisme et améliorer l’accessibilité du Royaume.

    Treize aéroports marocains impliqués dans l’expansion

    Les nouvelles dessertes toucheront treize aéroports du pays. Fès, Tétouan, Essaouira, Ouarzazate, Dakhla et Nador figurent parmi les destinations qui profiteront de cet élargissement, en plus des trois villes déjà citées. L’objectif est de mieux répartir les flux touristiques sur l’ensemble du territoire et de mettre en lumière des régions encore peu exploitées par les touristes européens.

    Avec un total de 5,3 millions de sièges et 156 lignes actives, Ryanair propose ainsi son plus vaste programme hivernal jamais organisé au Maroc. Les détails concernant les 17 nouvelles liaisons devraient être précisés dans les semaines à venir.

  • Le Sénégal sécurise un financement de 340 milliards de fcfa avec la banque mondiale

    Le Sénégal sécurise un financement de 340 milliards de fcfa avec la banque mondiale

    Le Sénégal vient de recevoir une enveloppe financière majeure de 340 milliards de francs CFA, octroyée par la Banque mondiale. Cette annonce, officialisée depuis Dakar, s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer la stabilité budgétaire du pays et à sécuriser des ressources à long terme. Les autorités sénégalaises précisent désormais les modalités d’utilisation de ces fonds, alors que les débats sur la soutenabilité de la dette nationale s’intensifient.

    Des financements multilatéraux sous le feu des projecteurs

    La Présidence sénégalaise a détaillé la répartition de cette aide, alors que l’opinion publique s’interroge sur l’impact réel de ces fonds sur l’économie locale. L’exécutif cherche à rassurer sur la transparence des décaissements et sur l’alignement de ces ressources avec les priorités nationales. Cette initiative intervient dans un contexte où le dialogue avec les institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international, reste tendu.

    La Banque mondiale, partenaire historique du Sénégal, se positionne ici comme un acteur clé, offrant des financements plus prévisibles que ceux des marchés privés. Ces fonds, bien que significatifs, soulèvent des questions quant à leur intégration dans les projets structurants du pays.

    Un levier pour l’économie et la réputation du Sénégal

    Pour le gouvernement dirigé par Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, ces 340 milliards de francs CFA représentent un outil essentiel pour consolider la crédibilité du pays auprès des investisseurs. Cette collaboration avec la Banque mondiale envoie un signal fort aux agences de notation, alors que le Sénégal reste sous surveillance pour sa gestion économique.

    Les besoins en financement restent immenses : infrastructures à moderniser, protection sociale à renforcer, transition énergétique à accélérer et capital humain à développer. Les prêts concessionnels de la Banque mondiale, moins coûteux que les financements commerciaux, permettent d’alléger le service de la dette tout en libérant des marges pour les dépenses publiques.

    Cependant, ces fonds ne sont pas sans conditions. La Banque mondiale exige des garanties en matière de gouvernance, de transparence financière et parfois de réformes sectorielles. Le gouvernement sénégalais, élu sur un programme souverainiste, doit concilier ces exigences avec sa volonté d’indépendance économique.

    Souveraineté et coopération internationale : un équilibre fragile

    La question de la souveraineté financière est au cœur des débats. Depuis son arrivée au pouvoir, la coalition dirigeante à Dakar affiche une volonté de revoir certains partenariats économiques, tout en reconnaissant la nécessité de ces financements extérieurs. Le Plan de redressement économique et social, annoncé par le gouvernement, dépend en grande partie de ces ressources.

    L’utilisation de ces 340 milliards devra être rigoureusement suivie par les instances de contrôle et la société civile. La transparence des décaissements, la mesure des résultats et l’impact sur les populations locales seront déterminants pour évaluer la réussite de cette opération. Par ailleurs, une coordination efficace avec d’autres bailleurs, comme la Banque africaine de développement ou l’Agence française de développement, sera cruciale pour optimiser l’efficacité des projets financés.

    Au-delà des chiffres, cette annonce reflète les enjeux majeurs du modèle de développement sénégalais et le rôle des institutions multilatérales dans l’économie nationale. Les autorités ont tenu à clarifier la portée de cet engagement pour éclairer l’opinion publique.

  • Le Gabon mise sur les mines pour relancer son économie

    Le Gabon mise sur les mines pour relancer son économie

    Afrique économie

    Le Gabon mise sur l’exploitation minière pour dynamiser son économie

    Face à un déclin marqué de sa production pétrolière, le Gabon mise désormais sur le potentiel de ses ressources minières. Plusieurs centaines de millions de dollars ont été mobilisés ces derniers mois pour relancer une filière appelée à devenir un pilier de l’économie nationale d’ici 2030.

    Carrière d'exploitation de manganèse à Moanda par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG, filiale du groupe français Eramet).

    Quelques mois après sa prise de fonction au ministère des Mines, Sosthène Nguema Nguema constate déjà les premiers signes d’un secteur minier en pleine effervescence. « Nous avons identifié et planifié l’ouverture de plusieurs mines entre 2026 et 2030. Huit sites ont été retenus, notamment pour l’exploitation du fer, de la potasse, de l’or et du manganèse », explique-t-il. Parmi les projets phares figurent les mines de Milingui, Etéké, Baniaka et Mébaga pour le fer, ainsi que M’Bilan et celle de la potasse.

    Les retombées de ces nouvelles exploitations ne se limiteront pas à une augmentation de la production. Le ministre envisage une explosion des opportunités d’emploi et une croissance à deux chiffres dans le secteur minier. « Nous tablons actuellement sur une progression de 6 % et visons entre 15 et 20 % dans les années à venir », précise-t-il.

    Les défis structurels à relever

    Pour que ces ambitions se concrétisent, des conditions préalables doivent être remplies. L’économiste Orphée Mouelé, diplômé de l’université Omar Bongo, insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures. « La réussite de cette stratégie repose sur deux piliers : le développement des réseaux de transport (routes, voies ferrées, ports) et l’augmentation des capacités énergétiques », souligne-t-il. Sans une logistique efficace et un approvisionnement stable en énergie, les objectifs de production risquent d’être compromis.

    De son côté, l’ONG Éthique et bonne gouvernance salue les perspectives offertes par ce virage minier. Cependant, sa présidente, le docteur Edmiaune Zouga, rappelle que l’impact social doit primer. « Ce qui compte avant tout, c’est que les Gabonais perçoivent concrètement les bénéfices de cette manne. Il faut que l’économie minière améliore le quotidien des citoyens », insiste-t-elle.

    En parallèle de l’exploitation intensive de ses ressources, le gouvernement gabonais encourage la transformation locale des minerais. Cette approche vise à maximiser les retombées économiques et à créer davantage d’emplois sur place.

  • Le Sénégal face au défi de la relance économique : l’urgence d’une trêve politique

    Le Sénégal face au défi de la relance économique : l’urgence d’une trêve politique

    Après l’avènement du nouveau régime, une grande partie de la population sénégalaise nourrissait l’espoir d’une revitalisation économique. Cette attente faisait suite à près de trois années de perturbations et d’incertitudes, générées par les tensions politiques qui ont précédé l’élection présidentielle d’avril 2024.

    La confiance des citoyens fut initialement renforcée par le lancement de l’Agenda Sénégal 2050 en octobre 2024, suivi par le Plan de redressement économique et social (PRES) en août 2025. Ces initiatives semblaient confirmer la détermination des nouvelles autorités à ériger le développement socio-économique en priorité nationale.

    Cependant, près de trente mois plus tard, cet optimisme s’érode. Le pays semble s’enliser dans une impasse où le débat économique est progressivement supplanté par le tumulte politique. Les affrontements partisans prennent le pas sur les discussions de fond, et la polarisation de la vie politique s’accentue. Les états-majors politiques semblent déjà tournés vers les échéances de 2029, une précocité qui soulève de sérieuses questions.

    Trente mois après l’alternance, les Sénégalais attendent toujours l’émergence des premiers grands projets structurants sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. La dualité précédemment observée au sommet de l’État, entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre, était souvent citée comme un frein majeur à la mise en œuvre des politiques publiques. Pourtant, le remaniement à la Primature n’a pas, à ce jour, produit l’accélération escomptée. L’adage populaire rappelle que briser le thermomètre ne fait pas disparaître la fièvre.

    Le fossé politique est désormais manifeste, mais l’élan économique se fait toujours désirer. Les querelles politiciennes continuent de monopoliser l’attention, reléguant les impératifs économiques au second plan. D’un côté, le camp présidentiel semble consolider son assise politique, notamment par la création du parti Kiiraye. De l’autre, PASTEF resserre ses rangs pour maintenir sa cohésion et son influence en vue de l’élection de 2029. Entre ces dynamiques divergentes, l’économie risque d’en payer le prix fort.

    Aujourd’hui, les incertitudes grandissent quant aux orientations économiques du pouvoir. Certains se demandent même si la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050 ne connaît pas un ralentissement. Une trêve politique est pourtant cruciale pour repositionner l’économie au cœur des priorités nationales. Pendant que le Sénégal est absorbé par ses dissensions internes, d’autres économies de l’Union poursuivent leurs réformes et renforcent leurs performances.

    Les dernières statistiques de la BCEAO, publiées dans le rapport de juin 2026 sur la politique monétaire et portant sur l’évolution du PIB réel au premier trimestre, classent le Sénégal parmi les économies les moins dynamiques de l’Union. Avec une croissance de 4,7 %, le pays se situe derrière la Guinée-Bissau (5,5 %), le Burkina Faso (5,6 %), le Togo (5,8 %), le Mali (6,1 %), le Niger (6,1 %), le Bénin (6,4 %) et la Côte d’Ivoire (6,4 %). Après avoir affiché l’une des meilleures performances de l’Union en 2025 (7,8 %), le Sénégal voit sa croissance chuter considérablement au début de 2026. Cette baisse de 3,1 points par rapport à la moyenne de 2025 représente le recul le plus marqué parmi les pays de l’UEMOA.

    À cette situation s’ajoute une forte contraction des investissements directs étrangers (IDE), qui auraient chuté de 3,319 milliards de dollars en 2024 à seulement 37 millions de dollars en 2025. Ces indicateurs soulignent l’ampleur des défis auxquels l’économie sénégalaise est confrontée.

    Face à cette conjoncture, il est impératif d’inverser la tendance pour que le Sénégal retrouve son rôle de locomotive économique au sein de l’UEMOA. Les trois années précédant l’élection présidentielle de 2029 devraient être pleinement exploitées pour jeter les bases d’une transformation économique durable, en accord avec l’ambition de bâtir « une nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes ».

    Pour atteindre cet objectif, il est urgent de privilégier des actions concrètes, mesurables et capables de générer des résultats à court et moyen termes. Trois leviers apparaissent particulièrement déterminants.

    Restaurer la confiance des investisseurs

    Le premier levier consiste à rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers, ainsi que des investisseurs. La conclusion d’un nouveau programme économique avec le Fonds Monétaire International (FMI) représente, à cet égard, une étape stratégique. Au-delà des ressources qu’il pourrait mobiliser, un accord avec le FMI enverrait un signal fort aux marchés financiers, aux agences de notation et aux bailleurs de fonds concernant la crédibilité de la trajectoire économique du Sénégal.

    Le pays rencontre actuellement des difficultés à accéder aux marchés internationaux dans des conditions de financement favorables, en raison d’une perception du risque jugée élevée. La reconquête de la confiance passe également par une véritable stratégie de nation branding, visant à renforcer l’attractivité du Sénégal, à promouvoir ses atouts économiques et à mieux mettre en lumière les opportunités d’investissement auprès des acteurs internationaux.

    Faire du secteur privé un moteur de croissance

    Le deuxième levier est de positionner le secteur privé national comme le véritable moteur de la croissance. Cela implique de faciliter son accès au financement, de simplifier les procédures administratives, d’améliorer l’environnement des affaires et de renforcer les partenariats public-privé. Cet effort doit cibler en priorité les secteurs capables d’entraîner l’ensemble de l’économie : les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, le numérique, les transports et la logistique.

    Rationaliser les ressources publiques

    Le troisième levier réside dans la rationalisation des ressources publiques, dans un contexte où les marges de manœuvre et les capacités de mobilisation sont relativement limitées. D’autant plus qu’une réduction du train de vie de l’État est l’une des grandes promesses du PRES. La fusion des agences et structures d’accompagnement, maintes fois annoncée, peine à se concrétiser. Un rythme au ralenti alors que la situation exige une action urgente.

  • Atlanta e-sinistre la nouvelle plateforme digitale d’Atlanta Assurance Côte d’Ivoire

    Atlanta e-sinistre la nouvelle plateforme digitale d’Atlanta Assurance Côte d’Ivoire

    Atlanta Assurance Côte d’Ivoire, filiale de Holmarcom Finance Company, déploie une nouvelle plateforme digitale dédiée à la gestion des sinistres.

    Cette solution vise à réduire les délais de traitement et à optimiser l’expérience client, dans une logique d’amélioration continue de la qualité de service.

  • Banque mondiale : ousmane diagana en mission renforcée à Dakar pour dynamiser l’économie sénégalaise

    Banque mondiale : ousmane diagana en mission renforcée à Dakar pour dynamiser l’économie sénégalaise

    Banque mondiale : ousmane Diagana en mission renforcée à Dakar pour dynamiser l’économie sénégalaise

    Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale en visite officielle au Sénégal

    En pleine accélération de son agenda économique, le Sénégal reçoit Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette visite officielle, prévue du 4 au 8 août 2026, s’inscrit dans une démarche de consolidation des liens stratégiques entre Dakar et l’institution financière internationale.

    Une visite au cœur des priorités de développement du Sénégal

    Cette mission intervient alors que le Sénégal déploie une stratégie ambitieuse pour transformer son économie. Les objectifs affichés sont multiples : industrialisation accélérée, création massive d’emplois, modernisation des infrastructures et attractivité renforcée des investissements étrangers. Ces enjeux, au centre des discussions, doivent permettre au pays de franchir une nouvelle étape dans sa trajectoire de croissance.

    Un programme chargé de rencontres institutionnelles

    Ousmane Diagana doit s’entretenir avec les principales autorités sénégalaises pour évoquer les axes prioritaires de collaboration entre le Sénégal et la Banque mondiale. Les échanges porteront sur l’évaluation des politiques publiques en vigueur, l’avancement des projets financés par l’institution et les perspectives de soutien accru à l’action gouvernementale.

    La délégation de la Banque mondiale prévoit également des entretiens avec des représentants du secteur privé, des bailleurs de fonds internationaux et des acteurs clés du développement local. Ces discussions visent à identifier des leviers concrets pour renforcer la coopération économique et sociale.

    Un partenariat historique au service du progrès

    La Banque mondiale occupe une place centrale dans l’accompagnement du Sénégal depuis de nombreuses années. L’institution soutient activement le pays dans des domaines stratégiques :

    • développement des infrastructures essentielles ;
    • amélioration du système éducatif national ;
    • renforcement du secteur sanitaire ;
    • modernisation du secteur agricole ;
    • consolidation de la protection sociale ;
    • développement des énergies renouvelables ;
    • optimisation de la gouvernance économique ;
    • stimulation du secteur privé.

    Ces initiatives visent une croissance plus inclusive, une réduction durable de la pauvreté et un renforcement de la résilience économique du pays.

    Des projets phares au cœur des discussions

    Cette visite permettra de faire un point détaillé sur les projets en cours et d’envisager de nouveaux financements. Les échanges aborderont également les réformes engagées par les autorités pour améliorer le climat des affaires, attirer davantage d’investisseurs privés et stimuler la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

    Une coopération alignée sur les ambitions nationales

    Depuis plusieurs années, la Banque mondiale accompagne le Sénégal dans la mise en œuvre de programmes structurants visant à accélérer le développement économique et social. Plusieurs axes majeurs sont soutenus :

    • l’extension de l’accès à l’électricité pour tous ;
    • l’amélioration du réseau routier ;
    • le renforcement du capital humain ;
    • l’adaptation aux changements climatiques ;
    • la modernisation de l’administration publique.

    Ces thématiques constituent des piliers de la collaboration entre Dakar et la Banque mondiale, reflétant les priorités nationales.

    Les points clés à retenir

    • Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale, effectue une visite officielle au Sénégal du 4 au 8 août 2026 ;
    • cette mission a pour objectif de renforcer le partenariat stratégique entre les deux parties ;
    • plusieurs rencontres sont prévues avec les autorités, le secteur privé et les partenaires au développement ;
    • les échanges porteront sur les projets en cours, les futurs investissements et les priorités économiques du pays.
  • L’endettement public du Gabon s’envole : un défi majeur pour 2027

    L’endettement public du Gabon s’envole : un défi majeur pour 2027

    La dette publique du Gabon s’apprête à franchir un seuil alarmant, avec des projections budgétaires à Libreville indiquant qu’elle devrait atteindre 94,3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027. Cette trajectoire ascendante, initiée durant la période de transition et amplifiée sous l’administration du général Brice Clotaire Oligui Nguema, place le pays bien au-delà des critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), fixés à 70 % du PIB.

    Une trajectoire d’endettement qui préoccupe les partenaires financiers

    L’accroissement rapide de l’endettement gabonais détonne avec les promesses de rigueur budgétaire faites aux institutions financières internationales. Malgré une manne pétrolière persistante et une valorisation des cours du manganèse, dont le Gabon est un acteur majeur mondial, les comptes de l’État éprouvent des difficultés à générer les excédents requis pour réduire cette charge. Le coût du service de la dette accapare une portion grandissante des revenus étatiques, restreignant d’autant les fonds disponibles pour les investissements dans les infrastructures essentielles et les services sociaux.

    Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le Fonds monétaire international (FMI) a d’ailleurs interrompu ses versements en 2024 au titre du mécanisme élargi de crédit, citant des lacunes en matière de gouvernance et une dérive des dépenses publiques. L’absence de programme actif avec l’institution de Bretton Woods oblige Libreville à se tourner de manière soutenue vers les marchés financiers régionaux des titres publics et des accords bilatéraux, souvent à des conditions moins avantageuses que les guichets concessionnels.

    Le pari risqué de la relance par la dépense publique

    Depuis l’arrivée au pouvoir du général Oligui Nguema en août 2023, suite au renversement d’Ali Bongo Ondimba, la commande publique a été érigée en instrument de légitimation politique. Les projets d’infrastructures routières, la rénovation d’équipements collectifs et les initiatives de logement se sont multipliés, avec une volonté affichée de marquer une rupture avec la gestion précédente. Cette dynamique de dépenses a néanmoins entraîné une augmentation du déficit primaire et l’accumulation d’arriérés envers les fournisseurs de l’État.

    Concrètement, le niveau de la dette publique gabonaise, estimé à environ 73 % du PIB en 2024, est projeté à 94,3 % en 2027, selon les documents budgétaires. Cette hausse rapide en seulement trois ans révèle une dépendance accrue du budget à l’emprunt, au détriment d’une meilleure collecte fiscale interne. Le taux de pression fiscale au Gabon, traditionnellement bas pour une économie de son rang, reste un sujet de discorde récurrent avec les partenaires techniques.

    Souveraineté budgétaire et signal aux investisseurs

    Pour un État souverain tel que le Gabon, actif sur les marchés internationaux via divers euro-obligations, la perception des agences de notation est primordiale. Ces agences ont déjà ajusté à plusieurs reprises la perspective du pays, reflétant l’incertitude quant à sa trajectoire budgétaire et sa capacité à refinancer ses échéances futures. Dépasser durablement les 90 % du PIB exposerait Libreville à une augmentation du coût de sa dette extérieure et à une réduction du nombre d’investisseurs intéressés par ses émissions.

    Dans la sous-région, la situation gabonaise est observée attentivement par les membres de la CEMAC, craignant qu’une dérive locale ne compromette la stabilité des réserves de change communes gérées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Les instances monétaires régionales ont d’ailleurs maintes fois insisté sur l’impératif de revenir à des ratios d’endettement viables, d’autant que le Tchad, le Congo-Brazzaville et le Cameroun présentent également des niveaux d’endettement préoccupants.

    Reste la question de la crédibilité politique de la trajectoire annoncée. La transition vers un cadre constitutionnel civil, validée par le référendum de novembre 2024 et l’élection présidentielle d’avril 2025, est censée faciliter la reprise des programmes de coopération financière. Il est cependant impératif que l’exécutif gabonais accompagne ses projets d’infrastructures d’un plan d’assainissement budgétaire fiable, une condition essentielle pour prévenir que la dette publique ne devienne, à terme, une faiblesse structurelle pour l’économie nationale. Les projections officielles confirment explicitement ce seuil de 94,3 % du PIB pour 2027.

  • Le Gabon face à ses défis extractifs : entre repli pétrolier et essor du manganèse en 2026

    Le Gabon face à ses défis extractifs : entre repli pétrolier et essor du manganèse en 2026

    L’année 2026 a débuté sous le signe de la complexité pour les industries extractives du Gabon. Le secteur a globalement enregistré un recul de 2,9 % de son activité, principalement impacté par la baisse de la production d’hydrocarbures. En revanche, la filière du manganèse a affiché une croissance robuste, démontrant une dynamique positive. Cette situation met en lumière la dépendance structurelle continue de l’économie gabonaise envers les performances de son secteur pétrolier amont.

    Un secteur extractif gabonais fragilisé par le déclin du pétrole

    Le ralentissement de la production d’hydrocarbures pèse significativement sur la performance globale du secteur extractif. À Libreville, la production de brut subit depuis plusieurs trimestres les effets conjugués du vieillissement des gisements matures, d’opérations de maintenance prolongées sur certaines infrastructures, et d’un niveau d’investissement en amont insuffisant pour compenser le déclin naturel des réserves. Le recul de 2,9 % du secteur extractif gabonais au premier trimestre 2026 est une illustration de cette érosion persistante, dans un pays où le pétrole demeure la principale source de revenus d’exportation.

    Les décideurs gabonais suivent cette tendance avec une attention particulière, car le budget de l’État reste fortement exposé aux variations de la production et des cours mondiaux. La contre-performance des hydrocarbures intervient dans un contexte régional où les grandes compagnies pétrolières réorientent leurs investissements vers des bassins jugés plus attractifs ou moins exploités. Le bassin sédimentaire gabonais, historiquement un pilier de l’économie nationale, doit désormais rivaliser pour attirer les capitaux nécessaires à l’exploration et à la production.

    Le manganèse, un atout pour la diversification économique du Gabon

    Face à la diminution des revenus pétroliers, la filière minière, notamment le manganèse, joue un rôle crucial d’amortisseur. Le Gabon, l’un des leaders mondiaux de la production de manganèse, a continué de montrer une croissance soutenue durant cette période. Cette progression s’inscrit dans la continuité d’une décennie de développement constant pour ce minerai, portée par une demande sidérurgique asiatique dynamique et par l’augmentation progressive des besoins liés aux batteries, en particulier pour les cathodes de nouvelle génération.

    La contribution grandissante du manganèse à la valeur ajoutée extractive témoigne d’un rééquilibrage progressif au sein du portefeuille minier du Gabon. Les autorités misent sur ce minerai stratégique pour diversifier les recettes budgétaires et initier une politique de transformation locale. Des projets d’agglomération et de production de silicomanganèse sont envisagés pour capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur la chaîne de production, au lieu d’exporter le minerai brut. Cette approche est désormais adoptée par plusieurs pays miniers d’Afrique centrale et de l’Ouest.

    Diversification et souveraineté productive : les objectifs du Gabon

    Le bilan du premier trimestre 2026 souligne un enjeu fondamental pour les autorités de la transition au Gabon. La double dépendance du pays – aux hydrocarbures pour les finances publiques et aux marchés extérieurs pour les débouchés miniers – exige une stratégie de résilience plus affirmée. L’expansion de la Société équatoriale des mines (SEM), qui détient des participations dans plusieurs projets, illustre la volonté de renforcer le contrôle national sur les segments clés du secteur extractif.

    Parallèlement, la question de la relance de l’exploration et de la production pétrolière amont reste prégnante. Des mesures telles que de nouveaux cycles d’appels d’offres offshore, la modernisation du cadre contractuel et des incitations fiscales à l’exploration sont à l’étude pour enrayer la tendance baissière. Cependant, les délais entre une découverte et sa mise en production, souvent supérieurs à cinq ans, imposent une vision à moyen terme aux décideurs publics.

    En somme, l’équation économique gabonaise repose sur un équilibre délicat : soutenir le rebond des hydrocarbures pour préserver les équilibres budgétaires immédiats, consolider la filière manganèse pour assurer une rente minière stable, et préparer l’après-pétrole par la transformation locale et la diversification économique. La conjoncture du premier trimestre 2026 rappelle que cet exercice d’équilibriste ne laisse que peu de place à l’improvisation pour le Gabon.

  • Sénégal : la baisse brutale des investissements étrangers interroge

    Sénégal : la baisse brutale des investissements étrangers interroge

    Avec un recul spectaculaire des investissements directs étrangers (IDE) en 2025, le Sénégal fait face à un défi majeur pour son attractivité économique. Après avoir enregistré en moyenne trois milliards de dollars par an pendant quatre années consécutives, les flux d’IDE ont chuté à seulement 37 millions de dollars l’an dernier, selon les dernières données de la CNUCED.

    Vue d'ensemble du centre-ville de Dakar, au Sénégal

    Une chute conjoncturelle liée à l’achèvement des grands projets

    Cette baisse brutale s’explique en grande partie par la finalisation des mégaprojets gaziers et pétroliers comme Sangomar et Grand Tortue, qui avaient attiré d’importants capitaux ces dernières années. Aujourd’hui, ces investissements massifs appartiennent désormais à l’histoire. Le pays entre dans une phase de production, où les flux financiers se stabilisent à un niveau bien inférieur.

    Pourtant, selon Moubarak Lo, ancien conseiller économique du gouvernement, le Sénégal conserve un potentiel d’attraction bien supérieur. « Le pays pourrait structuellement capter entre trois et cinq milliards de dollars d’IDE par an, à condition de mettre en place une véritable stratégie proactive de promotion économique. »

    Un manque criant de visibilité internationale

    Parmi les freins identifiés, l’absence de réseau de promotion des investissements à l’étranger se révèle déterminante. Moubarak Lo souligne que les initiatives actuelles, comme les roadshows, restent insuffisantes. « Il ne suffit pas d’attendre les investisseurs. Il faut aller les chercher activement, en ciblant les entreprises stratégiques mondiales. »

    L’endettement public, évalué à 132% du PIB fin 2024 par le FMI, n’est pas perçu comme un obstacle majeur par les investisseurs privés. Justin Maria, directeur France d’Access Bank, rappelle que des pays comme la France, malgré une dette colossale, continuent d’attirer des capitaux étrangers. Pour lui, c’est surtout l’opacité des finances publiques qui inquiète : « À court terme, les investisseurs manquent de visibilité sur la santé financière du pays. L’absence de clarté sur les liquidités et la trajectoire budgétaire freine les décisions. »

    Un redressement possible dès 2026 ?

    Moubarak Lo reste optimiste et estime que le Sénégal peut retrouver rapidement son attractivité. « Une trentaine de projets d’envergure sont en cours. Il suffit de cibler les entreprises internationales clés et de les convaincre d’investir. Un retour à la normale pourrait s’opérer dès cette année, ou au plus tard en 2027. »

    Alors que d’autres pays de la région, comme la Guinée, voient leurs IDE progresser (plus de 7,7 milliards de dollars en 2025), le Sénégal doit impérativement revoir sa stratégie pour éviter de perdre son rang de destination privilégiée en Afrique de l’Ouest.