Une fusillade meurtrière en pleine capitale malienne
Bamako est sous le choc ce matin. Deux jeunes hommes ont été abattus aux premières heures par des militaires près du siège de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM). L’incident, survenu vers 5h30, a eu lieu dans une zone ultra-sécurisée de la capitale, à proximité d’un établissement hôtelier de renom.
Selon les autorités militaires, les deux individus à moto auraient tenté de franchir les barrages de sécurité mis en place autour de l’ORTM. Des sources locales évoquent cependant une tout autre version : celle de travailleurs saisonniers se rendant sur leur lieu d’emploi.
Cette divergence alimentent les débats sur la gestion sécuritaire dans la capitale malienne, où les barrages se multiplient depuis des mois.
Des versions contradictoires sur les circonstances du drame
Les autorités militaires maliennes assurent que les deux jeunes hommes n’ont pas obéi aux sommations des soldats après avoir forcé un premier barrage. Des tirs de sommation auraient été effectués avant que les militaires ne tirent, entraînant la mort des deux individus.
Pour une conductrice interrogée sous anonymat, les victimes auraient dû anticiper les risques : « En période d’insécurité, personne ne s’aventure dans cette zone sans autorisation. Les accès sont fermés, et en cas d’alerte, il faut immédiatement s’arrêter pour éviter tout incident. Les agents en poste ce jour-là ont agi dans le cadre de leurs fonctions. »
Des réactions contrastées parmi les Bamakois
Seyba, un habitant de Bamako, partage un avis différent. Pour lui, les militaires auraient pu neutraliser les deux hommes sans recourir à la force létale : « Pourquoi ne pas avoir visé la moto ou les jambes ? Ils auraient pu être interpellés vivants pour éclaircir cette affaire. Maintenant, nous ne saurons jamais ce qui s’est réellement passé. Même si ces jeunes étaient des présumés terroristes, leur mort nous prive de la vérité. »
Sur place, des témoignages confirment que les victimes étaient des travailleurs saisonniers se rendant à leur chantier. Leur méconnaissance des règles strictes en vigueur pourrait expliquer cette tragédie.
Renforcement des mesures de sécurité dans la capitale
Depuis cet incident, les dispositifs de sécurité ont été renforcés autour de l’ORTM, mais aussi dans les camps militaires et à l’aéroport international de Bamako-Sénou. L’accès à cet aéroport est désormais strictement réservé aux voyageurs et au personnel autorisé.













