Catégorie : Économie

  • Cameroun : le rachat de la Sosucam par un trio d’investisseurs dévoilé

    Cameroun : le rachat de la Sosucam par un trio d’investisseurs dévoilé

    Cameroun, usine de la Sosucam, symbole d'un changement de direction

    Une transaction majeure pour le secteur sucrier camerounais

    La Sosucam, acteur historique de la production sucrière au Cameroun, a récemment fait l’objet d’un rachat par un consortium d’investisseurs. Cette opération, dont les détails commencent à être dévoilés, marque un tournant dans l’industrie sucrée du pays. Les nouveaux propriétaires, issus d’horizons variés, promettent des investissements ambitieux pour moderniser les infrastructures et renforcer la compétitivité de l’entreprise.

    Un trio d’investisseurs aux profils complémentaires

    Le capital de la Sosucam a été repris par un groupe composé de personnalités et d’entreprises reconnues. Parmi eux, Jean-Claude Mimran, figure emblématique du secteur agroalimentaire, apporte son expertise en gestion de grandes structures. Le groupe Castel, leader africain dans les boissons et l’agro-industrie, renforce ainsi sa présence sur le marché camerounais. Enfin, la Compagnie sucrière sénégalaise, associée à la Somdia, complète ce trio avec une expérience solide dans la production de sucre en Afrique de l’Ouest.

    Cette alliance stratégique pourrait bien redéfinir les équilibres du marché sucrier au Cameroun, tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques pour la région.

    Les enjeux d’un changement de direction

    Le passage de témoin entre les anciens et nouveaux actionnaires soulève plusieurs questions. Quels impacts cette transition aura-t-elle sur l’emploi local ? Comment les nouveaux investissements vont-ils se traduire concrètement sur le terrain ? Autant d’éléments qui déterminent l’avenir de cette entreprise emblématique. Les observateurs s’interrogent également sur la capacité du consortium à relever les défis de production et de logistique qui persistent dans le secteur.

    Une chose est sûre : cette opération ne laisse personne indifférent. Que ce soit pour les travailleurs de la Sosucam, les autorités locales ou les consommateurs, les retombées de ce rachat pourraient être déterminantes pour l’économie camerounaise.

  • Exploration pétrolière à Kafra Sud : Algérie et Niger lancent un chantier historique

    Exploration pétrolière à Kafra Sud : Algérie et Niger lancent un chantier historique

    Une nouvelle ère s’ouvre pour la coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger avec le lancement officiel du forage du puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », situé dans le nord du Niger. Cette initiative, fruit d’un partenariat stratégique renforcé, marque une étape décisive pour le développement des ressources pétrolières de la région.

    Un projet ambitieux au cœur du bassin de Kafra

    La cérémonie de démarrage des travaux, présidée conjointement par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et son homologue nigérien Ali Lamine Zeine Mahaman, s’est tenue sur le champ pétrolier de Kafra. Représentant le Président algérien Abdelmadjid Tebboune, le chef du gouvernement algérien a été accueilli par une délégation nigérienne de haut niveau, composée de membres du gouvernement et de responsables économiques.

    Parmi les personnalités présentes figuraient :

    • Mohamed Arkab, ministre d’État en charge des Hydrocarbures ;
    • Lounès Magramane, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères ;
    • Noureddine Daoudi, PDG du groupe national Sonatrach ;
    • Saadi Ahmed, ambassadeur d’Algérie au Niger.

    Ce chantier, confié à Sonatrach, symbolise l’engagement concret des deux pays à exploiter le potentiel pétrolier du Niger et à dynamiser leur collaboration.

    De la diplomatie à l’action concrète

    Le forage de « Kafra Sud-Est 1 » s’inscrit dans la continuité des engagements pris par les Présidents Abdelmadjid Tebboune et le Général Abdourahamane Tiani. Leur objectif commun : transformer les bonnes relations bilatérales en projets industriels concrets, notamment dans les secteurs clés des hydrocarbures et de l’énergie.

    À retenir : Ce projet illustre le passage d’une coopération diplomatique à une collaboration économique et industrielle tangible, essentielle pour le développement des deux nations.

    Un élan d’investissement qui s’accélère

    Ce nouveau chantier s’ajoute à d’autres réalisations récentes, comme la mise en service de la centrale électrique de Niamey. Il découle directement des décisions prises lors de la 2ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération algéro-nigérienne, tenue en mars 2026 dans la capitale nigérienne.

    En concrétisant ces projets prioritaires, l’Algérie et le Niger visent à stimuler les investissements transfrontaliers et à booster la croissance économique de la région sur le long terme.

  • Lomé, capitale africaine du numérique : les formations gratuites à saisir en 2026

    Lomé, capitale africaine du numérique : les formations gratuites à saisir en 2026

    La ville de Lomé s’affirme comme un pôle technologique incontournable en Afrique de l’Ouest. Grâce à une dynamique de digitalisation croissante et à des initiatives ambitieuses comme Campus42 ou le Data Lab, les métiers du digital deviennent accessibles à tous, sans barrière financière.

    Que vous soyez étudiant en quête de compétences, professionnel en reconversion ou passionné d’informatique, découvrez comment vous former gratuitement aux métiers de demain : développement web, analyse de données, intelligence artificielle ou cybersécurité.

    Pourquoi miser sur les métiers du numérique aujourd’hui ?

    Le secteur technologique connaît une expansion sans précédent en Afrique. La demande en profils qualifiés explose, mais l’offre reste insuffisante sur le marché local et international. Les entreprises recherchent activement des talents capables de répondre aux enjeux digitaux actuels.

    Parmi les compétences les plus prisées :

    • Développeurs Web et Mobile (Full-Stack, Python, JavaScript)
    • Analystes de données et experts en IA (Data Analysts, Data Engineers)
    • Spécialistes en cybersécurité
    • Chefs de projet digital et designers UI/UX

    L’École 42 à Lomé : une révolution pédagogique sans équivalent

    Inspirée du célèbre modèle français, l’École 42 débarque au Togo avec une approche disruptive. Aucune salle de cours, aucun professeur : ici, l’apprentissage passe par la pratique et la collaboration entre pairs.

    Comment intégrer cette formation unique ?

    Pour rejoindre ce campus innovant, les candidats doivent passer par une « Piscine », une immersion intensive d’un mois en programmation. Aucune condition de diplôme n’est requise, mais une solide motivation est indispensable. Une fois admis, les étudiants bénéficient :

    • D’un accès illimité 24h/24 et 7j/7 à des projets concrets
    • D’une pédagogie peer-to-peer : l’entraide et l’échange remplacent les cours magistraux
    • D’une immersion totale dans les défis technologiques actuels

    Data Lab et formations en IA : les clés pour maîtriser l’intelligence artificielle

    Porté par des acteurs majeurs du web et soutenu par les autorités locales, le Data Lab propose des modules spécialisés pour les futurs experts en intelligence artificielle. Ces formations gratuites couvrent :

    • Le Machine Learning et le traitement du langage
    • La gestion des bases de données et l’analyse prédictive
    • Des applications concrètes dans les secteurs de la santé, de l’agriculture ou des services financiers

    Destinées aux jeunes chercheurs, aux développeurs juniors ou aux professionnels du public et du privé, ces sessions permettent d’acquérir des compétences directement applicables.

    Hubs technologiques et incubateurs : où se former localement ?

    Au-delà des grands programmes internationaux, plusieurs structures locales offrent des opportunités de formation et d’accompagnement :

    • Les hubs d’innovation : ils organisent des ateliers et des sessions de mentorat pour les porteurs de projets digitaux
    • Les programmes universitaires en ligne : accessibles gratuitement, ils délivrent des certifications reconnues, souvent soutenues par l’État et des partenaires internationaux

    Nos conseils pour réussir votre admission

    Pour maximiser vos chances d’intégrer ces formations d’exception, voici les étapes à suivre :

    1. Renforcez votre logique algorithmique : entraînez-vous sur des plateformes dédiées avant de passer les tests de sélection
    2. Perfectionnez votre anglais technique : la majorité des ressources et frameworks sont en anglais
    3. Construisez un portfolio solide : même en tant que débutant, partagez vos projets sur des plateformes comme GitHub
  • Ebomaf domine la commande publique gabonaise avec des milliards de FCFA de contrats

    Ebomaf domine la commande publique gabonaise avec des milliards de FCFA de contrats

    Depuis le début de la transition politique en août 2023, le groupe Ebomaf, originaire du Burkina Faso, s’est imposé comme le principal bénéficiaire des marchés publics au Gabon. Fondé par l’entrepreneur Mahamadou Bonkoungou, cette entreprise a accumulé plus de 700 milliards de FCFA de contrats en moins de trois ans, un record pour un opérateur étranger dans le pays. Ses réalisations couvrent désormais des infrastructures majeures : routes stratégiques, aéroport d’Andem, ainsi que le projet ambitieux de la nouvelle capitale administrative Libreville 2, tous portés par le président de transition Brice Clotaire Oligui Nguema.

    L’ampleur des contrats attribués à Ebomaf soulève des questions sur la concentration des marchés publics entre les mains d’un seul acteur. Chaque annonce présidentielle concernant les infrastructures semble désigner systématiquement ce prestataire, sans que les détails des appels d’offres ne soient toujours rendus publics. Les projets incluent des centaines de kilomètres de routes, des infrastructures aéroportuaires et un vaste chantier urbain visant à désengorger la capitale gabonaise.

    Une dépendance préoccupante pour les finances publiques

    La centralisation des marchés publics au profit d’Ebomaf pose un défi de taille pour l’État gabonais. En confiant à un même groupe la conception, l’exécution et parfois le préfinancement de plusieurs projets simultanément, les marges de manœuvre budgétaires de l’administration se réduisent considérablement. Le Gabon, dont les recettes pétrolières ont diminué ces dernières années, fait face à un endettement extérieur déjà sous surveillance par les institutions financières internationales.

    Des engagements financiers opaques

    Le chiffre de 700 milliards de FCFA, avancé par Ebomaf, n’a pas été consolidé publiquement par les autorités gabonaises compétentes. Ni le ministère des Travaux publics, ni celui des Comptes publics, ni la Cour des comptes n’ont encore publié un état complet des engagements contractuels entre l’État et le groupe. Cette absence de transparence complique l’analyse des flux financiers, qui mêlent paiements directs, préfinancements bancaires et mécanismes de compensation.

    Cette opacité alimente les doutes sur les circuits de trésorerie. Quelles institutions valident les décomptes ? Quelles banques gèrent ces flux ? Quelles garanties souveraines ont été mises en place pour sécuriser les préfinancements ? Ces interrogations, essentielles pour respecter les standards de gouvernance prônés par le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement, nécessitent une publication régulière des engagements et des décaissements. Pourtant, le silence des institutions contraste avec la médiatisation des inaugurations de chantiers.

    Un modèle économique à risque

    Ebomaf a bâti son succès sur un modèle intégré combinant exécution des travaux et préfinancement bancaire, souvent garanti par des établissements financiers ouest-africains. Ce système offre un avantage immédiat aux États en difficulté budgétaire : il permet de lancer des projets d’infrastructure sans mobiliser immédiatement des fonds publics. Cependant, il reporte sur les exercices budgétaires futurs une charge de remboursement dont le coût réel dépend des conditions financières négociées.

    Ce modèle a déjà été déployé avec succès au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Sénégal, mais il a aussi suscité des controverses récurrentes concernant les taux pratiqués, les surcoûts potentiels et la qualité des livrables. Au Gabon, où la transition politique impose une vigilance accrue, ce schéma mérite une analyse rigoureuse des clauses financières et des mécanismes de contrôle mis en place.

    Pour les partenaires financiers du Gabon, la question dépasse la simple performance des chantiers. Elle concerne la crédibilité de la trajectoire budgétaire annoncée par les autorités de transition et la soutenabilité de la dette une fois les élections passées. La publication d’un rapport consolidé sur les engagements liés à Ebomaf enverrait un signal fort de transparence, à un moment où les bailleurs multilatéraux réévaluent leur exposition au risque souverain gabonais.

    Ce monopole de fait interroge aussi l’écosystème local du BTP. Les entreprises gabonaises, souvent cantonnées à des rôles de sous-traitance, peinent à accéder aux grands marchés et à progresser en compétences techniques. La question de la gestion comptable des projets d’Ebomaf au Gabon reste, à ce jour, sans réponse claire.

  • Nouveau centre giaba à Abidjan pour lutter contre le blanchiment en afrique de l’ouest

    Nouveau centre giaba à Abidjan pour lutter contre le blanchiment en afrique de l’ouest

    Le ministre Adama Coulibaly, en charge de l’Économie, des Finances et du Budget, a présidé ce matin à Cocody l’inauguration officielle du Centre d’Information du GIABA, désormais installé dans de nouveaux locaux à Abidjan. Cette cérémonie marque une avancée majeure pour la Côte d’Ivoire et l’ensemble des pays francophones et lusophones de la CEDEAO dans la lutte contre les flux financiers illicites.

    Un outil stratégique pour renforcer la coopération régionale

    Ces nouveaux locaux, mis à disposition du GIABA par les autorités ivoiriennes conformément aux dispositions de l’Accord de Siège, s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la collaboration entre les États membres. Ils viennent concrétiser les engagements pris par la CEDEAO lors du Conseil des ministres du 26 novembre 2010, qui avait acté la création de deux Centres d’Information : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones.

    Le centre d’Abidjan a officiellement démarré ses activités le 21 septembre 2015, après la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, intervenu le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en marge du 44ᵉ Sommet des chefs d’État de la CEDEAO.

    Une réponse adaptée aux défis croissants de la criminalité financière

    Lors de son allocution, le ministre Coulibaly a mis en lumière l’évolution constante des mécanismes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, qui exploitent désormais des canaux toujours plus complexes. Face à cette réalité, il a souligné l’impérieuse nécessité d’une action collective et coordonnée.

    Une mutualisation des ressources et des expertises s’impose, a-t-il insisté, car aucun pays ne peut, à lui seul, endiguer efficacement ce fléau transnational. Le nouveau Centre se positionne ainsi comme un hub régional dédié à la sensibilisation, à la formation, à la recherche et à l’échange d’informations.

    Pour le ministre, cet espace doit incarner l’excellence au service de la prévention et de la répression des infractions financières, tout en favorisant une gouvernance économique saine et transparente.

    Un bilan déjà riche et une ambition renforcée

    Le directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a rappelé les nombreuses initiatives menées depuis 2015 par le Centre d’Abidjan : journées portes ouvertes pour la jeunesse, conférences publiques, concours d’art oratoire, séminaires de sensibilisation à destination des médias, des leaders religieux et de la société civile. Le Centre a également joué un rôle clé dans le renforcement des capacités des États dans le cadre des évaluations mutuelles.

    Avec ses nouvelles infrastructures, le GIABA ambitionne de franchir une nouvelle étape. Pour Edwin W. Harris Jr., il s’agit d’un investissement clé pour les États membres francophones et lusophones de la CEDEAO, conçu pour devenir un pôle d’innovation et de savoir dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

    Il a appelé l’ensemble des acteurs concernés – administrations, institutions financières, universités, médias, société civile et partenaires techniques – à s’approprier cet espace et à participer activement aux différentes activités proposées.

    Un accent particulier sur la jeunesse et la formation

    Une attention toute particulière sera accordée aux jeunes, aux étudiants et aux chercheurs. L’objectif ? Faire de ce Centre un lieu d’apprentissage, de dialogue et d’engagement en faveur de l’intégrité financière, de la transparence et du développement économique de l’Afrique de l’Ouest.

    Parmi les innovations majeures des nouveaux locaux figure l’intégration d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet outil permettra de proposer des parcours adaptés à chaque profil : autorités publiques, institutions financières, magistrats, services d’enquête, universitaires et professionnels du secteur.

    Les modules de formation, conçus sur mesure, pourront être certifiants, contribuant ainsi à professionnaliser les acteurs et à renforcer l’expertise régionale dans la lutte contre les flux financiers illicites.

    Un héritage institutionnel pour l’avenir

    Cette inauguration prend une dimension symbolique particulière, alors que le mandat de Edwin W. Harris Jr. à la tête du GIABA s’achève le 31 août 2026. L’ouverture de ces nouveaux locaux, quelques jours avant cette échéance, illustre une volonté de transmettre aux États membres et aux parties prenantes un outil pérenne au service de la coopération, du partage de connaissances et du renforcement des compétences.

  • Gabon : 51 milliards de fcfa pour effacer une partie de la dette intérieure des entreprises

    Gabon : 51 milliards de fcfa pour effacer une partie de la dette intérieure des entreprises

    Un geste fort à l’approche de l’Indépendance

    À quelques jours de la célébration de ses 66 ans d’indépendance, le Gabon franchit une étape décisive pour apaiser les tensions financières avec son secteur privé. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a validé le déblocage immédiat de 51 milliards de francs CFA, une enveloppe destinée à solder une partie des créances accumulées envers les entreprises locales.

    Une répartition ciblée pour stimuler l’économie

    Sur les 51 milliards de francs CFA mobilisés, 30 milliards seront alloués aux entreprises des secteurs minier et forêt-bois, reconnus comme des piliers de l’économie gabonaise. Les 21 milliards restants seront répartis entre d’autres acteurs économiques, avec une priorité accordée aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux petites et moyennes industries (PMI). Cette approche vise à renforcer leur trésorerie et à préserver des milliers d’emplois dans des branches essentielles.

    Les secteurs prioritaires bénéficiaires

    Parmi les entreprises concernées par ce règlement, celles intervenant dans le BTP, la maintenance, la logistique alimentaire et l’approvisionnement en carburant figurent en tête de liste. Ces secteurs, vitaux pour le fonctionnement du pays, recevront une attention particulière. Le Trésor public a d’ores et déjà identifié 1 478 ordonnances de paiement, émises entre 2022 et 2026, qui seront honorées dans le cadre de cette première phase.

    Un dialogue constructif avec les acteurs économiques

    Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une rencontre organisée au Palais de la Rénovation à Libreville, réunissant le chef de l’État et des représentants de la Fédération des Entreprises du Gabon, ainsi que des dirigeants de PME et PMI. Les discussions ont porté sur les défis rencontrés par le secteur privé, notamment les retards de paiement, la préservation des emplois et les leviers pour relancer l’activité économique.

    Un programme ambitieux pour réduire la dette intérieure

    Avec un montant total de 4 652 milliards de francs CFA, la dette intérieure du Gabon envers les entreprises représente un frein majeur pour l’économie. Le déblocage de ces 51 milliards marque une première avancée dans un plan plus large visant à réduire progressivement ces arriérés. L’objectif ? Renforcer la confiance des investisseurs, améliorer la compétitivité des entreprises locales et soutenir la croissance économique du pays.

    Pour les autorités, cette opération est bien plus qu’un simple règlement financier : elle s’inscrit dans une stratégie globale pour stabiliser l’environnement des affaires et préparer le terrain à de futures réformes structurelles.

  • Cherté de vie au Tchad : des solutions pour soulager les foyers tchadiens

    Cherté de vie au Tchad : des solutions pour soulager les foyers tchadiens

    Une réalité quotidienne pour des milliers de familles

    Un budget de survie de 2 000 francs par jour pour un foyer de cinq à six personnes : c’est le quotidien de bien des ménages au Tchad. Cela équivaut à environ 375 francs par personne, une somme dérisoire qui transforme radicalement les habitudes alimentaires.

    Avec cette enveloppe, les protéines disparaissent en premier des assiettes, suivies de près par les légumes. Les Tchadiens doivent se contenter de ce qu’ils trouvent, sacrifiant l’équilibre nutritionnel pour survivre. Les enfants grandissent dans un environnement où les apports essentiels font défaut, compromettant leur développement futur.

    Le sociologue Remadji Ngaba dresse un constat sans appel : « Aujourd’hui, le panier de la ménagère est vide. » Face à cette précarité, les Tchadiens développent une résilience à toute épreuve. Sans cette force mentale, la situation serait insoutenable pour des milliers de familles.

    La femme, première victime de la hausse des prix

    Dans les foyers tchadiens, c’est souvent la femme qui porte le poids de la vie chère. En tant que gestionnaire du budget familial, elle est la première à subir les conséquences de la flambée des prix. Quand elle revient du marché, son désarroi ne doit pas être pris à la légère : il reflète une réalité brutale.

    Les pères de famille, témoins silencieux de ces difficultés, savent que les récriminations de leur épouse ne sont pas des exagérations. Les marchés sont devenus des lieux de souffrance, où chaque achat est une bataille. Les autorités, souligne le sociologue, n’ont mis en place aucun mécanisme de contrôle durable des prix. Les mesures ponctuelles n’ont aucun effet durable : « Après les interventions, tout revient à la normale. Rien ne change vraiment. »

    Un pays aux ressources immenses, mais en proie à la faim

    Le Tchad dispose de 33 millions d’hectares de terres arables sur un territoire de 1 284 000 km². Pourtant, le pays souffre de pénuries alimentaires chroniques. La vie chère frappe de plein fouet les villes, où tout s’achète à prix d’or. Mais elle ne épargne pas les zones rurales, où paysans et éleveurs subissent des pressions constantes : bétail dévastant les cultures, absence de justice, et menaces quotidiennes.

    Sous l’effet de cette précarité, de nombreux habitants quittent les campagnes pour se réfugier en ville. Pourtant, comme le rappelle le sociologue, « on ne peut pas tous vivre à N’Djamena. Ce n’est pas un environnement sûr. » La concentration des populations dans la capitale aggrave les tensions et la pression sur les ressources.

    Des conflits qui aggravent la crise alimentaire

    Les tensions entre éleveurs et agriculteurs paralysent la production locale, un secteur clé pour réduire les prix des denrées en ville. « Il faut protéger les agriculteurs. Il faut protéger les éleveurs », insiste Remadji Ngaba. Sans une résolution de ces conflits, la petite production agricole ne pourra jamais décoller, privant les marchés urbains d’une offre abordable.

    Un salaire insuffisant face à la flambée des coûts

    Le SMIG, fixé à 60 000 francs CFA depuis 2011, n’a pas évolué malgré la hausse constante des prix. À N’Djamena, une chambre décente coûte entre 20 000 et 25 000 francs. Entre loyer, électricité et charges, les salaires fondent comme neige au soleil. Les dirigeants, bien que conscients de la situation, doivent intensifier leurs efforts, selon le sociologue : « Ils voyagent, voient comment d’autres pays gèrent cette crise. Ils peuvent agir davantage pour améliorer le quotidien de leur peuple. »

    Des pistes concrètes pour atténuer la crise

    Pour remédier à cette situation, Remadji Ngaba propose des solutions pragmatiques. D’abord, subventionner les projets agricoles pour booster la production locale. Ensuite, valoriser les ressources en eau, essentielles pour l’irrigation. Enfin, instaurer un suivi régulier des prix sur les marchés, afin de limiter les abus et d’informer les consommateurs.

    Ces mesures, combinées à une meilleure gestion des conflits entre éleveurs et agriculteurs, pourraient redonner espoir aux Tchadiens, trop longtemps accablés par la vie chère.

  • Côte d’Ivoire : le sifia 2026, un levier pour booster les affaires africaines

    Côte d’Ivoire : le sifia 2026, un levier pour booster les affaires africaines

    Le Plateau, cœur économique de la Côte d’Ivoire, a servi de cadre au lancement officiel de la deuxième édition du Salon International des Fournisseurs et des Investisseurs d’Afrique (SIFIA 2026). Cet événement majeur, organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), s’articule autour du thème : « Connecter les entreprises, créer des marchés et accélérer la croissance ». Une cérémonie d’ouverture suivie d’une session de Business Networking a réuni des acteurs économiques, des investisseurs et des partenaires déterminés à dynamiser le secteur privé.

    Un salon bien plus qu’un événement professionnel

    Marc Ekressin, Commissaire général du SIFIA, a marqué les esprits en rappelant que cet événement dépasse le cadre classique des salons professionnels. « Je ne suis pas venu aujourd’hui vous parler d’un salon. Je suis venu vous parler de la croissance de vos entreprises », a-t-il affirmé. Son objectif ? Que chaque participant reparte avec des clients, des partenaires, des contrats et de nouvelles perspectives commerciales.

    Des résultats encourageants pour une deuxième édition ambitieuse

    Fort des succès de la première édition, le SIFIA 2026 mise sur des chiffres impressionnants : 130 exposants, 1 700 visiteurs qualifiés, 17 partenariats signés, cinq entreprises internationales implantées en Côte d’Ivoire, et un volume d’affaires dépassant les 4,5 milliards de FCFA. Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont introduit le SIFIA IAPA, un dispositif complet d’intermédiation conçu pour accompagner les entreprises avant, pendant et après l’événement.

    Le SIFIA IAPA : un outil au service des affaires

    Ce mécanisme innovant vise à identifier les besoins des entreprises, rechercher des prospects et partenaires, organiser des rendez-vous d’affaires et assurer un suivi post-salon. « Un rendez-vous doit devenir un contrat », a souligné Marc Ekressin, insistant sur la nécessité de transformer les opportunités en résultats concrets.

    Un appel à l’accompagnement des PME et PMI

    Marc Ekressin a également interpellé les pouvoirs publics et les institutions financières pour qu’ils renforcent leur soutien aux petites et moyennes entreprises. Il a insisté sur l’importance de proposer des mécanismes de financement adaptés à leurs réalités économiques, afin de faciliter leur développement et leur participation active au salon.

    Une invitation à anticiper pour maximiser les retombées

    S’adressant directement aux chefs d’entreprise, le Commissaire général a lancé un message clair : « Ne réservez pas un stand. Réservez votre croissance. » Une exhortation à préparer minutieusement sa participation pour en tirer le meilleur parti.

    Avec cette deuxième édition, le SIFIA 2026 ambitionne de renforcer les liens entre entreprises, investisseurs et partenaires. L’objectif ? Transformer les rencontres d’affaires en opportunités tangibles et contribuer à la dynamique du secteur privé en Afrique.

  • Karpowership alimente 25 % de l’électricité du Gabon avec ses navires-centrales

    Karpowership alimente 25 % de l’électricité du Gabon avec ses navires-centrales

    Le spécialiste turc des centrales électriques flottantes, Karpowership, s’impose désormais comme un acteur incontournable du secteur énergétique gabonais. Son responsable local, Evans Damada, confirme que les deux navires-centrales positionnés au large de Libreville et de Port-Gentil injectent actuellement 150 mégawatts dans le réseau national, couvrant près d’un quart de la production électrique disponible du pays. Cette contribution massive met en lumière la vulnérabilité persistante du système gabonais et l’urgence d’adopter des solutions énergétiques rapidement mobilisables.

    Des navires-centrales turcs pour pallier les lacunes du réseau gabonais

    L’ascension de Karpowership dans le mix électrique gabonais s’est opérée en un temps record. L’entreprise a accru ses capacités en réaction aux coupures fréquentes qui touchaient aussi bien les foyers que les zones industrielles. Cette réactivité illustre parfaitement l’avantage des powerships turcs : leur mobilité exceptionnelle permet de les acheminer vers un nouveau pays et de les raccorder au réseau en quelques semaines seulement, à l’inverse des centrales terrestres classiques qui nécessitent plusieurs années de construction.

    Le Gabon s’ajoute ainsi à une longue liste de pays africains ayant fait appel à ce modèle, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, la Gambie et le Mozambique. Le fonctionnement repose sur des accords commerciaux pluriannuels, souvent libellés en dollars, avec une tarification au kilowattheure produit. Ce modèle économique a suscité des interrogations dans plusieurs capitales africaines, en raison de son impact budgétaire lié à la fluctuation des prix des hydrocarbures.

    Un soutien énergétique immédiat mais une dépendance à long terme

    Pour les autorités gabonaises, l’apport de 150 MW représente une avancée majeure. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) peine depuis des années à répondre à une demande croissante, stimulée par l’urbanisation accélérée, le développement des zones économiques spéciales et la reprise des projets miniers. Le pays, qui mise sur un mix énergétique composé d’hydroélectricité, de gaz naturel et de fioul, voit ses marges de manœuvre se réduire face à des infrastructures vieillissantes.

    Cependant, cette dépendance envers un seul fournisseur soulève des questions stratégiques. La détention de 25 % de la capacité disponible confère à Karpowership un poids significatif dans les négociations futures. Dans un contexte où le pays cherche à exploiter ses ressources gazières nationales et à renforcer sa souveraineté énergétique, les autorités doivent concilier urgence immédiate et vision à long terme, surtout depuis le changement de régime survenu en août 2023.

    Vers une réduction progressive de la dépendance aux navires-centrales

    Evans Damada explique que l’intervention de Karpowership est conçue comme une solution transitoire, le temps que de nouvelles infrastructures locales voient le jour. Plusieurs projets sont en cours au Gabon, comme le barrage de Kinguélé Aval, porté par Meridiam et Gabon Power Company, ou encore des centrales à gaz alimentées par les gisements offshore. Une fois ces installations opérationnelles, la part des powerships dans le mix électrique devrait naturellement diminuer.

    D’ici là, les navires-centrales turcs continuent de jouer un rôle clé dans l’alimentation du réseau. Ils fonctionnent en continu, approvisionnant à la fois la capitale et le corridor industriel de l’Estuaire. Leur maintenance est assurée par des équipes mixtes, associant experts turcs et gabonais, tandis qu’un programme de formation est mis en place, bien que son ampleur reste limitée au regard des attentes des autorités locales.

    À court terme, la question n’est plus de savoir si le Gabon peut se passer de Karpowership, mais plutôt comment le pays parviendra à rééquilibrer son mix énergétique. Les prochaines étapes incluent la renégociation des tarifs, la durée des contrats et l’intégration progressive du gaz national. L’opérateur turc, de son côté, confirme son intention de rester un partenaire durable du secteur électrique gabonais.

  • Togo: les nouvelles réformes qui vont bouleverser l’économie et l’environnement

    Togo: les nouvelles réformes qui vont bouleverser l’économie et l’environnement

    Togo : les réformes économiques et environnementales au cœur de la session parlementaire

    La deuxième session extraordinaire de l’Assemblée nationale togolaise s’est ouverte sous haute tension, avec pour objectif de répondre aux défis majeurs du pays. Convoquée à l’initiative du président du Conseil, Faure Gnassingbé, cette rentrée parlementaire express s’annonce déterminante pour plusieurs secteurs clés. Trois projets de loi phares, portés par le bureau du Professeur Komi Selom Klassou, promettent de redéfinir les règles du jeu économique, environnemental et administratif.

    Cette session, placée sous le signe de l’urgence socio-économique, vise à apporter des solutions concrètes aux attentes des populations et des acteurs économiques. Entre simplification administrative, protection de la biodiversité et sécurisation des investissements, les enjeux sont multiples. Le gouvernement mise sur des réformes ambitieuses pour transformer durablement le paysage togolais.

    Les trois réformes phares pour dynamiser l’économie et l’environnement

    Les textes proposés ciblent des domaines stratégiques pour le développement du Togo. Voici ce qui va vraiment changer :

    1. Justice commerciale : plus de rapidité et de transparence pour les entreprises

    Le premier projet de loi concerne la réorganisation des juridictions commerciales. L’objectif ? Accélérer le traitement des litiges économiques tout en renforçant la transparence. Grâce à la digitalisation des procédures et à l’harmonisation avec le droit OHADA, les entreprises togolaises bénéficieront d’un cadre juridique plus prévisible. Une avancée majeure pour sécuriser les investissements et préserver l’emploi dans le secteur privé.

    Cette réforme s’inscrit dans une volonté de moderniser l’appareil judiciaire et d’attirer davantage d’investisseurs étrangers. Les acteurs économiques locaux saluent cette initiative, qui pourrait réduire les délais de résolution des conflits et favoriser un climat des affaires plus sain.

    2. Protection de la biodiversité : un équilibre entre usages traditionnels et préservation

    Le deuxième texte vise à encadrer la gestion des aires protégées. Un nouveau cadre légal est en préparation pour renforcer la protection des écosystèmes tout en tenant compte des pratiques coutumières des communautés locales. Cette mesure, très attendue par les écologistes et les populations riveraines, cherche à concilier développement rural et conservation de la nature.

    Les associations environnementales et les autorités administratives travailleront main dans la main pour appliquer cette réglementation. L’enjeu est de taille : préserver les ressources naturelles tout en garantissant des moyens de subsistance aux populations dépendantes de ces zones.

    3. Simplification administrative : la fin des lourdeurs pour les citoyens et les entreprises

    Enfin, le troisième projet de loi porte sur l’adhésion à la Convention de La Haye. Une avancée significative pour les Togolais, étudiants et entrepreneurs confrontés aux démarches fastidieuses de légalisation d’actes publics (diplômes, contrats, actes d’état civil). Cette réforme permettra de simplifier les procédures et de fluidifier les échanges avec l’étranger.

    Les acteurs économiques, en particulier ceux impliqués dans le commerce international, verront leurs démarches allégées. Cette mesure s’inscrit dans une logique de facilitation des échanges et de rapprochement avec les normes internationales.

    Sécurité nucléaire : le Togo renforce son engagement international

    Dans un autre registre, le Sénat a transmis quatre conventions internationales à l’Assemblée nationale pour approbation. Ces textes, liés à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), couvrent des domaines cruciaux : sûreté nucléaire, gestion des déchets radioactifs, notification rapide en cas d’accident et assistance en situation d’urgence radiologique.

    Ces adhésions s’inscrivent dans une démarche proactive pour aligner le Togo sur les standards internationaux en matière de sécurité nucléaire. Une étape essentielle pour renforcer la confiance des partenaires étrangers et garantir la protection des populations.

    Les travaux en commission s’annoncent intenses, avec pour objectif de finaliser ces textes dans les meilleurs délais. Le président de l’Assemblée nationale a appelé les parlementaires à faire preuve de rigueur et d’efficacité pour répondre aux attentes des citoyens.

  • Cameroun : Yaoundé en passe de reprendre le contrôle des centrales électriques de Kribi et Dibamba

    Cameroun : Yaoundé en passe de reprendre le contrôle des centrales électriques de Kribi et Dibamba

    L’État camerounais s’apprête à finaliser le rachat des 56 % détenus par le groupe britannique Globeleq au sein de deux entités clés du secteur énergétique local. Les négociations en cours visent à transférer les participations dans Kribi Power Development Company (KPDC) et Dibamba Power Development Company (DPDC), pour un montant estimé à près de 80 milliards de FCFA, soit environ 138 millions de dollars. Bien qu’aucune proposition officielle n’ait encore été soumise, les discussions progressent rapidement et pourraient aboutir d’ici la fin de l’année 2026.

    Des infrastructures électriques vitales pour le Cameroun

    Les centrales concernées ne sont pas de simples actifs énergétiques. La centrale thermique à gaz de Kribi, opérationnelle depuis 2013 dans la région du Sud, affiche une capacité de 216 mégawatts et alimente principalement le réseau interconnecté Sud, principal pôle de consommation du pays. Quant à la centrale thermique de Dibamba, située près de Douala, elle développe 88 mégawatts et sert de solution de secours lors des pics de demande ou en cas de baisse de production hydraulique. Ces deux installations forment un pilier du mix énergétique camerounais, où l’hydraulique domine malgré les aléas climatiques.

    Avec l’arrivée prochaine du barrage de Nachtigal, dont la mise en service complète est imminente, le paysage énergétique du Cameroun évolue. Les autorités ambitionnent de réorganiser les capacités thermiques existantes pour optimiser l’ensemble du système. Dans cette nouvelle configuration, la centrale de Kribi conserverait son rôle central, tandis que celle de Dibamba interviendrait en appoint. Le rachat de ces parts permettrait à l’État de mieux maîtriser les décisions stratégiques, notamment en matière d’exploitation, de maintenance et de tarification.

    Une manœuvre aux enjeux politiques et économiques majeurs

    Globeleq, détenu conjointement par le fonds britannique CDC Group et le norvégien Norfund, a fait son entrée au Cameroun en 2014 en acquérant les parts initialement détenues par AES. Le retrait envisagé s’inscrit dans une tendance plus large de réajustement du portefeuille des producteurs indépendants d’électricité en Afrique. Plusieurs États du continent renforcent leur emprise sur leurs actifs stratégiques, face à des cadres réglementaires en mutation et à des défis structurels persistants dans le secteur électrique.

    Le Cameroun, confronté à des difficultés économiques persistantes, doit désormais résoudre l’équation financière liée à cette transaction. Les marges de manœuvre budgétaires de l’État sont limitées par le poids de la dette et les engagements pris auprès du Fonds monétaire international. Plusieurs scénarios pourraient être envisagés pour boucler le financement : un recours aux bailleurs multilatéraux, une émission obligataire sur le marché régional de la Beac, ou encore l’intégration d’un partenaire technique de substitution. Le choix de la structure juridique retenue aura un impact direct sur la tarification de l’électricité, un sujet sensible dans un pays où les prix sont administrés et où toute hausse peut déclencher des réactions sociales.

    Un test pour l’attractivité des investissements privés en Afrique centrale

    Cette opération ne se limite pas au seul Cameroun. Elle sera observée de près par l’ensemble des acteurs privés engagés dans des projets similaires en Afrique subsaharienne. La capacité de Yaoundé à mener à bien cette transaction de manière transparente, à évaluer avec justesse la valeur des actifs et à garantir la continuité des opérations enverra un message fort aux fonds d’investissement et aux développeurs présents au Gabon, au Congo ou en Côte d’Ivoire. À l’inverse, un accord mal négocié ou un retrait précipité pourrait nuire à la crédibilité du Cameroun auprès des futurs investisseurs privés, alors que les besoins en financement pour la production, le transport et la distribution d’électricité restent colossaux.

    Le calendrier serré évoqué par les observateurs du dossier indique que les points critiques, notamment la valorisation définitive et la gestion des contrats d’achat d’électricité en vigueur, devront être résolus dans les prochains mois. Les discussions en cours laissent entrevoir une finalisation de l’opération avant la fin de l’année 2026.

  • Producteurs de cacao camerounais : vers un renouveau économique ?

    Producteurs de cacao camerounais : vers un renouveau économique ?

    Plantation familiale de cacao à Ebebda, au Cameroun en 2024.

    Dans les plantations de la région d’Ebebda, au Cameroun, les producteurs de cacao s’accrochent à un espoir fragile. Entre fluctuations des cours mondiaux et défis logistiques, leur quotidien reste rythmé par l’incertitude.

    Les familles agricoles de cette zone, souvent transmises de génération en génération, représentent le cœur battant d’une filière qui façonne l’économie locale. Pourtant, malgré leur savoir-faire ancestral, elles font face à des obstacles croissants qui menacent leur survie.

    Des prix instables et une rentabilité en question

    Le marché du cacao camerounais, comme celui de nombreux pays producteurs, subit de plein fouet les aléas des prix internationaux. Les revenus des planteurs dépendent directement des cours fixés à New York ou Londres, où les spéculations financières influencent les cours bien plus que les réalités du terrain.

    Récemment, une légère hausse des prix a redonné un peu d’air aux agriculteurs, mais cette amélioration reste précaire. Les coûts de production, en revanche, ne cessent d’augmenter : engrais, main-d’œuvre et transport pèsent lourdement sur les marges déjà serrées des petits exploitants.

    Dans ce contexte, beaucoup se demandent si les subventions gouvernementales suffiront à compenser ces déséquilibres. Les promesses officielles sont nombreuses, mais leur mise en œuvre tarde souvent à se concrétiser.

    Des infrastructures défaillantes qui freinent la croissance

    L’éloignement des zones de production et le mauvais état des routes compliquent considérablement l’acheminement des fèves vers les centres de collecte. Les pertes post-récolte, dues au transport ou au stockage inadéquat, atteignent parfois 30 % de la production.

    Les planteurs locaux réclament depuis des années des investissements dans les infrastructures, sans obtenir de réponses concrètes. L’absence de silos et de systèmes de séchage modernes aggrave encore la situation, forçant les producteurs à vendre leur récolte à bas prix aux intermédiaires.

    Cette dépendance vis-à-vis des intermédiaires réduit considérablement leur pouvoir de négociation et limite leurs profits.

    Innovations et nouvelles perspectives pour la filière

    Face à ces défis, certains producteurs tentent de se tourner vers des modèles plus durables. La certification bio ou équitable commence à séduire une partie de la clientèle internationale, offrant des perspectives de prix plus stables.

    Des programmes de formation en agriculture climato-intelligente sont également déployés pour améliorer les rendements tout en préservant les sols. Ces initiatives, bien que prometteuses, restent marginales et nécessitent un soutien accru des autorités.

    Les coopératives jouent un rôle clé dans cette transition. En mutualisant les ressources, elles permettent aux petits producteurs d’accéder à des équipements et à des marchés autrefois inaccessibles. Leur essor pourrait bien être la clé d’une relance durable de la filière.

    Un secteur à la croisée des chemins

    Le Cameroun dispose d’un potentiel indéniable pour redevenir un acteur majeur du cacao mondial. Avec des conditions climatiques favorables et une main-d’œuvre qualifiée, le pays pourrait tirer parti de la demande croissante en produits de qualité.

    Cependant, sans une politique volontariste et des investissements ciblés, le risque est grand de voir les producteurs abandonner cette culture au profit d’autres activités plus rentables. Le choix des autorités camerounaises déterminera l’avenir d’une filière qui fait vivre des milliers de familles.