Auteur/autrice : nigeractu

  • Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Le président du PDCI, Tidjane Thiam, après un entretien avec Reuters, à Paris, le 23 avril 2025. © Stéphanie Lecocq/REUTERS

    Publié aujourd’hui à 18h55 Lecture : 5 minutes.

    Résumer
    Tidjane Thiam Parti Démocratique de Côte d’ivoire (PDCI)
  • Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Le président du PDCI, Tidjane Thiam, après un entretien avec Reuters, à Paris, le 23 avril 2025. © Stéphanie Lecocq/REUTERS

    Publié aujourd’hui à 18h55 Lecture : 5 minutes.

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    Tidjane Thiam Parti Démocratique de Côte d’ivoire (PDCI)
  • Gabon-France : un nouvel horizon

    Gabon-France : un nouvel horizon

    La visite d’Etat du président Oligui Nguema a dessiné le nouvel horizon des relations franco-gabonaises. Elle a marqué, indiscutablement, un tournant, après 42 ans d’absence d’une telle visite au plus haut niveau protocolaire, les deux pays ont décidé de construire un partenariat renouvelé, rompant avec les pratiques du passé pour instaurer un rapport d’egal à égal. Ce nouvel élan se décline naturellement au plan économique par cette détermination d’Oligui Nguema à rompre résolument avec cette logique d’exploitation de nos ressources par les firmes étrangères sans que le Gabon n’en tire réellement profit, par une transformation sur place de celles-ci. Or, pour lui, souverainiste bon teint, notre pays doit être maître de ses ressources. Après Assala, dans le pétrole, le défi de la transformation du manganèse acté lors de cette visite, s’inscrit dans cette dynamique.

    On retient, que dans la capitale française, le président s’y est rendu, certes en partenaire souverain, comme il a dit lui-même, chez un de nos confrères français, mais pour un partenariat rénové, transparent et équitable. La preuve en est qu’au terme des discussions libres initiées par les deux pays, celles-ci ont débouché sur des acquis majeurs pour notre pays. La transformation locale du manganèse avec le groupe français Eramet, qui s’engage à investir pour augmenter ses capacités de transformation, avec un objectif de production fixé à 2031. Bien que ce soit un recul par rapport à l’échéance 2029 initialement souhaitée par Libreville, il s’agit d’une avancée majeure, toute de même, une victoire.

    En effet, même si des ajustements peuvent intervenir de part et d’autre, même si d’aucuns auraient souhaité qu’on y obtienne davantage dans la mise en oeuvre, le Gabon, qui veut mettre fin à l’exportation de minerai brut, obtient un engagement fort sur la création de valeur ajoutée locale. Les modalités abordées doivent en définir les étapes. Un autre avancée porte sur la modernisation du Transgabonais, au centre d’un accord de financement via Proparco, a été signé pour la mise à niveau de cette opération. Abordé depuis quelques années déjà dans le cadre du désengagement des forces françaises, la rédéfinition du partenariat en matière de défense ne reste, pas moins, un autre acquis inscrit dans cette volonté gabonaise de rompre avec le passé, de rééquilibrer la coopération.

    A Paris, Oligui Nguema a manifestement, réaffirmé, tout aussi, la volonté du Gabon de poursuivre la diversification de ses partenaires (Chine, Turquie, Inde), pour, sans doute, ne plus dépendre d’un pays quelconque. Certes, la France reste un partenaire privilégié, mais elle ne saurait empêcher notre pays de s’ouvrir à d’autres partenaires. D’ailleurs, Oligui Nguema a bien insisté là dessus en indiquant que  » hier Paris était le partenaire historique. Aujourd’hui, il y a plusieurs partenaires. Le Gabon est attractif, attire tout le monde et sera ouvert à tout le monde ». ( …). Le regard porté sur le Gabon, en particulier, et l’Afrique, en général, doit changer. Pour ce faire, il faut changer de paradigme si l’on veut que les choses changent. Ce message porté par le dirigeant gabonais a été reçu cinq sur cinq sur les bords de la Seine.

    On retient au terme de ce séjour parisien, que le président Oligui a posé les jalons d’un partenariat économique plus équilibré, tout en amorçant une redéfinition de la relation sécuritaire. Les Gabonais qui ont suivi ce déplacement attendent désormais la concrétisation, voire les premières retombées en fonction des calendriers et étapes adoptés d’accord-parties. Pour un nouvel horizon, cette visite d’Etat en a bien défini les axes.

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  • Les révélations du FMI sur la facture salée de la fermeture des frontières : 117 milliards de FCFA de recettes publiques perdues pour l’État nigérien

    Les révélations du FMI sur la facture salée de la fermeture des frontières : 117 milliards de FCFA de recettes publiques perdues pour l’État nigérien

    **Alors que le Fonds Monétaire International (FMI) chiffre à plus de 117 milliards de FCFA le manque à gagner budgétaire lié à la fermeture des frontières au Niger, la population paie au prix fort le prix des blocages politiques. Entre envolée des prix des denrées alimentaires et asphyxie du commerce transfrontalier, la rhétorique sécuritaire des juntes de la région peine désormais à masquer une gestion économique dans l’impasse. Analyse d’un naufrage financier prévisible.** ## Le gouffre financier : 117 milliards de FCFA évaporés dans les tensions géopolitiques Le constat établi par le Fonds Monétaire International est sans appel : la paralysie du commerce transfrontalier avec le Niger a provoqué un trou d’air budgétaire de 117 milliards de FCFA. Un chiffre vertigineux qui témoigne de l’ampleur du désastre économique frappant l’Afrique de l’Ouest depuis les bouleversements politiques majeurs ayant secoué la région. Les recettes douanières et fiscales, véritable poumon financier des États de la zone, se sont effondrées. En barrant les routes commerciales historiques qui relient les ports côtiers aux marchés enclavés du Sahel, les régimes militaires en place pensaient imposer un bras de fer géopolitique à leurs voisins et aux institutions régionales. La réalité comptable est tout autre : ce sont les caisses publiques qui se vident à grande vitesse. Cette perte colossale d’infrastructures financières affecte directement la capacité des États à financer leurs services publics de base. L’éducation, la santé et les investissements publics majeurs se retrouvent suspendus à des arbitrages budgétaires dramatiques. En coupant les flux de marchandises, les autorités de la région ont scié la branche sur laquelle reposait une part essentielle de la souveraineté financière qu’elles prétendent pourtant incarner. ## Du panier de la ménagère au marché local : l’inflation asphyxie le quotidien Derrière la sécheresse des indicateurs macroéconomiques du FMI se cache une crise humaine d’une grande sévérité. L’impact de la fermeture des frontières se mesure chaque matin sur les étals des marchés locaux, où le coût de la vie est devenu un sujet de détresse quotidienne. L’arrêt du transit des marchandises a provoqué une raréfaction des denrées de première nécessité. Le riz, l’huile, le sucre ou encore le ciment enregistrent des hausses de prix spectaculaires en raison des pénuries d’approvisionnement et du blocage des camions. La flambée des cours s’explique également par l’augmentation exponentielle des coûts de transport détourné, ce qui entraîne l’asphyxie progressive des petits commerçants et la faillite en chaîne des acteurs de l’économie informelle. Cette inflation galopante n’épargne personne, mais elle frappe de plein fouet les classes les plus vulnérables. En coupant les circuits courts d’échange transfrontalier, les gouvernements régionaux ont brisé la dynamique micro-économique qui permettait à des villes entières de survivre. ## L’argument sécuritaire comme écran de fumée : la stratégie de l’enfumage Face à la dégradation des indicateurs économiques, la stratégie de communication des juntes de l’Alliance des États du Sahel (AES) demeure immuable. Les difficultés quotidiennes sont quasi systématiquement imputées à des menaces sécuritaires extérieures ou à la responsabilité d’infrastructures défaillantes, à l’image des fermetures stratégiques de ponts ou d’axes routiers officiellement motivées par la défense du territoire. Cependant, l’argument sécuritaire et la mise en scène du blocage des infrastructures apparaissent de plus en plus clairement comme un prétexte pratique. Cette rhétorique permet de détourner l’attention des populations des échecs cuisants de la gestion économique et de l’incapacité des autorités de transition à stabiliser les finances publiques. En érigeant la fermeture des voies de communication en acte de résistance patriotique, le pouvoir militaire masque mal ses propres limites d’analyse économique. La rupture des liens avec les partenaires traditionnels et la militarisation des choix commerciaux internationaux n’ont pas apporté la prospérité promise. Elles ont au contraire créé un environnement d’affaires anxiogène, étouffé l’investissement privé et contraint les États à vivre sous perfusion d’expédients financiers précaires. ## Une impasse politique qui exige un retour au pragmatisme La fuite en avant idéologique trouve aujourd’hui ses limites face à la réalité des chiffres. Un déficit de 117 milliards de FCFA ne se comble ni par des discours martiaux, ni par des accusations répétées contre la communauté internationale. L’économie obéit à des règles pragmatiques : la circulation des biens et des personnes est le moteur indispensable de la croissance sahélienne. En voulant transformer les frontières en tranchées politiques, les régimes militaires ont affaibli la région là où elle avait le plus besoin de renforcer ses structures. Pour éviter un effondrement social majeur, la réouverture effective et pérenne des voies de transit, le dialogue pragmatique avec les organisations économiques régionales et la levée des entraves au commerce doivent redevenir des priorités absolues. Il en va du salut économique des populations, qui ne peuvent plus continuer à payer la facture des manœuvres politiques de leurs dirigeants.
  • Remise officielle d’un centre de formation professionnel marocain à Bamako

    Remise officielle d’un centre de formation professionnel marocain à Bamako

    Un centre d’excellence marocain transféré au Mali pour booster l’emploi des jeunes

    Drapeaux du Maroc et du Mali symbolisant la coopération bilatérale Drapeaux du Maroc et du Mali © DR

    Un geste fort de solidarité africaine vient d’être concrétisé à Bamako. Le Complexe Mohammed VI de Formation professionnelle, installé sur 5 200 m², a été officiellement remis aux autorités maliennes. Ce projet ambitieux, porté par la Fondation Mohammed VI pour le Développement durable, s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud visant à renforcer les compétences locales.

    Des formations adaptées aux besoins du marché malien

    Le centre propose 21 filières de formation, réparties entre les métiers du BTP et les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration. Chaque année, près de 1 000 stagiaires pourront y acquérir des compétences pratiques, alliant théorie et expérience professionnelle. L’objectif ? Faciliter leur insertion dans un marché du travail en quête de profils qualifiés.

    Parmi les atouts de ce complexe :

    • Un apprentissage professionnalisant et adapté aux réalités économiques du Mali
    • Un modèle pédagogique axé sur l’alternance et l’expérience terrain
    • Une réponse concrète aux besoins stratégiques du pays en matière de développement humain

    Une coopération renforcée entre Rabat et Bamako

    Lors de l’inauguration, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a souligné l’importance de cette initiative. Il a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui place la jeunesse africaine au cœur des priorités. Ce projet illustre une coopération Sud-Sud active, fondée sur le partage d’expertises et la solidarité interafricaine.

    Oumou Sall Seck, ministre malienne de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a salué ce geste historique. Elle a mis en avant la gratitude du Général d’armée Assimi Goita envers le Maroc, tout en soulignant que ce complexe répond à un besoin criant en capital humain qualifié pour les secteurs clés du développement économique malien.

    Un engagement pour un développement durable

    Ce partenariat dépasse le cadre purement technique. Il incarne une volonté commune de bâtir un avenir plus prospère pour les populations des deux pays. En formant les jeunes Maliens aux métiers d’avenir, le Maroc réaffirme son rôle de partenaire engagé dans la stabilité et la croissance de l’Afrique de l’Ouest.

    Une belle illustration de la diplomatie constructive du Royaume, qui mise sur l’éducation et l’emploi comme leviers de paix et de développement.

  • Au Mali, Washington envisage des frappes contre le JNIM, sur fond d’échecs de l’Africa Corps

    Au Mali, Washington envisage des frappes contre le JNIM, sur fond d’échecs de l’Africa Corps

    ActualitésDéfense / Sécuritéterrorisme

    Au Mali, Washington envisage des frappes contre le JNIM, sur fond d’échecs de l’Africa Corps

    Etienne Benoit
    Publié le
    Lecture : 3 min
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    Donald Trump annule ses frappes contre l'Iran et évoque un accord controversé
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    L’administration de Donald Trump étudie la possibilité de mener des frappes contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al Qaïda, au Mali. Cette option, révélée par le Washington Post, intervient alors que la situation sécuritaire continue de se dégrader au Sahel et que les forces maliennes appuyées par l’Africa Corps russe peinent à reprendre durablement l’initiative face aux groupes armés.

    Washington étudie une intervention contre le JNIM

    Les États Unis pourraient prochainement réengager des moyens militaires au Mali. Selon le Washington Post, cité par plusieurs responsables américains actuels et anciens, l’administration Trump examine la possibilité d’autoriser des frappes contre le JNIM, un groupe affilié à Al Qaïda devenu l’une des principales organisations djihadistes opérant au Sahel.

    Le projet fait toutefois débat au sein de l’administration américaine. D’après le quotidien américain, plusieurs hauts responsables sont divisés sur l’opportunité d’une telle intervention. Sebastian Gorka, directeur principal chargé de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, figure parmi les partisans d’une action militaire.

    Interrogé sur ces informations, un responsable américain n’a ni confirmé ni démenti l’éventualité de frappes. Il a en revanche indiqué que Washington encourageait les gouvernements d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest à acquérir du matériel et des services militaires américains afin de renforcer leur lutte contre les organisations terroristes.

    Le même responsable a qualifié le terrorisme au Sahel de « problème multinational » et appelé les partenaires régionaux ainsi que les alliés de l’OTAN à soutenir l’Alliance des États du Sahel dans son combat contre le JNIM et l’organisation État islamique. Il a également estimé que « la responsabilité de la détérioration de la situation sécuritaire incombe à la Russie », jugeant que Moscou s’était révélée « un partenaire inefficace en matière de sécurité pour le Mali ».

    Le Pentagone a refusé de commenter ces informations. Le Département d’État s’est limité à rappeler que les États Unis condamnaient « sans équivoque les activités terroristes au Mali ». Depuis 2018, Washington classe officiellement le JNIM parmi les organisations terroristes étrangères.

    L’Africa Corps confronté à une dégradation de la situation sécuritaire

    Cette réflexion américaine intervient alors que la situation militaire continue de se détériorer au Mali. Ces derniers mois, le JNIM a multiplié les offensives contre les forces maliennes, parfois en coordination avec le Front de libération de l’Azawad (FLA). En avril, cette alliance a conduit l’une des plus importantes offensives menées contre les autorités maliennes depuis plusieurs années, entraînant notamment la perte de plusieurs positions stratégiques dans le nord du pays.

    Dans ce contexte, l’Africa Corps, structure contrôlée par le ministère russe de la Défense et venue remplacer officiellement le groupe Wagner au Mali, a revu son dispositif opérationnel. Selon une analyse publiée par Africa Defense Forum, les forces russes concentrent désormais davantage leurs moyens sur la protection de Bamako, des principales infrastructures et des autorités maliennes, tout en réduisant leur présence permanente dans certaines zones du nord du pays.

    Cette évolution intervient après plusieurs revers militaires enregistrés par les forces maliennes et leurs partenaires russes face au JNIM et au FLA. Plusieurs analyses indépendantes estiment que les objectifs affichés lors du renforcement du partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou ne sont pas encore atteints, malgré les importants moyens mobilisés.

    Parallèlement aux difficultés opérationnelles, des accusations d’exactions visant des militaires maliens et des membres de l’Africa Corps continuent d’être relayées par plusieurs médias internationaux et organisations de défense des droits humains. RFI a notamment rapporté, en juin, des témoignages faisant état de violences contre des civils dans la région de Tombouctou. Les autorités maliennes n’ont pas commenté ces accusations.

    L’éventuelle intervention américaine constituerait un changement notable dans la stratégie de Washington au Sahel. Après le retrait progressif des forces occidentales de plusieurs pays de la région et le rapprochement du Mali avec la Russie, les États Unis semblent désormais envisager un retour plus direct dans la lutte contre les groupes djihadistes. À ce stade, aucune décision n’a toutefois été annoncée et les discussions se poursuivent au sein de l’administration Trump.

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  • Strasbourg – Galatasaray, Ligue des champions, en direct le 15

    Strasbourg – Galatasaray, Ligue des champions, en direct le 15

    Strasbourg – Galatasaray, match à venir

    Ligue des champions 2026-2027, Groupe B, 5e journée

    Ligue des champions 2026-2027 , Groupe B, 5e journée
    15 déc. 2026
    20h00

    Bienvenue sur le direct de L’Équipe pour suivre le match Strasbourg – Galatasaray.

    Le début du match est programmé le mardi 15 décembre 2026 à 20h00 .

    Retrouvez plus d’informations concernant les équipes et leurs effectifs grâce à nos fiches détaillées : Strasbourg et Galatasaray .

    Accédez aussi à toutes les informations liées à la compétition (actus, classements, résultats, calendrier) en cliquant ici .

  • Bénin : Boni Yayi fait volte

    Bénin : Boni Yayi fait volte

    Reirement de situation majeur sur la scène politique béninoise. Longtemps opposé à la création de la chambre haute du Parlement, l’ancien chef de l’État Thomas Boni Yayi annonce qu’il exercera finalement son droit de sénateur, évoquant la nécessité d’ouvrir un espace de dialogue face à un paysage politique verrouillé.

    C’est un changement de posture significatif à Cotonou. Alors qu’il avait publiquement rejeté l’idée de siéger au Sénat lors de la révision constitutionnelle de décembre 2025, Thomas Boni Yayi a révisé sa position dans une déclaration adressée à ses compatriotes.

    Une décision motivée par le « verrouillage » du paysage politique

    Pour justifier ce choix, l’ancien président met en avant l’évolution inquiétante du contexte politique national. Évoquant l’installation d’un « Parlement monocolore » et la rareté des cadres de concertation, Boni Yayi estime qu’il est désormais indispensable d’occuper toutes les tribunes disponibles pour faire entendre la voix des citoyens et contribuer à la décrispation politique.

    « Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », a-t-il tenu à préciser, réaffirmant que le Sénat « pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple ».

    Les clés du nouveau Sénat béninois

    Issue des dernières réformes institutionnelles, la nouvelle chambre haute comprend entre 25 et 30 membres. Le Sénat est composé :

    • De membres de droit : Anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle ;

    • De personnalités nommées : Désignées conformément aux critères fixés par la loi fondamentale.

    En acceptant son siège en vertu de l’article 113-3 de la Constitution, Thomas Boni Yayi entend transformer cette institution en un « vase d’honneur pour les intérêts du peuple », plaçant son mandat sous le signe de la défense de la démocratie, des droits de l’Homme et de la paix sociale au Bénin.

  • Togo : comment la Russie renforce son emprise malgré les revers au Sahel

    Togo : comment la Russie renforce son emprise malgré les revers au Sahel

    Lomé, escale stratégique des navires russes sous sanctions

    Le port autonome de Lomé, unique port en eau profonde de la sous-région, n’est plus seulement un hub commercial. Il se transforme en un point névralgique pour la logistique de guerre et l’évasion des sanctions internationales pilotées par Moscou. La récente escale du cargo Britnev, lié aux réseaux d’intérêts russes, suivie des mouvements discrets du Baltic Leader au large des côtes ouest-africaines, a alerté les observateurs maritimes et géopolitiques. Ces navires, souvent immatriculés sous des pavillons de complaisance ou associés à la flotte fantôme du Kremlin, acheminent des équipements militaires, des minerais et des ressources énergétiques en contournant les embargos occidentaux. En facilitant leur accès, le régime togolais offre à la Russie une porte d’entrée directe vers l’arrière-pays ouest-africain.

    Des contrats secrets pour contourner les échecs militaires du Sahel

    Cette stratégie navale s’inscrit dans un contexte où l’influence russe en Afrique de l’Ouest vacille. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel, le groupe Wagner, désormais rebaptisé Africa Corps, accumule les revers : embuscades meurtrières, pertes matérielles et échec patent de sa promesse sécuritaire. Face à cette déroute, Moscou cherche des alternatives pour ravitailler ses alliés militaires putschistes. Lomé devient ainsi une plateforme logistique stable, à l’abri des zones de conflit sahéliennes, pour négocier des contrats opaques. Ces accords, conclus dans l’ombre entre le Kremlin et le clan Gnassingbé, pourraient inclure des concessions minières, des ventes d’armes non traçables et des garanties de protection sécuritaire renforcée.

    Un régime autoritaire comme allié idéal

    Le choix du Togo par Moscou s’explique par la nature même du pouvoir en place. Dirigé par Faure Gnassingbé depuis 2005, succédant à son père après près de quarante ans de règne autoritaire, le pays présente un terrain propice à l’expansion russe. Une révision constitutionnelle controversée a transformé le régime en un système parlementaire sur mesure, permettant au président de se maintenir indéfiniment au pouvoir. Ce verrouillage institutionnel, couplé à une répression systématique des opposants et à l’interdiction des manifestations, fait du Togo un partenaire sans exigences démocratiques pour Moscou. Contrairement aux partenaires traditionnels, le Kremlin n’impose aucune condition liée aux droits humains ou à la transparence.

    Soft power russe : religion, culture et désinformation

    L’influence russe ne se limite pas aux échanges économiques et militaires. Elle s’étend via un soft power agressif visant à façonner l’opinion publique et à ancrer durablement la présence du Kremlin. Cette offensive repose sur plusieurs leviers :

    • Une multiplication des centres culturels et des cours de russe, servant de relais de propagande anti-occidentale et de recrutement ;
    • Une expansion religieuse via l’Exarchat patriarcal d’Afrique de l’Église orthodoxe russe, combinant action sociale et prosélytisme pour concurrencer les cultes locaux ;
    • Une guerre de l’information menée par des ONG financées par Moscou et des comptes sur les réseaux sociaux, diffusant un récit pro-Kremlin. Ce dispositif permet au pouvoir togolais d’exploiter le nationalisme des jeunes pour détourner l’attention des crises économiques et politiques internes.

    Un pari dangereux pour la stabilité du Togo et de la région

    En s’alliant à Moscou, Faure Gnassingbé prend un risque majeur. Cette collaboration pourrait entraîner un isolement diplomatique croissant, une aggravation des tensions avec les partenaires historiques du Togo, et une exposition accrue aux menaces terroristes venues du Sahel. Sur le plan intérieur, la corruption liée aux contrats occultes creuse les inégalités, tandis que la population subit une détérioration de ses conditions de vie. L’axe Lomé-Moscou illustre ainsi une nouvelle dynamique géopolitique en Afrique, où un autocrate local et une puissance étrangère s’allient pour masquer leurs échecs respectifs et consolider leur pouvoir.

  • Les limites du partenariat russe au Mali face à la menace jihadiste

    Les limites du partenariat russe au Mali face à la menace jihadiste

    L’espoir d’une résolution rapide du conflit au Mali en s’appuyant sur les forces russes s’est vite évanoui. Malgré le discours officiel du gouvernement de transition malien, prônant une autosuffisance et une défiance envers ses partenaires occidentaux, le bilan sécuritaire reste catastrophique : la menace jihadiste, loin d’être contenue, gagne en puissance et en étendue. Les retards accumulés par les unités paramilitaires russes, désormais regroupées sous la bannière de l’Africa Corps, ont conduit à une impasse stratégique dont les conséquences pèsent lourdement sur l’ensemble du pays.

    L’échec cuisant de l’Africa Corps face à la montée du terrorisme

    Depuis trois ans, l’intervention des mercenaires russes au Mali, initialement présentée comme un rempart contre le terrorisme, se solde par un bilan désastreux. Les Forces armées maliennes (FAMA) et leurs alliés de l’Africa Corps subissent des revers répétés, illustrés par des accrochages meurtriers dans le Nord du pays, notamment autour de la ville d’Anéfis. Ces défaillances, couplées à l’absence de résultats concrets, ont permis au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, de renforcer sa position et d’étendre son influence vers le centre et le sud du Mali. Aujourd’hui, la capitale et les zones économiques vitales sont directement menacées, mettant en péril la stabilité du pays.

    Un partenariat devenu contre-productif

    L’approche adoptée par l’Africa Corps présente plusieurs faiblesses structurelles :

    • Manque de moyens tactiques avancés : L’absence de soutien en renseignement de précision et de capacités de frappe aérienne lourde prive les forces maliennes et russes d’une efficacité opérationnelle durable.
    • Faible coordination et vulnérabilités logistiques : Les attaques ciblées contre les infrastructures militaires et les bases aériennes mixtes démontrent l’incapacité des alliés à sécuriser les zones sous leur contrôle.
    • Montée en puissance du JNIM : Le groupe terroriste, mieux armé et plus organisé, étend son emprise vers des régions autrefois stables, comme le sud du Mali, mettant en péril les économies locales et la sécurité des populations.

    Les États-Unis proposent une alternative technologique crédible

    Face à l’incapacité du partenariat russe à endiguer la menace jihadiste, les États-Unis émergent comme une option stratégique pour le Mali. Contrairement aux interventions militaires directes du passé, Washington envisage un modèle basé sur des frappes de précision, exploitant des avancées technologiques pour neutraliser le JNIM sans déployer de troupes au sol.

    Les atouts de cette stratégie sont nombreux :

    • Supériorité renseignement et ciblage : Les États-Unis disposent de drones MALE, de satellites et de réseaux de collecte de données (ROIM) capables d’identifier et de neutraliser les dirigeants du JNIM avec une précision chirurgicale.
    • Réduction immédiate de la pression militaire : En ciblant les infrastructures logistiques du groupe, ces frappes pourraient soulager les garnisons maliennes et freiner l’expansion des groupes armés vers l’Afrique de l’Ouest.
    • Une réponse adaptée aux défis asymétriques : Contrairement aux méthodes conventionnelles russe, cette approche évite un conflit d’usure et permet de concentrer les efforts sur des objectifs stratégiques.

    Un choix stratégique pour le Mali : pragmatisme ou dogmatisme ?

    Le gouvernement de transition malien, ancré dans une logique d’autosuffisance, semble ignorer les risques d’une telle posture. En refusant le soutien américain par principe idéologique, tout en maintenant un partenariat avec la Russie aux résultats mitigés, Bamako prend le risque de prolonger une crise qui touche déjà l’ensemble des régions du pays. Les populations rurales, les infrastructures et l’économie malienne subissent les conséquences de cette paralysie stratégique.

    Pour inverser la tendance et préserver l’intégrité territoriale du Mali, il devient urgent de dépasser les clivages politiques et de privilégier une approche fondée sur l’efficacité. La supériorité technologique américaine, capable de contrer la menace jihadiste sans engager de moyens lourds, représente aujourd’hui la seule solution viable pour inverser le cours des événements et restaurer la sécurité.

  • Tchad : agir et réagir face à l’escalade de la répression d’État

    Tchad : agir et réagir face à l’escalade de la répression d’État

    Publié le 24 juillet 2026
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    La récente condamnation des dirigeants du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), l’une des principales coalitions de l’opposition tchadienne, ne saurait être réduite à une simple décision de justice. Elle met à nu une réalité plus brutale : celle d’un pouvoir qui criminalise ses opposants et verrouille méthodiquement l’espace démocratique.

    Depuis la prise du pouvoir par le Conseil militaire de transition (CMT) en avril 2021, le Tchad connaît une dégradation progressive et continue des libertés politiques. Cette évolution est largement documentée par plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, qui font état d’un rétrécissement de l’espace civique.

    Leurs rapports dénoncent notamment les restrictions croissantes des libertés…

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    répression tchad
  • Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver sa biodiversité d’ici 2030

    Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver sa biodiversité d’ici 2030

    Le Gabon franchit une étape décisive pour l’avenir de ses écosystèmes en adoptant une nouvelle stratégie nationale dédiée à la préservation de sa biodiversité. Lors d’un atelier organisé à Libreville, les acteurs locaux ont finalisé la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2022-2030, un document clé pour orienter les politiques environnementales du pays.

    Ce texte, présenté comme « la boussole du Gabon pour protéger 30 % de son territoire d’ici 2030 », s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux du pays. La SPANB a été conçue pour répondre aux défis majeurs : préserver les forêts, les zones côtières et les espèces menacées, tout en favorisant un développement durable.

    Quatre priorités ont été définies pour les huit prochaines années : étendre la protection des milieux naturels à au moins 30 % des terres et des espaces marins, restaurer les écosystèmes endommagés, réduire les pressions exercées sur la faune (braconnage, déforestation, pollution) et mobiliser des financements durables pour la conservation.

    Après avoir intégré les dernières recommandations des parties prenantes, la version consolidée de la SPANB sera soumise au Gouvernement pour validation avant d’être officiellement transmise au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Cette étape marquera l’engagement international du Gabon dans la lutte pour la préservation de la biodiversité.

    Pour Tsayi Mouvagha, coordonnatrice de la stratégie, « le vrai travail commence désormais ». Elle souligne l’importance de la vulgarisation de ce plan auprès des institutions, des entreprises, des populations et des acteurs de la société civile pour en garantir une mise en œuvre efficace sur l’ensemble du territoire.

    Avec un couvert forestier représentant 88 % de son territoire et 13 parcs nationaux, le Gabon abrite une richesse biologique exceptionnelle. La SPANB 2022-2030 doit désormais servir de cadre pour concilier exploitation raisonnée des ressources et protection de l’environnement.

    Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra largement des moyens alloués. Sans un budget adapté et une implication active des collectivités locales, des entreprises et des communautés locales, ce plan pourrait rester lettre morte.