Catégorie : Économie

  • Le Bénin mise sur la sécurité juridique pour booster son développement

    Le Bénin mise sur la sécurité juridique pour booster son développement

    Lors de la cérémonie d’installation du comité permanent de la Commission de réforme du droit, le président Romuald Wadagni a marqué un tournant en qualifiant le droit de levier essentiel du développement national. « Notre système juridique ne doit plus se contenter d’assurer l’ordre public. Il doit incarner un accélérateur de croissance, garantissant stabilité et prévisibilité pour tous », a-t-il souligné lors de son discours, le 28 juillet 2026 à Cotonou.

    Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un vaste chantier de modernisation institutionnelle lancé ces dernières années. Le comité, officiellement créé en Conseil des ministres le 1er juillet, est placé sous la direction du professeur Noël Gbaguidi, reconnu pour son expertise juridique, secondé par Djidjouè Gboyou (vice-président) et Igor Guèdègbè (rapporteur). Leur mission : réformer en profondeur l’arsenal législatif béninois pour l’adapter aux enjeux contemporains.

    un droit obsolète face aux défis du siècle

    Les membres de cette commission partent d’un constat partagé : une partie du droit béninois, hérité d’un contexte historique révolu, peine à répondre aux réalités économiques, sociales et environnementales actuelles. D’autres domaines, au contraire, souffrent de lacunes criantes, créant des zones de flou juridique qui sapent la confiance des citoyens et découragent les investisseurs.

    « Un environnement juridique stable et prévisible est un atout économique majeur », explique un chercheur en gouvernance. « Les entreprises, locales comme internationales, ont besoin de règles claires et durables pour s’engager sereinement. En plaçant la sécurité juridique au cœur de sa stratégie, le gouvernement envoie un signal fort aux marchés. » Cette approche s’aligne sur les réformes récentes, comme la simplification des coûts judiciaires ou la dématérialisation des procédures, qui visent à moderniser l’appareil judiciaire.

    anticiper les mutations pour façonner l’avenir

    L’enjeu le plus ambitieux pour le comité réside dans sa capacité à préparer le droit de demain. Le président a en effet chargé ses membres d’élaborer des règles adaptées aux bouleversements du XXIe siècle : gestion des ressources hydriques face au changement climatique, réorganisation du foncier face à l’urbanisation galopante, ou encore encadrement de l’intelligence artificielle et de la protection des données. « Aucun modèle juridique ne peut être copié sans adaptation », rappelle une magistrate basée à Cotonou. « Le Bénin a l’opportunité de concevoir un cadre sur mesure, aligné sur ses spécificités. »

    Un avocat d’affaires de la place abonde dans ce sens : « Si cette réforme aboutit, elle offrira au pays un avantage compétitif unique : un système juridique lisible, moderne et attractif. » Une ambition qui dépasse le simple cadre législatif pour toucher à la crédibilité même de l’État.

    En donnant le coup d’envoi de cette réforme historique, Romuald Wadagni a tracé une feuille de route ambitieuse. Reste désormais aux membres du comité à transformer cette vision en réalité juridique concrète. Leur travail pourrait bien déterminer la capacité du Bénin à relever les défis de demain.

  • Le Gabon cherche à réduire sa dépendance à kapowership

    Le Gabon cherche à réduire sa dépendance à kapowership

    Une centrale électrique flottante de Kapowership au Gabon.
    Brice Clotaire Oligui Nguema EDF Société d’énergie et d’eau du Gabon – SEEG

    Une stratégie pour sécuriser l’approvisionnement énergétique du Gabon

    Le Gabon mise sur une diversification de son mix énergétique pour réduire sa dépendance envers Kapowership, l’opérateur turc qui gère depuis plusieurs années une partie de sa production d’électricité. Face à une demande croissante et à des enjeux de souveraineté énergétique, Libreville cherche à renforcer ses infrastructures locales et à attirer de nouveaux acteurs.

    Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les autorités gabonaises veulent maîtriser davantage leur approvisionnement en énergie, un secteur stratégique pour le développement économique du pays. Les discussions avec des partenaires internationaux, dont EDF, s’intensifient pour concrétiser des projets durables.

    Kapowership : un partenariat controversé

    Depuis plusieurs années, Kapowership joue un rôle clé dans la fourniture d’électricité au Gabon grâce à ses centrales flottantes. Cependant, cette collaboration soulève des questions quant à la maîtrise des coûts et à la pérennité du modèle énergétique. Le gouvernement gabonais évalue désormais les alternatives pour équilibrer son portefeuille énergétique.

    Parmi les pistes envisagées, l’investissement dans des infrastructures nationales et la promotion des énergies renouvelables occupent une place centrale. Le Gabon mise notamment sur l’hydraulique et le solaire pour compléter son approvisionnement.

    EDF et la SEEG en première ligne

    La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), en partenariat avec des acteurs comme EDF, travaille à moderniser le réseau électrique national. Ces collaborations visent à améliorer la fiabilité du système et à réduire les dépendances externes. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé l’importance de cette transition pour garantir une énergie stable et accessible à tous.

    Les prochains mois seront décisifs pour le Gabon, qui doit concilier transition énergétique, attractivité économique et souveraineté nationale. Les choix opérés aujourd’hui façonneront le paysage énergétique du pays pour les décennies à venir.

  • Programme national de développement ivoirien : une stratégie réfléchie pour 2026-2030

    Programme national de développement ivoirien : une stratégie réfléchie pour 2026-2030

    Économie

    Programme national de développement ivoirien : une stratégie réfléchie pour 2026-2030

    Autres interventions gouvernementales

    Ministères – Intervention du ministre Souleymane Diarrassouba à l’occasion des Rendez-Vous du Gouvernement

    RTI 1 – Présentation officielle du Programme National de Développement 2026-2030 par Souleymane Diarrassouba

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  • Minerais critiques en afrique : enjeux et stratégies pour une souveraineté minière

    Minerais critiques en afrique : enjeux et stratégies pour une souveraineté minière

    L’Afrique détient une part majeure des ressources minérales stratégiques indispensables à la transition écologique et à la révolution technologique actuelle. Lors d’un événement dédié à ce défi continental, les acteurs politiques, économiques et sociaux ont analysé comment ces minerais redéfinissent les équilibres économiques et sécuritaires du continent. Cette rencontre a révélé l’urgence d’une stratégie africaine face à une demande mondiale en forte croissance pour des ressources comme le cobalt, le lithium ou les terres rares.

    Les minerais critiques, nouveaux leviers de puissance géopolitique

    Avec près de 30 % des réserves mondiales de minerais essentiels identifiées, l’Afrique est devenue un terrain de jeu majeur pour les grandes puissances. Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et plusieurs pays du Golfe multiplient les accords, les investissements et les prises de participation dans les zones minières africaines. Cette compétition internationale transforme profondément l’économie politique du continent, offrant aux pays producteurs des marges de manœuvre inédites mais aussi des risques accrus.

    Les exemples de la République démocratique du Congo avec le cobalt, de la Guinée et sa bauxite, ou encore du Zimbabwe et son lithium, illustrent cette dynamique contrastée. Ces ressources, sources potentielles de développement, peuvent aussi alimenter des conflits ou des instabilités locales, soulignant la complexité de leur exploitation.

    Gouvernance et sécurité : les défis d’une exploitation responsable

    La gestion des minerais critiques a été au cœur des échanges. Malgré leur richesse souterraine, la plupart des pays africains restent cantonnés à l’extraction, tandis que la valeur ajoutée est captée ailleurs, notamment en Asie. Cependant, des initiatives émergent pour inverser cette tendance, comme le projet de chaîne de valeur régionale des batteries électriques porté par la RDC et la Zambie.

    Parallèlement, l’exploitation minière dans des zones instables, comme l’est de la RDC ou le Sahel, pose des défis sécuritaires majeurs. Les circuits d’exportation opaques alimentent souvent des économies de guerre, où les groupes armés profitent de cette manne. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de traçabilité et de promouvoir une coordination panafricaine pour sécuriser ces ressources.

    Transformer localement : la clé d’une indépendance minière durable

    L’idée d’une « seconde indépendance » pour l’Afrique s’impose comme un objectif prioritaire. Elle passe par la transformation locale des minerais, afin de passer d’une économie d’exportation de matières brutes à une production de biens à haute valeur ajoutée. Cela implique des investissements massifs dans les infrastructures, la formation des compétences locales et une fiscalité adaptée pour attirer les capitaux nécessaires.

    Plusieurs pays montrent la voie : la Guinée exige désormais la construction d’une raffinerie d’alumine dans le cadre du projet Simandou, tandis que le Zimbabwe a interdit l’exportation de lithium brut depuis 2022. La Namibie et le Botswana explorent des réglementations imposant une transformation minimale sur place. Ces mesures, bien que parfois contestées par les investisseurs étrangers, marquent une rupture avec les politiques minières libérales des décennies précédentes.

    Les institutions financières africaines jouent aussi un rôle clé dans cette transition. La Banque africaine de développement et Afreximbank développent des outils de financement dédiés, tandis que les fonds souverains du Golfe s’intéressent de près aux actifs miniers du continent. La souveraineté minérale africaine se jouera autant dans les mines que dans les salles de marché, faisant de ces ressources un marqueur essentiel de la puissance du continent au XXIe siècle.

  • Croissance économique marocaine : les ménages peinent à suivre l’allure

    Croissance économique marocaine : les ménages peinent à suivre l’allure

    Croissance économique marocaine : les ménages peinent à suivre l’allure

    Le Maroc a connu en 2025 sa plus forte progression économique depuis près de dix ans, avec une croissance du PIB atteignant 4,9 %. Pourtant, derrière ces chiffres flatteurs se cache un déséquilibre marqué : tandis que l’investissement explose (+16,3 %), la consommation des ménages ne progresse que de 1,2 %, révélant une économie à deux vitesses.

    Les performances macroéconomiques du Maroc en 2025 sont incontestables, portées principalement par des investissements massifs. Cependant, cette dynamique ne se traduit pas par un enrichissement équivalent des foyers marocains. Les données officielles confirment cette tendance : l’investissement public et privé a bondi de 16,3 % en 2025, après une hausse déjà remarquable de 14 % l’année précédente.

    Des chantiers monumentaux propulsent l’économie

    Cette accélération spectaculaire s’explique en grande partie par la réalisation de grands projets d’infrastructure, notamment ceux liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030. Le secteur de la construction a enregistré une croissance de 6,7 %, tandis que les investissements privés retrouvent progressivement leur dynamisme d’avant la pandémie.

    Les dépenses publiques ont également joué un rôle clé, augmentant de 5,1 % en 2025. Cette hausse reflète notamment l’extension des programmes sociaux, la revalorisation des salaires des fonctionnaires et le renforcement des services publics à travers le territoire.

    Consommation des ménages : un souffle bien timide

    Contrairement à l’investissement, la consommation privée suit une courbe bien moins enthousiasmante. Après une progression de 4,7 % en 2023, elle a ralenti à 3 % en 2024, puis à seulement 1,2 % en 2025. Cette modération survient dans un contexte pourtant favorable : l’inflation a chuté à 0,8 % et la confiance des ménages commence à se rétablir.

    Les analystes soulignent que cette croissance déséquilibrée révèle une économie encore trop dépendante des commandes publiques et des grands chantiers. Les retombées de cette prospérité ne profitent pas encore pleinement aux familles marocaines, dont le pouvoir d’achat reste en retrait.

    Un rééquilibrage attendu pour les années à venir

    Les projections laissent entrevoir un changement de paradigme. Une fois les grands projets achevés, leur impact sur l’économie devrait laisser place à une consommation plus soutenue et à un essor du secteur privé. Avec une inflation maîtrisée et des revenus réels en hausse, la consommation privée pourrait atteindre 4,8 % d’ici 2028.

    En attendant, le Maroc continue de tracer sa route grâce à ses investissements colossaux, tandis que les portefeuilles des ménages peinent à suivre le rythme effréné de l’économie nationale.

  • Cameroun : l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie en 2026

    Cameroun : l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie en 2026

    L’économie camerounaise entre dans une phase de turbulence avec l’échéance du contrat du Hilli Episeyo. Ce navire-usine de liquéfaction de gaz naturel, amarré au large de Kribi depuis 2018, quittera les eaux territoriales en juillet 2026. Son départ, prévu par l’accord liant Golar à la Société nationale des hydrocarbures (SNH), s’annonce comme un tournant pour le pays. Les autorités économiques camerounaises anticipent déjà un ralentissement marqué de la croissance, aggravé par des tensions géopolitiques et un affaiblissement de plusieurs secteurs exportateurs.

    Les projections du Comité national économique et financier (CNEF) révèlent une croissance du produit intérieur brut (PIB) camerounais en net recul. En 2026, le PIB devrait progresser de 3,2 %, contre 3,5 % en 2025, puis de 3,1 % en 2027. Une estimation légèrement plus optimiste table sur une croissance de 3,3 % en 2026 et 3,2 % en 2027. Dans les deux scénarios, le secteur extractif, en particulier le pétrole et le gaz, pèsera lourdement sur les performances économiques. Sa contribution négative atteindra -0,4 point de PIB pour les deux années à venir. Le PIB pétrolier, qui englobe toutes les activités liées aux hydrocarbures, chutera de 16,1 % en 2026, puis de 18 % en 2027.

    Un marché du gaz naturel liquéfié déjà en déclin avant le départ du navire

    La fin du Hilli Episeyo survient dans un contexte déjà difficile pour le gaz naturel liquéfié (GNL) camerounais. Les recettes d’exportation de GNL ont reculé de 8,1 % entre 2024 et 2025, passant de 381 à 350,2 milliards de FCFA. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus longue : en 2022, les recettes atteignaient 622 milliards de FCFA, un niveau record. Le premier trimestre 2026 confirme cette tendance avec un recul de 28,4 % des exportations de GNL, soit l’une des baisses les plus marquées parmi les produits exportés.

    Malgré ce déclin, le GNL représentait encore 11,4 % des recettes d’exportation du Cameroun en 2025. Son départ prive donc le pays d’un pilier essentiel de son économie, alors que d’autres secteurs clés subissent également des revers. Les exportations de cacao et de ses dérivés ont chuté de 37,7 %, celles de bois de 11,5 %, d’aluminium de 53,7 % et de caoutchouc brut de 16,7 %. L’accumulation de ces reculs accentue l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie nationale.

    Déficit courant et budgétaire en hausse : un défi pour les finances publiques

    Les équilibres macroéconomiques camerounais seront fortement sollicités par ce changement. Le CNEF prévoit un déficit courant de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 6,1 % en 2027, contre 3,2 % en 2025. Le déficit budgétaire suivra une trajectoire similaire, passant de 1,7 % du PIB en 2026 à 2,1 % en 2027. Ces prévisions intègrent également un ralentissement du commerce mondial, une hausse des coûts de transport et une progression modérée des recettes publiques.

    La volatilité des prix du pétrole ajoute une couche de complexité à la gestion économique. Le gouvernement camerounais doit arbitrer entre deux options : maintenir les subventions sur les carburants, ce qui alourdirait le déficit budgétaire, ou ajuster les prix à la pompe, risquant d’alimenter l’inflation et de réduire le pouvoir d’achat des ménages. Le CNEF souligne l’étroitesse des marges de manœuvre disponibles pour naviguer entre ces contraintes.

    Yoyo-Yolanda et nouveaux blocs : des solutions encore lointaines

    Pour compenser le départ du Hilli Episeyo, la SNH mise sur la diversification de son portefeuille. Le projet le plus avancé est le champ transfrontalier Yoyo-Yolanda, partagé avec la Guinée équatoriale. Les réserves estimées s’élèvent à environ 2 500 milliards de pieds cubes, avec un investissement prévu de près de 4 milliards de dollars. Cependant, sa mise en service reste conditionnée à la finalisation d’accords techniques, à la mobilisation des financements et à la construction d’infrastructures adaptées.

    En parallèle, la SNH poursuit l’attribution de nouveaux blocs d’exploration dans les bassins de Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo. Les négociations pour des contrats de partage de production sont en cours, mais aucune garantie n’existe quant à la découverte de réserves exploitables ou à une production rapide. Le risque principal réside dans la durée de la transition : plus l’écart entre le départ du Hilli Episeyo et l’entrée en production de nouveaux projets s’allonge, plus l’impact négatif sur la croissance camerounaise se prolongera.

  • Usine de dessalement de Rabat : veolia et le Maroc relancent leur collaboration

    Usine de dessalement de Rabat : veolia et le Maroc relancent leur collaboration

    Un projet d’envergure pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la capitale marocaine

    Le géant français Veolia et les autorités marocaines ont repris les discussions concernant la construction d’une usine de dessalement à Rabat, un projet clé pour répondre aux besoins croissants en eau potable de la région. Avec une capacité annuelle de 300 millions de m³, cette infrastructure pourrait produire jusqu’à 822 000 m³ d’eau douce par jour, alimentant ainsi plus de 9,3 millions de personnes dans les zones de Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès.

    Des négociations relancées après des mois de blocage

    Après une période d’ajournement marquée par des désaccords financiers et des conditions climatiques défavorables, les deux parties ont renoué le dialogue. Les échanges portent principalement sur le coût de l’eau dessalée, les acteurs cherchant à établir un tarif cible de 4,5 dirhams par m³. Ce projet, soutenu par des sources proches des négociations, s’inscrit dans une volonté de renforcer la résilience hydrique du Maroc face aux défis climatiques.

    Un accord historique signé en 2024

    En octobre 2024, un protocole d’accord avait été officialisé lors d’une visite d’État, marquant le début d’une collaboration entre Veolia et les institutions marocaines. L’usine, située sur la côte atlantique à proximité de Rabat, sera développée sous forme de partenariat public-privé. Veolia prendra en charge la conception, le financement, la construction et l’exploitation de l’installation pour une durée de 35 ans, garantissant ainsi une gestion durable de la ressource.

    Un contexte régional dynamique dans le domaine du dessalement

    Cette relance intervient dans un contexte où le Maroc mise activement sur le dessalement pour pallier les tensions sur ses ressources hydriques. La semaine dernière, la Haute Commission mixte Maroc-France s’est réunie à Rabat, co-présidée par le Premier ministre français et le chef du gouvernement marocain, soulignant l’importance des liens bilatéraux dans ce secteur stratégique.

    Par ailleurs, le marché marocain attire aussi d’autres acteurs internationaux. Deux entreprises espagnoles, Acciona et Cox, sont en compétition pour la réalisation d’une autre usine de dessalement à Tanger, prévue pour une mise en service entre 2028 et 2029. Ce projet, d’une capacité de 150 millions de m³ par an, témoigne de l’intérêt croissant pour les solutions innovantes en matière d’approvisionnement en eau.

  • Cameroun : les milliards non utilisés des prêts internationaux

    Cameroun : les milliards non utilisés des prêts internationaux

    Au port autonome de Douala, le 22 mars 2025.

    Le Cameroun accumule des centaines de milliards de francs cfa en prêts accordés par les institutions financières internationales. Pourtant, une partie significative de ces fonds reste inexploitée, faute de projets viables ou de mécanismes de déblocage efficaces.

    Les prêts internationaux jouent un rôle clé dans le financement des infrastructures et des programmes sociaux au Cameroun. Cependant, leur impact réel se heurte souvent à des retards administratifs et à un manque de coordination entre les différents acteurs locaux.

    Des milliards en attente d’utilisation

    Selon les dernières estimations, plus de 500 milliards de francs cfa sont bloqués dans des comptes dédiés, principalement issus de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Ces fonds devraient servir à financer des projets prioritaires comme les routes, les hôpitaux ou les écoles, mais leur mobilisation reste insuffisante.

    Les raisons de ce gaspillage partiel sont multiples : lourdeurs bureaucratiques, manque de transparence dans l’attribution des marchés, ou encore des critères d’éligibilité trop stricts. Résultat, des projets concrets attendent désespérément les financements nécessaires pour voir le jour.

    Des projets en souffrance

    • Infrastructures routières : Plusieurs axes stratégiques, notamment dans les régions du Nord et de l’Est, sont paralysés par un manque de fonds malgré leur inclusion dans les plans quinquennaux.
    • Santé publique : Des centres de santé et des hôpitaux manquent cruellement de matériel et de personnel, alors que des budgets leur ont été alloués.
    • Éducation : Des écoles en construction ou en rénovation sont à l’arrêt, faute de paiements aux entrepreneurs locaux.

    Les experts soulignent que cette situation prive le Cameroun d’un levier essentiel pour son développement. « Chaque mois de retard coûte des opportunités économiques et sociales », confie un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat.

    Quelles solutions pour débloquer ces fonds ?

    Pour inverser la tendance, plusieurs pistes sont évoquées :

    • Accélérer les procédures administratives avec des guichets uniques pour simplifier les démarches.
    • Renforcer la transparence dans l’utilisation des fonds pour éviter les détournements et les retards injustifiés.
    • Impliquer davantage le secteur privé dans la mise en œuvre des projets pour accélérer leur exécution.
    • Former les agents locaux sur les exigences des bailleurs pour éviter les rejets de dossiers.

    Des initiatives récentes, comme la création d’une cellule de suivi des prêts, commencent à porter leurs fruits. Mais leur efficacité à grande échelle reste à prouver.

    Le Cameroun, malgré ses ressources naturelles abondantes, continue de payer le prix fort de cette lenteur. L’enjeu est désormais de transformer ces milliards dormants en moteurs concrets de croissance et de développement.

  • Dette flottante au Cameroun : 1,8 milliard de dollars en 2026, un défi persistant

    Dette flottante au Cameroun : 1,8 milliard de dollars en 2026, un défi persistant

    Au premier trimestre 2026, la dette flottante du Cameroun a atteint près de 1,8 milliard de dollars, reflétant un déséquilibre structurel persistant entre les engagements contractés par l’État et les paiements effectivement réalisés. Ce stock d’arriérés, qui inclut les factures déjà liquidées ou en attente de règlement au-delà des délais légaux, concerne principalement des fournisseurs, prestataires et créanciers nationaux. À Yaoundé, cette situation relance les interrogations sur la rigueur de la gestion budgétaire et les capacités réelles du gouvernement à honorer ses obligations financières.

    une dette flottante qui pèse sur les finances publiques

    L’accumulation de cette dette flottante n’est pas un phénomène isolé, mais son ampleur actuelle en fait un indicateur préoccupant. Avec un montant représentant une part importante des dépenses publiques annuelles, hors service de la dette et salaires, l’État camerounais utilise ce mécanisme pour préserver ses équilibres de trésorerie. En reportant le paiement de certaines dettes, il transfère indirectement la charge financière vers le secteur privé local, une pratique courante dans l’espace CEMAC. Cette stratégie, bien que temporairement salvatrice pour les comptes publics, alourdit la pression sur les PME et les entreprises nationales, souvent contraintes de supporter des retards de paiement critiques.

    Les conséquences en cascade sont immédiates : difficultés accrues pour les sous-traitants à honorer leurs propres engagements bancaires, tensions sur les salaires, et augmentation mécanique des créances douteuses dans les bilans des banques locales. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et la Commission bancaire régionale surveillent de près cette exposition croisée, où la santé des finances publiques influence directement la stabilité du système financier.

    un signal d’alarme pour les bailleurs internationaux

    L’ampleur de la dette flottante intervient à un moment où Yaoundé mène des négociations cruciales avec les institutions financières internationales pour maintenir son programme de réformes. Les marchés régionaux sont également sollicités via des émissions de titres publics, mais la persistance de ces arriérés intérieurs envoie un signal négatif aux partenaires financiers. Ce phénomène, considéré comme un indicateur clé au même titre que la dette publique officielle, révèle des faiblesses structurelles dans la chaîne de la dépense publique. Les retards accumulés entre l’engagement des dépenses et leur paiement final alimentent les critiques sur la gouvernance budgétaire camerounaise.

    Malgré les plans d’apurement déployés lors des exercices précédents, les résultats restent mitigés. Le stock d’arriérés ne diminue pas durablement et se reconstitue régulièrement. Les institutions comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international plaident depuis des années pour des mesures structurelles : audit systématique des dettes en souffrance, limitation des engagements hors cadre budgétaire, et modernisation du système de gestion des finances publiques.

    impacts concrets sur l’économie et les services publics

    Les répercussions de la dette flottante dépassent les seuls chiffres macroéconomiques. Dans le domaine de la commande publique, les entreprises intègrent désormais une prime de risque dans leurs offres, ce qui renchérit le coût des marchés et décourage certains acteurs à soumissionner. La concurrence s’en trouve réduite, tout comme la qualité des prestations fournies. Le secteur des BTP, historiquement l’un des principaux créanciers de l’État, illustre parfaitement ces dysfonctionnements : retards sur les chantiers routiers, ralentissement des projets d’équipement, et multiplication des contentieux devant les tribunaux administratifs.

    Les domaines de la santé et de l’éducation ne sont pas épargnés. Les fournisseurs de matériel médical et scolaire subissent des retards de paiement qui perturbent les approvisionnements et menacent la continuité des services essentiels. Le tissu productif national, censé bénéficier de l’effet d’entraînement des dépenses publiques, subit au contraire un effet inverse : un affaiblissement de sa compétitivité et une dégradation de ses conditions de financement.

    La question de l’avenir de cette dette flottante reste entière. Le gouvernement camerounais s’est engagé à ramener le niveau de ces arriérés à un seuil acceptable, en phase avec les engagements internationaux du pays. Cependant, le contexte économique de 2026, marqué par une croissance modérée et des recettes fiscales sous tension, rend cet objectif plus difficile à atteindre. Sans une réforme profonde de la gestion des dépenses publiques, la dette flottante pourrait bien devenir un indicateur chronique de fragilité pour la première économie de la CEMAC.

  • Camtel et aws en discussions pour booster le cloud au Cameroun

    Camtel et aws en discussions pour booster le cloud au Cameroun

    Une réunion stratégique s’est déroulée à Yaoundé entre les responsables de Camtel, opérateur public camerounais, et une délégation d’Amazon Web Services (AWS) dédiée à l’Afrique. Judith Yah Sunday, directrice générale de Camtel, a échangé avec Raya Nassar et Terrence Naidoo, représentants du géant américain du cloud, en présence d’Antoinette Manyaga, experte des technologies venues de l’ambassade des États-Unis. Les échanges ont porté sur trois axes majeurs : les solutions cloud, l’intelligence artificielle et les services satellitaires. Pour l’instant, aucun accord, calendrier ou budget n’a été dévoilé.

    AWS, leader mondial de l’informatique en nuage aux côtés de Microsoft Azure et Google Cloud, propose des services à distance de stockage, de calcul et d’outils d’IA pour les entreprises, administrations et développeurs. Son intérêt pour le Cameroun reflète l’engouement croissant des acteurs américains pour l’Afrique centrale, une région encore peu équipée en centres de données locaux.

    Camtel mise sur le numérique pour diversifier son activité

    Camtel ne part pas de zéro. En décembre 2025, l’opérateur a signé un partenariat de trois ans avec Ethio Telecom, couvrant le mobile money, la digitalisation des services publics, le cloud gouvernemental et la modernisation des réseaux. En avril 2026, une délégation d’Avanti Communications a été reçue pour explorer des solutions de connectivité par satellite, écartant temporairement l’option Starlink. Ces démarches illustrent une volonté claire : dépasser le simple rôle de fournisseur d’accès pour se positionner sur des services numériques à plus forte valeur ajoutée.

    Avec un réseau étendu en fibre optique, des infrastructures mobiles et des capacités d’hébergement local, Camtel ambitionne de devenir un acteur clé de la transformation numérique en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Un partenariat avec AWS lui offrirait un accès à des solutions cloud éprouvées, des outils d’IA prêts à l’emploi et un transfert de compétences pour ses équipes techniques.

    Souveraineté numérique : un défi de taille

    Ce partenariat potentiel soulève nonetheless des enjeux cruciaux. La localisation des données constitue une préoccupation majeure. Héberger des données publiques ou stratégiques sur les infrastructures mondiales d’AWS, hors du Cameroun, pourrait les soumettre à des juridictions étrangères. À l’inverse, déployer des zones de disponibilité locales nécessiterait un investissement important, une pratique généralement réservée à des marchés comme l’Afrique du Sud, où AWS opère déjà une région cloud.

    Les modalités de facturation, souvent libellées en dollars et indexées sur la consommation, posent aussi un défi budgétaire pour les administrations camerounaises. D’autres questions, comme la cybersécurité, la continuité de service ou le partage des responsabilités entre Camtel et AWS, devront être tranchées. Le cadre légal camerounais en matière de protection des données imposera également des contraintes strictes, notamment pour les traitements sensibles réalisés par les ministères et entreprises publiques.

    Des scénarios encore en suspens

    Plusieurs formes de collaboration sont envisageables : revente de services AWS par Camtel, hébergement de solutions locales sur les infrastructures d’Amazon, formation des ingénieurs camerounais aux outils du groupe, ou mise en place conjointe de projets d’IA pour les administrations. Aucun de ces scénarios n’a été validé. La rencontre reste pour l’heure une prise de contact initiale, dont l’impact dépendra des projets concrets retenus.

    Le Cameroun s’inscrit dans une dynamique régionale où les gouvernements d’Afrique francophone multiplient les partenariats avec les hyperscalers pour combler leur retard en infrastructures numériques, tout en tentant de préserver leur souveraineté sur les données sensibles. Pour Camtel, l’enjeu sera de concrétiser ces échanges en une offre adaptée aux attentes locales, où la sensibilité aux coûts et aux exigences réglementaires reste forte.

  • Somdia quitte la Sosucam : les vraies raisons cachées au président

    Somdia quitte la Sosucam : les vraies raisons cachées au président

    La décision de Somdia de quitter la Sosucam, malgré les engagements pris auprès du président de la République, soulève de nombreuses questions. Albin Njilo, observateur attentif de la scène économique, révèle les véritables motivations derrière ce retrait stratégique.

    Albin Njilo
    | | 2 min de lecture

    Somdia et la Sosucam : un divorce coûteux

    « Après qu’un puissant groupe industriel, Somdia, ait décidé de se retirer de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), malgré les assurances données au président de la République, certains acteurs ont orchestré une campagne de désinformation. Leur objectif ? Faire croire que des tensions familiales expliquent ce départ, alors que la réalité est bien différente », explique Albin Njilo, analyste économique.

    Selon ses révélations, Somdia n’a pas abandonné le Cameroun par hasard. Le groupe vient en effet de signer un accord majeur avec la Côte d’Ivoire pour investir 100 milliards de FCFA dans son secteur sucrier. Une décision qui en dit long sur les raisons profondes de ce choix.

    Les raisons d’un échec annoncé

    « Somdia quitte le Cameroun parce que des membres des hautes sphères du pouvoir ont favorisé l’enrichissement de leurs proches via l’octroi de licences d’importation de sucre. Résultat ? La Sosucam, incapable de rivaliser avec des importations à bas prix, voit son marché s’effondrer », précise l’expert.

    Malgré les efforts de Somdia, qui a injecté 4,5 milliards de FCFA l’année dernière pour moderniser ses installations et espérer une réduction des importations, rien n’y a fait. Le Cameroun a importé pour 125 milliards de FCFA de sucre, une concurrence déloyale qui a asphyxié l’industrie locale.

    « Pire encore, certains importateurs, souvent des prête-noms liés aux élites politiques, bénéficient de facilités douanières exceptionnelles. Ils importent officiellement du sucre pour le marché camerounais, mais le revendent illégalement dans la sous-région. Des stocks importants sont actuellement bloqués à Ngaoundéré, suite à la décision du président Mahamat Idriss Déby de rétablir des barrières douanières. Pourtant, une partie de cette marchandise refait surface sur le marché local »,

    Pourquoi la Côte d’Ivoire a séduit Somdia

    « En Côte d’Ivoire, le gouvernement applique une politique plus transparente. Contrairement au Cameroun, il ne distribue pas les licences d’importation à des intermédiaires douteux. Les producteurs locaux peuvent importer selon des quotas stricts, uniquement en cas de pénurie avérée. Une approche qui préserve l’équilibre du marché »,

    Cette différence de traitement explique pourquoi Somdia a préféré se tourner vers Abidjan plutôt que de rester au Cameroun, où les règles du jeu sont faussées par des pratiques opaques.

  • Le géant Dangote mise sur le pétrole et le ciment au Cameroun

    Le groupe nigérian Dangote accélère sa stratégie d’expansion au Cameroun en ciblant désormais deux secteurs clés : le pétrole et le ciment. Après avoir marqué durablement le paysage industriel local avec son usine de ciment, l’entreprise envisage un investissement massif dans les infrastructures pétrolières, notamment le stockage et le transport des produits dérivés.

    un projet pétrolier d’envergure en discussion

    Lors d’une rencontre officielle à Yaoundé, Devakumar Edwin, vice-président de Dangote en charge des activités pétrolières et gazières, a présenté au Premier ministre Joseph Dion Ngute les contours d’un ambitieux projet visant à renforcer les capacités logistiques du secteur énergétique camerounais. L’objectif ? Répondre à la demande croissante en infrastructures pétrolières, tout en soutenant la transition énergétique du pays.

    Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Cameroun, malgré les défis récents de sa raffinerie nationale, cherche à sécuriser son approvisionnement énergétique. La Société Nationale de Raffinage (Sonara), à l’arrêt depuis un incendie en 2019, voit dans cette collaboration une opportunité de stabilisation à court terme, avant sa reconstruction complète.

    le ciment, un pilier déjà bien établi

    Parallèlement à ce projet pétrolier, Dangote confirme sa volonté de doubler la capacité de production de son usine de ciment à Douala. Une annonce qui reflète la confiance du groupe dans le dynamisme du secteur du BTP au Cameroun, où la demande en matériaux de construction reste soutenue. Cette expansion s’ajoute à une présence déjà solide dans le pays, consolidant ainsi la position de Dangote comme acteur incontournable de l’industrie locale.

    un partenariat stratégique pour la sonara

    L’arrivée du groupe nigérian dans le secteur pétrolier camerounais représente une aubaine pour la Sonara, dont la relance industrielle est estimée à plus de 700 milliards de FCFA. Le gouvernement camerounais mise sur un partenariat stratège : utiliser les ressources et l’expertise de Dangote pour stabiliser le marché énergétique à court terme, tout en préservant le projet de reconstruction de la Sonara pour garantir, à long terme, l’autonomie énergétique du pays.