Catégorie : Économie

  • Le président du CNESE en mission officielle au Tchad pour renforcer les liens économiques

    Le président du CNESE en mission officielle au Tchad pour renforcer les liens économiques

    ALGER — Mohamed Boukhari, président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), a lancé ce mardi une visite d’État en République du Tchad. Cette mission, initiée à l’invitation du président tchadien Ahmat Mboudou Mahamat, s’inscrit dans le cadre de la deuxième session ordinaire du Conseil économique, social, culturel et environnemental du Tchad (CESCE) prévue pour demain à N’Djamena.

    Cette visite marque une étape importante dans les relations bilatérales entre les deux institutions, avec pour objectif de renforcer les échanges économiques et sociaux entre l’Algérie et le Tchad. Une série de rencontres officielles est prévue en marge de l’événement, afin d’échanger sur les priorités de développement et les perspectives de collaboration.

    Un événement majeur pour le dialogue économique régional

    La cérémonie d’ouverture de cette session ordinaire du CESCE, qui se tiendra demain à N’Djamena, rassemble les acteurs clés de la vie économique et sociale tchadienne. L’accueil du président du CNESE s’inscrit dans une démarche de partenariat renforcé et de partage d’expertises entre les deux pays.

    Les discussions porteront notamment sur les stratégies de développement durable, les enjeux de l’économie circulaire et les opportunités d’investissement dans les secteurs porteurs. Ces échanges visent à consolider les relations économiques entre l’Algérie et le Tchad, tout en favorisant une intégration régionale plus poussée.

    Rencontres et perspectives d’avenir

    Lors de son séjour, Mohamed Boukhari aura l’occasion de s’entretenir avec plusieurs responsables tchadiens pour approfondir les projets en cours et identifier de nouvelles pistes de coopération. Ces discussions s’appuieront sur les réalisations déjà accomplies et les défis à relever pour dynamiser les échanges commerciaux.

    La visite s’achèvera par une série de conclusions destinées à formaliser les engagements pris, avec pour ambition de concrétiser des partenariats concrets au service des populations des deux pays.

    Algérie Tchad CNESE
  • Gabon Paris scelle des partenariats économiques sous haute tension

    Gabon Paris scelle des partenariats économiques sous haute tension

    économie

    Gabon Paris scelle des partenariats économiques sous haute tension

    La visite officielle du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, du 19 au 22 juillet 2026, a dépassé le cadre protocolaire habituel. Au-delà des cérémonies aux Invalides et du dîner à l’Élysée, Libreville cherchait avant tout des accords concrets pour relancer l’économie du pays.

    Plus de 80 membres de la délégation gabonaise, incluant des acteurs majeurs du secteur privé, ont participé à ces échanges. Les partenariats signés ou en cours de finalisation couvrent plusieurs secteurs clés : l’aérien, les mines et l’énergie. Mais pour les Gabonais, l’enjeu reste simple : quand ces engagements se traduiront-ils par des résultats tangibles ?

    Air France et Fly Gabon : vers une meilleure connectivité aérienne

    Dès son arrivée en France, le chef de l’État gabonais a rencontré Anne Rigail, directrice générale d’Air France. L’objectif ? Accélérer un accord de partage de codes entre Air France et Fly Gabon, visant à améliorer la desserte entre les deux pays. Si rien n’a encore été signé, les discussions sont avancées et une finalisation est attendue avant la fin de l’année.

    Pour le Gabon, cette évolution représenterait bien plus qu’un partenariat commercial. Une meilleure accessibilité aérienne favoriserait le tourisme, les investissements étrangers et la mobilité des compétences. Un levier essentiel pour une économie en quête de diversification.

    Eramet et Comilog misent sur la transformation locale du manganèse

    Le lendemain, à l’Élysée, le dossier minier a occupé une place centrale. Le groupe Eramet, via sa filiale Comilog, a présenté une feuille de route ambitieuse pour développer la transformation locale du manganèse. L’objectif ? Traiter jusqu’à 700 000 tonnes de minerai d’ici 2031, contre une production actuelle bien inférieure.

    Christel Bories, présidente d’Eramet, a souligné le caractère co-construit de ce projet avec les autorités gabonaises. Plusieurs scénarios sont à l’étude, incluant la création d’un fonds « Fabriqué au Gabon » et le développement d’une filière de biocharbon. Une avancée majeure, mais qui reste à concrétiser par des investissements et des infrastructures adaptées.

    Booué : un projet hydroélectrique pour répondre à la demande énergétique

    L’énergie a également été au cœur des discussions avec la signature d’un accord autour du projet hydroélectrique de Booué, sur l’Ogooué. Porté par EDF Power Solutions et Gabon Power Company, ce projet vise une capacité de 400 mégawatts, alors que le Gabon, malgré un potentiel hydrique énorme, peine à répondre à une demande dépassant les 1 000 mégawatts.

    Un calendrier précis a été établi : les partenaires se donnent jusqu’au 31 octobre 2026 pour finaliser un accord définitif. Des réunions mensuelles permettront d’avancer sur ce dossier, devenu un test de crédibilité pour les engagements pris.

    Le Consortium Omega, spécialisé dans les infrastructures d’eau et d’électricité, a également été reçu par le président gabonais. Son expertise pourrait contribuer à améliorer l’accès aux réseaux, une priorité affichée par Libreville.

    Des promesses à transformer en actions concrètes

    À l’issue de cette visite, plusieurs avancées ont été évoquées dans les secteurs minier, énergétique, sécuritaire et des investissements. Cependant, les montants exacts et les détails de certains engagements restent flous, alimentant une attente légitime parmi la population.

    Pour les Gabonais, l’essentiel ne réside pas dans les noms des dirigeants rencontrés, mais dans les bénéfices tangibles qu’ils pourront en tirer. Emplois, énergie plus accessible, réseaux améliorés, mobilité renforcée et création de valeur locale : tels sont les critères qui permettront de juger l’impact réel de cette mission.

    Trois échéances seront particulièrement scrutées : le rendez-vous du 31 octobre pour Booué, la finalisation de l’accord aérien d’ici la fin de l’année, et l’évolution de la feuille de route sur le manganèse. La diplomatie économique gabonaise devra prouver, par des faits, sa capacité à concrétiser ses promesses.

  • Le Cameroun face au défi du financement : un accord vital avec le FMI en 2027

    Le Cameroun face au défi du financement : un accord vital avec le FMI en 2027

    Le Cameroun a érigé le renouvellement de son partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) en pilier central de son prochain cadre budgétaire triennal. D’après le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029, communiqué au Parlement par le ministère des Finances dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire, Yaoundé anticipe un soutien de 300 milliards de FCFA lié à un nouveau programme avec l’institution de Bretton Woods. Cette somme représente près de 9,5 % des besoins de financement prévus pour 2027, estimés à 3 161,5 milliards de FCFA.

    Cette décision n’est pas anodine. Le programme précédent, initié en 2021 et prolongé d’un an, s’est achevé en juillet 2025. Depuis lors, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a publiquement plaidé pour la conclusion d’un nouvel accord, notamment lors du Conseil de cabinet du 30 octobre 2025. Bien que le Premier ministre ait référé la décision d’engager formellement les négociations à la présidence de la République, l’intégration de ce futur concours financier dans le cadrage triennal indique clairement que l’exécutif retient déjà cette option comme scénario privilégié.

    Un déficit budgétaire lié au programme FMI

    Le déficit budgétaire global du Cameroun devrait atteindre 1 018 milliards de FCFA en 2027, contre 808,5 milliards attendus en 2026. Les aides conditionnées à l’accord avec le FMI couvriraient à elles seules près de 30 % de ce déficit. À cette somme s’ajoutent 2 143,5 milliards de FCFA de charges de financement et de trésorerie, principalement constituées par le remboursement de la dette et l’apurement d’arriérés. La seule dette financière à rembourser s’élèverait à 1 602,5 milliards.

    Pour équilibrer l’exercice, l’État envisage de mobiliser 866,7 milliards de FCFA par des tirages sur prêts-projets, 400 milliards par des émissions de titres publics, 250 milliards via un financement bancaire direct, et 131,5 milliards prélevés sur ses réserves auprès de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le gouvernement projette surtout un nouvel emprunt extérieur d’un montant de 1 000 milliards de FCFA, faisant suite à une opération d’une ampleur similaire prévue en 2026. Le DPEB qualifie sans ambages l’absence d’accord avec le FMI de « risque majeur » pour la viabilité des finances publiques à moyen terme.

    En l’absence d’un tel programme, le Trésor national devrait compenser les 300 milliards manquants par un endettement supplémentaire, une mobilisation accrue de ressources intérieures ou des arbitrages sur les dépenses. Or, le ministère des Finances lui-même constate le renchérissement des coûts sur le marché intérieur, la fermeté des taux et la profondeur encore limitée du marché financier domestique de la Cemac. Autant de contraintes qui réduisent la capacité à substituer aisément une dette commerciale à des appuis concessionnels.

    L’effet catalyseur d’un accord FMI sur les bailleurs

    Au-delà des décaissements directs de l’institution de Washington, un accord avec le FMI joue un rôle de catalyseur essentiel auprès d’autres partenaires financiers majeurs comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et les partenaires bilatéraux. Ces créanciers subordonnent fréquemment leurs soutiens à la mise en œuvre de réformes et au respect d’objectifs macroéconomiques validés dans le cadre du programme.

    Selon Louis Paul Motazé, les deux programmes déployés entre 2017 et 2025 ont permis au Cameroun d’obtenir environ 2 600 milliards de FCFA d’appuis budgétaires, en combinant les tirages du FMI et les concours associés d’autres partenaires. Le ministre avait averti que ces financements ne seraient plus disponibles en cas de non-conclusion d’un nouveau programme avec le FMI. Parallèlement, Yaoundé prévoit d’élargir l’assiette fiscale non pétrolière, de moderniser les administrations de collecte et de rationaliser les dépenses courantes au profit de l’investissement.

    Le préalable régional avant l’approbation de Washington

    La démarche camerounaise demeure toutefois dépendante de la situation globale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Au sein de cette zone, les programmes nationaux soutenus par le FMI exigent des garanties régionales concernant la politique monétaire, la reconstitution des réserves de change et la cohérence des trajectoires budgétaires des six États membres.

    La revue des politiques communes de la Cemac, initialement planifiée pour décembre 2025, a été reportée. Les autorités invoquent un alignement insuffisant des politiques budgétaires nationales sur la stratégie régionale et des accords encore incomplets sur les assurances liées aux réformes. Cette validation régionale constitue un préalable indispensable, sans pour autant garantir automatiquement un accord bilatéral entre Yaoundé et le FMI.

    Reste la question cruciale du calendrier. En intégrant dès à présent 300 milliards de FCFA d’appuis conditionnels dans son plan de financement 2027, l’exécutif camerounais lie une part significative de sa crédibilité budgétaire à l’issue de ces négociations. Un retard prolongé imposerait un recours accru à la dette commerciale ou des coupes dans les dépenses, ce qui irait à l’encontre des ambitions d’investissement affichées par le pays.

  • La bad renforce son accompagnement au Gabon pour booster les projets financés

    La bad renforce son accompagnement au Gabon pour booster les projets financés

    Avec un portefeuille de 658,6 millions de dollars engagé au Gabon, la Banque africaine de développement (BAD) se heurte à des retards persistants dans l’exécution des projets. Malgré quelques progrès récents, l’écart entre les promesses de financement et leur concrétisation sur le terrain reste significatif. Cette situation, observable dans plusieurs pays, se révèle particulièrement marquée au Gabon, poussant l’institution à revoir en profondeur ses méthodes d’intervention.

    Un portefeuille stratégique, mais des blocages tenaces

    La BAD figure parmi les principaux partenaires du Gabon en Afrique centrale, avec un portefeuille concentré sur des secteurs clés pour réduire la dépendance aux revenus pétroliers. Pourtant, les lenteurs dans la finalisation des accords, les procédures administratives complexes et les difficultés de coordination entre ministères freinent considérablement la mise en œuvre des projets. Ces obstacles, souvent pointés dans les évaluations conjointes, prennent une dimension particulière sous la transition dirigée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui mise sur une relance des infrastructures et des investissements publics.

    La BAD ajuste sa stratégie pour des résultats concrets

    Face à cette situation, la Banque a organisé une session de travail à Libreville pour identifier, projet par projet, les freins à l’exécution et proposer des solutions adaptées. L’objectif est clair : impliquer davantage les acteurs locaux, des cellules d’exécution aux ministères concernés, en passant par les équipes de la BAD. L’institution mise désormais sur un accompagnement de proximité plutôt que sur une simple supervision financière, une approche désormais adoptée par la plupart des grands bailleurs.

    Parmi les priorités, la BAD souhaite renforcer les compétences des équipes gabonaises en gestion des marchés publics, en suivi-évaluation et en gestion financière. Les diagnostics récurrents révèlent en effet des lacunes en expertise locale et une rotation trop fréquente des cadres techniques, deux facteurs qui allongent les délais entre l’approbation d’un financement et le début des travaux.

    Un défi politique et économique pour la transition

    L’accélération du portefeuille BAD au Gabon dépasse le cadre technique : elle revêt une dimension politique majeure. Les autorités de la transition ont fait des infrastructures un pilier de leur action, et les retards dans l’exécution des projets cofinancés risquent de fragiliser leur crédibilité. Parallèlement, Libreville cherche à diversifier ses sources de financement concessionnel, ce qui rend la performance des projets BAD encore plus cruciale.

    Pour la Banque, le Gabon représente aussi un test de sa capacité à performer en Afrique centrale, où les taux de décaissement sont souvent inférieurs à la moyenne continentale. Avec une économie plus développée que ses voisins, le pays doit montrer qu’il peut absorber efficacement l’aide au développement. Un redressement rapide des indicateurs enverrait un signal positif aux investisseurs privés, qui scrutent la trajectoire du pays sous la transition.

    Les prochains mois seront décisifs. La feuille de route issue de la rencontre de Libreville devra se traduire par des avancées tangibles : accélération des conditions préalables aux décaissements, simplification des procédures de passation des marchés et amélioration des taux d’exécution physique. Sans cela, les 658,6 millions de dollars pourraient rester un potentiel inexploité, loin de devenir un levier de transformation économique.

  • Gabon : succès historique d’une levée de 920 millions de dollars mais à quel prix ?

    Gabon : succès historique d’une levée de 920 millions de dollars mais à quel prix ?

    Libreville a réalisé un bond remarquable sur les marchés financiers internationaux, dépassant de loin les ambitions initiales. Avec une levée de 920 millions de dollars, l’État gabonais signe son plus gros emprunt obligataire en plusieurs années. Pourtant, malgré ce succès quantitatif, le coût de cette opération reste élevé, révélant une prudence persistante des investisseurs envers la signature gabonaise.

    Thierry Minko, ministre de l'Économie gabonais, lors de l'annonce de l'Eurobond

    Un record qui place le Gabon sous les projecteurs

    Le 30 juillet 2026, les autorités gabonaises ont finalisé les termes d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit 524 milliards de FCFA. Ce montant dépasse l’objectif initial de 750 millions de dollars, affichant une progression de 22,7 %. Le règlement de cette opération est prévu pour le 5 août, avec une échéance fixée à 2033.

    Les obligations contractées bénéficient d’une maturité de sept ans, incluant une période de grâce de trois ans durant laquelle seul le service de la dette (intérêts) sera honoré. Le remboursement du capital interviendra ensuite, réduisant temporairement la pression sur les finances publiques.

    Les responsables gabonais soulignent que cette émission a été largement sursouscrite, avec une demande dépassant le milliard de dollars. Le Trésor a ainsi pu ajuster à la hausse le montant retenu, passant de 750 à 920 millions de dollars.

    Un progrès relatif face à l’opération de 2025

    Cette nouvelle levée représente une avancée significative par rapport au placement privé de février 2025, où le Gabon avait emprunté 570 millions de dollars à échéance 2029, avec un coupon de 9,5 %.

    En une année, le montant emprunté a progressé de 61,4 %, tandis que la maturité s’est allongée de trois ans. Le taux d’intérêt a légèrement diminué, passant à 9,375 %. Cependant, cette baisse reste modérée et ne reflète pas nécessairement une amélioration du coût réel de la dette.

    En effet, le coût effectif dépend de multiples facteurs : le prix d’émission des titres, le rendement exigé par les investisseurs ou encore les frais annexes. En 2025, l’obligation avait été émise à sa valeur nominale, générant un rendement initial de 12,7 %. Les données précises sur le rendement et le prix d’émission de l’Eurobond 2026 ne sont pas encore disponibles, ce qui empêche d’évaluer pleinement les gains réalisés.

    Autre différence majeure : contrairement à l’opération précédente, qui visait principalement à refinancer un Eurobond arrivant à échéance en juin, cette levée de fonds ne prévoit aucun rachat de dette existante. Une part plus importante des fonds devrait donc être allouée aux besoins de financement de l’État, après déduction des frais de placement.

    Comparaison avec le Cameroun : des résultats contrastés

    Le Gabon et le Cameroun ont tous deux levé des fonds sur les marchés internationaux récemment, mais avec des approches distinctes. Le Cameroun a mis en place un swap dollar-euro, un mécanisme réduisant le risque de change et ramenant le coût effectif de son opération à 7,79 % en euros.

    À ce stade, le coupon gabonais de 9,375 % reste supérieur à celui du Cameroun. La comparaison reste toutefois incomplète en l’absence des données sur le rendement effectif de l’émission gabonaise.

    Pour Libreville, l’avancée majeure réside dans l’ampleur des fonds mobilisés, l’allongement de la maturité et l’absence de refinancement simultané, plutôt que dans une réduction significative des coûts de financement.

    Moody’s maintient une notation à haut risque

    Cette émission survient quelques semaines après que Moody’s a confirmé la note souveraine du Gabon à Caa2, tout en revoyant sa perspective de stable à négative.

    L’agence justifie cette décision par des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources financières et le risque de nouvelles restructurations ou refinancements de la dette. Le coupon de 9,375 % reflète ainsi une méfiance persistante des investisseurs envers la signature gabonaise.

    Allocation des fonds et marges de manœuvre

    Selon les documents officiels, les fonds levés seront principalement utilisés pour financer des projets d’investissement publics et régler des arriérés commerciaux, notamment auprès de partenaires multilatéraux. Aucune mention n’est faite de dettes envers des entreprises locales.

    Cette levée reste en deçà du plafond autorisé par la loi de finances rectificative du 17 juillet, qui fixe un seuil maximal de 857,9 milliards de FCFA (environ 1,5 milliard de dollars) d’emprunts sur les marchés internationaux. Avec 920 millions de dollars levés, le Gabon a utilisé près de 61 % de cette enveloppe, laissant une marge théorique de 580 millions de dollars. Aucune nouvelle émission n’a été annoncée pour l’instant.

    La loi prévoyait également une maturité pouvant atteindre dix ans, alors que l’Eurobond 2026 a une échéance de sept ans. Les autorités n’ont pas encore expliqué cet écart.

    Un message aux institutions financières internationales

    Préparée sous l’égide du ministre des Finances Thierry Minko et annoncée via un prospectus publié le 27 juillet, cette opération envoie un signal fort aux marchés. Le gouvernement y voit la preuve d’une confiance renouvelée des investisseurs dans la trajectoire économique du pays.

    Cette dynamique pourrait être renforcée par la conclusion prochaine d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Les discussions techniques sont en cours, et une mission du FMI est attendue à Libreville en septembre pour finaliser un programme économique avant la fin de l’année.

    Malgré ce succès sur les marchés, le Gabon fait face à une réalité inchangée : l’accès aux financements internationaux reste conditionné par une prime de risque élevée, reflétant les défis structurels persistants du pays.

  • Scandale Mégapari : sept milliards de FCFA détournés secouent le Sénégal

    Scandale Mégapari : sept milliards de FCFA détournés secouent le Sénégal

    Le dossier Mégapari s’impose comme l’une des affaires économico-judiciaires les plus marquantes de cet automne à Dakar. Un montant colossal de sept milliards de francs CFA, équivalant à près de 10,7 millions d’euros, aurait été frauduleusement soustrait à cette plateforme de Paris sportifs et de jeux en ligne, très active sur le marché sénégalais. Cette somme, considérable pour une nation dont le budget se chiffre en milliers de milliards, suscite des interrogations qui vont bien au-delà d’un simple litige commercial, touchant notamment à la traçabilité des flux financiers, à la fiscalité du secteur numérique et à la protection des utilisateurs.

    Un détournement présumé au cœur d’un marché en pleine effervescence

    Le marché sénégalais des Paris en ligne connaît depuis plusieurs années une expansion fulgurante, dynamisée par l’adoption massive du mobile et l’engouement d’une jeunesse urbaine pour les compétitions sportives internationales. Mégapari, un acteur reconnu au sein de cet écosystème, se retrouve désormais au centre d’une enquête judiciaire. Les investigations en cours visent à élucider les mécanismes de ce siphonnage présumé : s’agit-il de virements douteux, de complicités internes, de montages financiers via des comptes tiers ou de détournement de gains ? Bien qu’aucun de ces scénarios n’ait été officiellement confirmé, le montant évoqué souligne l’ampleur de l’enjeu.

    Dans un secteur où la circulation d’argent électronique atteint des volumes considérables, le contrôle interne des opérateurs devient une priorité absolue. Le Sénégal a certes mis en place un cadre réglementaire via la Lonase et divers dispositifs de licence, mais les plateformes numériques opèrent souvent à l’interface entre les juridictions locales et des hébergeurs étrangers. Cette complexité transfrontalière complique la tâche des enquêteurs, contraints de reconstituer des chaînes de transactions qui empruntent parfois des canaux internationaux.

    La justice sénégalaise face au défi de la traçabilité financière

    Le traitement judiciaire de l’affaire Mégapari sera suivi de près, tant par les acteurs du secteur que par les autorités de régulation. La Division des investigations criminelles et les magistrats en charge du dossier devront répondre à une double exigence : identifier les individus responsables et cartographier les failles structurelles qui ont permis un tel préjudice. Pour une affaire de sept milliards de francs CFA, la charge probatoire nécessite une expertise financière pointue, combinant analyse bancaire, criminalistique numérique et auditions de témoins liés à l’univers des Paris.

    Les précédents observés dans la région incitent à la prudence quant aux délais. Des affaires similaires impliquant des flux électroniques massifs requièrent souvent plusieurs mois avant d’aboutir à des poursuites formelles. Néanmoins, la pression médiatique et l’importance du montant devraient accélérer la divulgation d’éléments publics dans les prochaines semaines. Les avocats des différentes parties, qu’il s’agisse de l’opérateur ou des personnes mises en cause, se préparent à un contentieux qui s’annonce long.

    Un signal fort pour la régulation du numérique financier

    Au-delà de l’aspect pénal, le dossier Mégapari met en lumière une question fondamentale pour les autorités sénégalaises et, plus largement, pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Comment encadrer efficacement des plateformes dont la nature technique dépasse les catégories classiques du droit financier ? Les Paris en ligne mobilisent simultanément des règles sur les jeux, des dispositions bancaires, des obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et des exigences fiscales. Cette superposition normative crée des zones d’ombre que certains acteurs peuvent exploiter, délibérément ou non.

    Ce débat rejoint la question plus vaste de la souveraineté numérique et financière du continent. Alors que l’Afrique de l’Ouest s’efforce de consolider ses champions technologiques et d’attirer les investisseurs, les scandales récurrents dans les segments faiblement supervisés brouillent le message envoyé aux marchés. Un renforcement du contrôle prudentiel sur les opérateurs de Paris, couplé à une coopération accrue entre régulateurs bancaires et autorités des télécommunications, apparaît de plus en plus indispensable.

    Pour les décideurs sénégalais, cette affaire pourrait servir de catalyseur à une réforme du cadre applicable aux jeux d’argent numériques, dont les recettes fiscales potentielles se chiffrent en dizaines de milliards. La seule sanction des responsables présumés du détournement de sept milliards de FCFA ne suffira pas à restaurer pleinement la confiance : c’est l’architecture même de la supervision qui est remise en question.

  • Le Tchad face au défi du recyclage des plastiques : une opportunité économique à saisir

    Le Tchad face au défi du recyclage des plastiques : une opportunité économique à saisir

    Le Tchad face au défi du recyclage des plastiques : une opportunité économique à saisir

    Le Tchad génère annuellement 20 000 tonnes de déchets plastiques, mais le secteur du recyclage demeure à ses balbutiements. Le manque d’infrastructures, de sensibilisation et de soutien entrave le développement d’une filière pourtant pleine de promesses pour l’économie et la préservation de l’environnement.

    Tchad : recyclage, défis et opportunités d'une filière en devenir

    Jour après jour, des milliers de sachets, de bouteilles et d’emballages en plastique envahissent les rues, les caniveaux et les terrains vagues de N’Djamena. Si ces matériaux simplifient notre quotidien, ils représentent désormais un défi environnemental majeur pour la capitale tchadienne. On estime que N’Djamena produit à elle seule près de 20 000 tonnes de déchets plastiques chaque année, avec une consommation moyenne de quatre à cinq emballages par personne quotidiennement.

    Pourtant, une infime fraction de ces déchets est collectée, et une proportion encore plus faible est réellement recyclée. Cette réalité soulève une interrogation fondamentale : pourquoi le recyclage peine-t-il autant à se développer au Tchad ? Le premier obstacle réside dans l’absence d’un système de collecte sélective efficace. Dans la plupart des quartiers de la capitale, les déchets ménagers sont jetés pêle-mêle. Plastiques, matières organiques, métaux et verre se retrouvent indifféremment dans les mêmes dépotoirs ou sont simplement abandonnés.

    L’absence de tri à la source complique considérablement toute initiative de récupération et de valorisation. À cela s’ajoute un manque criant d’infrastructures dédiées. Le Tchad ne dispose que de très peu d’installations capables de transformer les déchets plastiques en matières premières réutilisables. Les rares projets existants sont l’œuvre d’entrepreneurs ou d’associations qui souffrent d’un manque de financement, d’équipements modernes et de débouchés commerciaux. Faute d’un véritable écosystème industriel du recyclage, la majorité des déchets finit dans des décharges sauvages ou est incinérée à l’air libre, libérant des fumées toxiques dangereuses pour la santé publique.

    Le secteur informel joue un rôle crucial dans la récupération des plastiques. Des centaines de jeunes et de femmes tirent leurs revenus de la collecte de bouteilles et de certains emballages revendables. Leur travail contribue à atténuer une partie de la pollution, mais il s’effectue sans encadrement adéquat, sans protection sociale et dans des conditions souvent précaires. Malgré leur contribution, ces acteurs restent peu intégrés aux politiques publiques de gestion des déchets. L’absence d’une véritable économie circulaire représente également un frein majeur.

    Dans plusieurs nations africaines, les déchets plastiques sont devenus une ressource économique utilisée pour la fabrication de pavés, de mobilier, de tuyaux, d’objets artisanaux ou de matériaux de construction. Au Tchad, cette filière en est encore à ses prémices, faute d’investissements, d’accompagnement technique et d’incitations fiscales pour les entreprises désireuses de s’engager dans le recyclage.

    La sensibilisation des citoyens reste par ailleurs insuffisante. Beaucoup ignorent encore les répercussions environnementales des déchets plastiques. Pendant la saison des pluies, les sachets obstruent les caniveaux, aggravant les inondations qui touchent régulièrement plusieurs quartiers de N’Djamena. D’autres sont emportés par le vent vers les cours d’eau, menaçant les écosystèmes aquatiques et la faune.

    Les plastiques abandonnés peuvent prendre plusieurs siècles à se dégrader, laissant des marques indélébiles sur l’environnement. Face à cette situation, les autorités intensifient les campagnes de salubrité et les appels à la responsabilité citoyenne. Cependant, ces initiatives demeurent limitées si elles ne sont pas accompagnées d’une stratégie nationale ambitieuse. Une politique efficace devrait englober le tri des déchets, renforcer les capacités des collectivités locales, soutenir les entreprises de recyclage, encourager l’innovation et inciter les producteurs à réduire les emballages à usage unique.

    Les partenaires techniques et financiers pourraient également jouer un rôle décisif en appuyant le développement d’une véritable industrie du recyclage. Au-delà de la protection environnementale, cette filière offre une opportunité économique considérable. Elle pourrait générer des milliers d’emplois pour la jeunesse, stimuler l’entrepreneuriat local et créer de nouvelles sources de revenus, tout en améliorant le cadre de vie des habitants.

    Le défi est immense, mais loin d’être insurmontable. Transformer les déchets plastiques en ressources nécessite une forte volonté politique, des investissements conséquents et un changement profond des comportements. Pour le Tchad, le recyclage n’est plus seulement une question environnementale : il constitue désormais un enjeu de santé publique, de développement économique et de résilience urbaine. Tant que les déchets seront perçus comme un simple problème, plutôt que comme une ressource potentielle, le recyclage peinera à s’épanouir.

  • Le Cameroun face aux incertitudes politiques avant son retour sur les marchés financiers

    Le Cameroun face aux incertitudes politiques avant son retour sur les marchés financiers

    Le Cameroun se prépare à une opération de financement extérieur d’envergure, l’une des plus importantes depuis son eurobond de janvier 2026. L’État envisage de lever 690 millions de dollars, soit près de 400 milliards de FCFA, via un emprunt à composante ESG destiné aux investisseurs internationaux. Cependant, cette initiative majeure intervient dans un climat politique délicat, marqué par l’absence prolongée du président Paul Biya, un facteur que les marchés intègrent traditionnellement dans leur évaluation du risque souverain du Cameroun.

    L’absence prolongée du président Paul Biya

    Le chef de l’État n’a pas été vu en public depuis le 7 juin 2026, date à laquelle son départ pour un «bref séjour privé» en Suisse avait été annoncé. Cette absence représente la plus longue depuis son accession au pouvoir en 1982, ravivant les spéculations sur son état de santé et sa capacité à gouverner. Face à ces interrogations, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a fermement démenti les rumeurs, assurant que le président est «en bonne santé et travaille depuis Genève». Il a qualifié les informations contraires de «pure fantaisie et d’une manipulation malveillante visant à déstabiliser l’opinion publique».

    Ces déclarations n’ont pas suffi à apaiser les esprits. Plusieurs figures de l’opposition ont exigé une plus grande transparence sur la situation du président, évoquant même un vide institutionnel. Pour les investisseurs internationaux, ces débats alimentent directement l’appréciation du risque politique, un critère aussi crucial que les fondamentaux macroéconomiques ou les indicateurs budgétaires.

    Le risque politique sous la loupe des agences de notation

    Les rapports des agences de notation révèlent que la question du risque politique au Cameroun est une préoccupation de longue date. Dès le 15 novembre 2024, Fitch Ratings indiquait que «l’instabilité politique sera un facteur majeur influençant la note souveraine du Cameroun». L’agence soulignait alors que l’âge du président Paul Biya, sa longévité au pouvoir depuis 1982 et l’absence d’un plan de succession clair exacerbaient le risque d’une transition désordonnée, maintenant la note B avec une perspective négative.

    Le 9 mai 2025, Fitch réitérait cette notation, mentionnant des «tensions politiques grandissantes à l’approche des élections», une gouvernance budgétaire encore fragile et des lacunes persistantes dans la gestion des finances publiques. Moody’s partageait une analyse similaire en février 2024, estimant que «les risques de déstabilisation politique liés à l’absence d’un plan crédible de succession présidentielle» justifiaient le maintien de la note Caa. L’agence avertissait qu’une «transition chaotique pourrait entraîner des retards de paiement de la dette».

    Standard & Poor’s, dans son analyse du 21 mars 2025, mettait également en lumière cette vulnérabilité. Elle rappelait que le Cameroun est dirigé depuis 1982 par le président Paul Biya, alors âgé de 92 ans, et qui devait briguer un huitième mandat en octobre 2025. L’agence soulignait que la concentration du pouvoir et l’absence d’antécédent de transition présidentielle maintenaient un niveau élevé d’incertitude.

    Impact de la réforme constitutionnelle

    La réforme constitutionnelle d’avril 2026 a néanmoins conduit Fitch à nuancer son évaluation. Dans sa dernière analyse, l’agence a estimé que «le risque d’une transition désordonnée du pouvoir au Cameroun a diminué, sans pour autant disparaître, à la suite de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 ayant créé le poste de vice-président». Cependant, l’identité de la personne qui occupera cette fonction n’est pas encore connue, et les risques persistent, notamment en raison d’un environnement sociopolitique fragmenté.

    La réaction des marchés financiers

    Les marchés ont déjà démontré leur sensibilité à de tels signaux. Début octobre 2024, une rumeur annonçant le décès de Paul Biya avait provoqué un recul des obligations souveraines camerounaises libellées en dollars. Ces titres avaient alors enregistré une troisième séance consécutive de baisse, alimentée par l’incertitude concernant la santé du président.

    Des gestionnaires d’actifs, comme Thys Louw de Ninety One UK Ltd, avaient souligné que «le président Biya a concentré beaucoup de pouvoir autour de lui, et une crise de succession pourrait provoquer une forte volatilité sur les marchés». Sam Singh-Jami, stratège Afrique chez Rand Merchant Bank, avait pour sa part estimé que «l’incertitude politique pourrait remettre en question la capacité du pays à maintenir sa politique budgétaire et à respecter ses engagements envers ses créanciers internationaux».

    Les atouts du Cameroun pour rassurer les investisseurs

    Le contexte politique ne représente toutefois qu’un des multiples critères pris en compte par les investisseurs internationaux. Les perspectives de croissance économique, la trajectoire de la dette publique, la qualité de la signature souveraine et les mécanismes de rehaussement de crédit destinés à sécuriser l’opération jouent également un rôle déterminant.

    Pour améliorer le profil de risque de cette émission et en renforcer l’attractivité, le Cameroun s’appuie sur plusieurs partenaires de renom. L’opération est structurée avec l’appui de Matha Capital, en tant que conseiller financier, de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI), institution multilatérale spécialisée dans la couverture des risques, ainsi que de l’Africa Finance Corporation (AFC), institution financière panafricaine. L’intervention de ces acteurs vise à renforcer la crédibilité de l’émission, notamment auprès des investisseurs spécialisés dans la finance durable.

    Les fondamentaux économiques constituent également des arguments solides. Fitch prévoit une croissance moyenne de 3,7 % en 2026 et 2027, anticipe une baisse du ratio de la dette publique à 40,2 % du PIB à l’horizon 2027, et rappelle le succès de l’eurobond de 750 millions de dollars largement souscrit en janvier 2026.

    Perspectives et conditions de financement

    L’agence de notation souligne néanmoins que les investisseurs continueront d’évaluer plusieurs facteurs clés : l’évolution de la gouvernance, la gestion des finances publiques, l’apurement des arriérés, la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international, ainsi que le contexte politique. À quelques mois de cette nouvelle émission internationale, l’absence prolongée de Paul Biya est un élément supplémentaire susceptible d’influencer la perception du risque souverain du Cameroun. Sans compromettre, à elle seule, la capacité du pays à lever des fonds sur les marchés internationaux, elle pourrait néanmoins peser sur les conditions auxquelles les investisseurs accepteront de financer cette opération cruciale.

  • Financement historique pour la liaison routière Douala-Bangui au Cameroun

    Financement historique pour la liaison routière Douala-Bangui au Cameroun

    Une enveloppe financière inédite de 425 millions de dollars vient d’être allouée par la Banque mondiale pour la réalisation du corridor routier reliant Douala, au Cameroun, à Bangui, en République centrafricaine. Ce projet pharaonique, dont le démarrage des travaux est prévu pour l’année prochaine, vise à transformer cette artère essentielle pour le commerce sous-régional.

    File d'attente de camions sur la route stratégique reliant Douala à Bangui, illustration du trafic commercial intense entre les deux pays

    Un axe vital pour l’économie régionale

    Ce corridor, long de 800 kilomètres, représente aujourd’hui l’unique passage pour 80% des marchandises à destination de la République centrafricaine et 70% vers le Tchad. Pourtant, son état délabré impose des délais de transport prohibitifs : entre 9 et 12 jours sont nécessaires pour relier Douala à Bangui, sur 1400 kilomètres.

    Les difficultés ne s’arrêtent pas à l’infrastructure routière. Les nombreux postes de contrôle informels, au nombre de 17, allongent considérablement les temps de parcours. Face à ce constat, la Banque mondiale a décidé de cibler ses premiers investissements sur le Cameroun, avec un financement de 425 millions de dollars. La Centrafrique bénéficiera quant à elle de 90 millions de dollars, tandis qu’un appui régional sera accordé à la CEMAC pour préparer les phases ultérieures du projet.

    Des innovations majeures pour fluidifier le trafic

    Donnat Takueté, directeur général des études au ministère camerounais des Travaux publics, détaille les innovations prévues : « Un système de présélection sera installé sur la voie. Seuls les véhicules suspectés de surcharge seront dirigés vers les stations de pesage automatiques. Les amendes éventuelles seront enregistrées et les reçus imprimés sur place, ce qui garantira une transparence totale des opérations. »

    Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, précise les contours du chantier : « Le projet prévoit la reconstruction de la route Yaoundé-Douala (215 km), la réhabilitation des sections Yaoundé-Bonis-Ayos (332 km) et Bonis-Bertoua, pour un total de 800 kilomètres de routes mises à niveau. »

    Un projet à long terme aux retombées multiples

    L’aménagement de ce corridor économique s’étalera sur plusieurs années et devrait générer entre 2 000 et 4 000 emplois directs et indirects. Au-delà des infrastructures routières, le projet vise à moderniser et automatiser les opérations de pesage, réduisant ainsi les délais de transport des marchandises entre les deux pays.

    Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de développement économique régional, où la fluidité des échanges entre le Cameroun et ses voisins devient un impératif stratégique. Les travaux, dont le coût initial est estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, marqueront une étape décisive pour l’intégration des économies d’Afrique centrale.

  • Cameroun : la suspension des agréments miniers menace l’économie de l’or artisanal

    Cameroun : la suspension des agréments miniers menace l’économie de l’or artisanal

    La filière de l’or artisanal au Cameroun subit de plein fouet une décision administrative qui aggrave les tensions déjà présentes. La Société nationale des mines (SONAMINES), chargée de superviser la commercialisation de l’or et des diamants, a décidé de geler la délivrance et le renouvellement des agréments pour certains bureaux d’achat. Cette mesure, qui vise à renforcer le contrôle, se retourne contre les acteurs légaux et favorise paradoxalement les circuits informels.

    Ousmanou Aladji Hamadou, président du Syndicat national des promoteurs des bureaux d’achats des diamants, de l’or et des orpailleurs du Cameroun (SYNAPROBADIOCAM), alerte sur les conséquences de cette suspension. Selon lui, près de 200 professionnels du secteur se retrouvent dans l’incapacité de se conformer aux exigences légales, faute d’agrément valide. Cette situation, selon le syndicat, accentue les risques de fraude et de contrebande des métaux précieux extraits sur le sol camerounais.

    Un gel des agréments aux conséquences désastreuses

    Initialement destinée à assainir un secteur réputé pour son manque de transparence, la décision de la Sonamines produit un effet inverse. Privés d’accès aux canaux officiels, les opérateurs légaux se tournent vers des solutions alternatives, souvent illégales. Les flux d’or artisanal échappent ainsi à la fiscalité et aux statistiques nationales, privant l’État camerounais de recettes potentielles.

    Le syndicat estime que plusieurs centaines de bureaux d’achat et candidats à la formalisation sont directement impactés. Cette situation force de nombreux professionnels à suspendre leurs activités ou à basculer dans l’informel, fragilisant davantage la filière. La perte pour les finances publiques, bien que difficile à quantifier, est réelle. Parallèlement, l’État voit s’affaiblir son système de traçabilité, alors qu’il s’efforce de le renforcer depuis plusieurs années.

    Le Cameroun n’est pas le seul pays africain confronté à ce défi. Plusieurs nations d’Afrique centrale, comme la République centrafricaine ou le Congo, peinent à encadrer efficacement leur production d’or artisanal. Les écarts réglementaires entre pays et les opportunités de contrebande transfrontalière continuent de détourner une partie significative de la richesse minière régionale.

    La Sonamines, entre mission de régulation et critiques accrues

    Créée pour centraliser et rationaliser la commercialisation des substances précieuses, la Sonamines joue un rôle clé dans la gestion du secteur minier camerounais. Elle est chargée de garantir à l’État un droit de préemption sur l’or et les diamants produits, tout en structurant les échanges avec les acteurs privés. Pourtant, depuis la mise en place du gel des agréments, l’entreprise publique est au cœur des critiques.

    Le syndicat dénonce une décision qui pénalise doublement les professionnels. D’une part, elle prive les bureaux d’achat légaux de leur principal outil de travail. D’autre part, elle fragilise les orpailleurs, notamment dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua ou du Nord, qui dépendent de ces structures pour écouler leur production. Sans débouché officiel, les mineurs artisanaux se tournent vers des acheteurs informels, souvent étrangers, qui exportent l’or sans que le Cameroun ne perçoive de recettes fiscales.

    Vers une formalisation de l’or artisanal ou un durcissement réglementaire ?

    Le SYNAPROBADIOCAM plaide pour un dialogue urgent avec les autorités minières et la Sonamines. L’objectif est clair : relancer la délivrance des agréments dans un cadre transparent, tout en instaurant des mécanismes de contrôle adaptés. Le syndicat souligne qu’une formalisation de 200 bureaux d’achat permettrait de créer autant de points de collecte fiscale et de renforcer la traçabilité de la filière.

    Cette problématique dépasse le simple cadre corporatiste. Elle interroge la stratégie globale du Cameroun en matière de valorisation de ses ressources minières. Longtemps dépendant des hydrocarbures, le pays cherche à diversifier son économie extractive. L’or artisanal, s’il est encadré correctement, pourrait devenir un levier essentiel pour les recettes publiques et l’emploi dans les zones rurales.

    La balle est désormais dans le camp des autorités. La Sonamines et le ministère des Mines doivent trancher : lever partiellement le gel des agréments sous conditions strictes, ou durcir davantage les critères d’obtention. Dans les deux cas, la crédibilité du dispositif national de commercialisation dépendra de la capacité à concilier rigueur administrative et fluidité pour les opérateurs légaux.

  • Vision Togo 2040 : Le secteur privé au cœur de l’économie

    Vision Togo 2040 : Le secteur privé au cœur de l’économie

    LOMÉ, 31 juillet 2026 — Le Togo cherche désormais à donner une place centrale aux investisseurs et aux entreprises dans la réalisation de ses ambitions à long terme. À Lomé, les pouvoirs publics ont réuni, jeudi 30 juillet, les principaux acteurs économiques du pays autour d’une question devenue déterminante : comment faire du secteur privé l’un des piliers de la transformation économique attendue dans les prochaines années ?

    L’atelier de réflexion consacré à la Vision Togo 2040 et à la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 s’est tenu en présence de représentants du Groupe de la Banque mondiale, du Patronat, de la Chambre de commerce et d’industrie, de grandes entreprises togolaises et d’experts internationaux. La rencontre a été ouverte par Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, au nom du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.

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    Sandra Ablamba Johnson

    Un objectif qui change d’échelle

    Derrière les discussions techniques se dessine une ambition de grande portée. Les autorités togolaises veulent, à l’horizon 2040, doubler le niveau de vie moyen des Togolais et ramener le taux de pauvreté sous les 15 %. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement entend s’appuyer davantage sur les capacités d’investissement et de création d’emplois du secteur privé.

    Le constat est simple : l’État ne peut, à lui seul, porter toute la charge d’une transformation économique de cette ampleur. Il faut donc attirer davantage de capitaux, développer les entreprises nationales et créer un environnement favorable à l’investissement.

    Sandra Ablamba Johnson
    Du constat aux mesures concrètes

    C’est précisément sur ce terrain que l’atelier devait apporter des réponses. Les participants ont été appelés à examiner les conditions nécessaires pour faire évoluer le secteur privé d’un simple acteur économique vers un partenaire à part entière de l’action publique. Cette réflexion touche directement aux conditions d’investissement, au développement des entreprises, à la mobilisation des capitaux et à la création de nouvelles activités productives.

    Mais l’ambition ne s’arrête pas à la formulation d’objectifs. Les autorités souhaitent désormais disposer d’un cadre d’action opérationnel capable de traduire les orientations de la Vision Togo 2040 en initiatives concrètes. La présence de la Banque mondiale et d’experts internationaux donne, à cet égard, une dimension particulière aux travaux. Elle permet de confronter les orientations nationales aux expériences et aux pratiques observées dans d’autres économies.

    Sandra Ablamba Johnson
    Le secteur privé appelé à prendre sa part

    Le message porté lors de cette rencontre est donc clair : la prochaine phase du développement togolais devra davantage compter sur l’entreprise et l’investissement privé. En définitive, la réunion de Lomé marque une étape dans la recherche d’un nouveau modèle de croissance, avec pour horizon 2040 une économie capable d’améliorer sensiblement les conditions de vie des populations.

    Pour les autorités togolaises, le défi consiste désormais à transformer cette ambition en décisions, puis ces décisions en résultats. C’est à cette condition que les objectifs fixés pour les prochaines années pourront dépasser le stade des projections pour devenir une réalité économique et sociale.

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  • Forum Investir au Niger 2026 : Le comité d’organisation officiel installé

    Forum Investir au Niger 2026 : Le comité d’organisation officiel installé

    Le gouvernement nigérien a franchi une étape clé dans l’organisation du Forum « Investir au Niger », prévu du 24 au 26 novembre 2026 : il a officiellement installé le comité chargé d’en piloter les préparatifs, lui confiant la mission de transformer l’événement en vitrine du potentiel économique du pays auprès des investisseurs nationaux et internationaux.

    Le compte à rebours est désormais officiellement lancé. À Niamey, les autorités ont installé le comité ad hoc chargé de préparer le Forum international « Investir au Niger », programmé du 24 au 26 novembre 2026. Devant les membres de ce comité fraîchement constitué, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, a d’emblée insisté sur la portée de ce rendez-vous pour l’avenir économique du pays.

    Ministère du Commerce et de l'Industrie

    Le forum se veut avant tout une plateforme de mise en lumière des opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs clés du développement national. Selon le ministre, le Niger dispose d’un potentiel économique considérable, qu’il appartient désormais aux autorités de valoriser en créant les conditions propices pour rassurer, séduire et accompagner les capitaux nationaux et internationaux.

    “Le Niger dispose d’un potentiel économique immense ; il revient aux autorités de créer les conditions pour rassurer, séduire et accompagner les investissements.” M. Abdoulaye Seydou, ministre du Commerce et de l’Industrie

    Un impératif de rigueur et de synergie

    Le ministre a par la suite exhorté les membres du comité au professionnalisme, au respect rigoureux des délais et à une synergie parfaite entre les différents acteurs impliqués. Un mot d’ordre destiné à garantir le succès d’un événement dont l’ambition dépasse le seul cadre national : le forum doit en effet accueillir plusieurs pays invités d’honneur, parmi lesquels la Turquie, la Chine et la Russie, aux côtés d’invités spéciaux venus du continent et au-delà.

    Ministère du Commerce et de l'Industrie

    Une mobilisation diplomatique large

    Aux côtés des pays invités d’honneur figureront des délégations du Burkina Faso et du Mali, partenaires du Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi que du Togo, du Ghana, du Tchad, de l’Algérie, de la Tunisie, de la Libye, de l’Inde et de l’Arabie saoudite.

    Quatre sous-commissions pour un pilotage structuré

    Le comité ad hoc rassemble des experts issus des ministères sectoriels ainsi que de plusieurs corps professionnels. Il est organisé en quatre sous-commissions, chacune investie d’un mandat spécifique :

    • Scientifique

    • Logistique, exposition, protocole et sécurité

    • Communication et coordination institutionnelle

    La mission confiée à ce comité est vaste : définir la stratégie organisationnelle de l’événement, élaborer le programme des travaux, sélectionner les projets bancables à présenter aux investisseurs, et assurer la promotion ainsi que la visibilité du forum à l’échelle nationale et internationale.

    Ministère du Commerce et de l'Industrie

    Repositionner le Niger comme destination d’investissement

    Au-delà de l’organisation logistique, cette initiative s’inscrit dans une volonté politique plus large. Les autorités de la Refondation entendent redynamiser l’économie nationale et positionner le Niger comme une destination stratégique et privilégiée pour les capitaux privés, régionaux et internationaux. Le forum « Investir au Niger » apparaît ainsi comme l’un des instruments diplomatico-économiques de cette ambition, à l’heure où plusieurs pays de la région cherchent à diversifier leurs partenariats économiques.

    Reste désormais à ce comité fraîchement installé de transformer, en un peu plus de quatre mois, ce cahier des charges ambitieux en un événement à la hauteur des attentes affichées par le gouvernement.

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