Affaire Pascal Tigri : quand les frontières du Niger trahissent les mensonges de Niamey

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Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, figure centrale de la tentative de coup d’État avorté survenue au Bénin début décembre 2025, reste introuvable. Pourtant, sous les déclarations lisses du régime de Niamey, une réalité bien moins reluisante émerge. Les analyses pointues d’experts, couplées à des mouvements frontaliers pour le moins troublants, révèlent aujourd’hui une stratégie de dissimulation orchestrée depuis les plus hautes sphères du pouvoir nigérien.

Des frontières nigériennes transformées en passoire à l’insu de la junte

La version officielle du Niger, qui clame son innocence dans l’affaire Pascal Tigri, s’effondre sous le poids des preuves accablantes. Un économiste reconnu, ancien conseiller technique au Sahel, a brisé le silence en confirmant la présence du militaire béninois sur le territoire nigérien. Ses déclarations, relayées par les médias, pulvérisent la thèse d’un Niger étranger à cette affaire.

Les incohérences dans la gestion des frontières parlent d’elles-mêmes. Comment expliquer l’ouverture soudaine des postes frontaliers la veille même de l’opération au Bénin, suivie d’un verrouillage immédiat dès l’échec de celle-ci ? Cette manipulation des passages ne relève pas du hasard : elle trahit une complicité passive, voire une protection déguisée, accordée à Pascal Tigri.

Les dernières investigations confirment que le fugitif a d’abord trouvé refuge au Niger, où il a pu organiser sa fuite avant de disparaître vers d’autres destinations. L’expert précise : « Il n’est plus sur le sol nigérien aujourd’hui. Il a probablement gagné les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), mais son passage au Niger est désormais un fait établi. »

Si aucune preuve ne démontre un soutien militaire ou institutionnel direct, la tolérance locale envers sa présence révèle une hypocrisie criante. Les autorités de Niamey ferment les yeux sur des agissements qui sapent leur crédibilité internationale.

La diplomatie de façade du Niger mise à mal par les faits

Ces révélations surviennent alors que le Niger tente de redorer son blason sur la scène régionale. La présence remarquée du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, lors de l’investiture du président béninois Romuald Wadagni en mai 2025, était censée symboliser un apaisement des tensions entre les deux pays. Pourtant, les gestes symboliques ne suffisent pas à effacer les actes.

Pendant ce temps, les autorités béninoises, déterminées à faire tomber Pascal Tigri, ont offert une prime de 20 millions de francs CFA pour sa capture. Le Niger, pris dans l’étau de ses contradictions, voit sa duperie exposée au grand jour. Entre soutien de fait à un fugitif et tentative de normalisation diplomatique, le régime de Niamey joue un jeu dangereux, risquant de compromettre toute tentative de réconciliation.