Économie
Publiée le vendredi 31 juillet 2026 | Abidjan.net TV
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“Ces découvertes viennent confirmer la bonne gestion énergétique de la Côte d’Ivoire “ (Serge Dioman, ingénieur et expert international ivoirien).
AFG Capital Ltd se félicite d’avoir guidé le Gabon dans sa réintroduction réussie sur les marchés obligataires internationaux. Le pays a ainsi pu structurer une émission souveraine de 920 millions de dollars, un montant bien supérieur aux attentes initiales de 750 millions.
Cette opération, menée sous l’égide de AFG Capital en tant que conseiller financier exclusif de l’État, a mobilisé un large éventail d’investisseurs institutionnels. Elle démontre la capacité du groupe AFG Holding, via sa filiale spécialisée, à orchestrer des transactions financières majeures en Afrique. Les banques Cygnum Capital et Citigroup Global Markets ont joué un rôle clé en tant qu’arrangeurs, tandis que le cabinet White & Case a assuré le conseil juridique pour le compte de l’État gabonais.
Une émission historique pour le Gabon
Avec cette opération, le Gabon réintègre les marchés financiers internationaux après plusieurs années d’absence. Elle se classe parmi les plus importantes opérations souveraines africaines de 2026, confirmant l’ambition d’AFG Capital de s’imposer comme un acteur incontournable pour les États et entreprises du continent.
Les autorités gabonaises ont salué le succès de l’émission, largement sursouscrite. Ce sursaut de confiance reflète l’adhésion des investisseurs à la stratégie économique du pays, notamment au travers du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Ce plan vise à rétablir les équilibres macroéconomiques et à accélérer la diversification de l’économie nationale.
Des termes financiers attractifs et un usage stratégique des fonds
L’émission a été structurée avec un taux d’intérêt de 9,375%, une maturité de sept ans et un différé d’amortissement de trois ans, portant l’échéance finale à 2033. Les fonds collectés serviront à financer des projets d’infrastructure publique et à régler une partie des dettes en retard de l’État, conformément aux prévisions de la loi de finances rectificative 2026.
Le gouvernement gabonais a particulièrement souligné l’impact décisif de la tournée de présentation (« road-show ») menée auprès des investisseurs internationaux. Cette démarche, pilotée par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, a été un levier essentiel pour attirer les capitaux et renforcer la crédibilité du Gabon sur la scène financière mondiale.
Un élan partagé en Afrique centrale
Le retour du Gabon sur les marchés obligataires s’inscrit dans un mouvement plus large au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). D’autres pays de la région ont également levé des fonds cette année : le Cameroun a mobilisé 750 millions de dollars en janvier, tandis que la République du Congo a collecté 850 millions de dollars en mai. Libreville devient ainsi le troisième État de la sous-région à recourir aux marchés internationaux en 2026.
Vers un nouvel accord avec le Fonds monétaire international
Parallèlement à ce succès, le Gabon poursuit des négociations techniques avec le Fonds monétaire international (FMI). Une mission de revue est prévue à Libreville en septembre, dans l’objectif de finaliser un programme économique et financier avant la fin de l’année. Cette démarche s’ajoute aux réformes engagées pour restaurer la stabilité macroéconomique et favoriser la croissance durable.
Représentant le Ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane DIARRASSOUBA, le Directeur de Cabinet, Pr Loesse Jacques ESSO, a présidé mardi 28 juillet à Abidjan, la cérémonie de lancement de l’édition 2026 du Rapport Pays Côte d’Ivoire (RP-CI) et du Rapport sur les Perspectives Économiques Régionales de l’Afrique de l’Ouest (PER-AO) de la Banque africaine de développement (BAD). Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », cette rencontre a réuni les représentants de la BAD, ainsi que les institutions financières nationales et internationales, le secteur privé et l’administration ivoirienne.
Cette thématique s’inscrit parfaitement dans les priorités de la Côte d’Ivoire. En effet, sous la haute autorité de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, le Gouvernement fait de la mobilisation des ressources l’un des leviers de la transformation économique de la Côte d’Ivoire. Cette ambition trouve une traduction concrète dans le Plan National de Développement (PND) 2026-2030, dont la mise en œuvre repose sur une mobilisation accrue des financements publics et privés.
Au nom du Ministre du Plan et du Développement, Pr Loesse Jacques ESSO a salué la qualité du partenariat entre la Côte d’Ivoire et la Banque africaine de développement. Il a rappelé que les rapports publiés par l’institution sont des outils d’aide à la décision qui constituent des références pour l’élaboration des politiques publiques et le dialogue avec les partenaires au développement.
Évoquant le contexte économique, il a relevé qu’avec la croissance du continent africain estimée à 3,9 % en 2025, plusieurs économies poursuivent une trajectoire soutenue, à l’image de la Côte d’Ivoire, dont la croissance avoisine 6,5 %, se rapprochant du seuil nécessaire à la réalisation des ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Il a souligné que le financement du PND 2026-2030, évalué à 114 838,5 milliards de FCFA, soit environ 209 milliards de dollars US, constitue l’un des principaux défis de la transformation de l’économie ivoirienne. Le succès du Groupe consultatif des 8 et 9 juillet 2026, qui a permis une mobilisation exceptionnelle de 80 milliards de dollars, soit environ 47 820 milliards de FCFA, illustre la confiance des partenaires dans la vision de développement portée par la Côte d’Ivoire et sa capacité à mobiliser des financements à grande échelle au service de ses priorités nationales.
Au-delà du cas ivoirien, Pr Loesse Jacques ESSO a souligné que les conclusions des rapports rejoignent une préoccupation commune à l’ensemble du continent : mobiliser massivement les ressources nécessaires pour accélérer la transformation structurelle des économies africaines. Cette priorité passe notamment par un accroissement des ressources intérieures, un recours plus important aux capitaux privés, le renforcement des systèmes financiers africains ainsi que l’approfondissement de l’intégration régionale, à travers des initiatives telles que le Système panafricain de paiement et de règlement (SPPR) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pr Loesse Jacques ESSO a invité les participants à accorder une attention particulière aux analyses et recommandations contenues dans les deux rapports. Il les a exhortés, avant d’ouvrir officiellement les travaux au nom du Ministre du Plan et du Développement, à enrichir les échanges par leurs contributions afin de renforcer la réflexion collective sur les défis, les opportunités et les responsabilités qui incombent aux administrations publiques, au secteur privé, aux institutions financières et à la société civile pour bâtir des politiques de financement du développement plus efficaces, en Côte d’Ivoire comme à l’échelle régionale.
Le Gabon vient de marquer un retour significatif sur les marchés financiers internationaux, ayant levé avec succès un Eurobond de 920 millions de dollars. Cette opération est perçue comme un signe puissant de confiance envoyé aux investisseurs mondiaux. Sous l’égide du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), cette émission représente la première incursion majeure du Trésor gabonais sur le marché de la dette souveraine en devises depuis plusieurs années. Libreville cherche ainsi à optimiser son profil d’endettement et à garantir des fonds frais en dollars, essentiels face à des besoins de financement persistants.
Une émission obligataire de 920 millions de dollars pour restructurer la dette
L’émission obligataire du Gabon, d’un montant de 920 millions de dollars, a été stratégiquement conçue pour atteindre plusieurs objectifs simultanément. Une part substantielle de ces fonds est dédiée au refinancement d’échéances de dette existantes, s’inscrivant dans une démarche proactive de gestion du passif souverain. Cette initiative vise également à lisser le calendrier de remboursement du pays en prolongeant la maturité moyenne de ses engagements extérieurs. Ce type d’opération, fréquemment adopté par les émetteurs souverains africains, permet d’alléger la pression sur la liquidité à court terme tout en maintenant un accès privilégié aux marchés internationaux.
Le contexte spécifique du Gabon confère à cette opération une importance particulière. Depuis le changement politique d’août 2023, les autorités ont dû naviguer dans un environnement macroéconomique complexe, caractérisé par la volatilité des revenus pétroliers et une pression constante sur les finances publiques. La capacité à mobiliser près d’un milliard de dollars sur les marchés financiers témoigne donc d’une véritable restauration de la confiance des investisseurs institutionnels, et ce, malgré les incertitudes inhérentes à toute période de transition politique.
Un signal clair aux investisseurs internationaux
Le succès d’un Eurobond ne se limite pas au seul montant levé. Il s’évalue également à travers le niveau de sursouscription, la diversité géographique des acheteurs et le taux d’intérêt proposé aux souscripteurs. Pour les émetteurs africains, la fenêtre d’opportunité demeure restreinte, avec des primes de risque souvent plus élevées que celles des marchés émergents plus établis. Le retour du Gabon sur ce marché s’inscrit dans une tendance plus large, où plusieurs États du continent ont récemment sondé l’appétit des investisseurs après une période de gel quasi total due au resserrement monétaire global.
Pour Libreville, l’enjeu dépasse la simple dimension financière. La réussite de cette opération consolide la stratégie économique défendue par les autorités de transition, qui s’efforcent de prouver leur aptitude à maintenir la stabilité macroéconomique et à honorer les engagements internationaux du pays. Les agences de notation, qui avaient précédemment ajusté à la baisse la note souveraine du Gabon, suivront avec attention l’utilisation effective des fonds et le respect du calendrier de remboursement. Une gestion rigoureuse des capitaux levés sera déterminante pour la capacité du pays à revenir régulièrement sur les marchés, à des conditions plus favorables.
Un choix stratégique dans un contexte économique contraint
En tant que membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Gabon partage avec ses voisins un ancrage monétaire au franc CFA et une dépendance structurelle aux hydrocarbures. Cette configuration rend la diversification des sources de financement extérieur particulièrement cruciale. L’opération de 920 millions de dollars confère à Libreville une marge de manœuvre additionnelle pour financer ses priorités budgétaires, notamment dans un contexte où les institutions multilatérales imposent souvent des conditionnalités strictes.
Cependant, le recours aux marchés en devises fortes n’est pas sans risques. Le service de la dette en dollars expose l’émetteur aux fluctuations du billet vert et aux variations des taux d’intérêt internationaux. La soutenabilité de l’endettement dépendra donc étroitement de l’évolution des recettes d’exportation, notamment pétrolières et minières, ainsi que de la capacité du pays à renforcer sa base fiscale interne. Concrètement, si la réussite de cet Eurobond ouvre des perspectives, elle ne saurait se substituer à un effort structurel approfondi sur les fondamentaux budgétaires du pays.
De plus, cette émission intervient à un moment où l’intérêt pour les émetteurs « frontières » africains se redéfinit, entre une exigence de rendement et une sélectivité accrue. La performance future du titre gabonais sur le marché secondaire offrira un indicateur précieux de la perception du risque souverain associé au pays.
Le Gabon a récemment réalisé une performance remarquable sur les marchés financiers internationaux, réussissant à mobiliser une enveloppe substantielle de plus de 524 milliards de F CFA. Cette opération d’envergure envoie un message clair et puissant aux investisseurs étrangers, marquant le retour affirmé du pays sur la scène financière mondiale.
Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative stratégique vise un double objectif essentiel : apurer les arriérés de la dette publique et catalyser le financement de projets prioritaires dans les secteurs vitaux de l’énergie et de l’eau. Le gouvernement gabonais démontre ainsi sa détermination à s’engager dans une gestion budgétaire rigoureuse, en parfaite adéquation avec les principes de la loi de finances rectificative (LFR) 2026.
Dans sa quête d’amélioration tangible des conditions de vie des ménages gabonais, l’administration envisage également la conclusion d’un programme structurant avec le Fonds Monétaire International (FMI). Cette démarche proactive, saluée tant au niveau national qu’international, souligne la crédibilité retrouvée du Gabon sur la scène économique.
Fernando Gimenez, économiste principal chez Promeritum, a vivement félicité les acteurs de cette réussite : « Au nom de Promeritum, je tiens à vous féliciter, vous et votre équipe, pour le succès du placement de l’euro-obligation. L’accueil très favorable du marché témoigne de cette réussite. Nous avons particulièrement apprécié la transparence tout au long du processus, votre disponibilité pour répondre à nos questions ainsi que votre volonté de prendre en compte les observations que nous avons formulées lors de la réunion. »
Loin de toute hésitation, le Gabon s’inscrit désormais dans une dynamique alliant méthode et stratégie. En tant qu’acteur économique majeur au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cémac), le pays confirme sa capacité à attirer les capitaux internationaux. Cette attractivité repose sur une approche méthodique, offrant des garanties solides aux investisseurs et aux bailleurs de fonds, et renforçant ainsi la confiance dans les perspectives de l’économie gabonaise.
Au cours du premier semestre de l’année 2026, le Trésor public camerounais a mobilisé un total de 800,7 milliards de FCFA sur le marché intérieur, soit environ 1,4 milliard de dollars. Cette somme, révélée dans la publication mensuelle de la dette publique éditée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), reflète une dynamique financière majeure pour l’économie régionale. Toutefois, cette performance s’inscrit en léger recul par rapport aux ambitions initiales de Yaoundé, qui misait sur une progression continue de ses levées de fonds domestiques.
Un ralentissement des émissions de titres publics en zone CEMAC
Avec 800,7 milliards de FCFA collectés en six mois, contre 1 525,9 milliards pour l’ensemble de l’année 2025, le Cameroun enregistre un infléchissement notable de sa stratégie de financement sur le marché intérieur. Si cette tendance se confirme, l’État pourrait clôturer 2026 autour de 1 600 milliards de FCFA, un niveau proche de celui de 2025 mais inférieur aux prévisions initiales. Plusieurs raisons expliquent ce recul : une demande plus sélective des investisseurs, une liquidité bancaire influencée par les cours du pétrole et une concurrence accrue des émissions souveraines d’autres pays de la CEMAC comme le Gabon, le Tchad ou le Congo-Brazzaville.
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) joue un rôle clé dans ce contexte, sa politique monétaire restrictive et la prime de risque exigée par les souscripteurs ayant tendance à alourdir le coût du service de la dette intérieure. Pour le Trésor camerounais, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre le volume des levées et leur coût pondéré, tout en gérant les échéances futures liées aux maturités des titres émis.
Un défi de soutenabilité budgétaire pour Yaoundé
La CAA souligne régulièrement l’importance de concilier les besoins de trésorerie, les remboursements de dette et les ressources mobilisées. En tant que première économie de la CEMAC, le Cameroun bénéficie d’un statut d’émetteur de référence sur le marché des titres publics, mais cette position impose aussi une responsabilité accrue en matière de transparence et de crédibilité financière. Un ralentissement maîtrisé peut être perçu comme une gestion prudente, tandis qu’un recul non anticipé pourrait alimenter les craintes sur la santé budgétaire du pays.
Quelles orientations pour la suite de l’année ?
Les prochaines adjudications de titres publics, prévues au second semestre, seront cruciales pour évaluer la trajectoire d’endettement intérieur du Cameroun. Ces opérations devront intégrer les obligations de remboursement à venir ainsi que les besoins de financement des grands projets d’infrastructures et d’énergie. Le ministère des Finances, dirigé par Louis Paul Motaze, privilégie depuis plusieurs années une stratégie mixte, combinant marché intérieur et financements extérieurs via des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale.
Cependant, la capacité du Trésor camerounais à diversifier sa base d’investisseurs reste un enjeu majeur. La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) peine encore à rivaliser avec des places financières plus dynamiques, comme la BRVM en Afrique de l’Ouest. Attirer des fonds panafricains ou des investisseurs non bancaires sera essentiel pour assurer le succès des futures levées de fonds. Les six prochains mois s’annoncent donc décisifs pour la stratégie de financement domestique de Yaoundé.
Le pipeline Tchad-Cameroun s’impose comme une source de revenus structurelle pour Yaoundé. Sur la période 2020-2025, le Trésor public camerounais a encaissé 222,2 milliards de FCFA au titre du droit de transit prélevé sur le pétrole brut tchadien acheminé vers le terminal maritime de Kribi. Le chiffre figure dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 compilé par le ministère des Finances. Rapporté aux six exercices couverts, il correspond à une redevance moyenne de 37 milliards de FCFA par an, encaissée en contrepartie du passage du brut sur le territoire camerounais.
Le Tchad, pays enclavé sans façade maritime, dépend intégralement de cette infrastructure pour exporter sa production. La redevance perçue par le Cameroun se calcule sur chaque baril transporté, selon un tarif révisé périodiquement entre les parties. C’est ce mécanisme, combiné aux volumes acheminés et à la parité dollar-FCFA, qui détermine le rendement effectif de l’oléoduc pour les finances publiques camerounaises.
Une rente multipliée par 3,5 en une décennie
La comparaison avec la première décennie d’exploitation illustre le changement d’échelle. Selon les données du Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), le Cameroun avait engrangé 85,5 milliards de FCFA de droits de transit durant les huit années suivant la mise en service de l’ouvrage, intervenue le 3 octobre 2003. La moyenne annuelle s’établissait alors à environ 10,7 milliards, contre 37 milliards aujourd’hui. Sur une fenêtre pourtant plus courte de deux ans, les encaissements récents excèdent de 136,7 milliards ceux des huit premières années.
Ce bond appelle néanmoins à la prudence analytique. Le rendement du pipeline Tchad-Cameroun dépend simultanément du tarif unitaire appliqué à chaque baril, des volumes physiques transportés et du taux de change dollar contre FCFA. En l’absence d’une ventilation annuelle publique des 222,2 milliards, il demeure impossible d’isoler la contribution exacte de chacune de ces variables à la progression observée.
Un tarif unitaire relevé à plusieurs reprises
La revalorisation successive du tarif de transit constitue l’un des principaux moteurs de la hausse. Fixé à 0,41 dollar par baril lors de la mise en service de l’oléoduc, ce prix unitaire a été relevé une première fois en 2013, puis à nouveau en 2018, pour atteindre 1,321 dollar par baril. Le tarif a ainsi été plus que triplé en quinze ans, ce qui contribue mécaniquement à gonfler les recettes camerounaises indépendamment des volumes acheminés.
Une nouvelle révision était prévue à compter du 1er octobre 2023, conformément au mécanisme convenu entre les parties. Aucun nouveau taux n’a toutefois été rendu public à ce jour. Ce silence entretient une zone d’incertitude sur la trajectoire à venir des redevances, alors même que les négociations tarifaires constituent un enjeu diplomatique récurrent entre Yaoundé et N’Djamena.
Une comparaison à manier avec précaution
La lecture historique impose de distinguer les périmètres comptables. COTCO, opérateur de la portion camerounaise de l’oléoduc, avait fait état d’environ 200 milliards de FCFA reversés au Trésor entre 2004 et 2013. Ce montant intégrait toutefois l’impôt sur les revenus ainsi que divers droits et taxes acquittés par la société, et non le seul droit de transit. Il ne saurait donc être directement rapproché des 222,2 milliards de la période 2020-2025, qui portent exclusivement sur la redevance de passage. La part précise du droit de transit dans les 200 milliards annoncés par COTCO n’a jamais été détaillée, ce qui laisse la comparaison avec les 85,5 milliards des huit premières années comme référence la plus homogène.
L’exercice en cours confirme la solidité de cette rente. À fin mai 2026, le Cameroun avait déjà encaissé 15,1 milliards de FCFA au titre des droits de transit, selon les chiffres du CPSP. Ce niveau intermédiaire ne préjuge pas du résultat annuel, mais confirme le poids budgétaire du pipeline Tchad-Cameroun dans les revenus tirés par Yaoundé de l’exportation du brut tchadien. Selon Investir au Cameroun, la publication du nouveau tarif attendu depuis octobre 2023 reste l’un des paramètres décisifs pour anticiper la trajectoire des prochaines années.
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Le Gabon réalise avec succès son retour sur les marchés financiers internationaux à travers une émission obligataire de 920 millions de dollars américains sur les marchés financiers internationaux, soit un peu plus de 526 milliards de Francs CFA, selon un communiqué de presse, publié ce jeudi par le ministère en charge de l’Economie et des finances.
Selon le communiqué, les remboursements de cet emprunt sont assortis d’un différé d’amortissement de trois (3) ans, c’est-à-dire à partir de 2029 et d’une maturité finale de sept (7) ans, c’est-à-dire à l’échéance de 2033, date butoir.
Le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés, conformément à la stratégie contenue dans la loi de finances rectificative pour 2026.
Cette opération fait suite à plusieurs jours de négociations soutenues, au cours desquels le ministre chargé de l’Économie et des finances a échangé avec plusieurs investisseurs institutionnels mondiaux de premier plan, a-t-on appris.
« L’émission a été largement sursouscrite, et la forte demande enregistrée traduit la confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon, ainsi que dans le Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 (PNCD), à travers lequel le chef de l’État entend concrétiser ses engagements en faveur de la transformation économique et de l’amélioration des conditions de vie des populations », souligne-t-on.
Cette transaction marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de financement du gouvernement, qui vise à consolider durablement sa relation avec la communauté des investisseurs internationaux.
En outre, cette dynamique s’inscrit dans le cadre des discussions techniques engagées avec les services du Fonds monétaire international (FMI), dont une mission de revue est attendue à Libreville courant septembre 2026, avec l’ambition de conclure un programme économique et financier d’ici la fin de l’année.
Eclairage
Selon un spécialiste, Professeur d’économie à l’Université Omar Bongo de Libreville, cette annonce signifie que le Gabon a validé son éligibilité à recevoir des financements des bailleurs de fonds visant à lui permettre de sortir de la situation financière difficile dans laquelle il se trouve actuellement.
Un tel financement, a-t-il soutenu, ne peut être obtenu que par l’appui des institutions de Bretton Woods : Banque mondiale et FMI. Mais aussi des bailleurs multilatéraux que sont les pays comme la France avec son fameux club de France. Autrement dit leur aval permet de lever des fonds importants pour financer en vérité le fonctionnement de l’Etat plus que les investissements.
« Le fonctionnement d’un État comme pour un ménage consiste d’abord à s’acquitter de ses engagements vis-à-vis des tiers. Et dans les règles des finances publiques internationales, la dette extérieure est la première dépense à régler avant toute autre dépense. Et cela est considéré comme des dépenses de fonctionnement. La dette, comme un outil de servitude », déplore l’universitaire.
De fait, un tel financement est assorti de conditions très dures et un engagement pour un contrôle régulier des institutions. Ce qui peut conduire le pays à dépendre encore plus de ces institutions.
Quoi qu’il en soit, c’est un soulagement qui va se ressentir un tant soit peu dans la gestion de l’intendance quotidienne du pays, non sans appréhension quant à un éventuel retour du Gabon dans l’étau des bailleurs et des pays prédateurs de l’Afrique, redoute l’universitaire.
« Il faut espérer que nos dirigeants deviennent plus vertueux sinon plus disciplinés pour espérer en tirer un grand profit pour la vie des populations », a-t-il conclu.
Grand-Bassam, Côte d’Ivoire — Un atelier de validation des rapports des quatre groupes thématiques dédiés à l’économie bleue a officiellement démarré ce jeudi 30 juillet à Grand-Bassam. Organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cet événement vise à aligner les avancées réalisées avec les objectifs de développement durable du pays. L’objectif ? Identifier des pistes concrètes pour renforcer ce secteur stratégique et stimuler des partenariats innovants.
Une collaboration renforcée pour une économie bleue durable
Au nom de la FAO, Dedi Séraphin, chargé des programmes, a rappelé l’engagement historique de l’organisation aux côtés du gouvernement ivoirien. Il a mis en avant l’importance de ce projet dédié à l’économie bleue, qui cible la valorisation des ressources aquatiques, halieutiques et côtières. Ces rapports, conçus comme des outils stratégiques, doivent servir de base pour orienter les politiques publiques et les investissements. Leur contenu reflète les réalités du terrain tout en s’alignant sur les priorités nationales.
Des recommandations concrètes pour des actions prioritaires
Les participants ont été invités à exploiter pleinement ces deux jours de travail pour définir des partenariats public-privé viables et examiner les rapports avec rigueur. L’objectif ? Proposer des recommandations claires, hiérarchisées et réalisables, assorties de responsabilités précises et de calendriers adaptés. La FAO s’est engagée à accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de ces orientations, en mobilisant son expertise et en favorisant le dialogue entre acteurs publics, privés et partenaires techniques.
L’économie bleue, un levier pour l’emploi et la sécurité alimentaire
Les discussions s’articulent autour d’un objectif central : transformer ces recommandations en actions prioritaires. Ces initiatives, dotées de mécanismes de financement adaptés, doivent faire de l’économie bleue un moteur durable pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la résilience économique du pays. Un enjeu majeur pour le développement du territoire ivoirien.
Le gouvernement ivoirien salue l’appui de la FAO
Le conseiller technique du ministre des Ressources animales et halieutiques, Dr Kaba Ibrahima, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à concrétiser les résultats de cet atelier. Il a souligné la nécessité de promouvoir une économie bleue durable, au service de la souveraineté alimentaire, de l’emploi des jeunes et de la croissance économique. Une coopération technique et méthodologique, saluée par les autorités, qui doit se poursuivre pour répondre aux défis nationaux.
Réunissant des experts, chercheurs, représentants des ministères, acteurs du secteur privé, partenaires financiers et société civile, cet atelier s’achèvera demain, vendredi 31 juillet.
Les dernières analyses économiques révèlent une réalité marquante : cinq nations africaines génèrent à elles seules près de 60 % du produit intérieur brut (PIB) du continent. D’après les rapports officiels, l’Égypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Algérie et l’Éthiopie forment ce groupe de géants économiques dont l’influence dépasse largement leurs frontières.
Des économies aux moteurs disparates mais complémentaires
Chacun de ces pays affiche des atouts distincts qui expliquent leur poids dans l’économie africaine. L’Égypte et le Nigeria, avec leurs populations pléthoriques et des secteurs économiques en pleine mutation, représentent des marchés d’une envergure exceptionnelle. L’Afrique du Sud, quant à elle, maintient sa position de leader industriel et financier, tandis que l’Algérie mise sur ses abondantes ressources énergétiques et ses investissements publics pour stimuler sa croissance. Enfin, l’Éthiopie se distingue par une industrialisation accélérée et des projets d’infrastructures ambitieux, confirmant son statut de puissance montante.
Un déséquilibre économique qui questionne
Cette concentration des richesses économiques met en lumière les écarts persistants entre les nations africaines. Si ces cinq États jouent un rôle de locomotive pour le continent, de nombreux autres pays peinent à décoller économiquement. Les défis sont multiples : industrialisation insuffisante, dépendance à des secteurs peu diversifiés, difficultés d’accès aux financements ou encore création d’emplois limitée. Ces disparités soulèvent une question cruciale : comment assurer une croissance plus inclusive pour que l’ensemble des économies africaines profite de cette dynamique positive ?
L’enjeu d’une croissance partagée
Les experts s’accordent sur un constat : la prospérité future de l’Afrique dépendra de sa capacité à équilibrer le développement entre toutes ses régions. Les cinq économies majeures devront non seulement renforcer leur propre croissance, mais aussi créer des synergies avec leurs voisins pour impulser un élan collectif. Cela passera par des politiques publiques audacieuses, des partenariats stratégiques et une meilleure intégration des marchés régionaux.
La Côte d’Ivoire s’impose comme leader de l’économie numérique en Afrique
La Côte d’Ivoire a enregistré une progression remarquable dans le secteur numérique, avec une hausse de 4% de son score au dernier classement de l’Indice de développement des TIC (IDI) de l’UIT. Le pays atteint désormais 72 points en 2026, contre 69,5 points en 2025, confirmant ainsi sa dynamique de transformation digitale accélérée.
Cette performance reflète l’efficacité des politiques publiques engagées pour moderniser les infrastructures et promouvoir l’inclusion numérique. Ces efforts s’articulent autour du Plan national de développement (PND) et de la Stratégie nationale du numérique, qui font de la digitalisation un levier essentiel de croissance économique et de compétitivité régionale.
Une place enviable au sein du continent africain
Avec un score de 72 points, la Côte d’Ivoire se positionne au 15e rang des économies numériques africaines, devançant largement la moyenne continentale de 59 points. Ce classement souligne non seulement ses avancées, mais aussi son potentiel à rivaliser avec les nations les plus performantes du continent.
L’analyse détaillée de l’IDI révèle deux dimensions clés qui structurent cette réussite. Le premier pilier, consacré à la connectivité universelle, évalue l’accès fondamental aux technologies numériques. Sur ce volet, la Côte d’Ivoire affiche un score de 64,9 points, soit un écart significatif avec la moyenne africaine de 38,1 points. Ce résultat s’explique par l’amélioration de l’accès à Internet dans les foyers, l’utilisation individuelle du web et la densité des abonnements mobiles haut débit.
Une connectivité performante et des tarifs compétitifs
Le second pilier, axé sur la connectivité significative, évalue la qualité et l’efficacité des infrastructures numériques. La Côte d’Ivoire y obtient un score de 79 points, dépassant la moyenne africaine de 65 points. Plusieurs facteurs expliquent cette excellence :
Couverture réseau exceptionnelle : les réseaux 3G et 4G/LTE couvrent respectivement 98% et 90% de la population, assurant une accessibilité quasi totale.
Tarifs abordables : les forfaits mobiles et vocaux représentent seulement 1,8% du revenu national brut (RNB) par habitant, avec un indice d’accessibilité financière de 95,8/100. Les abonnements fixes haut débit, à 4,8% du RNB, affichent un indice de 87 points.
Ces atouts se traduisent par des chiffres concrets : 73,1% de la population possède un téléphone mobile, 70,8% utilise Internet régulièrement, et 58,7% des ménages disposent d’une connexion à domicile. Par ailleurs, le pays compte 84,1 abonnements mobiles haut débit pour 100 habitants.
Des défis persistants malgré les progrès
Malgré ces avancées, certains indicateurs révèlent des opportunités d’amélioration. La consommation moyenne de données mobiles s’élève à 32,7 Go par abonnement (score : 51,5 points), tandis que le trafic fixe atteint 893,9 Go (score : 73,7 points). Ces données suggèrent que, si l’accès de base est désormais acquis, l’utilisation intensive des services numériques et la demande en bande passante restent à stimuler.
Comparaison régionale : où se situe la Côte d’Ivoire ?
Au niveau continental, le Maroc domine avec 89,2 points, suivi de près par l’Île Maurice (89,1 points) et l’Algérie (87,8 points). Le Top 10 africain inclut également l’Afrique du Sud, les Seychelles, la Tunisie, le Cap-Vert, l’Égypte, l’Eswatini et le Botswana. La Côte d’Ivoire, avec ses 72 points, se classe juste derrière le Sénégal (72,8 points) et le Ghana (75,6 points), confirmant sa place dans le peloton de tête des économies numériques africaines.
Pétrole : Shell ouvre une nouvelle frontière en Méditerranée avec sa découverte au large de l’EgypteAlors que l’Égypte cherche à renforcer ses capacités énergétiques et à attirer davantage d’investissements dans l’amont pétrolier, la Méditerranée occidentale apparaît comme une nouvelle frontière d’exploration, après des décennies dominées par les bassins orientaux.La Tribune Afrique