Catégorie : Économie

  • Banque mondiale : un expert ivoirien à la tête de sa mission au Gabon

    Banque mondiale : un expert ivoirien à la tête de sa mission au Gabon

    Le Gabon accueille désormais un nouveau visage clé au sein de sa représentation locale de la Banque mondiale. Depuis le début du mois de juillet 2026, Sylvain Kakou, expert ivoirien en développement économique, occupe le poste de responsable principal des opérations du groupe à Libreville. Sa mission principale consiste à superviser les actions coordonnées de toutes les branches de l’institution, depuis les financements souverains jusqu’aux initiatives dédiées au secteur privé, dans un contexte où Libreville engage une reconstruction institutionnelle majeure.

    Cette nomination survient à un moment stratégique pour la capitale gabonaise. Le pays, sorti d’une période de transition politique entamée en août 2023, mise sur la stabilisation de son environnement macroéconomique et la diversification de son économie, encore très dépendante des revenus tirés des hydrocarbures. L’arrivée d’un professionnel aguerri aux enjeux africains, notamment dans le financement du développement, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des échanges entre la Banque mondiale et les autorités locales.

    Une expertise forgée au cœur des défis sahéliens

    Avant d’assumer ses nouvelles fonctions à Libreville, Sylvain Kakou pilotait depuis août 2023 les activités de la Société financière internationale (SFI) pour la région du Sahel. Son mandat couvrait cinq pays confrontés à des défis complexes : le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Ces territoires, marqués par des fragilités sécuritaires, des contraintes budgétaires et des besoins criants en investissements productifs, lui ont permis d’acquérir une expérience précieuse.

    Cette expérience sahélienne représente un atout majeur pour aborder les enjeux gabonais. La SFI, branche dédiée au secteur privé de la Banque mondiale, intervient via des prêts, des participations au capital et des conseils stratégiques auprès des entreprises. Le choix d’un profil issu de ce secteur envoie un signal fort : il pourrait favoriser un soutien accru à l’entrepreneuriat local, un levier essentiel pour un pays où le secteur public et l’exploitation des ressources naturelles dominent encore l’économie.

    Libreville en quête de nouveaux leviers de croissance

    La feuille de route confiée au nouveau responsable est ambitieuse. Les autorités en transition puis celles issues des élections de 2025 ont multiplié les engagements : diversification économique, développement des filières locales (bois, manganèse, agroalimentaire), modernisation des infrastructures. Ces ambitions nécessitent des financements avantageux et des garanties, des ressources que seule une institution comme la Banque mondiale peut mobiliser à grande échelle.

    La coordination entre les différentes entités du groupe prend ici tout son sens. L’Association internationale de développement, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, la SFI et l’Agence multilatérale de garantie des investissements interviennent chacune avec des outils spécifiques. Harmoniser ces actions permet d’amplifier l’impact des investissements dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires du Gabon restent limitées par le poids de sa dette.

    Un message fort pour l’Afrique centrale et de l’Ouest

    Le choix d’un cadre ouest-africain pour diriger la mission en Afrique centrale n’est pas anodin. Il reflète la volonté du groupe de favoriser la circulation des compétences à l’échelle continentale et de briser les cloisonnements géographiques. Pour les décideurs gabonais, ce profil apporte une connaissance approfondie des mécanismes de financement mixte et des programmes adaptés aux États fragiles, des atouts directement applicables aux priorités de reconstruction définies par le gouvernement.

    Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la mise en œuvre concrète des priorités du nouveau responsable, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la gouvernance et du capital humain. Le portefeuille des projets de la Banque mondiale au Gabon devrait connaître des ajustements significatifs, alignés sur le nouveau cadre de partenariat en cours de finalisation.

  • Gabon : comment briser le cycle de la vie chère au-delà des supermarchés ?

    Gabon : comment briser le cycle de la vie chère au-delà des supermarchés ?

    Gabon : comment briser le cycle de la vie chère au-delà des supermarchés ?

    Libreville — depuis des années, la hausse des prix grignote le pouvoir d’achat des foyers gabonais. malgré les multiples mesures – contrôle des prix, subventions ou méga marchés –, les étiquettes restent élevées. et si la solution ne se trouvait pas dans les rayons des supermarchés, mais dans la refonte même du modèle économique du pays ?

    les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour atténuer l’impact de la vie chère. exonérations fiscales, plafonnements tarifaires ou encore opérations commerciales à prix réduits organisées par la centrale d’achat du Gabon (ceag) visent à soulager les ménages. ces dispositifs, bien que nécessaires, n’agissent que sur les symptômes sans traiter les causes profondes de la hausse des prix.

    une fois les promotions terminées, les consommateurs retrouvent les mêmes tarifs. pourquoi ? parce que les prix dépendent de facteurs structurels, souvent ignorés : dépendance aux importations, coûts logistiques élevés ou manque de transformation locale des ressources. la vie chère devient alors le symptôme d’une économie trop peu diversifiée et trop peu productive.

    pourquoi les prix restent élevés malgré les régulations ?

    les mécanismes de baisse des prix, comme les méga marchés, jouent un rôle social crucial. ils permettent aux familles les plus vulnérables d’accéder temporairement à des produits essentiels à moindre coût. néanmoins, ces mesures ne résolvent pas le problème de fond : une économie gabonaise encore trop dépendante des importations alimentaires et industrielles.

    chaque fluctuation des prix à l’international, chaque hausse des coûts de transport ou chaque retard logistique se répercute inévitablement sur les prix locaux. pour briser ce cercle vicieux, il faut repenser la production nationale. transformer localement les matières premières, développer l’agriculture vivrière et encourager l’industrie agroalimentaire permettraient de réduire la dépendance aux importations et de stabiliser les prix sur le long terme.

    cette transformation ne se limite pas à la baisse des coûts. elle crée des emplois, génère des revenus et renforce le pouvoir d’achat. chaque usine ouverte, chaque exploitation agricole modernisée, chaque élevage développé devient une source de prospérité partagée.

    la bataille des revenus avant celle des prix

    le débat sur la vie chère ne doit plus se concentrer uniquement sur les étiquettes. il doit s’élargir aux revenus des citoyens. une économie prospère ne se mesure pas à la baisse artificielle des prix, mais à la capacité de ses habitants à accéder durablement aux biens et services essentiels.

    l’émergence d’une classe moyenne solide est un objectif stratégique. une population dotée de revenus stables consomme davantage, investit dans l’éducation et soutient l’économie locale. elle réduit aussi la pression sur les mécanismes de compensation publics, souvent coûteux et peu durables.

    pour y parvenir, le Gabon doit accélérer sa diversification économique. exploiter pleinement ses ressources forestières, minières et agricoles, tout en développant des filières de transformation locales, est un impératif. cette stratégie permettrait de créer des emplois productifs, de réduire la pauvreté et de renforcer la résilience face aux chocs économiques.

    transparence et innovation : les outils d’une économie moderne

    une gouvernance économique efficace repose sur des données fiables et en temps réel. la digitalisation du suivi des prix offre une opportunité unique de moderniser la régulation. grâce aux technologies numériques, il devient possible d’analyser les tendances du marché, d’identifier les distorsions de concurrence et d’évaluer l’impact réel des politiques publiques.

    ces outils permettent de passer d’une logique de gestion des perceptions à une gouvernance basée sur les faits. dans un contexte où la confiance entre citoyens, entreprises et institutions est essentielle, cette transparence devient un atout majeur pour stabiliser l’économie et renforcer l’attractivité du pays.

    le Gabon se trouve à un carrefour. il peut continuer à multiplier les mesures correctives pour limiter la hausse des prix, ou il peut engager une transformation profonde de son économie. cette dernière option, bien que plus complexe, est la seule à même de garantir une prospérité durable et inclusive pour tous les gabonais.

    la vraie question n’est donc pas de savoir si l’état peut continuer à subventionner certains produits. elle est de savoir combien de gabonais pourront demain vivre dignement grâce à une économie créatrice de richesse, sans dépendre en permanence de mécanismes de compensation pour préserver leur pouvoir d’achat.

    la solution à la vie chère ne se trouve pas dans les supermarchés, mais dans les champs, les usines et les bureaux où se construisent chaque jour l’avenir du Gabon.

  • Nouvelle compagnie de transport au Gabon pour une mobilité moderne

    Nouvelle compagnie de transport au Gabon pour une mobilité moderne

    La CNT, une avancée majeure pour le transport public au Gabon

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    Le Gabon franchit une étape décisive dans la modernisation de ses infrastructures de transport avec le lancement de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), fruit d’une fusion stratégique entre Trans’Urb et la SOGATRA. Portée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative vise à révolutionner la mobilité publique en offrant un réseau plus performant, accessible et adapté aux besoins des citoyens.

    L’objectif dépasse la simple restructuration : il s’agit de repenser en profondeur le service public de transport, en privilégiant l’efficacité opérationnelle et l’expérience usager. Une ambition qui se traduit par des infrastructures repensées et une gestion optimisée des ressources.

    Un engagement fort en faveur de l’emploi et de la formation

    La création de la CNT a permis de préserver 1 303 emplois, évitant ainsi une précarisation des travailleurs du secteur. Mais la réforme ne s’arrête pas là : elle mise également sur la montée en compétences des équipes. Plus de 200 chauffeurs ont déjà suivi des formations spécialisées en sécurité routière et en accueil client, renforçant ainsi la qualité du service rendu.

    Une flotte renouvelée pour un réseau étendu

    La CNT déploie une flotte de 142 autobus flambant neufs, marquant le début d’une nouvelle ère pour les déplacements au sein du Grand Libreville. Le réseau compte désormais 28 lignes desservant 609 arrêts, tandis que sept liaisons interurbaines commencent à relier les principales villes du pays. Les usagers bénéficient déjà de temps d’attente réduits, de rotations plus fluides et d’une alternative sécurisée aux transports non régulés.

    Des infrastructures techniques repensées

    Sous l’impulsion du Ministre d’État aux Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, les ateliers de maintenance ont été entièrement modernisés. Fosses techniques rénovées, espaces de stationnement agrandis et outils de diagnostic avancés permettent désormais d’assurer un entretien optimal de la flotte. L’innovation majeure réside dans la mise en place d’une salle de supervision en temps réel, qui assure un suivi permanent des bus et une réactivité accrue en cas d’imprévus.

    Un modèle économique vertueux pour une mobilité durable

    La CNT adopte une approche financière inédite : les revenus issus de la vente des billets seront réinvestis dans l’entretien des véhicules, la maintenance préventive et le renouvellement progressif de la flotte. Ce cercle vertueux garantit la pérennité du système et améliore durablement la qualité du service.

    Avec cette réforme, le gouvernement gabonais positionne la mobilité comme un levier clé de cohésion sociale et de développement économique. Une transformation qui promet de redéfinir le quotidien des Gabonais, en leur offrant un transport public plus fiable, moderne et inclusif.

  • Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    En 2025, l’Agence française de développement (AFD) a consolidé son statut de premier bailleur bilatéral du Cameroun en engageant un portefeuille de 622,8 milliards de FCFA, répartis sur 51 projets. Ce montant, en progression constante depuis 2002, soulève une question cruciale : comment ces fonds sont-ils alloués entre les différents secteurs d’activité ?

    Une répartition sectorielle qui interroge

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur l’exercice 2025, 44,2 % des engagements de l’AFD ont été orientés vers les infrastructures et le développement urbain. 35,9 % ont été consacrés au financement des institutions financières privées, tandis que 6,8 % ont été alloués à la gouvernance. L’éducation, la formation et l’emploi ont bénéficié de 6,4 % des fonds. En revanche, l’agriculture et la sécurité alimentaire n’ont reçu que 1,7 % du total, un pourcentage particulièrement faible alors que ces domaines constituent une priorité affichée par Yaoundé dans sa stratégie d’import-substitution.

    Cette répartition contraste avec les engagements pris par l’institution à l’échelle continentale. Entre 2018 et 2024, Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé, a doublé ses financements annuels en Afrique, atteignant environ 1,2 milliard d’euros par an. Ces fonds ont notamment ciblé l’agriculture, la sécurité alimentaire et les systèmes financiers, des secteurs essentiels pour le développement durable.

    Les infrastructures, un choix historique et stratégique

    L’accent mis sur les infrastructures n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans une logique ancienne, l’AFD étant présente au Cameroun depuis 1960. Le pays figure parmi les principaux bénéficiaires de ses financements en Afrique centrale, avec des engagements annuels moyens d’environ 150 milliards de FCFA depuis 2002.

    Un projet emblématique illustre cette orientation : le Programme de lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé (PLIDY), soutenu par un prêt souverain de 150 millions d’euros. Signé en janvier 2025, ce programme vise à réduire la vulnérabilité des populations et des infrastructures face aux inondations récurrentes qui frappent les deux principales métropoles du pays. Ce seul projet représente près de cinq fois le budget triennal alloué par le gouvernement camerounais à la relance de la filière blé.

    L’AFD a également soutenu d’autres initiatives majeures, comme le programme Capitales Régionales, financé via le Contrat de désendettement et de développement (C2D). Ce programme vise à moderniser les infrastructures urbaines dans cinq villes secondaires du Cameroun. L’institution a également accompagné l’initiative Sporcap, dédiée à l’accès aux équipements sportifs dans les zones défavorisées.

    L’agriculture, un secteur sous-financé malgré son importance

    Pourtant, le gouvernement camerounais a fait de la souveraineté alimentaire l’un des axes centraux de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) 2024-2026 a été lancé avec un budget de 1 500 milliards de FCFA pour réduire la dépendance aux importations de produits de base comme le riz, le blé ou l’huile de palme.

    Dans ce contexte, le faible pourcentage de 1,7 % alloué à l’agriculture et à la sécurité alimentaire par l’AFD en 2025 interroge. Pourtant, l’institution a déjà démontré son engagement dans ce secteur à travers des programmes comme ACEFA. Ce programme a accompagné 8 000 projets productifs, bénéficiant à 260 000 exploitations agricoles et couvrant des activités comme les céréales, l’élevage, la transformation agroalimentaire et la commercialisation.

    La phase actuelle d’ACEFA vise à toucher un million d’exploitations agricoles d’ici 2035. Ces exploitations familiales assurent près de 80 % de la production agricole nationale, ce qui souligne l’importance stratégique de ce secteur. Pourtant, leur poids budgétaire dans le portefeuille 2025 de l’AFD reste marginal au regard des grands projets urbains.

    Des outils financiers qui favorisent les infrastructures

    La répartition des engagements par type d’outil financier éclaire une autre dimension de cette stratégie. En 2025, les prêts souverains ont représenté 33,9 % des engagements, suivis des prêts seniors (23,2 %), du C2D (16,2 %) et des garanties (12,6 %). Les subventions, pourtant idéales pour des projets à impact social direct sans retour financier immédiat comme ceux liés à l’agriculture, n’ont représenté que 6,3 % du total.

    Cette architecture financière s’explique en partie par la nature des projets. Les grands projets d’infrastructures, générateurs d’actifs tangibles, se prêtent naturellement aux prêts souverains, car ils offrent des garanties de remboursement. En revanche, les projets agricoles impliquent des populations dispersées, des rendements incertains et des horizons de retour longs, ce qui les rend moins compatibles avec des instruments de dette classique.

    En Afrique centrale, 64 % des engagements de l’AFD ont été consacrés à des projets d’infrastructures et de développement urbain. Le Cameroun, principal récipiendaire de ces fonds, reflète cette tendance. Mais cette répartition est-elle le fruit d’un choix stratégique de Yaoundé ou le résultat de négociations avec l’AFD ? La question mérite d’être posée.

    SND30 et AFD : des logiques qui peinent à s’aligner

    La SND30 fixe des objectifs ambitieux en matière de transformation structurelle, comme la réduction des importations alimentaires et le développement de l’agro-industrie. Cependant, la logique d’un bailleur dont les principaux instruments sont des prêts souverains tend à privilégier des projets à forte visibilité urbaine, tels que les routes, le drainage ou les équipements collectifs. Ces projets offrent des résultats rapides et mesurables, contrairement aux chaînes de valeur agricoles, qui nécessitent des années d’accompagnement avant de produire des effets tangibles.

    Cette divergence entre les priorités nationales et les choix de financement de l’AFD pourrait limiter l’impact des engagements de l’institution sur les secteurs clés de l’économie camerounaise, notamment l’agriculture. Une réévaluation de la répartition des fonds pourrait être nécessaire pour aligner les objectifs de développement du Cameroun avec les financements accordés par l’AFD.

  • Prometal Gabon lance une usine de fer à béton à 38 milliards de f cfa

    Prometal Gabon lance une usine de fer à béton à 38 milliards de f cfa

    Le Gabon franchit une étape décisive vers l’autosuffisance en fer à béton avec le lancement imminent d’une usine de production locale. Le 1er juillet, à Nkok, le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, a officiellement lancé les travaux de l’unité Prometal Gabon, un projet phare né d’un partenariat public-privé. Cet investissement de 38 milliards de francs CFA, réparti sur vingt-quatre mois, doit permettre la fabrication annuelle de 60 000 tonnes de fer à béton, un matériau essentiel pour le secteur du bâtiment.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réduire la dépendance aux importations. Le Gabon, malgré ses richesses minières encore peu exploitées, importe actuellement une grande partie de ses produits sidérurgiques. En développant une filière locale, les autorités gabonaises ambitionnent de limiter les sorties de devises tout en renforçant un secteur industriel jusqu’ici centré sur l’exportation de matières premières brutes.

    Nkok, cœur battant de la transformation industrielle gabonaise

    La Zone d’Investissement Spécial (ZIS) de Nkok, opérationnelle depuis plus d’une décennie, incarne la volonté gabonaise de diversifier son économie. Ce pôle industriel, bénéficiant d’un régime fiscal et douanier avantageux, héberge déjà des acteurs majeurs dans les domaines du bois, de la métallurgie légère et de la logistique. L’arrivée de Prometal Gabon, dédiée à la production de fer à béton, renforce un écosystème en construction, notamment pour les secteurs du bâtiment et des infrastructures.

    Le choix stratégique de Nkok s’explique par ses infrastructures logistiques : la zone est directement reliée au réseau ferroviaire Transgabonais et au port d’Owendo. Ces atouts sont cruciaux pour une production aussi lourde que le fer à béton, où les coûts de transport pèsent lourdement sur la compétitivité. Pour l’aciérie, sécuriser les approvisionnements en matières premières et garantir une distribution fluide vers les principaux pôles urbains comme Libreville, Port-Gentil ou Franceville représente un enjeu majeur.

    1 350 emplois créés, mais des défis en matière de formation

    Prometal Gabon promet la création de 1 350 emplois, directs et indirects, une aubaine dans un pays où le chômage des jeunes reste un défi persistant. Au-delà des postes sur site, l’usine devrait dynamiser toute une chaîne de sous-traitants : entreprises locales du BTP, transporteurs, prestataires de maintenance et fournisseurs de services techniques. Cependant, la sidérurgie exige des compétences techniques pointues, souvent absentes des formations professionnelles gabonaises actuelles.

    L’opérateur devra donc combiner recrutement local et transfert de savoir-faire pour répondre aux besoins spécifiques de l’aciérie. Les autorités gabonaises suivent de près cette dimension, dans le cadre d’un dialogue constant entre le secteur public et privé pour garantir la pérennité du projet.

    Une production excédentaire pour conquérir les marchés régionaux

    Avec une capacité de 60 000 tonnes par an, Prometal Gabon dépasse largement les besoins actuels du marché gabonais. Cette surcapacité ouvre des perspectives commerciales vers les pays voisins, notamment la Guinée équatoriale, le Congo et le sud du Cameroun, où la demande en matériaux de construction reste forte et peu satisfaite par une concurrence encore dispersée.

    Cette ambition régionale prend tout son sens dans un contexte où la CEMAC peine à émerger des champions industriels intégrés. En produisant localement, le Gabon vise à capter une part de la valeur ajoutée actuellement captée par les importateurs asiatiques et européens. Le calendrier de vingt-quatre mois pour la mise en service sera un test pour la crédibilité du dispositif Nkok, souvent pointé du doigt pour la lenteur de certains projets.

    La réussite de ce chantier dépendra également de la stabilité du cadre macroéconomique et de la qualité des relations entre Prometal et l’État gabonais, actionnaire du projet. Les exemples similaires dans la sous-région rappellent que les projets sidérurgiques exigent une gouvernance rigoureuse, une visibilité sur les coûts énergétiques et un accès sécurisé au foncier.

    Enjeux et perspectives pour l’industrie gabonaise

    L’usine Prometal Gabon symbolise une nouvelle ère pour l’industrie gabonaise, marquée par la volonté de transformer les ressources locales en produits finis compétitifs. Si le projet tient ses promesses, il pourrait inspirer d’autres initiatives dans la sous-région et contribuer à réduire la dépendance aux importations de matériaux de construction.

  • La présidente de la bei salue le Maroc comme acteur clé entre afrique et europe

    La présidente de la bei salue le Maroc comme acteur clé entre afrique et europe

    La présidente de la BEI salue le rôle stratégique du Maroc comme pont entre l’Afrique et l’Europe

    • Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), a rencontré Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances.
    • Les accords signés prévoient des financements dédiés aux infrastructures ferroviaires et autoroutières, combinant prêts et subventions.

    La visite officielle de Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), au Maroc a mis en lumière le rôle central que joue ce pays dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. Cette rencontre, marquant le 21e anniversaire de la présence de la BEI au Maroc, a permis de renforcer les liens économiques et stratégiques entre les deux rives de la Méditerranée.

    Un partenaire essentiel pour l’Europe

    Lors de son entretien avec Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, Nadia Calviño a réaffirmé l’engagement de la BEI à accompagner le Maroc dans sa dynamique de développement. Elle a souligné que le pays représente un « pilier de stabilité et de prospérité » pour l’ensemble de la région, consolidant ainsi son statut de partenaire stratégique pour l’Union européenne.

    La présidente a également évoqué les réformes économiques engagées sous le règne de Mohammed VI, saluant leur impact positif sur le cadre macroéconomique marocain. Ces avancées renforcent la confiance des investisseurs internationaux et facilitent l’attraction de capitaux étrangers, essentiels pour soutenir la croissance du pays.

    Un financement ambitieux pour les infrastructures

    Les échanges avec Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, ont permis de finaliser un plan d’investissement de la BEI axé sur le renforcement des infrastructures de transport au Maroc. Ce plan, d’un montant total de 365 millions d’euros, se compose de prêts et de subventions visant à moderniser les réseaux ferroviaires et autoroutiers.

    Parmi les mesures phares, on note :

    • Une subvention de 15 millions d’euros dédiée à l’adaptation des infrastructures ferroviaires aux défis climatiques, gérée par l’Office national des chemins de fer du Maroc.
    • Un prêt de 50 millions d’euros octroyé par la BEI pour soutenir ces mêmes infrastructures.
    • Un financement de 300 millions d’euros alloué à l’amélioration de la résilience et de la sécurité des autoroutes, sous la supervision de la Société nationale des autoroutes du Maroc.

    Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de la BEI, visant à promouvoir des transports plus sûrs, durables et résilients au Maroc.

    50 ans de coopération financière : plus de 12 milliards d’euros investis

    Depuis le début de sa collaboration avec le Maroc il y a près de cinq décennies, la BEI a mobilisé plus de 12 milliards d’euros pour soutenir des projets dans divers secteurs : petites et moyennes entreprises, énergies renouvelables, santé, éducation et infrastructures. Cette présence historique témoigne de la solidité des relations économiques entre l’Europe et le Maroc.

    Lors de sa visite, Nadia Calviño s’est rendue dans une école publique de Rabat pour assister à une représentation musicale organisée dans le cadre du projet « Morocco 88 ». Ce programme, soutenu par le ministère de l’Éducation nationale et la BEI, favorise l’éducation, la cohésion sociale et l’épanouissement des jeunes à travers des clubs musicaux extrascolaires dans les lycées marocains.

    Cette initiative illustre l’engagement de la BEI non seulement dans le développement économique, mais aussi dans le renforcement du capital humain au Maroc.

  • Maroc : la taxation des géants du numérique pour un équilibre économique

    Maroc : la taxation des géants du numérique pour un équilibre économique

    Les géants du web comme Meta, X, Instagram, TikTok, Netflix ou Spotify ne se contentent plus de divertir ou de connecter les utilisateurs. Ces plateformes, devenues des acteurs économiques majeurs à l’échelle mondiale, ont longtemps profité d’un vide fiscal dans de nombreux pays, y compris le Maroc. Cependant, depuis le 11 juin 2026, cette situation a pris fin avec l’inauguration d’une plateforme dédiée à la taxation des services numériques, accessible via le portail SIMPL, lancée par la Direction générale des impôts (DGI).

    Une économie numérique incontournable, mais sous-taxée

    Selon la théorie économique du progrès technique de Paul Romer, l’innovation découle des investissements rentables. Aujourd’hui, les réseaux sociaux captent plus de 36,5 % du temps passé en ligne, et la publicité génère environ 85 % de leurs revenus. À l’échelle mondiale, 90 % des entreprises exploitent ces canaux, tandis que le marché du marketing d’influence, boosté par des taux d’engagement élevés, a atteint 16,4 milliards de dollars dès 2022.

    Au Maroc, cette dynamique est tout aussi marquée : 23,8 millions d’utilisateurs, soit 63,4 % de la population, sont actifs sur les réseaux sociaux. En 2022, YouTube comptait 21,5 millions d’utilisateurs et TikTok près de 6 millions de majeurs. Mohcine Benachir, directeur général de Prestige Informatique, confirme que cette économie numérique est devenue un pilier pour les entreprises locales : « L’étude Digital Trends Morocco 2024 révèle que près de 17 % des budgets marketing des entreprises marocaines sont désormais alloués au digital. »

    Un déséquilibre fiscal coûteux pour l’économie nationale

    Jusqu’à présent, des géants comme Google et Facebook captaient entre 60 et 70 % du marché publicitaire en ligne au Maroc sans y contribuer fiscalement, leurs sièges sociaux étant implantés à l’étranger. Résultat : une fuite de devises, car les annonceurs locaux paient ces multinationales en monnaies étrangères sans bénéficier de retombées pour l’économie nationale.

    Face à ce manque à gagner, des acteurs comme Mounir Jazouli, ancien président du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), plaident depuis des années pour une stratégie collective visant à développer des alternatives technologiques locales et à repenser les modèles économiques traditionnels.

    Une réforme fiscale ambitieuse pour rééquilibrer le marché

    Le décret n° 2-25-862, publié en décembre 2025, impose désormais aux fournisseurs étrangers de services numériques de s’enregistrer auprès de la DGI, d’obtenir un identifiant fiscal et de déclarer trimestriellement leur chiffre d’affaires réalisé au Maroc. Ils doivent également s’acquitter de la TVA correspondante. Avec cette mesure, le Maroc rejoint la trentaine de pays appliquant ces normes, en phase avec les recommandations de l’OCDE (plan BEPS) et les pratiques de l’Union européenne.

    Ouassim Driouchi, associé Télécoms et Innovation chez BearingPoint, souligne que cette réforme vise deux objectifs : générer entre 500 millions et 1 milliard de dirhams de recettes fiscales, mais surtout corriger une asymétrie concurrentielle qui pénalisait les startups et médias locaux, soumis à une imposition dès leur premier dirham, contrairement aux géants étrangers bénéficiant d’un avantage de 20 %.

    Souveraineté économique et défis technologiques

    Cette transition dépasse la simple question fiscale : elle touche à la souveraineté économique et à la protection des données. Cependant, son succès dépendra de la modernisation de l’administration marocaine. Ouassim Driouchi met en garde : « L’application de la loi exige une infrastructure technologique avancée, capable de croiser en temps réel les adresses IP, les préfixes téléphoniques et les données bancaires pour localiser précisément la consommation. »

    Si cette réforme ouvre la voie à une administration fiscale 4.0, elle nécessitera une mobilisation continue des acteurs économiques locaux pour faire face à des multinationales dotées de ressources juridiques et financières colossales.

  • Libreville et londres scellent un partenariat économique et écologique ambitieux

    Libreville et londres scellent un partenariat économique et écologique ambitieux

    Politique

    Libreville et Londres renforcent leur alliance stratégique pour une croissance durable

    Libreville, le 2 juillet 2026 – L’audience accordée par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema à l’ambassadeur britannique Simon Day, en marge de la fin de sa mission diplomatique, consacre une relation bilatérale en pleine mutation. Ce partenariat, désormais l’un des plus dynamiques entre l’Afrique centrale et l’Europe, s’articule autour de quatre axes majeurs : l’investissement productif, la gouvernance transparente, la préservation écologique et la stabilité politique.

    Le Gabon, longtemps perçu comme un simple pourvoyeur de matières premières, se positionne désormais comme une plateforme d’opportunités pour les investisseurs internationaux. Cette transformation, accélérée par les réformes engagées depuis le retour à l’ordre constitutionnel, a trouvé en Londres un allié de taille. Le Royaume-Uni, acteur clé des marchés financiers et de la finance verte, apporte une expertise et des ressources adaptées aux ambitions gabonaises.

    Un partenariat économique en pleine expansion

    Les échanges tenus au Palais présidentiel ont permis de dresser un bilan des deux années écoulées, marquées par une intensification des collaborations sectorielles. Commerce, investissements directs, transferts de technologies et coopération financière ont été au cœur des discussions. Les autorités gabonaises ont particulièrement salué le rôle de Simon Day dans l’ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises locales, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie et des énergies renouvelables.

    Pour le Gabon, ce rapprochement représente une opportunité unique de diversifier son économie, historiquement dépendante des revenus pétroliers. Les partenariats avec des institutions britanniques offrent un accès privilégié à des financements innovants et à des réseaux d’affaires internationaux, essentiels pour moderniser les infrastructures et soutenir les start-ups locales.

    L’environnement, cœur de l’alliance stratégique

    La convergence des intérêts entre Libreville et Londres s’illustre avant tout dans le domaine environnemental. Avec l’une des plus grandes couvertures forestières au monde, le Gabon joue un rôle central dans la lutte contre le changement climatique. Le Royaume-Uni, quant à lui, figure parmi les principaux défenseurs des mécanismes de financement vert et des initiatives de préservation des écosystèmes.

    Cette synergie se traduit par des projets concrets : programmes de reboisement, valorisation des crédits carbone, et développement de filières durables comme le cacao ou l’huile de palme certifiés. Pour le Gabon, ces initiatives permettent de concilier préservation de la biodiversité et création de valeur économique, tout en renforçant sa crédibilité sur la scène internationale.

    Un signal fort pour les investisseurs étrangers

    Lors de cette rencontre, Simon Day a réitéré l’engouement croissant des entreprises britanniques pour le Gabon. Ce message, adressé tant aux acteurs économiques qu’aux décideurs politiques, souligne la confiance retrouvée dans la stabilité institutionnelle du pays. Les réformes engagées, la sécurisation du climat des affaires et l’amélioration de la gouvernance juridique sont autant d’atouts qui attirent désormais les capitaux étrangers.

    Les investisseurs étrangers, en quête de destinations stables et prometteuses, observent avec attention cette dynamique. Le Gabon, en misant sur une diplomatie économique proactive, se positionne comme une destination de choix pour les capitaux à long terme. Cette crédibilité renouvelée est un gage de prospérité pour les années à venir.

    L’audience entre le chef de l’État gabonais et l’ambassadeur britannique marque ainsi une étape décisive. Elle confirme que le partenariat entre Libreville et Londres dépasse désormais le cadre diplomatique traditionnel pour embrasser une vision commune : bâtir une économie résiliente, inclusive et respectueuse de l’environnement. Dans un contexte international marqué par les incertitudes, cette alliance offre au Gabon une carte maîtresse pour son développement futur.

  • Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Diplomatie

    Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Lors d’un événement réunissant près de 300 chefs d’entreprise, investisseurs et décideurs publics à Paris, Nicolas Forissier, ministre français du commerce extérieur, a salué une relation bilatérale « exceptionnelle » entre le Maroc et la France. Cette collaboration, fondée sur une vision commune du commerce international, est désormais présentée comme un exemple pour l’ensemble du continent africain.

    Signature d'un accord économique entre le Maroc et la France

    Pour le ministre français, cette alliance repose sur une conviction forte : « le commerce, lorsqu’il est équitable, représente un levier de réussite et de développement pour les peuples et les jeunes générations. Il crée des opportunités gagnant-gagnant, structurantes pour l’avenir ». Le partenariat Maroc-France incarne selon lui cette approche, où chaque partie tire profit d’une coopération équilibrée et ambitieuse.

    Une dynamique économique sans précédent

    Les échanges commerciaux entre les deux pays ont franchi un cap historique en 2025, dépassant pour la première fois les 15 milliards d’euros. Un record qui illustre l’accélération de leur collaboration économique. En moins d’une décennie, ce volume a doublé, témoignant de la vitalité et de la profondeur de leur partenariat.

    Cette progression s’inscrit dans un contexte où le Maroc renforce son industrialisation et modernise son économie, tandis que la France ouvre davantage son marché aux produits « Made in Morocco ». Une complémentarité qui se traduit notamment par l’implantation d’entreprises françaises au Maroc, comme l’exemple marquant de l’équipementier aéronautique Safran, ayant investi 600 millions d’euros dans une nouvelle usine à Casablanca.

    Investissements croisés et complémentarité industrielle

    Nicolas Forissier a souligné que la France reste le premier investisseur étranger au Maroc, tandis que le Royaume chérifien est désormais le premier investisseur africain en France. Une symétrie qui, selon lui, doit désormais s’appuyer sur des co-investissements et des projets communs pour approfondir encore cette relation économique.

    Les deux pays misent également sur le développement des compétences et la formation des jeunes, considérant l’investissement dans le capital humain comme un pilier essentiel de leur partenariat. « Il est crucial d’investir dans ceux qui porteront notre collaboration de demain, au-delà des simples biens ou services », a-t-il déclaré.

    Un agenda économique ambitieux pour l’avenir

    Les perspectives de cette dynamique bilatérale s’appuient sur un « nouvel agenda économique partagé », formalisé lors du partenariat d’exception renforcé en octobre 2024, à l’occasion de la visite d’État du Président français au Maroc. Cet engagement commun vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à structurer l’avenir économique des deux nations.

    « Dans un monde marqué par des incertitudes croissantes, il est essentiel de construire des pôles de stabilité et des relations partenariales qui, au contraire, structurent l’avenir », a conclu le ministre. Une vision qui place la relation Maroc-France au cœur des stratégies de développement durable en Afrique.

    Cette journée économique, organisée avec des institutions comme l’AMDIE, la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) et Business France, a servi de plateforme majeure pour renforcer les liens entre les entreprises des deux pays, confirmant ainsi le rôle central de ce partenariat dans l’économie africaine.

  • OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    Le parcours chaotique du défenseur argentin Leonardo Balerdi à l’Olympique de Marseille (OM) s’achève dans l’amertume, tandis que les comptes du club phocéen s’en ressentent cruellement. Alors que son départ était acté en coulisses, une opportunité manquée de taille éclaire les difficultés financières du club marseillais.

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    Illustration : OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    Un projet ambitieux réduit à néant par une blessure

    L’OM et Leonardo Balerdi avaient trouvé un terrain d’entente pour officialiser son départ lors du dernier mercato estival. Le club comptait sur un atout de poids pour maximiser la valeur du joueur : sa participation à la Coupe du Monde 2026 avec l’Argentine. Ce tournoi aurait offert une exposition médiatique inégalée, propice à attirer des offres mirobolantes. Pourtant, le destin a frappé fort : une grave blessure au mollet a contraint le défenseur de 27 ans à renoncer à cette compétition, anéantissant du même coup la stratégie financière élaborée par Pablo Longoria.

    Un refus inattendu de Balerdi freine les ambitions du Bayer Leverkusen

    Les regrets sont d’autant plus vifs que l’OM avait déjà en poche une proposition exceptionnelle. En effet, le Bayer Leverkusen avait avancé au printemps une offre ferme de 25 millions d’euros, incluant des bonus faciles à atteindre, pour recruter l’Argentin. Contre toute attente, Leonardo Balerdi a refusé catégoriquement cette opportunité, refusant de retourner en Bundesliga après son passage au Borussia Dortmund.

    Une perte sèche de 10 millions d’euros pour le club marseillais

    Cette décision personnelle du joueur s’est transformée en catastrophe pour les finances de l’OM. La combinaison entre ce refus et son forfait pour le Mondial a entraîné une chute brutale de sa valeur sur le marché des transferts. Face à l’urgence de renflouer les caisses, la direction a dû revoir ses prétentions à la baisse. Aujourd’hui, l’OM se contente d’espérer un transfert à 15 millions d’euros, soit une décote de 10 millions d’euros qui pèse lourd dans le budget du club.

  • Appel d’offres PEREL plus à Lomé : l’ARCOP Togo confirme la régularité de la procédure

    Appel d’offres PEREL plus à Lomé : l’ARCOP Togo confirme la régularité de la procédure

    Le Comité de règlement des différends (CRD) de l’Autorité de régulation de la commande publique du Togo a tranché : la procédure de l’appel d’offres international n°003/DPI/PRMP/DG/CEET/2026, lié au projet d’extension du réseau électrique de Lomé (PEREL PLUS), est exempte d’irrégularités. Dans sa décision n°024-2026 rendue le 19 juin 2026, le CRD a mis fin aux allégations de dysfonctionnements portées contre cette consultation publique.

    Après un examen approfondi du rapport d’investigation et une audition de la Personne responsable des marchés publics de la CEET, les membres du Comité ont conclu sans ambiguïté que les accusations portées n’étaient pas fondées.


    Une procédure scrutée à la loupe mais validée

    Plusieurs dénonciations anonymes, déposées les 28 mars et 8 avril 2026, avaient pointé du doigt des irrégularités présumées dans la gestion de cet appel d’offres piloté par la CEET. Parmi les griefs avancés figuraient :

    • l’existence d’une liste restreinte sans phase de préqualification ;
    • la domination d’entreprises étrangères parmi les candidats ;
    • l’absence de découpage du marché en lots distincts ;
    • le maintien de critères de sélection jugés disproportionnés.

    Toutefois, l’enquête menée par le CRD a démontré que ces reproches ne résistaient pas à l’analyse. En réalité, la procédure avait bel et bien intégré une phase officielle de préqualification, permettant de sélectionner 9 candidats parmi 15 manifestants d’intérêt.


    PEREL PLUS : une conformité garantie par les partenaires du projet

    Le marché s’inscrit dans le cadre d’un financement assuré par l’Agence française de développement. Les documents d’appel d’offres ont par ailleurs obtenu les non-objections de la Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP Togo) et de l’AFD.

    Le Comité a rappelé un principe essentiel : dans les projets financés par des ressources externes, les exigences du bailleur l’emportent sur certaines règles nationales, en particulier pour ce qui touche à l’organisation des lots. Une nuance cruciale pour comprendre la légitimité de cette consultation.

  • Diomaye Faye met en lumière les atouts économiques du Sénégal à berlin

    Diomaye Faye met en lumière les atouts économiques du Sénégal à berlin

    Lors d’un déplacement en Allemagne, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a défendu avec conviction les atouts économiques et géostratégiques du Sénégal devant des investisseurs internationaux. À Berlin, il a participé à un Forum économique germano-africain, où il a présenté les opportunités qu’offre son pays aux entreprises étrangères, avant d’être reçu par le chancelier allemand.

    Ce mardi, Bassirou Diomaye Faye rencontrera le chancelier allemand, suivi d’un entretien avec le président de la République fédérale. Ces discussions s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer les partenariats économiques entre Dakar et Berlin, alors que le Sénégal cherche à attirer des investissements privés et à promouvoir son climat des affaires.

    Bassirou Diomaye Faye s'exprime lors du Forum économique germano-sénégalais à Berlin

    Un pays aux ressources stratégiques et à l’atout géographique

    Dans son allocution, le chef de l’État sénégalais a souligné plusieurs points forts de son pays. Il a mis en avant la stabilité politique et la tradition démocratique du Sénégal, tout en rappelant sa position clé entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Bassirou Diomaye Faye a qualifié le Sénégal de « plateforme incontournable » pour accéder à un marché de plus de 300 millions de consommateurs via la Cédéao, et jusqu’à 1 milliard dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine.

    Le président a également évoqué l’abondance des ressources naturelles du Sénégal, avec des gisements de pétrole et de gaz récemment découverts, ainsi que des minerais stratégiques comme le phosphate, le fer, l’or, le zircon et l’uranium. Il a également souligné le potentiel d’une main-d’œuvre jeune et qualifiée, un argument de poids pour les investisseurs étrangers.

    Amélioration du climat des affaires et réformes en cours

    Pour séduire les partenaires internationaux, Bassirou Diomaye Faye a présenté les réformes engagées par son gouvernement. Parmi elles, la révision du code des douanes et du code des investissements, visant à simplifier les procédures et à éliminer les lourdeurs administratives. Il a aussi évoqué des avancées dans la lutte contre la corruption, un levier essentiel pour rassurer les investisseurs.

    L’Allemagne et le Sénégal : des intérêts économiques réciproques

    L’Allemagne, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, voit dans le Sénégal une solution potentielle. Les entreprises allemandes s’intéressent particulièrement aux secteurs de l’énergie et de la formation professionnelle, deux domaines où Dakar pourrait jouer un rôle clé.

    Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment évalué l’économie sénégalaise, saluant sa résilience malgré un contexte mondial difficile. Le FMI a indiqué que les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur volonté de mettre en place un nouveau programme de soutien, bien que ce dossier fasse l’objet de débats internes.

    En conclusion, ce déplacement de Bassirou Diomaye Faye à Berlin s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner le Sénégal comme une destination privilégiée pour les investisseurs, tout en renforçant les liens économiques avec l’Allemagne.