Catégorie : Économie

  • Gabon : L’épargne africaine change de cap

    Gabon : L’épargne africaine change de cap

    Economie

    Gabon : L’épargne africaine change de cap

    Libreville, Mercredi 8 Juillet 2026 (Infos Gabon) – À Libreville, un signal discret mais potentiellement décisif a été envoyé aux marchés africains. L’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest ont choisi de rapprocher leurs instruments de régulation financière pour répondre à une question devenue stratégique pour l’ensemble du continent.

    Comment transformer l’épargne africaine en moteur de croissance, plutôt que de la voir quitter les économies locales ou dormir dans des circuits improductifs.

    Le 6 juillet 2026, la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances et l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine ont signé à Libreville une convention de coopération tripartite qui pourrait redessiner les mécanismes de financement du développement africain.

    Derrière cette signature institutionnelle se cache une ambition beaucoup plus vaste. Celle de construire un espace financier africain capable de financer lui-même ses infrastructures, ses entreprises et ses innovations.

    L’Afrique veut reprendre le contrôle de son capital

    Le paradoxe africain est désormais bien identifié par les économistes. Le continent dispose d’importantes capacités d’épargne mais peine encore à les orienter vers l’économie productive.

    Une part considérable des ressources financières des ménages demeure en dehors des circuits bancaires traditionnels, tandis que les investisseurs institutionnels restent insuffisamment mobilisés pour soutenir les projets structurants. Dans le même temps, les besoins de financement explosent sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation rapide et des exigences liées aux infrastructures, à l’énergie et au numérique.

    L’accord signé à Libreville constitue une réponse directe à cette équation. Les trois institutions entendent désormais coordonner leurs actions autour de plusieurs priorités stratégiques : partage d’informations, assistance technique mutuelle, harmonisation réglementaire et renforcement des mécanismes de supervision des marchés financiers et des assurances.

    L’objectif est clair. Créer des marchés plus profonds, plus sûrs et suffisamment attractifs pour retenir les capitaux africains sur le continent.

    Le rôle décisif de l’assurance et des investisseurs institutionnels

    L’un des enseignements majeurs des travaux organisés à Libreville concerne la place encore sous-exploitée des compagnies d’assurance dans le financement du développement africain. Partout dans le monde, les fonds issus de l’assurance représentent une source essentielle de financement de long terme pour les infrastructures, les obligations souveraines et les investissements stratégiques.

    L’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest souhaitent désormais reproduire ce modèle. Les experts réunis lors de l’atelier régional consacré à la mobilisation de l’épargne ont souligné que les assureurs africains disposent d’un potentiel considérable pour soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises, accompagner les projets industriels ou participer au financement des grandes infrastructures régionales.

    Cette orientation pourrait modifier durablement les équilibres financiers de la zone CEMAC et de l’espace UEMOA. Elle permettrait également de réduire la dépendance aux financements extérieurs qui exposent régulièrement les économies africaines aux fluctuations des marchés internationaux.

    Libreville veut devenir une capitale financière africaine

    Au-delà de la coopération technique, cette rencontre révèle également les ambitions grandissantes du Gabon dans la gouvernance financière continentale. Sous l’impulsion de la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba Nkembe, Libreville cherche progressivement à s’imposer comme l’un des centres de référence en matière de régulation et de supervision financière en Afrique francophone.

    La présence des principaux régulateurs régionaux, des gouverneurs, des universitaires et des dirigeants d’entreprises traduit cette volonté d’influence croissante. Les conclusions des travaux doivent désormais être portées devant les instances de la CEMAC afin d’accélérer leur mise en œuvre opérationnelle.

    L’enjeu dépasse largement les considérations techniques. Dans un monde marqué par le durcissement des conditions d’accès aux capitaux internationaux, la capacité des économies africaines à mobiliser leur propre épargne devient un facteur majeur de souveraineté économique.

    La convention signée à Libreville ouvre ainsi une nouvelle phase dans la construction financière du continent. L’Afrique ne manque plus de ressources. Le véritable défi consiste désormais à faire circuler ces ressources au service de sa propre transformation.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

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    Entre 2021 et 2025, Endeavour Mining a injecté une somme considérable de FCFA dans l’économie ivoirienne, contribuant ainsi à renforcer la croissance du pays.

    Un engagement durable pour le développement économique

    Le groupe mineur a dédié une importante part de ses investissements à divers secteurs clés, tels que l’industrie minière et les infrastructures. Ces efforts visent à promouvoir la croissance économique et à améliorer le niveau de vie des Ivoiriens.

    Un impact positif sur la croissance économique

    Les investissements de Endeavour Mining ont eu un impact significatif sur la croissance économique de la Côte d’Ivoire. Le groupe a contribué à créer des emplois, à promouvoir l’industrie minière et à améliorer les infrastructures du pays.

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    Dans un rapport publié en mai 2026, le FMI estime que le recours aux swaps de rendement total pourrait créer des contraintes sur la politique monétaire.

    Une nouvelle source d’incertitude économique pèse sur la scène financière africaine, suscitant une vive inquiétude auprès du Fonds Monétaire International (FMI) et des principales agences de notation. L’émergence de « dettes cachées » dans des pays stratégiques comme le Sénégal, le Nigeria et l’Angola est désormais au cœur des préoccupations mondiales, menaçant la stabilité budgétaire de ces nations.

    Ces engagements financiers non divulgués, ou difficilement identifiables, représentent un risque significatif. Le FMI, notamment, souligne que de tels passifs pourraient engendrer des pressions imprévues sur la politique monétaire et les finances publiques. Cette opacité complique l’évaluation précise de la solvabilité des États par les agences de notation, pouvant potentiellement affecter leur accès aux marchés financiers internationaux et la perception de leur santé économique globale. La vigilance est donc de mise face à ces défis qui exigent une transparence accrue pour préserver la confiance des investisseurs et la robustesse des économies concernées.

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    Le Cameroun fait face à une régression alarmante de ses dépenses d’investissement public pour le premier trimestre de l’année 2026. Les chiffres révèlent un début d’exercice budgétaire marqué par une forte décélération. En effet, à la fin du mois de mars, les investissements effectivement engagés n’atteignaient que 45 milliards de FCFA. Ce montant contraste fortement avec les 175,5 milliards de FCFA enregistrés à la même période l’année précédente. Cette diminution représente une chute spectaculaire de 130,5 milliards de FCFA, soit une contraction de 74,4 % sur un an. Le taux d’exécution des crédits alloués à l’investissement dans la loi de finances 2026 s’établit ainsi à seulement 2,5 %, un niveau exceptionnellement bas, même pour un premier trimestre traditionnellement peu dynamique.

    PROBMIS IA : une transition numérique qui paralyse les dépenses

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    L’impact de cette perturbation est particulièrement prononcé sur les investissements financés par les ressources internes, dont le taux de réalisation n’atteint qu’un maigre 0,3 %. Quant aux projets bénéficiant de financements externes, leur exécution plafonne à 5,2 %, un niveau tout aussi insatisfaisant. En somme, le processus d’engagement des dépenses s’est vu congestionné au moment crucial où les différentes administrations devaient lancer leurs premières opérations annuelles. Le Minfi reconnaît que ce démarrage est plus poussif que d’habitude.

    Financements externes : une baisse marquée des décaissements

    Au-delà des obstacles techniques, la collecte de fonds s’est avérée moins fructueuse. Les prêts et dons obtenus jusqu’à fin mars se sont élevés à seulement 137,5 milliards de FCFA, bien en deçà des 327,6 milliards de FCFA mobilisés l’année précédente à la même période. Cette diminution représente une perte de 190,1 milliards de FCFA, soit une régression de 58 % sur douze mois. Cette insuffisance touche aussi bien les prêts et dons dédiés à des projets spécifiques que les soutiens budgétaires globaux.

    Plus précisément, les prêts destinés aux projets n’ont généré que 39,4 milliards de FCFA, alors que les prévisions trimestrielles tablaient sur 206,7 milliards, soit un taux de concrétisation de 19 %. Les dons, quant à eux, n’ont atteint que 0,1 milliard de FCFA, très loin des 18,5 milliards escomptés. Par ailleurs, aucun décaissement au titre de l’appui budgétaire n’a été constaté durant cette période. Cette combinaison de facteurs exerce une pression directe sur les investissements dépendants des financements externes, dont la progression est étroitement liée à la célérité des bailleurs de fonds.

    Globalement, l’État camerounais a réussi à mobiliser 1 331,4 milliards de FCFA en ressources budgétaires à la fin mars, sur un objectif annuel fixé à 8 683,9 milliards. Cela représente un taux de réalisation de 15,3 %, inférieur aux 19,6 % atteints l’année précédente. Concernant les dépenses, le montant total ordonnancé s’élève à 1 547,1 milliards de FCFA, marquant une légère diminution de 2,9 % par rapport aux 1 593,2 milliards enregistrés un an plus tôt. Les dépenses courantes, hors intérêts, ont également diminué de 80,5 milliards, s’établissant à 566,1 milliards de FCFA.

    La SND30 menacée : un péril réel pour les projets phares

    Bien que le premier trimestre soit habituellement caractérisé par une faible utilisation des crédits d’investissement, en raison des procédures d’appels d’offres et du démarrage progressif des travaux, l’ampleur du recul actuel dépasse largement les tendances saisonnières. La persistance d’un tel décalage pourrait sérieusement compromettre la réalisation des grands projets d’infrastructures prévus par la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

    Les secteurs fortement dépendants des marchés publics sont directement impactés. Les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP), les fournisseurs de matériaux de construction, les bureaux d’ingénierie et les acteurs du transport sont particulièrement vulnérables. Leur activité est intrinsèquement liée à l’aptitude de l’État à autoriser et à décaisser les fonds pour les équipements dans les temps impartis. Un maintien de cette sous-exécution budgétaire aurait des répercussions négatives sur la trésorerie des entreprises adjudicataires et, par extension, sur l’ensemble de l’économie nationale.

    Pour les dirigeants camerounais, l’urgence est double : il s’agit de résoudre promptement les dysfonctionnements techniques liés à PROBMIS IA et d’intensifier la recherche de financements extérieurs. Ces actions sont cruciales pour compenser le retard pris au cours des trois premiers mois de l’année. La réalisation des objectifs fixés pour 2026 est conditionnée par cette double capacité d’adaptation et de correction.

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    La Côte d’Ivoire adopte une technologie électrique innovante pour son avenir énergétique

    La Côte d’Ivoire, véritable locomotive économique et énergétique de l’Afrique de l’Ouest francophone, s’engage résolument dans la modernisation de son infrastructure électrique. Schneider Electric, acteur mondial majeur dans la gestion de l’énergie et l’automatisation, a récemment procédé au déploiement de sa toute nouvelle gamme d’appareillages électriques à moyenne tension (MT), baptisée « AirSeT », sur le territoire ivoirien.

    Cette solution technologique de pointe, qui repose sur une combinaison ingénieuse d’air pur et de coupure dans le vide, est conçue pour accompagner le secteur électrique ivoirien dans sa transition environnementale et son adaptation aux évolutions réglementaires. L’ambition nationale est claire : positionner la Côte d’Ivoire comme la plaque tournante de l’électricité régionale, notamment au sein du Système d’échanges d’énergie électrique d’Afrique de l’Ouest (EEEOA/WAPP).

    Pour concrétiser cette vision, des investissements massifs sont impératifs dans les infrastructures de distribution de moyenne tension, afin de garantir une fiabilité d’alimentation irréprochable. C’est dans cette optique que l’introduction de la technologie AirSeT prend toute son importance.

    Nicole Malan, vice-présidente Business Power Systems et Infrastructure pour le cluster Afrique subsaharienne de Schneider Electric, a souligné l’opportunité sans précédent qui s’offre au continent. « L’Afrique a une opportunité unique : construire dès aujourd’hui des infrastructures électriques qui resteront pertinentes dans 30 à 40 ans », a-t-elle affirmé. Elle a également précisé que cette innovation, alliant « air pur et digitalisation avancée », répondait aux standards internationaux les plus exigeants et aux besoins futurs des marchés énergétiques.

    Ce lancement s’inscrit parfaitement dans la stratégie de développement énergétique de la Côte d’Ivoire, qui vise à atteindre un mix électrique composé de 45 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030. Le pays fait face à une augmentation rapide de la demande en électricité, stimulée par l’urbanisation galopante d’Abidjan et l’expansion de son secteur agro-industriel, en particulier la transformation du cacao.

    Un avantage clé de ces nouveaux équipements réside dans leur capacité à s’intégrer directement au réseau existant. Ils ne nécessitent ni modifications d’encombrement ni formations additionnelles pour les techniciens, ce qui permet aux opérateurs d’anticiper sereinement les futures normes internationales.

  • Gabon : le nouveau modèle macroéconomique du fmi pour sécuriser les finances publiques

    Gabon : le nouveau modèle macroéconomique du fmi pour sécuriser les finances publiques

    Gabon : le nouveau modèle macroéconomique du FMI pour sécuriser les finances publiques

    illustration du modèle macroéconomique du Gabon

    Face à des défis économiques croissants, le Gabon se dote d’un outil innovant pour anticiper les chocs externes. Développé en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), ce modèle macroéconomique vise à éclairer chaque décision budgétaire du gouvernement. Son objectif ? Évaluer l’impact potentiel des fluctuations du pétrole, des tensions inflationnistes ou de l’alourdissement de la dette publique avant qu’ils ne perturbent les équilibres financiers nationaux.

    Ce projet s’inscrit dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires se resserrent. Selon les prévisions, les besoins de financement brut du pays pourraient atteindre en moyenne 19 % du produit intérieur brut (PIB) annuel entre 2024 et 2029. Cette pression s’explique notamment par le remboursement des obligations internationales (Eurobonds) et un accès limité aux financements avantageux. Parallèlement, les intérêts de la dette pourraient représenter jusqu’à 30 % des recettes publiques, tandis que le coût total du service de la dette pourrait absorber entre 80 % et 115 % des ressources budgétaires.

    Le futur modèle se présentera comme une plateforme dynamique, capable de simuler plusieurs scénarios économiques. Il permettra aux autorités d’analyser les conséquences d’une baisse des prix du pétrole, d’un ralentissement de la croissance ou d’une variation des recettes fiscales. Intégré au Debt Dynamic Tool (DDT), il offrira une vision globale des liens entre croissance, inflation, finances publiques et soutenabilité de la dette. Cet outil devrait ainsi renforcer la précision des lois de finances et optimiser les arbitrages budgétaires dans un environnement économique de plus en plus volatile.

    Le déploiement de ce système s’étendra jusqu’en mars 2027. Il mobilisera 32 experts issus des administrations économiques gabonaises et de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). À terme, le FMI ambitionne d’en faire la référence pour les travaux de cadrage macroéconomique et les discussions avec les partenaires financiers internationaux. En pleine finalisation d’un nouveau programme économique, cette initiative vise à renforcer la résilience des finances publiques et à garantir une gestion plus transparente et préventive des risques.

  • Cameroun : seulement 3 % des aides publiques traçables en 2024

    Cameroun : seulement 3 % des aides publiques traçables en 2024

    En 2024, la Chambre des comptes du Cameroun n’a pu vérifier que 3 % des subventions distribuées par l’État à ses entreprises publiques. Ce taux, dévoilé dans son rapport annuel, révèle un déficit criant de transparence dans la gestion des fonds publics. Les magistrats financiers, chargés de certifier l’utilisation des ressources, se heurtent à un manque criant de documents justificatifs pour les 97 % restants.

    Une opacité qui questionne la gouvernance financière

    La Chambre des comptes s’appuie sur les déclarations des ordonnateurs et des bénéficiaires pour exercer son contrôle. Pourtant, pour l’exercice 2024, seule une infime partie des transferts a pu être retracée jusqu’à leur destination finale. Les subventions, qu’elles soient d’équilibre, d’investissement ou de compensation tarifaire, restent majoritairement non documentées. Ce flou complique la supervision des 150 milliards de francs CFA alloués chaque année au secteur parapublic.

    Un secteur public sous pression budgétaire

    Les entreprises publiques camerounaises, actives dans des secteurs clés comme l’énergie, les hydrocarbures ou les transports, dépendent largement des aides de l’État. Des entités comme la SNH, la Camair-Co ou la Sonara, souvent en difficulté financière, bénéficient de ces transferts pour maintenir leurs activités. Dans un contexte de rigueur budgétaire imposé par le Fonds monétaire international (FMI), la maîtrise de ces flux devient une priorité absolue pour Yaoundé.

    Le programme de consolidation économique en cours exige une transparence accrue dans la gestion des fonds publics. Pourtant, malgré la création en 2017 d’une cellule dédiée au suivi du portefeuille de l’État, les résultats se font attendre. Les retards dans la remontée d’informations financières limitent l’efficacité du contrôle.

    Un risque pour la crédibilité des finances publiques

    L’incapacité à tracer les subventions publiques a des conséquences multiples. Elle affaiblit le débat parlementaire sur la loi de règlement, réduit l’efficacité des alertes de la Cour suprême et complique l’évaluation des besoins des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement. Pour les investisseurs privés, cette opacité représente un frein supplémentaire, notamment dans les partenariats public-privé.

    La Chambre des comptes, en publiant ce constat, rappelle l’urgence d’agir. Pour améliorer la traçabilité, elle préconise l’adoption d’un référentiel comptable unique pour les entreprises publiques, la modernisation des systèmes d’information et le renforcement des sanctions contre les dirigeants négligents. Sans ces mesures, la certification des comptes de l’État restera incomplète.

  • Fonds fonciers au Sénégal : le dégel des lotissements bloqués enfin acté

    Fonds fonciers au Sénégal : le dégel des lotissements bloqués enfin acté

    Un tournant décisif a été marqué dans la gestion du foncier au Sénégal avec la publication, par le Secrétariat général du Gouvernement, d’un communiqué officiel mettant fin au blocage administratif des grands projets d’aménagement. Ce texte, diffusé ce lundi 6 juillet 2026, officialise la reprise des procédures de régularisation des titres fonciers dans plusieurs zones stratégiques du pays, marquant ainsi la fin d’une période de suspension prolongée.

    Les sites concernés par le dégel des lotissements

    Les mesures conservatoires, instaurées sous l’ancienne gouvernance de la Primature, visaient à geler les opérations sur des projets majeurs. Désormais, le processus de mainlevée est engagé pour les sites suivants :

    • Les lotissements « BOA », « Hangar des Pèlerins », « Recasement 2 », « EGBOS », « EOGEN et EOGEN-extension », ainsi que « Mbour IV à Thiès » ;
    • Les Plans d’Urbanisme de Détail (PUD) des zones de « Guédiawaye », « Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh » et de la « Nouvelle Ville de Thiès » ;
    • Les pôles urbains de « Déni Biram Ndao-Diaksao-Bambilor » et « Daga Kholpa et Yenne » ;
    • La zone nord, avec le site de « Ndiebène Gandiole » (titre foncier domanial n° 136/SL).

    Une accélération administrative pour relancer l’économie locale

    L’objectif affiché par l’exécutif est double : d’une part, débloquer la situation économique des détenteurs de titres de bonne foi, et d’autre part, assainir définitivement le secteur en évitant les pratiques d’accaparement. Le communiqué souligne que plusieurs acquéreurs réguliers ont déjà pu récupérer leurs parcelles grâce aux premières mainlevées accordées.

    Les directives issues du Conseil des Ministres du 1er juillet 2026 ont été immédiatement appliquées. Le Premier ministre a exhorté le Comité en charge du suivi à finaliser, d’ici la fin de l’année 2026, les actes administratifs nécessaires en coordination avec les services compétents.

    Des règles strictes pour éviter les dérives

    La reprise des attributions se fera selon des critères précis : seuls les détenteurs de titres exempts de tout vice de forme ou de fond seront éligibles. Toute tentative de reprise sauvage ou d’occupation illégale est désormais passible de sanctions. Les autorités rappellent fermement l’interdiction de toute action non autorisée, sous peine de poursuites.

    Comment accélérer ses démarches ?

    Pour faciliter le processus, les personnes et collectifs concernés sont invités à se rapprocher des structures dédiées :

    • Le Secrétariat du Comité (via la DGSCOS sur la VDN) ;
    • La Direction générale de l’Urbanisme à Diamniadio.

    Ces services sont chargés d’accompagner les demandeurs dans le dépôt de leurs dossiers de mainlevée ou de régularisation, afin d’accélérer la finalisation des attributions.

  • Le Togo réduit les frais d’installation des compagnies aériennes de 200 à 3,5 millions FCFA

    Le Togo réduit les frais d’installation des compagnies aériennes de 200 à 3,5 millions FCFA

    Une compagnie aérienne qui souhaite s’implanter au Togo ne déboursera plus que 3,5 millions FCFA, soit environ 6 100 dollars, contre près de 200 millions FCFA auparavant. Cette baisse d’environ 98 % des frais administratifs d’installation a été annoncée par le colonel Idrissou Ahabou Abdou, directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), en marge de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO (ECATEOC), organisée à Lomé les 2 et 3 juillet.

    En abaissant aussi radicalement le ticket d’entrée sur son marché, Lomé espère attirer de nouveaux transporteurs, intensifier la concurrence et, à terme, faire baisser le prix des billets pour les voyageurs. Le pays affiche ouvertement son ambition de devenir la destination la plus accessible d’Afrique de l’Ouest pour l’installation de nouvelles compagnies aériennes.

    Voir aussi- Togo : L’aéroport de Lomé franchit le cap de 1,5 million de passagers dès 2024

    La mesure togolaise dépasse largement les engagements pris au niveau communautaire. L’acte additionnel adopté par la CEDEAO en décembre 2024 prévoit la suppression de plusieurs taxes sans lien direct avec le transport aérien ainsi qu’une baisse d’au moins 25 % des redevances passagers et de sécurité. Devant la presse, le patron de l’ANAC a d’ailleurs fait remarquer que son pays était allé bien au-delà des 25 % recommandés par l’organisation régionale sur les redevances passagères.

    Des observateurs du secteur invitent toutefois à la prudence. Réduire les frais d’entrée constitue un signal fort, mais ne suffira pas à lui seul à convaincre les grandes compagnies d’inscrire Lomé à leur programme de vols. Des redevances aéroportuaires compétitives, un carburant à prix raisonnable, des procédures douanières fluides et surtout une demande solide, portée par les voyageurs d’affaires, les touristes et la diaspora, restent des conditions indispensables. Dans le transport aérien, rappellent-ils, ce sont avant tout les sièges remplis qui font venir les avions.

    Fanuelle YAO

    La Rédaction

  • Le Gabon face au défi pétrolier : la stratégie des volumes pour dynamiser l’économie

    Le Gabon face au défi pétrolier : la stratégie des volumes pour dynamiser l’économie

    Malgré un regain significatif de la production au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en juin, les finances publiques gabonaises ne semblent pas encore en bénéficier. L’enquête mensuelle de Reuters a révélé une augmentation notable, avec les onze membres du cartel produisant 19,43 millions de barils par jour. Cette hausse représente un bond de 3,3 millions de barils quotidiens par rapport à mai, un mois qui avait vu l’offre chuter à son niveau le plus bas depuis au moins l’an 2000. Ce sursaut s’explique principalement par la reprise progressive des capacités de production au Koweït et en Iran, suite à la levée du blocus naval américain sur les ports de Téhéran. Un signal de relance à l’échelle mondiale qui, pour le moment, n’a pas d’effet direct sur l’économie gabonaise.

    La nature même de ce rebond est la clé de cette situation. Il s’agit avant tout d’un rattrapage consécutif à la crise du détroit d’Ormuz, et non d’une augmentation tirée par une demande mondiale accrue. Par ailleurs, la décision de l’OPEP+ de relever ses objectifs de production pour août a exercé une pression à la baisse sur les cours. Cette pression est amplifiée par les craintes de surabondance du marché, notamment en raison d’une production américaine record, avoisinant les 14 millions de barils par jour. Dans un marché mondial qui se rééquilibre par le bas, un petit producteur comme le Gabon, dont les recettes pétrolières dépendent majoritairement du niveau des prix et non des volumes échangés globalement, peine à tirer son épingle du jeu.

    Cette dynamique externe survient alors que la trajectoire budgétaire du Gabon reste sous forte tension. Le collectif budgétaire 2026 a déjà révisé à la baisse les prévisions de dépenses, passant de 6 358,9 à 5 495,2 milliards de FCFA. Ces ajustements sont fondés sur des hypothèses de prix prudentes. De plus, les recettes pétrolières du pays ont connu une diminution structurelle de 35% entre 2023 et 2026, résultat du repli du prix du brut gabonais et de l’évolution des volumes produits ces dernières années. La marge de manœuvre budgétaire était donc déjà limitée avant cette nouvelle période de pression sur les prix du pétrole.

    Face à cette complexe équation économique, Libreville privilégie une stratégie de compensation par l’augmentation des volumes de production plutôt que d’attendre une hypothétique remontée des prix. Le champ de Ngongui, inauguré en avril, contribue déjà avec 10 000 barils de pétrole supplémentaires par jour, portant la production totale du site au-delà de 60 000 barils quotidiens. Dans cette même optique, Assala Gabon, une filiale de Gabon Oil Company, ambitionne d’accroître sa production de 22% grâce au développement du champ Grand N’Gongui.

    Cette montée en puissance s’inscrit pleinement dans une logique de souveraineté énergétique, initiée après le rachat d’Assala Energy et l’acquisition des actifs de Tullow Oil. L’objectif est clair : produire davantage sous contrôle national afin de capter une part plus importante de la valeur générée par chaque baril. Par ailleurs, cette période de prix bas rend la stratégie axée sur le volume moins une option qu’une nécessité impérieuse, contrairement à la situation d’il y a un an. Les indicateurs clés à surveiller dans les prochaines semaines seront la note de conjoncture de la DGEPF, les données de la BEAC concernant les cours du pétrole gabonais, et surtout le rythme réel d’accroissement de la production des champs de Ngongui et Grand N’Gongui.

  • Gabon : inauguration historique du premier data center pour une souveraineté numérique renforcée

    Gabon : inauguration historique du premier data center pour une souveraineté numérique renforcée

    Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement inauguré le premier data center du Gabon, situé dans la zone industrielle de Nkok. Cette infrastructure stratégique, développée par ST Digital Data Center Services, marque un tournant décisif pour l’hébergement local des données, la cybersécurité et la modernisation numérique du pays.

    Certifié Tier III, ce data center répond aux normes internationales les plus exigeantes. Il vise à booster les capacités nationales de stockage, faciliter l’adoption du cloud computing, et soutenir les services publics ainsi que le secteur privé. Parallèlement, il renforce la souveraineté numérique du Gabon, un enjeu clé dans un contexte où les pays africains accélèrent leur indépendance technologique.

    Le Gabon s’inscrit dans une dynamique continentale où de nombreuses nations ambitionnent de maîtriser leur infrastructure numérique. L’Afrique du Sud, leader incontesté du secteur, et le Maroc figurent parmi les pionniers, suivis par des pays comme le Nigeria, le Kenya ou l’Éthiopie. Ces États concentrent près de la moitié des data centers africains et plus de 80 % de la puissance informatique du continent. Maurice, le Ghana et le Sénégal complètent ce paysage avec entre 7 et 11 infrastructures similaires.

    L’Afrique centrale, longtemps en retard, connaît désormais un mouvement de rattrapage. Le Cameroun a déjà déployé son propre data center via l’opérateur historique Camtel, tandis que d’autres initiatives privées émergent à Douala et Yaoundé. Le Gabon, avec son infrastructure à Nkok, devient le premier pays de la sous-région à disposer d’un data center national capable d’héberger l’ensemble des données gouvernementales et de proposer une alternative locale aux entreprises.

    Cette avancée s’accompagne d’autres projets en cours : le Congo devrait inaugurer son data center dans l’année, tandis que le Tchad et la République centrafricaine ont lancé des initiatives similaires pour combler leur retard technologique.

  • Cameroun : l’afd injecte 623 milliards de fcfa en 2025 pour booster les infrastructures

    Cameroun : l’afd injecte 623 milliards de fcfa en 2025 pour booster les infrastructures

    Avec un encours global de 949,6 millions d’euros, soit environ 623 milliards de francs CFA, le Cameroun s’impose comme le principal bénéficiaire des financements du groupe Agence française de développement (AFD) en Afrique centrale en 2025. Ce montant, réparti sur 51 projets actifs, représente près de 30 % du portefeuille régional de l’institution française, devançant ainsi Kinshasa, Libreville, Brazzaville, N’Djamena et Bangui.

    Une ventilation détaillée révèle la répartition de ces engagements. L’AFD directe mobilise 875,8 millions d’euros, sa filiale Proparco alloue 61,8 millions d’euros au secteur privé, tandis qu’Expertise France contribue à hauteur de 12 millions d’euros. Sur les 47 projets financés par l’AFD, 4 relèvent d’Expertise France. À elle seule, l’AFD attribue au Cameroun 30,7 % des 2,8 milliards d’euros engagés dans toute la région au 31 décembre 2025.

    Les infrastructures et l’aménagement urbain, piliers des financements

    La stratégie de l’AFD en Afrique centrale s’articule autour d’un axe majeur : le développement des infrastructures. Le rapport souligne cette priorité, illustrée par des projets emblématiques comme le barrage hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun ou la modernisation du Transgabonais. En 2025, cette orientation se traduit par des engagements concrets sur le terrain camerounais.

    Les infrastructures et le développement urbain captent 44,2 % des fonds alloués. Viennent ensuite le soutien aux institutions financières privées (35,9 %), la gouvernance (6,8 %), l’éducation, la formation et l’emploi (6,4 %), le secteur productif (2,9 %), l’eau et l’assainissement (2,2 %), ainsi que l’agriculture et la sécurité alimentaire (1,7 %). Parmi les initiatives phares, le projet de lutte contre les inondations à Yaoundé et Douala vise à atténuer l’impact des épisodes climatiques récurrents dans ces deux métropoles.

    Cette répartition sectorielle reflète les besoins criants du Cameroun en matière d’équipements et l’ancienneté de sa coopération financière avec la France. Elle illustre également une volonté claire : affecter les ressources là où elles peuvent générer des économies durables, tant pour les entreprises que pour les ménages.

    Une structure financière majoritairement composée de dettes

    L’analyse des instruments financiers mobilisés en 2025 met en lumière une prédominance des mécanismes remboursables. Les prêts souverains représentent 33,9 % des engagements, suivis des prêts seniors (23,2 %), des contrats de désendettement et de développement (C2D) à 16,2 %, des garanties (12,6 %), des crédits délégués par l’Union européenne (7,1 %), des subventions (6,3 %) et des fonds d’expertise technique (FEXTE) à 0,6 %.

    Plus de la moitié des financements prend donc la forme de prêts, une situation qui souligne la dépendance future du Cameroun vis-à-vis du service de la dette. Les C2D, les garanties, les crédits européens et les subventions viennent atténuer partiellement ce poids, sans en altérer la dominante.

    Côté secteur privé, Proparco a notamment soutenu Prometal, présenté comme un acteur clé de l’industrialisation et de la transformation locale. Par ailleurs, les programmes SeptentrionEst et SECAL, ciblant les zones rurales, visent à renforcer la résilience territoriale, l’entrepreneuriat et la sécurité alimentaire dans les régions septentrionales, particulièrement vulnérables aux aléas climatiques et aux tensions sécuritaires.

    Transformer l’injection financière en résultats tangibles

    Bien que le Cameroun occupe la première place en termes de volume de financements, cet avantage reste avant tout comptable. Si les rapports agrégés de l’AFD entre 2020 et 2025 montrent des résultats positifs dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’assainissement, ces données ne permettent pas d’isoler l’impact spécifique des projets camerounais sur la productivité, les services urbains ou l’investissement privé.

    Pour les autorités camerounaises, l’enjeu réside désormais dans l’exécution. La réussite des projets dépendra de leur mise en œuvre rigoureuse, de la livraison des infrastructures, de leur exploitation optimale et de leur capacité à réduire les coûts économiques. Au-delà du classement régional, l’objectif est de prouver, par des résultats concrets, que ces 623 milliards de francs CFA ont un impact réel sur l’appareil productif et les services essentiels du pays.