Auteur/autrice : nigeractu

  • Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    PolitiqueNiger

    Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    Reliou Koubakin
    25 juillet 2026

    Trois ans après avoir renversé Mohamed Bazoum, les militaires au pouvoir à Niamey ont toujours des relations difficiles avec la Cédéao qui avait condamné leur putsch.

    https://p.dw.com/p/5Hizs
    Niger, Niamey, 2026 | Le président Romuald Wadagni en visite au Niger (02.06.26)

    Nous sommes le 30 juillet 2023, soit quatre jours après le putsch contre le président Mohamed Bazoum.

    La Cédéao demande au CNSP de rétablir dans ses fonctions le président déchu. L’organisation annonce des sanctions et menace d’utiliser la force.

    L’ultimatum de la Cédéao est considéré le lendemain comme une déclaration de guerre par le Mali et le Burkina Faso, deux pays dirigés également par des militaires. Il est dès lors difficile de prendre le Niger isolément dans sa relation avec la Cédéao sans le Mali et le Burkina. 

    Les trois pays forment d’ailleurs plus tard l’Alliance des Etats du Sahel, premier pas concret vers leur rupture avec l’organisation sous-régionale. Le retrait des trois pays de la Cédéao est officiel depuis fin janvier 2025… mais les deux blocs se parlent encore.  

    Accra, Ghana, 2023 | Les chefs des forces de défense de la CEDEAO se concertent sur une éventuelle intervention au Niger (18.08.23)

    Lansana Kouyaté en médiateur 

    Pape Ibrahima Kane, spécialiste des organisations internationales, explique ainsi que les pays de l’AES ont accepté la désignation de l’ex-Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, comme négociateur principal de la Cédéao avec l’AES.  

    « A la récente réunion de la Cédéao qui s’est tenue samedi (18.07.2026) à Freetown, la Cédéao a instruit le nouveau président de la Commission de la Cédéao, le Sénégalais Birame Diop, de tout mettre en œuvre pour que les premières discussions tournent autour des questions de sécurité de la région. »    

    « On est au début d’un processus très prometteur parce que les deux parties sont vraiment sur la même longueur d’ondes pour engager la discussion », poursuit-il.  

    Alors, la particularité du Niger, précise le spécialiste, c’est qu’il dépend du Nigeria et du Bénin, deux pays de la Cédéao donc, pour son accès à l’électricité et au port de Cotonou. Pape Ibrahima Kane est persuadé que Lansana Kouyaté va examiner cette spécificité et celle de l’AES avec la Cédéao.   

    « Les deux parties sont vraiment sur la même longueur d’ondes pour engager la discussion » (Pape Ibrahima Kane)

    Romuald Wadagni tente la décrispation 

    Autre bonne nouvelle pour un maintien du dialogue, c’est la nomination de Bassirou Diomaye Faye comme président en exercice de la Cédéao. Celui-ci s’était déjà rendu en mai 2024, juste après son élection, dans les pays de l’AES. Puis, il y a l’arrivée au pouvoir au Bénin de Romuald Wadagni. Il a choisi de se rendre en premier au Niger, juste après son investiture, avant des visites au Burkina Faso et au Mali. 

    « Ils (Bassirou Diomaye Faye et Romuald Wadagni) sont en bien meilleure position que les autres (Alassane Ouattara, Patrice Talon, Macky Sall) qu’on accusait de tous les noms d’oiseaux. Il y a aussi une nouvelle équipe qui va s’installer au niveau d’Abuja à la Cédéao et qui va commencer à dérouler un programme qui sera moins marqué que ne l’était l’ancien programme », fait remarquer Pape Ibrahima Kane sur la DW. 

    Sahanine Mahamadou est conseiller spécial de Mohamed Bazoum en charge des ONG et responsable de la cellule affaires coutumières, religieuses, sociales et humanitaires. Pour lui, la Cédéao a toujours souhaité le dialogue avec le Niger.  

    « Ce sont toujours les militaires qui n’ont pas voulu du dialogue. Si réellement, ces gens sont véritablement des vrais patriotes, ils doivent chercher des débouchés pour laisser place aux civils, parce que le monde a évolué, il n’est plus possible pour des militaires de gérer le pays dans nos Etats. »

    En s’exprimant ainsi, Sahanine Mahamadou souhaite en filigrane le retour au pouvoir de Mohamed Bazoum. Le président nigérien déchu n’a toujours pas signé sa lettre de démission. En mars dernier, une résolution du Parlement européen a condamné quasiment à l’unanimité la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse. Le texte non contraignant appelle aussi à leur libération immédiate. Ce texte a suscité le courroux de Niamey qui dénonce de l’ingérence et du paternalisme.

    France, Paris | Manifestation en faveur du président Mohamed Bazoum devant l'ambassade du Niger (05.08.23)

    Le sort de Mohamed Bazoum

    Pour Jérôme Pigné, président et fondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel, se pose une question : comment l’UE doit faire valoir ses valeurs auprès du Niger tout en maintenant le dialogue avec Niamey ? 

    « Evidement que la question de la détention illégale du président Mohamed Bazoum est un caillou dans la chaussure de l’Union européenne quand elle veut parler au Niger. Mais de manière générale, il faut savoir ce que les Européens veulent. Est-ce que c’est s’asseoir sur ses principes au nom de la realpolitik ? C’est un jeu d’équilibriste, pour l’instant, personne n’a trouvé la solution. »       

    Jérôme Pigné rappelle que le Niger était un partenaire historique de l’UE. Celle-ci serait en train de « repenser son schéma de coopération avec le Niger comme avec les voisins ». « Le dialogue, il est nécessaire, il existe », indique Jérôme Pigné.  

    Dans une étude parue en mars dernier, la fondation allemande pour l’économie et la politique basée à Berlin (SWP) écrivait que « l’Europe devrait proposer aux régimes militaires actuels un soutien de grande envergure pour stabiliser leurs pays ».

    Le soutien européen pourrait passer par le renforcement de la coopération militaire et en matière de sécurité. « La mise à disposition d’informations issues des services de renseignements, la fourniture de matériel militaire ainsi que des investissements dans la formation des forces de sécurité pourraient également en faire partie. »

    D’après la SWP, l’UE peut aussi aider dans l’amélioration de la situation économique au Niger et dans les autres pays du Sahel. Elle exhorte à la poursuite du dialogue politique avec les acteurs politiques et sociaux de la région. « L’Europe ne devrait pas espérer pouvoir amener les juntes à changer de comportement. » 

  • Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    PolitiqueNiger

    Niger-Cédéao : comment mettre fin au froid diplomatique ?

    Reliou Koubakin
    25 juillet 2026

    Trois ans après avoir renversé Mohamed Bazoum, les militaires au pouvoir à Niamey ont toujours des relations difficiles avec la Cédéao qui avait condamné leur putsch.

    https://p.dw.com/p/5Hizs
    Niger, Niamey, 2026 | Le président Romuald Wadagni en visite au Niger (02.06.26)

    Nous sommes le 30 juillet 2023, soit quatre jours après le putsch contre le président Mohamed Bazoum.

    La Cédéao demande au CNSP de rétablir dans ses fonctions le président déchu. L’organisation annonce des sanctions et menace d’utiliser la force.

    L’ultimatum de la Cédéao est considéré le lendemain comme une déclaration de guerre par le Mali et le Burkina Faso, deux pays dirigés également par des militaires. Il est dès lors difficile de prendre le Niger isolément dans sa relation avec la Cédéao sans le Mali et le Burkina. 

    Les trois pays forment d’ailleurs plus tard l’Alliance des Etats du Sahel, premier pas concret vers leur rupture avec l’organisation sous-régionale. Le retrait des trois pays de la Cédéao est officiel depuis fin janvier 2025… mais les deux blocs se parlent encore.  

    Accra, Ghana, 2023 | Les chefs des forces de défense de la CEDEAO se concertent sur une éventuelle intervention au Niger (18.08.23)

    Lansana Kouyaté en médiateur 

    Pape Ibrahima Kane, spécialiste des organisations internationales, explique ainsi que les pays de l’AES ont accepté la désignation de l’ex-Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, comme négociateur principal de la Cédéao avec l’AES.  

    « A la récente réunion de la Cédéao qui s’est tenue samedi (18.07.2026) à Freetown, la Cédéao a instruit le nouveau président de la Commission de la Cédéao, le Sénégalais Birame Diop, de tout mettre en œuvre pour que les premières discussions tournent autour des questions de sécurité de la région. »    

    « On est au début d’un processus très prometteur parce que les deux parties sont vraiment sur la même longueur d’ondes pour engager la discussion », poursuit-il.  

    Alors, la particularité du Niger, précise le spécialiste, c’est qu’il dépend du Nigeria et du Bénin, deux pays de la Cédéao donc, pour son accès à l’électricité et au port de Cotonou. Pape Ibrahima Kane est persuadé que Lansana Kouyaté va examiner cette spécificité et celle de l’AES avec la Cédéao.   

    « Les deux parties sont vraiment sur la même longueur d’ondes pour engager la discussion » (Pape Ibrahima Kane)

    Romuald Wadagni tente la décrispation 

    Autre bonne nouvelle pour un maintien du dialogue, c’est la nomination de Bassirou Diomaye Faye comme président en exercice de la Cédéao. Celui-ci s’était déjà rendu en mai 2024, juste après son élection, dans les pays de l’AES. Puis, il y a l’arrivée au pouvoir au Bénin de Romuald Wadagni. Il a choisi de se rendre en premier au Niger, juste après son investiture, avant des visites au Burkina Faso et au Mali. 

    « Ils (Bassirou Diomaye Faye et Romuald Wadagni) sont en bien meilleure position que les autres (Alassane Ouattara, Patrice Talon, Macky Sall) qu’on accusait de tous les noms d’oiseaux. Il y a aussi une nouvelle équipe qui va s’installer au niveau d’Abuja à la Cédéao et qui va commencer à dérouler un programme qui sera moins marqué que ne l’était l’ancien programme », fait remarquer Pape Ibrahima Kane sur la DW. 

    Sahanine Mahamadou est conseiller spécial de Mohamed Bazoum en charge des ONG et responsable de la cellule affaires coutumières, religieuses, sociales et humanitaires. Pour lui, la Cédéao a toujours souhaité le dialogue avec le Niger.  

    « Ce sont toujours les militaires qui n’ont pas voulu du dialogue. Si réellement, ces gens sont véritablement des vrais patriotes, ils doivent chercher des débouchés pour laisser place aux civils, parce que le monde a évolué, il n’est plus possible pour des militaires de gérer le pays dans nos Etats. »

    En s’exprimant ainsi, Sahanine Mahamadou souhaite en filigrane le retour au pouvoir de Mohamed Bazoum. Le président nigérien déchu n’a toujours pas signé sa lettre de démission. En mars dernier, une résolution du Parlement européen a condamné quasiment à l’unanimité la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse. Le texte non contraignant appelle aussi à leur libération immédiate. Ce texte a suscité le courroux de Niamey qui dénonce de l’ingérence et du paternalisme.

    France, Paris | Manifestation en faveur du président Mohamed Bazoum devant l'ambassade du Niger (05.08.23)

    Le sort de Mohamed Bazoum

    Pour Jérôme Pigné, président et fondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel, se pose une question : comment l’UE doit faire valoir ses valeurs auprès du Niger tout en maintenant le dialogue avec Niamey ? 

    « Evidement que la question de la détention illégale du président Mohamed Bazoum est un caillou dans la chaussure de l’Union européenne quand elle veut parler au Niger. Mais de manière générale, il faut savoir ce que les Européens veulent. Est-ce que c’est s’asseoir sur ses principes au nom de la realpolitik ? C’est un jeu d’équilibriste, pour l’instant, personne n’a trouvé la solution. »       

    Jérôme Pigné rappelle que le Niger était un partenaire historique de l’UE. Celle-ci serait en train de « repenser son schéma de coopération avec le Niger comme avec les voisins ». « Le dialogue, il est nécessaire, il existe », indique Jérôme Pigné.  

    Dans une étude parue en mars dernier, la fondation allemande pour l’économie et la politique basée à Berlin (SWP) écrivait que « l’Europe devrait proposer aux régimes militaires actuels un soutien de grande envergure pour stabiliser leurs pays ».

    Le soutien européen pourrait passer par le renforcement de la coopération militaire et en matière de sécurité. « La mise à disposition d’informations issues des services de renseignements, la fourniture de matériel militaire ainsi que des investissements dans la formation des forces de sécurité pourraient également en faire partie. »

    D’après la SWP, l’UE peut aussi aider dans l’amélioration de la situation économique au Niger et dans les autres pays du Sahel. Elle exhorte à la poursuite du dialogue politique avec les acteurs politiques et sociaux de la région. « L’Europe ne devrait pas espérer pouvoir amener les juntes à changer de comportement. » 

  • Soutien d’Abuja au Front Polisario : le projet illusoire du gazoduc Nigeria

    Soutien d’Abuja au Front Polisario : le projet illusoire du gazoduc Nigeria

    Par Kamel M. – La réaffirmation par le Nigeria de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) constitue bien plus qu’un simple rappel diplomatique. En renouvelant officiellement son attachement aux principes d’autodétermination, de décolonisation et au respect des frontières héritées de la colonisation, Abuja adresse un signal politique fort qui vient contredire les arguties du régime marocain visant à présenter le dossier du Sahara Occidental comme définitivement clos.

    La visite à Abuja de l’envoyé spécial du président sahraoui, Mohamed Yeslem Beissat, porteur d’un message de Brahim Ghali à son homologue nigérian Bola Ahmed Tinubu, s’inscrit dans une dynamique diplomatique favorable à la RASD. Les entretiens avec les autorités nigérianes ont confirmé la solidité des relations entre les deux pays et la volonté commune de renforcer leur coopération, tout en réaffirmant les principes fondateurs de l’Union africaine qui font du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes un pilier de l’organisation continentale.

    Cette position revêt une portée particulière au regard des chimériques ambitions régionales affichées par Rabat. Depuis plusieurs années, les autorités marocaines mettent en avant le projet de gazoduc Nigeria-Maroc comme le symbole d’un partenariat stratégique appelé à redessiner la carte énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Or, la confirmation par Abuja de son soutien historique à la RASD démontre que le prétendu développement d’une coopération économique avec le Maroc ne s’est jamais traduit par un alignement politique sur la question du Sahara Occidental.

    Cette clarification annihile le discours marocain qui tend à présenter le mégaprojet gazier comme l’expression d’une convergence politique globale avec le Nigeria. Si le projet est régulièrement mis en avant lors de déclarations officielles, son coût colossal, les défis sécuritaires, les difficultés de financement et la longueur exceptionnelle de son tracé alimentent depuis longtemps les interrogations sur sa concrétisation réelle sur le terrain. Dans ce contexte, le maintien sans ambiguïté de la reconnaissance nigériane de la RASD apparaît comme un démenti aux lectures qui annonçaient un basculement diplomatique d’Abuja en faveur de Rabat.

    Au-delà du cas nigérian, la diplomatie sahraouie continue de consolider ses positions sur le continent africain. Membre fondateur de l’Union africaine, la RASD poursuit une intense activité diplomatique auprès des Etats membres afin de préserver le consensus africain en faveur de la décolonisation du Sahara Occidental et de la reprise du processus politique sous l’égide des Nations unies. Les récents échanges avec plusieurs capitales africaines témoignent d’une volonté de renforcer les partenariats historiques et de rappeler que la question sahraouie demeure, pour une large partie de l’Afrique, une question inachevée de décolonisation relevant du droit international.

    K. M.

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  • Gabon-FMI : le PNCD au cœur d’un nouveau programme d’ici 2026

    Gabon-FMI : le PNCD au cœur d’un nouveau programme d’ici 2026

    Le rapprochement entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) franchit une nouvelle étape. Le 23 juillet, à Libreville, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault a accueilli une mission conduite par Régis Olivier N’Sondé, administrateur de l’institution de Bretton Woods. À l’ordre du jour, la définition du cadre d’un nouveau programme de coopération financière, dont la signature est visée à l’horizon de décembre 2026. Les deux parties ont convenu de bâtir cet accord autour du Plan national de développement pour la transition, boussole économique de l’exécutif gabonais.

    Le PNCD, colonne vertébrale du futur programme

    Le Plan national de développement pour la transition (PNCD) constitue la feuille de route stratégique adoptée par les autorités gabonaises pour la période post-transition. Il ambitionne de diversifier une économie encore largement adossée à la rente pétrolière, de moderniser les infrastructures et de renforcer la gouvernance des finances publiques. Placé au centre des discussions avec le FMI, il servira de matrice aux réformes que Libreville s’engagera à conduire en contrepartie d’un appui budgétaire et technique.

    Pour l’exécutif de transition, cette articulation entre PNCD et programme FMI vise à consolider la crédibilité du pays auprès de ses partenaires financiers. Après plusieurs années de tensions budgétaires accentuées par la volatilité des cours des hydrocarbures, le Gabon cherche à sécuriser des marges de manœuvre budgétaires tout en préservant sa trajectoire d’investissement. Un accord avec le Fonds enverrait aussi un signal aux agences de notation et aux investisseurs internationaux, dans un contexte où plusieurs économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) négocient parallèlement leurs propres arrangements avec l’institution.

    Une négociation calibrée sur dix-huit mois

    Le calendrier retenu prévoit une conclusion des discussions techniques d’ici décembre 2026. Ce délai, relativement large, doit permettre aux équipes gabonaises et aux services du FMI d’aligner les diagnostics macroéconomiques, de calibrer les objectifs de consolidation budgétaire et de définir les indicateurs de suivi. Les précédents programmes conclus par Libreville avec l’institution ont buté sur des difficultés d’exécution, notamment en matière de maîtrise de la masse salariale et de recouvrement fiscal. Les négociateurs entendent tirer les enseignements de ces expériences pour bâtir un dispositif plus soutenable.

    Régis Olivier N’Sondé, qui représente au conseil d’administration du FMI un groupe de pays africains dont le Gabon, joue un rôle charnière dans ce processus. Son intervention aux côtés des équipes techniques traduit la volonté du Fonds d’accompagner la transition politique et économique gabonaise. Les échanges avec Hermann Immongault ont notamment porté sur la trajectoire de la dette publique, la mobilisation des recettes non pétrolières et la qualité de la dépense publique, trois chantiers structurants du PNCD.

    Diversification économique et souveraineté financière en ligne de mire

    Au-delà de la seule dimension financière, l’accord recherché engage la souveraineté économique du Gabon. Les autorités souhaitent que le futur programme intègre un volet consacré à la transformation locale des matières premières, en particulier dans les filières bois, manganèse et hydrocarbures. La montée en gamme industrielle figure parmi les priorités affichées par les responsables de la transition, qui cherchent à réduire la dépendance aux exportations brutes et à créer des emplois qualifiés.

    La question du climat des affaires est également sur la table. Le FMI plaide traditionnellement pour une rationalisation des exonérations fiscales, une plus grande transparence dans la passation des marchés publics et un renforcement des institutions de contrôle. Ces exigences recoupent en partie les orientations affichées par les autorités gabonaises depuis la transition. Reste à en préciser la mise en œuvre concrète, sous forme de repères quantitatifs et de mesures préalables que le pays devra adopter avant tout décaissement.

    Concrètement, les mois à venir seront consacrés à des missions techniques de l’institution à Libreville, à l’échange de données macroéconomiques actualisées et à la formalisation d’un mémorandum de politique économique. Le résultat de ces travaux conditionnera l’ampleur et la nature du soutien financier, qu’il prenne la forme d’un accord au titre du mécanisme élargi de crédit ou d’un instrument non financier de suivi. Pour l’exécutif gabonais, l’enjeu est double : ancrer la crédibilité budgétaire du pays et donner au PNCD les moyens de ses ambitions. Selon Gabon Review, les deux parties ont affiché leur détermination à respecter le calendrier fixé.

    Pour aller plus loin

    Franc CFA : Lionel Zinsou défend la garantie française du taux de change · Décès de Diouldé Niane : Samuel Sarr rend hommage au financier · Cameroun : une dette flottante de 1,8 milliard USD au T1 2026

  • Cameroun : l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie en 2026

    Cameroun : l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie en 2026

    L’économie camerounaise entre dans une phase de turbulence avec l’échéance du contrat du Hilli Episeyo. Ce navire-usine de liquéfaction de gaz naturel, amarré au large de Kribi depuis 2018, quittera les eaux territoriales en juillet 2026. Son départ, prévu par l’accord liant Golar à la Société nationale des hydrocarbures (SNH), s’annonce comme un tournant pour le pays. Les autorités économiques camerounaises anticipent déjà un ralentissement marqué de la croissance, aggravé par des tensions géopolitiques et un affaiblissement de plusieurs secteurs exportateurs.

    Les projections du Comité national économique et financier (CNEF) révèlent une croissance du produit intérieur brut (PIB) camerounais en net recul. En 2026, le PIB devrait progresser de 3,2 %, contre 3,5 % en 2025, puis de 3,1 % en 2027. Une estimation légèrement plus optimiste table sur une croissance de 3,3 % en 2026 et 3,2 % en 2027. Dans les deux scénarios, le secteur extractif, en particulier le pétrole et le gaz, pèsera lourdement sur les performances économiques. Sa contribution négative atteindra -0,4 point de PIB pour les deux années à venir. Le PIB pétrolier, qui englobe toutes les activités liées aux hydrocarbures, chutera de 16,1 % en 2026, puis de 18 % en 2027.

    Un marché du gaz naturel liquéfié déjà en déclin avant le départ du navire

    La fin du Hilli Episeyo survient dans un contexte déjà difficile pour le gaz naturel liquéfié (GNL) camerounais. Les recettes d’exportation de GNL ont reculé de 8,1 % entre 2024 et 2025, passant de 381 à 350,2 milliards de FCFA. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus longue : en 2022, les recettes atteignaient 622 milliards de FCFA, un niveau record. Le premier trimestre 2026 confirme cette tendance avec un recul de 28,4 % des exportations de GNL, soit l’une des baisses les plus marquées parmi les produits exportés.

    Malgré ce déclin, le GNL représentait encore 11,4 % des recettes d’exportation du Cameroun en 2025. Son départ prive donc le pays d’un pilier essentiel de son économie, alors que d’autres secteurs clés subissent également des revers. Les exportations de cacao et de ses dérivés ont chuté de 37,7 %, celles de bois de 11,5 %, d’aluminium de 53,7 % et de caoutchouc brut de 16,7 %. L’accumulation de ces reculs accentue l’impact du départ du Hilli Episeyo sur l’économie nationale.

    Déficit courant et budgétaire en hausse : un défi pour les finances publiques

    Les équilibres macroéconomiques camerounais seront fortement sollicités par ce changement. Le CNEF prévoit un déficit courant de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 6,1 % en 2027, contre 3,2 % en 2025. Le déficit budgétaire suivra une trajectoire similaire, passant de 1,7 % du PIB en 2026 à 2,1 % en 2027. Ces prévisions intègrent également un ralentissement du commerce mondial, une hausse des coûts de transport et une progression modérée des recettes publiques.

    La volatilité des prix du pétrole ajoute une couche de complexité à la gestion économique. Le gouvernement camerounais doit arbitrer entre deux options : maintenir les subventions sur les carburants, ce qui alourdirait le déficit budgétaire, ou ajuster les prix à la pompe, risquant d’alimenter l’inflation et de réduire le pouvoir d’achat des ménages. Le CNEF souligne l’étroitesse des marges de manœuvre disponibles pour naviguer entre ces contraintes.

    Yoyo-Yolanda et nouveaux blocs : des solutions encore lointaines

    Pour compenser le départ du Hilli Episeyo, la SNH mise sur la diversification de son portefeuille. Le projet le plus avancé est le champ transfrontalier Yoyo-Yolanda, partagé avec la Guinée équatoriale. Les réserves estimées s’élèvent à environ 2 500 milliards de pieds cubes, avec un investissement prévu de près de 4 milliards de dollars. Cependant, sa mise en service reste conditionnée à la finalisation d’accords techniques, à la mobilisation des financements et à la construction d’infrastructures adaptées.

    En parallèle, la SNH poursuit l’attribution de nouveaux blocs d’exploration dans les bassins de Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo. Les négociations pour des contrats de partage de production sont en cours, mais aucune garantie n’existe quant à la découverte de réserves exploitables ou à une production rapide. Le risque principal réside dans la durée de la transition : plus l’écart entre le départ du Hilli Episeyo et l’entrée en production de nouveaux projets s’allonge, plus l’impact négatif sur la croissance camerounaise se prolongera.

  • Gabon : les avocats d’Alain Claude Bilie By Nze dénoncent une détention fondée sur un ancien litige

    Gabon : les avocats d’Alain Claude Bilie By Nze dénoncent une détention fondée sur un ancien litige

    POLITIQUE

    Gabon : les avocats d’Alain Claude Bilie By Nze dénoncent une détention fondée sur un ancien litige

    Détenu depuis le 15 avril, l’ancien Premier ministre gabonais et principal opposant Alain Claude Bilie By Nze totalise plus de 100 jours d’incarcération. Ses avocats estiment que les poursuites engagées contre lui reposent sur un différend financier remontant à 2008 et dénoncent une procédure irrégulière. 

    Les avocats d’Alain Claude Bilie By Nze affirment que leur client est détenu depuis plus de trois mois dans le cadre d’une affaire liée à un litige privé ancien. Dans un communiqué, ils soutiennent que ce différend, portant sur environ 7 600 euros et datant de 2008, a été utilisé pour justifier son arrestation. Selon le parti Ensemble pour le Gabon, l’ancien chef du gouvernement est poursuivi pour escroquerie et abus de confiance. Alain Claude Bilie By Nze avait occupé les fonctions de Premier ministre avant la prise de pouvoir du général Brice Oligui Nguema lors du coup d’État d’août 2023. Il s’était ensuite présenté à l’élection présidentielle remportée par ce dernier, sans parvenir à inverser le résultat.

    Des critiques sur les conditions de détention et la procédure

    Les conseils de l’opposant affirment qu’il est maintenu dans une cellule de cinq mètres carrés, dépourvue de lumière, dans un établissement pénitentiaire de Libreville. Ils évoquent également une période de 100 jours d’isolement qu’ils qualifient de « politique et arbitraire ». La défense soutient par ailleurs qu’elle n’a jamais obtenu l’accès au dossier de la procédure. Selon ses déclarations, le juge d’instruction aurait indiqué ne plus être en possession des documents concernés. Une demande d’annulation de la procédure déposée par les avocats a été rejetée le 2 juin par la cour d’appel de Libreville. « Un homme est détenu sur la base d’un dossier que sa défense n’a jamais été autorisée à voir », a déclaré l’avocat Arthur Vercken dans le communiqué diffusé par l’équipe de défense. Le coup d’État d’août 2023 avait mis un terme à plus de cinquante ans de pouvoir exercé par la famille Bongo. Brice Oligui Nguema a ensuite été élu président lors d’un scrutin présenté par les nouvelles autorités comme une étape du retour à un pouvoir civil. L’incarcération d’Alain Claude Bilie By Nze intervient dans un climat politique marqué par la réorganisation des institutions après cette transition.

    LSI AFRICA
  • Togo–Union européenne : un partenariat « en forte croissance », selon l’ambassadeur sortant Gwilym Ceri Jones

    Togo–Union européenne : un partenariat « en forte croissance », selon l’ambassadeur sortant Gwilym Ceri Jones

    Au terme de sa mission diplomatique au Togo, l’ambassadeur de l’Union européenne, Gwilym Ceri Jones, a été reçu ce jeudi par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. L’occasion pour le diplomate de dresser un bilan élogieux d’un partenariat qu’il décrit comme ayant considérablement gagné en ampleur et en portée.

    Reçu en audience de départ, l’ambassadeur européen a salué, à sa sortie, l’élargissement du partenariat entre Bruxelles et Lomé lors de sa mission, un partenariat désormais déployé dans les domaines du développement durable, des infrastructures, de l’énergie, de la gouvernance, de l’éducation et de la sécurité. Il est venu, a-t-il expliqué, pour échanger avec le chef de l’État togolais, l’écouter et dresser un état des lieux de la coopération engagée.

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    Selon Gwilym Ceri Jones, ambassadeur de l’Union européenne au Togo, le bilan est celui d’un renforcement considérable de ce partenariat, tant en ampleur qu’en portée.

    Présidence du Conseil du Togo

    Des programmes d’investissement en plein essor

    Le diplomate a insisté sur le renforcement des programmes d’investissement européens au Togo, évoquant un portefeuille porteur de nombreuses opportunités pour les secteurs privés togolais et européens. Selon lui, cette dynamique doit soutenir la croissance et l’emploi dans des filières jugées stratégiques, parmi lesquelles l’énergie, l’agriculture et le numérique.

    Sécurité et développement, un couple indissociable

    L’ambassadeur s’est également attardé sur l’approfondissement de la coopération en matière de paix et de sécurité, qu’il juge indissociable de tout projet de développement. Il a rappelé que l’Union européenne a renforcé son appui aux forces armées togolaises, tant dans la lutte contre le terrorisme que dans le renforcement de la sécurité maritime.

    Gwilym Ceri Jones a par ailleurs tenu à saluer la qualité des relations nouées entre le Togo et l’Union européenne, se disant confiant dans la poursuite et l’approfondissement de ce partenariat au-delà de son propre mandat.

    Présidence du Conseil du Togo

    Le DCP 2021-2027, cadre de la coopération

    Les interventions européennes au Togo s’inscrivent dans le Document conjoint de programmation pluriannuelle (DCP) 2021-2027, doté d’un portefeuille de 201 millions d’euros. Ce cadre oriente les financements vers trois axes : le développement humain et l’inclusion socio-économique, les agro-industries durables et la gestion des ressources naturelles, ainsi que la consolidation d’une société togolaise apaisée et résiliente, fondée sur une gouvernance inclusive.

    Un nouveau mécanisme tripartite pour les affaires

    Cette dynamique de coopération a connu une impulsion supplémentaire en juin dernier, avec le lancement officiel d’un mécanisme de coopération tripartite associant le gouvernement togolais, l’Équipe Europe et Eurocham Togo. Ce cadre permanent de concertation ambitionne de rendre le climat des affaires plus attractif, de stimuler les investissements européens et d’accompagner les réformes économiques engagées par le gouvernement togolais.

    Il doit également permettre d’orienter la coopération vers des résultats plus concrets : la création d’emplois, le développement du secteur privé et la transformation structurelle de l’économie togolaise. Autant d’initiatives qui, selon les deux parties, illustrent la solidité d’un partenariat appelé à se poursuivre au-delà du départ de l’ambassadeur Jones.

    Présidence du Conseil du Togo
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  • Togo–Union européenne : un partenariat « en forte croissance », selon l’ambassadeur sortant Gwilym Ceri Jones

    Togo–Union européenne : un partenariat « en forte croissance », selon l’ambassadeur sortant Gwilym Ceri Jones

    Au terme de sa mission diplomatique au Togo, l’ambassadeur de l’Union européenne, Gwilym Ceri Jones, a été reçu ce jeudi par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. L’occasion pour le diplomate de dresser un bilan élogieux d’un partenariat qu’il décrit comme ayant considérablement gagné en ampleur et en portée.

    Reçu en audience de départ, l’ambassadeur européen a salué, à sa sortie, l’élargissement du partenariat entre Bruxelles et Lomé lors de sa mission, un partenariat désormais déployé dans les domaines du développement durable, des infrastructures, de l’énergie, de la gouvernance, de l’éducation et de la sécurité. Il est venu, a-t-il expliqué, pour échanger avec le chef de l’État togolais, l’écouter et dresser un état des lieux de la coopération engagée.

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    Selon Gwilym Ceri Jones, ambassadeur de l’Union européenne au Togo, le bilan est celui d’un renforcement considérable de ce partenariat, tant en ampleur qu’en portée.

    Présidence du Conseil du Togo

    Des programmes d’investissement en plein essor

    Le diplomate a insisté sur le renforcement des programmes d’investissement européens au Togo, évoquant un portefeuille porteur de nombreuses opportunités pour les secteurs privés togolais et européens. Selon lui, cette dynamique doit soutenir la croissance et l’emploi dans des filières jugées stratégiques, parmi lesquelles l’énergie, l’agriculture et le numérique.

    Sécurité et développement, un couple indissociable

    L’ambassadeur s’est également attardé sur l’approfondissement de la coopération en matière de paix et de sécurité, qu’il juge indissociable de tout projet de développement. Il a rappelé que l’Union européenne a renforcé son appui aux forces armées togolaises, tant dans la lutte contre le terrorisme que dans le renforcement de la sécurité maritime.

    Gwilym Ceri Jones a par ailleurs tenu à saluer la qualité des relations nouées entre le Togo et l’Union européenne, se disant confiant dans la poursuite et l’approfondissement de ce partenariat au-delà de son propre mandat.

    Présidence du Conseil du Togo

    Le DCP 2021-2027, cadre de la coopération

    Les interventions européennes au Togo s’inscrivent dans le Document conjoint de programmation pluriannuelle (DCP) 2021-2027, doté d’un portefeuille de 201 millions d’euros. Ce cadre oriente les financements vers trois axes : le développement humain et l’inclusion socio-économique, les agro-industries durables et la gestion des ressources naturelles, ainsi que la consolidation d’une société togolaise apaisée et résiliente, fondée sur une gouvernance inclusive.

    Un nouveau mécanisme tripartite pour les affaires

    Cette dynamique de coopération a connu une impulsion supplémentaire en juin dernier, avec le lancement officiel d’un mécanisme de coopération tripartite associant le gouvernement togolais, l’Équipe Europe et Eurocham Togo. Ce cadre permanent de concertation ambitionne de rendre le climat des affaires plus attractif, de stimuler les investissements européens et d’accompagner les réformes économiques engagées par le gouvernement togolais.

    Il doit également permettre d’orienter la coopération vers des résultats plus concrets : la création d’emplois, le développement du secteur privé et la transformation structurelle de l’économie togolaise. Autant d’initiatives qui, selon les deux parties, illustrent la solidité d’un partenariat appelé à se poursuivre au-delà du départ de l’ambassadeur Jones.

    Présidence du Conseil du Togo
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  • Cameroun: l’absence prolongée du président Paul Biya relance le débat sur l’inertie du pouvoir

    Cameroun: l’absence prolongée du président Paul Biya relance le débat sur l’inertie du pouvoir

    Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 1982 et doyen des chefs d’Etat dans le monde, est âgé de 93 ans. Cela fait 48 jours samedi qu’il a quitté le sol camerounais, parti le 7 juin pour un «court séjour privé en Europe» selon un communiqué officiel, accompagné de son épouse Chantal Biya.

    L’état de santé de M. Biya, qui séjourne très régulièrement à Genève, fait l’objet de maintes rumeurs, parfois démenties par le gouvernement.

    Le 18 juin, en réaction à des articles de presse, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a publié un communiqué pour démentir l’hospitalisation du dirigeant camerounais dans une clinique genevoise.

    Pour l’opposition camerounaise, cette absence du président est révélatrice d’un «vide institutionnel criant», selon les mots de Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), sur Facebook vendredi.

    «Pilotage automatique»

    Mi-juillet, la présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Patricia Tomaïno Ndam Njoya, a ainsi appelé le gouvernement à définir «une procédure impartiale de constatation de l’empêchement temporaire ou définitif» du chef de l’Etat.

    James Fame Ndongo, cadre du parti présidentiel et ministre de l’Enseignement supérieur, a balayé mardi les accusations de vacance du pouvoir, arguant qu’«où il se trouve, le chef de l’Etat suit méticuleusement les dossiers que lui soumettent (…) ses collaborateurs».

    Ces controverses sur la vacance du pouvoir au Cameroun sont récurrentes. La dernière date de fin 2024, quand M. Biya avait séjourné une cinquantaine de jours hors du pays.

    Un autre parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), a jugé vendredi que le pays était «en pilotage automatique», non sans ironie.

    Ces absences répétées, depuis plus de vingt ans, ne cessent d’alimenter la frustration de nombreux Camerounais face à l’inertie du pouvoir. «Les gens sont déjà épuisés d’attente», reconnaît Viviane Ondoua Biwolé, professeure en management public à l’université de Yaoundé, interrogée par l’AFP.

    «D’abord parce que le gouvernement actuel est en place depuis huit ans, ce qui constitue un record. Ensuite parce que nous sortons d’une élection aux résultats très mitigés. Beaucoup considèrent qu’après une élection, c’est le moment du renouvellement», poursuit-elle.

    La réélection de M. Biya à un huitième mandat en octobre 2025 avait donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang – le gouvernement reconnaissant «plusieurs dizaines» de morts sans fournir de bilan exact.

    Les résultats, contestés par l’opposition, avaient suscité une certaine réserve parmi les chancelleries occidentales.

    Deux mois plus tard, dans son discours à la Nation du 31 décembre, M. Biya avait assuré qu’il procéderait à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale «dans les prochains jours».

    Mais 7 mois après, il n’a toujours pas formé le nouveau gouvernement qu’il avait lui-même annoncé. A cela s’ajoutent les multiples reports des élections municipales et législatives, allongeant indéfiniment le mandat des élus en place.

    Après-Biya

    Le pouvoir camerounais a néanmoins initié récemment certains changements dans les institutions, avec le remplacement des présidents des deux chambres du parlement en mars, puis la création d’un poste de vice-président par une réforme constitutionnelle début mai.

    Mais une fois de plus, bientôt trois mois après la réforme, aucun vice-président n’a été nommé. Et cette attente a immanquablement nourri les fantasmes.

    En juin, un individu s’est présenté au siège de la radio publique à Yaoundé pour y déposer un document présenté comme un décret présidentiel de nomination du vice-président de la République.

    Le faux document comportait bien les sceaux de la présidence et une signature attribuée à M. Biya, mais n’a pas trompé la vigilance des journalistes qui ne l’ont pas diffusé, alimentant toutefois les rumeurs.

    Ces manoeuvres institutionnelles ne font qu’amplifier les spéculations quant à l’après-Biya et semblent aussi accélérer la course pour sa succession, qui reste entourée d’un épais brouillard.

    «Il y a de manière plus ou moins visible, une crise qui existe au sommet de l’État entre les proches du président», affirme Mme Ondoua Biwolé.

    Ce que confirme à l’AFP le politologue Stéphane Akoa: «De plus en plus d’indiscrétions font état de querelles entre les différents clans dans son entourage».

    Derrière l’un de ces «clans», l’ombre de Chantal Biya, la Première dame, «de plus en plus présente dans les affaires de l’Etat», «son nom étant souvent cité dans les prises de décisions et les nominations au sommet de l’Etat», observe M. Akoa.

    Tant qu’un vice-président n’a pas été nommé, il incombe au président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, de prendre le relais en cas de vacance du pouvoir, le temps qu’une élection présidentielle soit organisée.

    Par Le360 Afrique (avec AFP)
    Le 25/07/2026 à 07h12
  • Niamey accueille le forum 2026 de la diaspora nigérienne

    Niamey accueille le forum 2026 de la diaspora nigérienne

    Les 28 et 29 juillet 2026, la capitale Niamey s’apprête à devenir le cœur battant de la communauté nigérienne de l’étranger. À cette date, s’y tiendra la deuxième édition du Forum de la Diaspora Nigérienne, un événement d’envergure placé sous le signe du développement et de l’innovation pour le Niger.

    Organisé par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, ce forum ambitionne d’élever le rôle de la diaspora au rang de pilier essentiel pour l’essor économique et social du pays. Une ambition partagée par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui accorde son haut patronage à cette rencontre stratégique.

    Un événement au service de la Refondation nationale

    Le Centre International de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey accueillera cette édition 2026, dont le thème central sera : « Contribution de la diaspora nigérienne au développement économique et social du pays dans le contexte de la Refondation ».

    L’objectif ? Créer un espace de dialogue inédit entre les Nigériens de l’extérieur, les institutions publiques, les partenaires financiers et les acteurs privés. L’enjeu : mettre en lumière les savoir-faire, les investissements et les ressources de la diaspora pour accélérer la transformation du Niger.

    Au-delà des échanges théoriques, ce forum vise à concrétiser des projets porteurs. Les participants exploreront des mécanismes innovants pour stimuler les investissements productifs, transférer des compétences et renforcer l’implication des Nigériens de l’étranger dans les grands chantiers nationaux.

    Deux journées dédiées à l’avenir du Niger

    Durant ces deux jours, les débats s’articuleront autour des opportunités et des défis liés à l’intégration active de la diaspora dans la construction du pays. Les discussions mettront l’accent sur les solutions pour renforcer les synergies entre les talents expatriés et les besoins concrets du Niger.

    Ce forum se positionne comme une plateforme idéale pour consolider les partenariats durables entre les pouvoirs publics, les investisseurs, les entrepreneurs et les membres de la diaspora. Une collaboration qui s’inscrit dans une vision d’avenir, où chaque acteur apporte sa pierre à l’édifice national.

    Faire de la diaspora un levier de la Refondation

    Avec cette initiative, le gouvernement réaffirme sa conviction : la diaspora est un partenaire clé pour la Refondation. Les autorités comptent sur l’expertise, les compétences et les capitaux des Nigériens de l’étranger pour soutenir les ambitions économiques et sociales du pays.

    Le coup d’envoi sera donné le 28 juillet au Centre International de Conférences Mahatma Gandhi de Niamey. Ce forum se veut bien plus qu’une simple rencontre : il incarne une volonté de transformer l’engagement des expatriés en actions concrètes, durables et impactantes pour le Niger.

  • Adama bictogo lance une tournée politique avant la fête nationale à yopougon

    Yopougon s’apprête à accueillir la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, prévue le 7 août prochain. Pour marquer cette occasion historique, le député-maire de la commune, Adama Bictogo, organise une tournée politique dès ce samedi 25 juillet 2026. L’objectif ? Mobiliser les militants des principales formations politiques locales en vue de faire de cet événement un moment d’unité et de cohésion.

    Une mobilisation politique inclusive pour la fête nationale

    Cette tournée, annoncée par le cabinet du député-maire, s’adresse aux militants de quatre partis politiques influents de Yopougon : le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et le Front populaire ivoirien (FPI). Une démarche qui s’inscrit dans la volonté de rassembler toutes les sensibilités politiques autour de cette fête nationale.

    Un parcours bien rythmé pour renforcer l’engagement citoyen

    Le programme de cette journée de mobilisation est précis et chargé. Adama Bictogo débutera sa tournée à 11h avec les militants du COJEP à Kouté. À 15h, il se rendra à Sicogi Vegas pour rencontrer ceux du PDCI-RDA. Une étape supplémentaire est prévue à 16h au siège du RHDP, avant de conclure la journée à 17h au quartier Maroc Kimi, où il échangera avec les militants du FPI. Chaque rencontre vise à renforcer l’implication des acteurs locaux dans l’organisation des festivités.

    Yopougon, symbole d’une Côte d’Ivoire unie

    Le choix de Yopougon comme commune hôte de cette célébration n’est pas anodin. Considérée comme un microcosme de la diversité politique et sociale du pays, cette cité incarne parfaitement l’esprit d’unité que les organisateurs souhaitent promouvoir. En associant toutes les forces politiques à la préparation de l’événement, le Comité d’organisation de la Fête nationale à Yopougon entend faire de cette journée un moment de rassemblement, au-delà des clivages partisans.

    Cette initiative s’ajoute à une dynamique déjà engagée depuis le 13 juillet. Ce jour-là, des représentants des quatre partis politiques avaient été réunis pour mettre en place les commissions chargées des préparatifs. Adama Bictogo avait alors insisté sur la nécessité d’une coordination sans faille pour garantir le succès de la célébration. « L’atteinte des objectifs suppose une unicité de commandement », avait-il souligné, tout en appelant à un « discours de paix et de rassemblement ».

    Il avait également rappelé que cette mobilisation collective ne devait pas être perçue comme un avantage pour un parti en particulier. « Il ne faut pas croire que ça profite à un parti plus qu’à un autre, ça nous grandit tous », avait-il affirmé avec conviction.

    À quelques jours de la date fatidique, cette tournée politique s’impose comme une étape clé pour fédérer les énergies autour d’un projet commun. L’enjeu est de taille : faire du 7 août 2026 une journée de communion, d’unité et de fierté nationale pour tous les Ivoiriens.

  • Les grands changements à la Primature depuis le départ de Ousmane Sonko

    Les grands changements à la Primature depuis le départ de Ousmane Sonko

    Les grands changements à la Primature depuis le départ de Ousmane Sonko

    Les grands changements à la Primature depuis le départ de Ousmane Sonko

    La nouvelle administration d’Al Aminou Lô à la Primature a vu une redéfinition des services étatiques, marquée par des transferts de compétences et le renforcement du cabinet, selon le décret n° 2025-1431.

    Depuis le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, le 22 mai 2026, l’organisation des services rattachés au chef du gouvernement a connu une nouvelle reconfiguration.

    Remplacé par Al Aminou Lô, l’ancien Premier ministre laisse une administration dont plusieurs composantes ont été redéfinies par le décret n° 2025-1431 portant répartition des services de l’État ainsi que du contrôle des établissements publics, des sociétés nationales et des sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Ce texte, pris à la suite du dernier remaniement gouvernemental, consacre une redistribution des compétences et modifie sensiblement l’architecture de la Primature.

    Les premiers changements remontent toutefois au passage d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement. Le décret n° 2025-1929 du 27 novembre 2025 avait considérablement renforcé le cabinet du Premier ministre avec la création de plusieurs structures. Parmi elles figurent la Cellule d’orientation et de suivi des réformes, l’Inspection des services, le Comité d’orientation et de suivi des initiatives de valorisation et de recyclage d’actifs, institué par le décret n° 2025-1605 du 2 octobre 2025, ainsi que la Commission des achats. Le Secrétariat général du Gouvernement avait également été étoffé avec la mise en place d’une Cellule de préparation du Conseil des ministres et de suivi des dossiers destinés aux institutions, en plus de la création de la Commission nationale d’accès à l’information.

    Avec l’arrivée d’Al Aminou Lô, la configuration administrative a de nouveau évolué. Son cabinet a été renforcé par le rattachement du Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local, auparavant placé sous la tutelle du ministère du Pétrole et des Mines. En parallèle, le Secrétariat général du Gouvernement a été délesté de plusieurs structures transférées vers d’autres départements ministériels. La Direction générale du service civique national et du volontariat relève désormais du ministère de la Jeunesse et des Sports, tandis que le Bureau de l’information et de la communication du Gouvernement (BIC-Gouv), jusque-là dirigé par le journaliste Mame Gor Ngom, est désormais rattaché au ministère de la Communication et des Relations avec les institutions. L’Observatoire national des lieux de privation de liberté a, pour sa part, été placé sous l’autorité du ministère de la Justice.

    La nouvelle organisation marque également un changement dans la communication gouvernementale. Le poste de secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec les institutions et porte-parole du Gouvernement, a disparu de l’organigramme de la Primature. Le président de la République a préféré confier ces attributions à un ministre de plein exercice en charge de la Communication et des Relations avec les institutions, qui assume désormais les fonctions de porte-parole du Gouvernement. Cette réforme traduit une volonté de redistribuer certaines compétences entre la Primature et les ministères, tout en adaptant l’organisation gouvernementale aux nouvelles orientations de l’exécutif.

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