En rdc, la coalition C64 tourne le dos au dialogue national proposé par le président Félix Tshisekedi
RFI
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Avec les tensions politiques qui s’intensifient en République démocratique du Congo, la coalition C64 a clairement affiché son opposition au projet de dialogue national lancé par Félix Tshisekedi. Selon les observateurs, cette initiative est perçue comme une tentative de détourner l’attention des défis majeurs auxquels le pays est confronté.
Martin Fayulu, porte-parole de la coalition, a vivement critiqué l’initiative présidentielle : « Le peuple congolais n’est pas dupe. Ces consultations répétées ne répondent en rien aux urgences nationales que sont l’insécurité persistante, la crise sanitaire et la précarité sociale qui frappent chaque jour nos concitoyens. »
Les membres de la C64 dénoncent une manœuvre politique visant à contourner les véritables enjeux. Ils estiment que Félix Tshisekedi cherche à maintenir son influence au-delà de la fin de son mandat, prévue en 2028. « Le pouvoir instrumentalise la guerre à l’Est et la souffrance des populations pour justifier une prolongation de son règne, alors que la Constitution est claire sur la durée du mandat présidentiel », a déclaré un membre de la coalition sous couvert d’anonymat.
Face à cette situation, la C64 appelle à une mobilisation nationale. Une grande marche est prévue le 15 septembre prochain pour exprimer le rejet des stratégies de la majorité présidentielle et réaffirmer les revendications de l’opposition pour une gouvernance plus transparente et inclusive.
Dialogue national en RDC : Félix Tshisekedi mise sur les provinces pour refonder l’État
Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, a dévoilé jeudi 27 août un projet de « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », une initiative présentée comme une réponse aux crises multidimensionnelles qui ébranlent le pays depuis des années.
Cette annonce, attendue depuis des semaines, marque une rupture avec les précédents dispositifs de concertation politique organisés en RDC. Le chef de l’État congolais a insisté sur une approche inédite : « Ce dialogue ne débutera pas à Kinshasa, mais au cœur des 26 provinces, au plus près des territoires et des populations », a-t-il souligné.
Le processus se veut avant tout congolais, conçu « par les Congolais et pour les Congolais ». Son ambition ? Identifier les racines des crises récurrentes qui minent la stabilité du pays et fragilisent les institutions.
Un dialogue ancré dans les provinces
Selon les précisions apportées par Félix Tshisekedi, le dialogue s’ouvrira par une série de consultations dans l’ensemble des provinces avant de culminer par des assises nationales à Kinshasa.
Ces forums provinciaux réuniront élus nationaux et locaux, représentants de la majorité et de l’opposition, acteurs de la société civile, chefs coutumiers, responsables religieux, ainsi que des figures économiques, universitaires et scientifiques. L’objectif ? Permettre à chaque région d’établir un diagnostic approfondi et transparent.
« Chaque province devra identifier les causes profondes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les défaillances administratives, les inégalités structurelles, les freins au développement et les réformes nécessaires », a détaillé le président congolais.
Les conclusions de ces consultations locales alimenteront ensuite les débats nationaux prévus dans la capitale.
Deux ordonnances pour structurer le processus
Félix Tshisekedi a annoncé la signature prochaine de deux ordonnances présidentielles visant à encadrer le dialogue national.
La première créera un comité d’organisation chargé de préparer les aspects logistiques, administratifs et matériels du processus, ainsi que de réunir les conditions propices à son déroulement.
La seconde convoquera officiellement le dialogue et précisera les modalités de représentation des participants, les étapes du processus et les mécanismes de suivi des recommandations qui en émaneront.
Le président a fixé une durée maximale de trois mois pour l’ensemble des travaux. À l’issue des assises, un « pacte national » devrait être adopté, assorti d’un dispositif permanent de suivi des engagements pris.
Les limites non négociables de Tshisekedi
Le président congolais a également défini plusieurs principes intangibles pour ce dialogue national.
Il a d’abord écarté toute interprétation du processus comme un cadre de partage du pouvoir. « Nous avons trop souvent répondu aux crises par des compromis politiques éphémères plutôt que par le renforcement durable de l’État », a-t-il martelé.
Autre ligne rouge : le maintien des institutions issues des élections de 2023 et le respect strict de l’ordre constitutionnel.
Félix Tshisekedi a également exclu toute participation des groupes armés. « Aucune exclusion ne sera fondée sur les opinions, les critiques, l’appartenance politique, l’origine provinciale, la langue, l’ethnie ou la religion. En revanche, nul ne peut prétendre siéger à la table nationale tout en brandissant les armes contre elle », a-t-il affirmé.
Cette position vise particulièrement les mouvements armés actifs dans l’est du pays, alors que les négociations avec l’AFC/M23 se poursuivent sous l’égide de Doha.
Le chef de l’État a tenu à préciser que son initiative ne se substituerait aucunement aux efforts diplomatiques en cours sur la scène régionale et internationale.
Réactions de l’opposition et de la société civile
Claudel Lubaya critique le manque de profondeur
L’opposant Claudel Lubaya a vivement réagi à l’annonce présidentielle, la qualifiant de « rendez-vous manqué avec l’histoire ». Dans un message publié sur X, il a reproché au président de ne pas avoir apporté de réponses à la hauteur des défis actuels.
« Ni hauteur de vue, ni conscience de la gravité du moment, ni solutions adaptées à l’ampleur de la crise », a-t-il dénoncé. Pour Lubaya, l’enjeu ne se limite pas à la forme du dialogue, mais à son fond même.
Il a mis en garde contre le risque que cette initiative ne serve principalement les intérêts de la coalition au pouvoir plutôt que d’offrir un véritable espace de concertation nationale.
Christian Mwando remet en cause l’inclusivité
Le député Christian Mwando Nsimba, cadre du parti Ensemble pour la République, a également émis des réserves sur la portée réelle du dialogue proposé.
« Ce que propose le président Tshisekedi ressemble davantage à une vaste opération de communication qu’à une solution pour mettre fin au conflit », a-t-il ironisé.
Mwando s’est interrogé sur l’absence du terme « inclusif » dans le discours présidentiel, alors que cette notion était centrale dans les discussions antérieures sur un dialogue national. Il a également questionné la coexistence entre ce nouveau cadre et le processus de Doha engagé avec l’AFC/M23.
Jean-Claude Katende soutient certaines pistes
À l’inverse, Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a salué plusieurs aspects du discours de Félix Tshisekedi.
Il s’est particulièrement félicité de l’exclusion catégorique d’un partage du pouvoir : « Je souscris pleinement à la position du président sur le dialogue national, notamment son refus absolu de tout compromis politique éphémère », a-t-il déclaré.
Katende a également apprécié l’accent mis sur la participation citoyenne et sur la mise en place de mécanismes de suivi des résolutions adoptées. Cependant, il a appelé à la vigilance : « Je suis optimiste, mais il faut que les paroles se transforment en actes. Nous ne devons pas laisser cette initiative devenir une simple opération de communication », a-t-il averti.
Un enjeu majeur pour le régime
Le lancement de ce dialogue national intervient dans un contexte où la RDC fait face à une crise sécuritaire persistante dans sa partie orientale et à des tensions politiques internes récurrentes.
Pour le pouvoir, la réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à convaincre l’ensemble des forces politiques, la société civile et les différentes composantes du pays de sa légitimité et de son utilité concrète.
L’opposition, quant à elle, reste sceptique quant à la nature réelle de ce cadre de concertation : s’agit-il d’un véritable espace de dialogue ou d’une manœuvre politique destinée à consolider la position du camp présidentiel ?
Les prochaines ordonnances, dont la publication est imminente, devraient apporter des éclairages sur la composition du comité préparatoire et les modalités précises de participation aux futures assises nationales.
Avec un volume d’exportations atteignant 26,4 milliards de FCFA vers les pays de la CEDEAO au deuxième trimestre 2026, le Bénin confirme sa progression sur l’échiquier économique ouest-africain. Cette performance, tirée par une demande soutenue du Nigeria et du Togo, révèle non seulement l’attractivité grandissante des produits béninois, mais aussi l’efficacité des réformes mises en place depuis 2016 pour dynamiser les échanges intra-régionaux.
Une progression commerciale marquée par la demande nigériane et togolaise
Les chiffres du commerce extérieur béninois pour cette période sont sans équivoque : 14 % des exportations nationales sont destinées à la CEDEAO, un taux qui souligne l’importance croissante des partenariats régionaux pour l’économie du pays. Le Nigeria, principal moteur de cette dynamique, absorbe à lui seul 56,1 % de ces ventes, suivi du Togo avec 31,7 %. La Côte d’Ivoire, troisième partenaire, représente quant à elle 5,1 % des échanges, confirmant l’ancrage du Bénin dans un espace économique diversifié.
Ensemble, ces trois pays captent près de 93 % des exportations béninoises vers la CEDEAO, une concentration qui, bien que révélatrice d’une dépendance partielle, ouvre également des perspectives stratégiques pour un commerce plus intégré et résilient.
Le Nigeria, un partenaire incontournable pour les entreprises béninoises
La proximité géographique et l’importance démographique du Nigeria en font un marché phare pour les produits béninois. Au deuxième trimestre 2026, les exportations vers ce géant économique de la région ont été dominées par les huiles de pétrole et minéraux bitumineux, représentant 7,6 milliards de FCFA pour plus de 8 500 tonnes. Les barres en fer et en acier, destinées à la réexportation, ont suivi avec 3,3 milliards de FCFA, tandis que l’huile de soja et ses dérivés ont généré 2,3 milliards de FCFA.
Ces échanges ne se limitent pas à des transactions commerciales : ils engendrent une activité économique transversale, mobilisant transporteurs, logisticiens, commerçants et industriels. Une telle dynamique illustre l’impact concret des politiques commerciales sur l’emploi et la création de valeur locale.
Une politique économique axée sur la transformation et l’intégration
Depuis 2016, le gouvernement béninois a fait de la modernisation économique et de l’intégration régionale des piliers de sa stratégie. L’objectif ? Passer d’un modèle basé sur l’exportation de matières premières à une économie plus industrialisée, capable de générer davantage de valeur ajoutée.
Le Togo, deuxième partenaire commercial du Bénin, bénéficie particulièrement de cette orientation. Les échanges avec ce pays incluent notamment les tourteaux et résidus solides (2,2 milliards de FCFA), les graines de coton (1,5 milliard de FCFA) et les tissus de coton écrus (0,7 milliard de FCFA). Le secteur cotonnier, historique pour le Bénin, illustre cette transition : il alimente désormais une filière textile en développement, susceptible de créer des emplois et de renforcer les revenus des acteurs locaux.
Cette transformation s’appuie sur des infrastructures modernes et des zones industrielles dédiées, conçues pour attirer les investisseurs et favoriser la production locale. L’enjeu est clair : retenir une part plus importante de la richesse générée par les ressources béninoises.
Des retombées économiques bien au-delà des chiffres
Les bénéfices des exportations régionales dépassent largement les statistiques douanières. Une entreprise qui vend davantage à l’étranger doit produire plus, embaucher davantage et optimiser sa logistique. Cette chaîne de valeur implique des agriculteurs, des ouvriers, des chauffeurs, des transitaires et bien d’autres acteurs, contribuant ainsi à dynamiser l’économie réelle.
Pour les ménages béninois, les opportunités se multiplient : création d’emplois, notamment pour les jeunes, amélioration des infrastructures de transport et diversification des secteurs d’activité. La modernisation des routes, des plateformes logistiques et des ports réduit les coûts et les délais, renforçant la compétitivité du pays sur la scène régionale.
L’élargissement du marché régional, un défi à relever
Si le Nigeria et le Togo restent les principaux débouchés, la présence de la Côte d’Ivoire dans le trio de tête montre que le Bénin peut élargir son horizon commercial. Les échanges avec Abidjan incluent les tissus de coton écrus (1 milliard de FCFA), les imprimés et vernis à l’eau, ainsi que certaines matières plastiques.
Diversifier les destinations et les produits exportés est un impératif pour réduire la dépendance à quelques marchés. Les secteurs de l’agroalimentaire, de l’industrie textile et des produits manufacturés présentent un potentiel considérable pour accroître la valeur des exportations et stabiliser les revenus.
Vers une économie plus intégrée et résiliente
Les 26,4 milliards de FCFA d’exportations vers la CEDEAO au deuxième trimestre 2026 témoignent de la capacité du Bénin à tirer parti de sa position géographique. Situé au cœur d’un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs, le pays mise sur sa proximité avec le Nigeria et ses connexions avec les autres économies de la région pour renforcer son intégration économique.
Depuis 2016, la stratégie nationale a combiné infrastructures, industrialisation et modernisation agricole pour exploiter ces atouts. Les résultats actuels confirment la pertinence de cette approche, même si la transformation économique nécessite encore des efforts pour convertir cette dynamique commerciale en emplois durables et en amélioration des conditions de vie.
L’avenir du Bénin passe donc par un commerce régional non seulement plus intense, mais aussi plus équilibré. En diversifiant ses partenariats et en misant sur des produits à plus forte valeur ajoutée, le pays pourrait demain consolider sa position de leader économique en Afrique de l’Ouest.
Maroc et Jordanie unissent leurs forces pour une justice plus efficace
Rabat et Amman ont scellé, ce vendredi 28 août 2026, un accord historique d’extradition pour consolider leur collaboration judiciaire et renforcer les liens entre leurs systèmes juridiques.
L’accord a été paraphé par les ministres de la Justice des deux pays : Abdellatif Ouahbi pour le Maroc et Bassam Samir Al-Talhouni pour la Jordanie, lors d’une réunion dédiée à l’approfondissement de leur coopération dans le domaine judiciaire.
Les discussions ont mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la coordination entre les institutions judiciaires marocaines et jordaniennes, ainsi que sur l’échange d’expertises pour moderniser leurs cadres légaux respectifs.
Un outil clé pour la lutte contre la criminalité transfrontalière
Ce nouvel accord d’extradition établit un cadre juridique solide pour faciliter le transfert de personnes recherchées ou condamnées entre les deux pays. Il s’appuie sur le respect strict des législations nationales et des engagements internationaux de chaque État, garantissant ainsi une procédure transparente et équitable.
Les autorités judiciaires des deux nations pourront désormais traiter plus efficacement les demandes d’extradition, notamment dans les dossiers nécessitant une collaboration étroite entre Rabat et Amman.
Le ministre marocain de la Justice a salué cette avancée, la qualifiant d’étape majeure dans l’intensification de la coopération judiciaire entre les deux pays. Pour lui, cet accord reflète la volonté commune de renforcer les mécanismes juridiques et institutionnels qui sous-tendent leur partenariat.
Il a également insisté sur l’impact positif de ce texte : « Il permettra d’améliorer la coordination entre les autorités compétentes et de faciliter la lutte contre la criminalité, tout en renforçant la confiance mutuelle entre nos institutions judiciaires. »
Son homologue jordanien, Bassam Samir Chahada Al-Talhouni, a pour sa part souligné l’importance de cet accord pour consolider les relations déjà fortes entre la Jordanie et le Maroc. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les échanges d’expériences et de bonnes pratiques pour optimiser leurs systèmes judiciaires respectifs.
Cette signature s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer les liens juridiques et institutionnels entre les deux pays, dans un esprit de partenariat stratégique et de solidarité.
En plein cœur de la capitale américaine, un haut responsable militaire africain a été reçu avec les honneurs. Le général Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major des Forces armées béninoises, a foulé le sol du Pentagone pour y rencontrer le général Christopher J. Mahoney, figure majeure du commandement militaire des États-Unis. Cet entretien, bien plus qu’une simple formalité, scelle une alliance sécuritaire en pleine mutation.
Une stratégie de défense ancrée dans la diversification
Le Bénin ne mise pas sur un seul partenaire pour garantir sa sécurité. Face à une menace terroriste en expansion depuis le Sahel vers les zones côtières, le pays a adopté une approche pragmatique. Renforcement des capacités nationales, collaborations militaires avec plusieurs acteurs, et intégration des mécanismes régionaux composent cette feuille de route. L’objectif ? Anticiper les risques plutôt que les subir, en combinant renseignement, formation et coopération transfrontalière.
Cette politique s’appuie sur une réalité implacable : dans un conflit aux frontières floues, aucun État ne peut prétendre agir seul. La lutte contre le terrorisme exige des réponses coordonnées, partagées et adaptées aux enjeux locaux.
L’engagement américain : un partenariat historique renforcé
Les liens entre Cotonou et Washington s’inscrivent dans une longue tradition, mais leur intensité a pris une nouvelle dimension ces dernières années. AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique, a déjà salué le Bénin comme un « partenaire sécuritaire stratégique » lors de précédentes rencontres. La visite du général Gbaguidi au Pentagone vient confirmer cette dynamique, avec un accent mis sur la stabilité démocratique comme pilier de la sécurité régionale.
Les discussions ont porté sur les menaces transfrontalières, les initiatives conjointes et les besoins en assistance militaire. Un point central a émergé : un Bénin « sûr et stable » est perçu comme un rempart essentiel contre l’instabilité en Afrique de l’Ouest.
L’Afrique du Sud et le Nigeria : des alliés militaires en première ligne
La diversification des partenariats ne se limite pas aux États-Unis. Le Bénin a également tissé des liens étroits avec d’autres nations africaines. En 2025, une commission militaire mixte avec l’Afrique du Sud a permis d’échanger sur les stratégies de lutte contre les menaces asymétriques. Avec le Nigeria voisin, Cotonou a mis en place des mécanismes de coopération transfrontalière pour renforcer la résilience des populations face au crime organisé et à l’insécurité.
Ces alliances, bien que récentes, démontrent une volonté claire : bâtir des réseaux de sécurité adaptés aux défis contemporains, au-delà des frontières traditionnelles.
La démocratie, un atout majeur dans l’équation sécuritaire
Dans une région marquée par les bouleversements institutionnels, le Bénin se distingue par la pérennité de son système démocratique. Cette stabilité est un facteur clé de crédibilité auprès des partenaires internationaux. Les États-Unis, en particulier, soulignent régulièrement le lien entre sécurité, stabilité politique et développement économique.
Cette approche offre au Bénin une marge de manœuvre diplomatique rare. Elle lui permet de dialoguer avec les puissances occidentales tout en maintenant des canaux ouverts avec les pays africains, malgré les tensions régionales.
L’impasse avec l’Alliance des États du Sahel (AES)
Pourtant, un obstacle persistant entrave la pleine efficacité de cette stratégie : l’absence de coopération avec les pays membres de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger). Malgré les ouvertures répétées de Cotonou, les relations restent gelées, principalement en raison de divergences politiques. En juin 2026, une visite du président béninois Romuald Wadagni à Ouagadougou avait tenté de relancer le dialogue, mais les résultats concrets se font encore attendre.
Cette méfiance mutuelle est d’autant plus préoccupante que les groupes armés profitent de ces failles pour étendre leur influence. Les zones frontalières du nord du Bénin, notamment aux confins du Burkina Faso et du Niger, restent sous haute tension. Les partenaires internationaux, comme la France ou les Pays-Bas, maintiennent une vigilance accrue dans ces régions.
Pourtant, les États de l’AES ont eux-mêmes renforcé leur coordination sécuritaire interne. En 2025, le Burkina Faso a annoncé la création d’une force unifiée au sein de l’AES, tandis que des opérations conjointes sont menées entre les trois pays. Une avancée notable, mais incomplète sans l’inclusion des voisins directs comme le Bénin.
Vers une convergence des efforts ou une vulnérabilité prolongée ?
Le terrorisme ne connaît pas de frontières. Les groupes armés exploitent les failles entre les États pour perpétrer leurs attaques, recruter et se ravitailler. Dans ce contexte, l’absence de coopération entre Cotonou et ses voisins sahéliens devient un risque collectif. Le partage du renseignement, la coordination des patrouilles et la synchronisation des opérations militaires sont des impératifs urgents.
Le Bénin a déjà montré la voie en diversifiant ses partenariats et en renforçant ses propres capacités. Les États-Unis, de leur côté, reconnaissent la valeur de cette approche. Reste aux autorités de l’AES à faire le choix de la coopération plutôt que de la méfiance. Leur sécurité, tout comme celle de leurs voisins, en dépend.
La rencontre au Pentagone rappelle une vérité fondamentale : dans une région où les menaces évoluent sans cesse, la meilleure défense repose sur la solidarité, la transparence et une vision commune. Le Bénin l’a compris. Il est temps que les autres en prennent acte.
À Niamey, la naissance d’un Parlement confédéral sous le signe de l’ambiguïté
Dans les salons feutrés de Niamey, trois pays du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — ont officiellement lancé leur propre Parlement confédéral. Quarante-cinq élus, quinze par État, composent désormais cette assemblée censée incarner l’intégration régionale de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dès son installation, l’institution a adopté un règlement intérieur et mis en place trois commissions dédiées à la sécurité, aux relations internationales et au développement économique. Mais derrière les discours sur la souveraineté retrouvée, une interrogation persiste : comment garantir la légitimité d’un tel Parlement alors que ses membres ne sont pas issus du suffrage universel ?
Sur le papier, l’objectif est clair : offrir une alternative à la CEDEAO, accusée d’être trop éloignée des réalités locales. Pourtant, la structure même de ce Parlement reproduit celle de l’organisation qu’elle critique. Comme la CEDEAO, l’AES mise sur une organisation confédérale avec des institutions communes. La différence majeure réside dans la source de légitimité : au lieu d’élus choisis par les citoyens, les députés de l’AES sont désignés par des régimes militaires issus de coups d’État.
Une architecture institutionnelle qui soulève des questions
Le Parlement de l’AES compte 45 sièges, répartis à parts égales entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. À titre de comparaison, la CEDEAO dispose d’un Parlement de 115 membres, avec l’ambition affichée d’élire ses représentants au suffrage universel direct. Mais dans la pratique, ses parlementaires sont également désignés par les assemblées nationales des États membres. L’AES reprend donc, en miniature, le même modèle — sans pour autant résoudre la problématique centrale : qui ces députés représentent-ils vraiment ?
Dans trois pays dirigés par des juntes militaires, la question de la représentativité devient cruciale. Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a explicitement rejeté l’idée de démocratie, qualifiant cette dernière d’inadaptée au contexte local. Le pouvoir en place a dissous les partis politiques et reporté sine die les élections. Au Mali, les militaires ont maintenu leur emprise après les coups d’État de 2020 et 2021, repoussant les échéances électorales. Quant au Niger, la junte au pouvoir depuis 2023 a également retardé le retour à l’ordre constitutionnel. Dans ces conditions, comment un Parlement peut-il prétendre incarner la voix des populations ?
La souveraineté, un concept à double tranchant
L’AES brandit haut le drapeau de la souveraineté, évoquant l’indépendance face aux anciennes puissances coloniales. Mais la souveraineté ne se limite pas à une rupture avec l’extérieur. Elle implique aussi que les citoyens puissent exercer un contrôle sur leurs dirigeants. Or, dans les trois pays membres, l’espace démocratique s’est considérablement réduit : interdiction des partis, répression des manifestations, restrictions de la presse… Comment parler de légitimité lorsque les libertés fondamentales sont étouffées ?
Les populations sahéliennes subissent de plein fouet l’insécurité, la pauvreté et l’effondrement des services publics. Un Parlement, aussi bien structuré soit-il, ne résoudra pas ces défis immédiats. Une commission confédérale ne construira pas d’écoles, un règlement intérieur ne soignera pas les malades. La véritable priorité devrait être de placer les citoyens au cœur des institutions, et non l’inverse.
L’AES : une copie de la CEDEAO ou une avancée démocratique ?
L’Alliance des États du Sahel s’est construite en opposition à la CEDEAO, qu’elle accuse de servir des intérêts étrangers. Pourtant, en adoptant une architecture institutionnelle similaire, elle reproduit les mêmes travers : des organes communs sans réelle participation populaire. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas instaurer un Parlement élu directement par les citoyens ? Pourquoi ne pas protéger constitutionnellement les libertés, le multipartisme et l’indépendance de la justice ?
La réponse à ces questions déterminera l’avenir de l’AES. Elle peut devenir un modèle d’intégration régionale inclusive, ou se contenter d’être une coquille institutionnelle vide, au service de juntes militaires. Le choix est politique, mais il engage l’avenir des peuples sahéliens.
Le Togo, un acteur inattendu dans la recomposition régionale
Si le Togo n’est pas membre de l’AES, Lomé joue un rôle de plus en plus marqué dans l’échiquier politique ouest-africain. Depuis 2024, le pays a basculé vers un régime parlementaire, avec un président du Conseil des ministres concentrant l’essentiel du pouvoir. Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a officiellement pris cette fonction en 2025, une manœuvre dénoncée comme une tentative de contourner les limites constitutionnelles.
Les tensions sociales se sont exacerbées : des manifestations réprimées dans le sang, des restrictions sur les réseaux sociaux, des journalistes arrêtés… En 2025, des médias internationaux comme RFI et France 24 ont été interdits de diffusion. Ces mesures rappellent étrangement les dynamiques observées au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Le Togo n’est donc pas un simple spectateur : il incarne une tendance régionale où la démocratie recule au profit d’un pouvoir de plus en plus centralisé.
Le peuple, dernier juge de la légitimité
L’installation du Parlement de l’AES marque un tournant symbolique. Mais son succès dépendra de sa capacité à répondre aux attentes des citoyens. Une institution ne suffit pas à faire une démocratie. Des sièges dans une assemblée ne valent rien si les électeurs n’ont pas la possibilité de choisir leurs représentants. Le véritable test ne sera pas la qualité des discours ou la rapidité des réformes, mais la liberté laissée aux populations de s’exprimer, de contester et de participer.
L’AES a une chance historique : prouver que l’intégration régionale peut se faire autrement. Mais cette chance ne durera que si elle choisit la voie de la transparence, de la responsabilité et du respect des droits fondamentaux. Sinon, elle ne sera qu’une coquille vide, un leurre institutionnel au service de pouvoirs non élus.
Lille face au Paris Saint-Germain ce soir : comment suivre le match en direct ?
La rencontre entre le LOSC Lille et le Paris Saint-Germain s’annonce sous haute tension ce vendredi 28 août à 20h45. Les Dogues, victorieux lors de leur entrée en matière (2-0 contre Angers), accueillent les Parisiens au stade Pierre Mauroy dans le cadre de la deuxième journée de Ligue 1. Voici tout ce qu’il faut savoir pour ne rien manquer du choc du week-end.
Lille-PSG : un duel aux enjeux multiples
Lille a démarré sa saison en trombe en dominant Angers (2-0) grâce à des buts d’Olivier Giroud et de Tiago Santos en première mi-temps. Une performance qui contraste avec les difficultés rencontrées par le PSG lors de son premier match. Déplacés à Rennes en raison de travaux au Parc des Princes, les Parisiens ont frôlé la défaite avant d’égaliser en fin de partie (2-2) grâce à un doublé de Ferran Torres (71e, 82e).
Ce déplacement à Lille représente une occasion idéale pour le club de la capitale de renouer avec la victoire et de confirmer son ambition dans un championnat toujours plus compétitif. Les Dogues, eux, visent une nouvelle performance pour confirmer leur bon départ.
Où et comment regarder Lille-PSG en direct ?
Le match sera diffusé en direct et en exclusivité sur Ligue 1+ 2, accessible via la plateforme DAZN. Le coup d’envoi est prévu pour 20h45 au stade Pierre Mauroy.
Pour profiter du match, plusieurs options s’offrent aux spectateurs :
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Une rencontre à ne pas rater
Entre un Lille en pleine confiance et un PSG en quête de régularité, ce match promet du spectacle. Les supporters pourront suivre chaque instant de la confrontation depuis leur écran, où qu’ils se trouvent.
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Sécurité régionale : les États-Unis et le Bénin scellent un accord renforcé au Pentagone
Washington et Cotonou unissent leurs efforts pour consolider leur collaboration militaire et contrer les défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
Lors d’une réunion stratégique au Pentagone, les États-Unis et le Bénin ont confirmé leur volonté de renforcer leur alliance militaire. L’échange a opposé le général Christopher J. Mahoney, vice-président des chefs d’état-major interarmées américain, au général de division Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major des forces armées béninoises.
Les discussions ont porté sur les programmes de coopération en matière de sécurité et sur l’accompagnement militaire fourni par Washington. L’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, joue un rôle central dans cette dynamique. Les deux généraux ont mis en avant l’importance cruciale d’un Bénin stable et sécurisé pour la prospérité de l’Afrique de l’Ouest.
Leur engagement commun vise à approfondir la collaboration militaire et à s’allier avec les autres nations de la région. L’objectif ? Renforcer la lutte contre les menaces transfrontalières et assurer une stabilité durable à l’échelle continentale.
Une alliance militaire au service de la sécurité ouest-africaine
Les deux délégations ont échangé sur les défis actuels en matière de sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Le renforcement des capacités militaires béninoises figure parmi les priorités identifiées.
Les États-Unis apportent un soutien logistique, technique et opérationnel, tandis que le Bénin s’engage à consolider son cadre institutionnel pour une réponse plus efficace aux crises. Cette synergie doit permettre de sécuriser les populations et de protéger les frontières.
Un partenariat gagnant pour la paix en Afrique de l’Ouest
Les responsables ont insisté sur l’impact positif d’une telle coopération pour l’ensemble de la sous-région. Un Bénin fort et stable devient un rempart contre l’instabilité qui menace plusieurs pays voisins.
Les deux pays ont réaffirmé leur détermination à travailler ensemble, tant à l’échelle bilatérale que multilatérale, pour éradiquer les menaces et promouvoir un environnement sécuritaire apaisé. Cette rencontre marque une étape clé dans l’histoire de leur collaboration militaire.
Alors que les autorités de Ouagadougou mettent en avant une progression méthodique dans la reconquête des territoires, les événements récents de Tougui, près de Ouahigouya, rappellent une réalité moins flatteuse. Ce mercredi 26 août 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué la prise d’une position tenue par des milices locales, un épisode qui interroge sur la crédibilité des annonces officielles. Si la communication gouvernementale évoque une reconquête territoriale, comment expliquer la persistance des groupes armés à s’emparer de zones stratégiques au Nord ?
Une maîtrise territoriale plus théorique que tangible
Affirmer que le territoire est progressivement reconquis ne constitue pas une preuve suffisante. Une véritable maîtrise implique une présence étatique durable, la sécurisation des axes routiers, la protection des populations et l’impossibilité pour les groupes armés de revenir dans les zones reprises. Pourtant, les attaques et les revendications ennemies démontrent que cette stabilisation reste précaire.
La reconquête militaire ne suffit pas sans stabilité durable
La prise d’une localité ou d’une position par les forces de sécurité ne garantit pas sa sécurisation à long terme. Une reconquête n’a de sens que si elle permet le retour des administrations, des services publics et des commerces, ainsi que le retour des populations déplacées. Or, ces éléments fondamentaux font encore défaut dans de nombreuses zones.
Des positions isolées particulièrement vulnérables
Le cas de Tougui illustre les difficultés rencontrées par les positions avancées. Lorsque celles-ci dépendent largement de combattants locaux et sont exposées aux mouvements d’un groupe armé mieux organisé, leur maintien devient un défi constant. La fragilité de ces avant-postes soulève des questions sur la stratégie globale de sécurisation.
Le rôle des Volontaires pour la défense de la patrie et ses limites
Le recours aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) permet de renforcer les effectifs, mais cette mobilisation s’accompagne d’un coût humain élevé. Confier à des civils armés la défense de zones rurales exposées revient à leur faire porter une part croissante du fardeau d’une guerre asymétrique, sans pour autant garantir une sécurité durable.
La guerre ne se gagne pas uniquement par le nombre de combattants
L’augmentation des effectifs ne suffit pas à améliorer durablement la sécurité. D’autres facteurs entrent en jeu : le renseignement, la mobilité, la logistique, la coordination entre unités, la surveillance des axes et la capacité à maintenir les positions une fois reprises. Ces éléments déterminants font encore défaut dans de nombreuses zones.
Les zones grises, terrains propices aux groupes armés
Entre les territoires officiellement sécurisés et les espaces réellement accessibles aux populations, il existe souvent un écart significatif. Ces zones intermédiaires offrent aux groupes armés des opportunités de recrutement, de ravitaillement et de déplacement, leur permettant de conserver une capacité de nuisance.
Une communication officielle à double tranchant
Les autorités burkinabè mettent régulièrement en avant les succès opérationnels et les zones où une amélioration est constatée. Cependant, ces annonces positives ne doivent pas faire oublier que la situation varie considérablement d’une région à l’autre. Le silence sur les revers alimente les interrogations et fragilise la crédibilité du discours officiel.
La bataille de l’information ne remplace pas celle du terrain
Le gouvernement insiste sur la nécessité de lutter contre la désinformation et appelle à la vigilance face aux enjeux informationnels. Pourtant, cette lutte ne devrait pas se transformer en une communication exclusivement triomphaliste. La crédibilité d’un pouvoir repose aussi sur sa capacité à reconnaître ses difficultés.
Les indicateurs d’une reconquête réussie
La véritable mesure d’une reconquête ne se limite pas au nombre d’opérations annoncées ou de positions reprises. Elle doit également inclure le nombre de villages durablement sécurisés, de populations retournées chez elles, d’écoles rouvertes, de marchés fonctionnels et d’axes où les habitants peuvent circuler sans crainte.
L’administration, pilier d’une reconquête durable
Une zone ne peut être considérée comme véritablement reconquise si les forces de sécurité y sont présentes sans que les services administratifs, sanitaires, éducatifs et économiques puissent fonctionner normalement. La victoire militaire doit s’accompagner d’une restauration durable de l’autorité publique.
Ouagadougou face à la réalité des zones rurales
Depuis la capitale, les annonces de reconquête peuvent donner l’impression d’une progression continue. Pour les habitants des zones exposées, la réalité se mesure plutôt à leur capacité à vivre en sécurité, à cultiver leurs champs, à voyager, à commercer et à envoyer leurs enfants à l’école. Ce décalage entre le discours officiel et la vie quotidienne des populations reste un défi majeur.
Une stratégie sécuritaire à l’épreuve des résultats
Le pouvoir peut mettre en avant la mobilisation nationale, les VDP, la coopération régionale et le renforcement des forces combattantes. Cependant, ces instruments doivent être évalués sur leur capacité à réduire durablement la violence et à empêcher les groupes armés de conserver des sanctuaires opérationnels. Le cas de Tougui pose une question simple : peut-on parler d’une maîtrise totale du territoire lorsque des positions stratégiques peuvent encore être revendiquées par le JNIM ?
Au-delà des slogans patriotiques et des discours politiques, une stratégie sécuritaire crédible doit être jugée sur ses résultats concrets : la réduction des attaques, la sécurité des populations et le retour à une vie normale. La guerre n’est pas gagnée parce qu’un gouvernement affirme qu’elle est en train de l’être. Le véritable verdict appartient au terrain et, surtout, aux populations qui y vivent.
L’excision reste un sujet brûlant au Mali, où les autorités tentent de naviguer entre traditions culturelles et impératifs de santé publique. Sous la direction du président Assimi Goïta, le gouvernement malien cherche à contenir les débats autour de cette pratique, tout en évitant d’en faire une priorité politique.
Des campagnes de sensibilisation en demi-teinte
Les initiatives pour lutter contre l’excision au Mali se multiplient, mais leur impact reste limité. Les associations locales et les partenaires internationaux mènent des actions de sensibilisation, notamment dans les zones rurales où la pratique est la plus répandue. Pourtant, malgré ces efforts, le changement des mentalités s’avère progressif.
Manque de moyens : les budgets alloués à ces campagnes restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène.
Résistance culturelle : certaines communautés perçoivent encore l’excision comme une norme sociale inamovible.
Le rôle ambigu du pouvoir en place
Le régime d’Assimi Goïta adopte une position prudente sur la question. Officiellement, le gouvernement malien condamne l’excision, mais sans engager de mesures coercitives fortes. Cette approche vise à éviter les tensions avec les groupes traditionnels tout en maintenant une image progressiste à l’international.
Les observateurs soulignent que Goïta préfère axer ses discours sur la stabilité nationale plutôt que sur des réformes sociétales controversées. Pourtant, sous la pression des ONG, des avancées législatives timides ont vu le jour, sans pour autant aboutir à une interdiction totale.
Un enjeu de santé publique
L’excision entraîne des conséquences dramatiques pour des milliers de femmes et de jeunes filles au Mali : complications médicales, risques accrus lors des accouchements, et traumatismes psychologiques. Les acteurs de santé publique alertent régulièrement sur l’urgence d’agir, mais les solutions peinent à s’imposer.
Entre tradition et modernité, le Mali se trouve à un carrefour. La gestion de ce dossier par les autorités reflète cette tension, où l’équilibre entre respect des coutumes et protection des droits humains reste précaire.
le Gabon confronté à une dette de 330 millions de dollars : enjeux et défis pour Libreville
Libreville, jeudi 27 août 2026 — Le dossier Paramount Group prend une nouvelle tournure. Un fonds sud-africain spécialisé dans le recouvrement, Bosch Capital, a racheté les droits sur une créance initialement détenue par le groupe de défense sud-africain à l’encontre de l’État gabonais. Le montant réclamé s’élève à environ 330 millions de dollars, soit près de 185 milliards de francs CFA, avec une date limite de paiement fixée au 3 septembre 2026. Une échéance qui place le gouvernement gabonais sous pression.
Cette créance ne se limite pas à une simple facture commerciale impayée. Elle trouve son origine dans des relations contractuelles entre le Gabon et Paramount Group, une entreprise sud-africaine spécialisée dans les équipements de défense et de sécurité. Parmi ses produits phares figure notamment le Maverick, un véhicule blindé conçu pour les opérations de sécurité intérieure et le contrôle des foules. Le Gabon avait déjà collaboré avec Paramount lors de la Coupe d’Afrique des nations 2012, mais le litige actuel porte sur une dette bien plus conséquente.
Le rachat de cette créance par Bosch Capital modifie radicalement l’équilibre du dossier. Contrairement à Paramount, qui entretenait une relation commerciale avec le Gabon, Bosch Capital est avant tout un fonds de recouvrement. Sa stratégie pourrait donc privilégier une approche plus agressive, sans considération pour les relations passées entre les parties. Une telle approche pourrait contraindre Libreville à agir rapidement pour éviter une escalade du conflit.
Une dette aux conséquences majeures pour les finances publiques
Pour les comptes publics gabonais, 330 millions de dollars représentent une somme colossale. L’enjeu immédiat réside dans la vérification de la légitimité de cette créance. Le gouvernement devra examiner en détail la nature de la dette, les montants exacts, les éventuels intérêts accumulés, ainsi que les garanties contractuelles associées. Un délai aussi court que celui imposé par Bosch Capital laisse peu de marge pour une négociation apaisée. Cette échéance pourrait être un ultimatum visant à accélérer un règlement, ou bien le prélude à des mesures de recouvrement plus coercitives.
Ce litige met en lumière une problématique souvent négligée dans la gestion des finances publiques : l’accumulation d’arriérés commerciaux et de contentieux contractuels. Pour un État en quête de transparence et d’attractivité économique, un tel dossier peut envoyer un signal négatif aux investisseurs, qui scrutent autant la capacité à financer des projets que celle à honorer ses engagements.
Un équilibre délicat entre finances et souveraineté nationale
Le contexte est d’autant plus sensible que Paramount évolue dans le secteur stratégique de la défense et de la sécurité. Bien que l’entreprise ne soit plus directement impliquée, son historique avec le Gabon ajoute une dimension institutionnelle à ce conflit financier. Cependant, il serait prématuré de considérer cette dette comme définitivement incontestable. Aucune position officielle du gouvernement gabonais n’a été rendue publique concernant le montant, la validité ou les modalités de paiement de cette créance. Il appartient donc aux autorités de clarifier rapidement la situation et de fournir des éléments concrets pour étayer leur position.
Pour Libreville, la priorité est double : d’une part, examiner la légitimité juridique de cette créance, et d’autre part, éviter qu’un différend financier ne dégénère en un contentieux international coûteux ou en un frein à l’investissement étranger. Dans un contexte où le Gabon cherche à renforcer son attractivité économique, la prévisibilité des engagements contractuels est un facteur clé, au même titre que ses ressources naturelles.
Le calendrier est désormais imposé par Bosch Capital. Avant le 3 septembre, le gouvernement gabonais devra déterminer s’il existe une base pour un règlement amiable, une restructuration de la dette, une contestation de sa légitimité ou une négociation plus large. Ce dossier rappelle une réalité trop souvent sous-estimée : une signature passée peut, des années plus tard, devenir une contrainte financière et diplomatique majeure. L’urgence n’est pas seulement de respecter l’échéance du 3 septembre, mais de rétablir une discipline contractuelle rigoureuse. Chaque engagement de l’État doit être documenté, suivi et honoré avant de devenir, entre les mains d’un créancier déterminé, une dette de plusieurs centaines de millions de dollars.