Auteur/autrice : Aicha Tandja

  • Au Burkina Faso, la souveraineté agricole mise à mal par la réalité des prix

    Au Burkina Faso, la souveraineté agricole mise à mal par la réalité des prix

    À Tougan, le constat est sans appel. Loin des discours officiels sur la souveraineté et l’industrialisation, les producteurs agricoles continuent d’affronter seuls une réalité bien plus sombre : vendre à perte, rembourser des crédits et, parfois, envisager l’exil pour survivre.

    « L’an dernier, le maïs a produit. Mais avec le plafonnement des prix, aucun bénéfice pour les producteurs. Cette année, beaucoup traverseront la frontière à cause des crédits », confie un témoin à Tougan. Une situation qui se résume en une phrase cruelle : « Le producteur pleure quand la récolte est bonne, il pleure quand elle est mauvaise. »

    Une contradiction fondamentale

    Cette réalité pose une question essentielle : où est passée la priorité affichée pour ceux qui nourrissent le pays ?

    Depuis son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré met en avant la production locale, la souveraineté économique et la capacité du Burkina Faso à fabriquer lui-même certains équipements. Les annonces d’unités industrielles, notamment pour l’armée, occupent une place centrale dans cette communication. Mais une économie ne se résume pas à ses usines ni à ses équipements militaires.

    Des producteurs face à des défis immédiats

    Alors que les nouvelles capacités industrielles sont présentées comme des symboles de souveraineté, les agriculteurs, eux, restent confrontés à des problèmes bien plus pressants : prix d’achat insuffisants, endettement, débouchés incertains et rentabilité en berne.

    Produire davantage n’a de sens que si celui qui produit peut en vivre.

    L’impasse de l’investissement agricole

    Le cas de Tougan dépasse la simple question du maïs. Il interroge l’investissement agricole. Quel entrepreneur acceptera durablement d’investir dans un secteur où une bonne récolte fait chuter les prix au point de ruiner le producteur, tandis qu’une mauvaise récolte l’expose directement à l’endettement ?

    C’est là l’un des angles morts du récit de souveraineté : une nation ne devient pas économiquement indépendante uniquement parce qu’elle fabrique ses propres armes. Elle doit aussi sécuriser les revenus de ceux qui produisent sa nourriture.

    Le paradoxe burkinabè

    Le paradoxe est brutal. Le Burkina veut produire localement ses équipements, mais certains producteurs agricoles cherchent encore comment écouler leur production sans perdre leur investissement.

    À force de mettre en avant les images d’usines, de machines et d’équipements militaires, le pouvoir risque de laisser dans l’ombre une autre réalité : celle des champs, des greniers, des crédits et des familles rurales qui attendent des solutions concrètes.

    La souveraineté ne se mesure pas seulement à ce qu’un État peut fabriquer pour son armée. Elle se mesure aussi à sa capacité à protéger celui qui, chaque matin, met une graine en terre pour nourrir la nation.

    À Tougan, la question n’est donc pas de savoir combien d’usines le Burkina peut inaugurer. La question est plus simple, et probablement plus urgente : combien de temps encore le producteur pourra-t-il travailler sans gagner sa vie ?

  • Abidjan : deux journées pour booster emploi et entrepreneuriat chez les jeunes ivoiriens

    Abidjan : deux journées pour booster emploi et entrepreneuriat chez les jeunes ivoiriens

    Une initiative concrète pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes

    Les 21 et 22 septembre 2026, la Banque mondiale organise à Abidjan un événement clé : les Open Days dédiés à l’emploi, à la formation et à l’entrepreneuriat des jeunes Ivoiriens. Ces deux journées portes ouvertes se tiendront à la Patinoire du Sofitel Hôtel Ivoire, offrant une opportunité unique d’accès direct aux dispositifs, programmes et financements disponibles en Côte d’Ivoire.

    Des échanges directs avec des professionnels et experts

    Destinés aux étudiants en quête d’orientation, aux jeunes diplômés, aux porteurs de projets et aux entrepreneurs, ces Open Days permettent des rencontres privilégiées avec des spécialistes. Les participants pourront recueillir des informations pratiques sur les programmes de formation, les dispositifs d’insertion professionnelle et les opportunités de financement. Des témoignages d’entrepreneurs viendront également illustrer les parcours réussis et les défis rencontrés.

    Quels thèmes seront abordés ?

    • L’éducation et la formation professionnelle ;
    • L’emploi et l’insertion dans le marché du travail ;
    • L’entrepreneuriat et l’innovation ;
    • Les projets d’infrastructures et de développement local.

    Une porte d’entrée vers des solutions tangibles

    L’objectif ? Permettre aux jeunes visiteurs de repartir avec des pistes concrètes pour candidater à des programmes, monter leur projet ou élargir leur réseau. L’entrée est libre, sans inscription préalable, pour encourager la participation massive. Ces journées visent aussi à renforcer la compréhension des投资国际合作对科特迪瓦发展优先事项的贡献,特别是在培训、技能发展和青年就业方面。

  • Niger : le FPL cible la jeunesse face à l’échec sécuritaire de la junte

    Niger : le FPL cible la jeunesse face à l’échec sécuritaire de la junte

    Le Front Populaire pour la Justice (FPL) s’adresse directement à la jeunesse nigérienne. Face à l’aggravation de la crise sécuritaire et à l’incapacité du régime militaire de Niamey à protéger les populations, le mouvement rebelle a diffusé un message vidéo en plusieurs langues, dont l’arabe, pour appeler les jeunes à rejoindre ses rangs. Une initiative qui résonne comme une alternative concrète à l’impasse actuelle.

    Un message vidéo pour mobiliser la jeunesse

    Le constat est simple : les autorités de transition ne parviennent pas à garantir la sécurité. Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux et traduite en plusieurs langues, le FPL s’adresse à la nation. « Nous n’avons aucun problème avec le peuple du Niger. Notre principal et unique problème concerne le régime actuel au Niger. Nous lançons un appel spécial à la jeunesse pour nous rejoindre sur le front FPL contre ce régime », déclare le porte-parole du groupe. Un discours direct qui vise à rassembler autour d’un objectif : mettre fin à une gouvernance qui n’a pas tenu ses promesses de paix.

    Une stratégie inclusive et numérique

    En s’exprimant en arabe et dans plusieurs langues locales, le FPL veut dépasser les clivages régionaux ou ethniques. Dans un pays vaste et diversifié, cette approche multilingue permet de toucher directement les populations les plus exposées aux violences. L’usage des outils numériques témoigne aussi d’une volonté de contourner les canaux officiels pour établir un lien direct avec la jeunesse, souvent ignorée par les instances dirigeantes.

    Une crise sécuritaire persistante

    Cet appel intervient dans un contexte de détérioration continue de la sécurité. Malgré les discours fermes de la junte, les attaques de groupes armés et l’insécurité chronique frappent toujours les civils, surtout dans les zones rurales et frontalières. Les populations constatent :

    • Détérioration du climat sécuritaire : les menaces armées persistent malgré les promesses de restauration de la paix.
    • Vide institutionnel et économique : les jeunes sont laissés sans perspectives ni soutien face aux difficultés quotidiennes.
    • Sentiment d’abandon : les communautés ne voient pas la protection de l’État se concrétiser sur le terrain.

    Pour une grande partie de la jeunesse, l’invitation du FPL représente une occasion de prendre en main le destin du pays et de défendre leurs communautés.

    Un espoir porté par les jeunes

    Sur le terrain, la démarche du FPL suscite un intérêt croissant. « La situation actuelle ne peut plus durer. Nous avons besoin de solutions réelles pour protéger nos familles et restaurer la justice », témoigne un jeune activiste associatif. Pour beaucoup, l’initiative incarne un canal d’engagement légitime face à un pouvoir perçu comme bloqué. En plaçant la jeunesse au cœur de son projet, le FPL mise sur la force vive de la nation pour impulser une nouvelle dynamique. L’avenir du Niger repose plus que jamais sur la capacité de ses citoyens à se mobiliser pour bâtir un cadre sécurisé et juste.

  • Libération massive de 150 détenus à Klessoum : la grâce présidentielle appliquée au Tchad

    Libération massive de 150 détenus à Klessoum : la grâce présidentielle appliquée au Tchad

    Le Tchad franchit une étape majeure dans sa politique pénale avec la libération de 150 détenus de la prison de Klessoum, validée par un décret présidentiel historique. Cette mesure, concrétisée sous l’égide de la ministre de la Justice, illustre l’engagement du Chef de l’État en faveur d’une justice plus humaine et réhabilitante.

    L’événement s’est tenu dans l’enceinte même de la Maison d’arrêt de Klessoum, en présence des plus hautes autorités judiciaires tchadiennes. Parmi les personnalités présentes figuraient le Procureur de la République de N’Djamena, le Président du tribunal de grande instance, ainsi que des représentants des forces de sécurité et de la société civile. Un cadre protocolaires et solennel a marqué cette cérémonie exceptionnelle.

    Une décision d’État fondée sur l’humanité et la réinsertion sociale

    Le décret n°2151/PR/2026, signé par le Président Mahamat Idriss Déby Itno, officialise l’octroi d’une grâce collective. Cette mesure s’appuie sur des considérations d’équité et de compassion, visant à alléger les conditions de détention et à favoriser la réinsertion des condamnés. La ministre de la Justice, Mme Ndolenodji Alixe Naïmbaye, a salué cette initiative comme un acte de « magnanimité souveraine » et de « clémence ciblée », conforme aux principes constitutionnels.

    Dans son allocution, elle a rappelé que cette grâce ne constitue pas une amnistie totale, mais bien une réduction partielle et échelonnée des peines. Les 150 détenus libérés voient ainsi leurs condamnations purgées intégralement, conformément aux barèmes légaux définis par le texte réglementaire.

    Impact juridique et sociale d’une mesure exceptionnelle

    Cette libération témoigne de la volonté du Tchad de moderniser son système judiciaire. Elle s’inscrit dans une politique publique visant à humaniser les conditions de détention et à adapter l’exécution des peines aux réalités sociales. Cette mesure ne saurait effacer ni les droits des victimes ni ceux des tiers, précise la ministre, soulignant qu’elle cible exclusivement les peines d’emprisonnement.

    Au-delà de l’aspect symbolique, cette décision participe à la consolidation de l’État de droit et à la crédibilité des institutions judiciaires. Elle marque aussi un tournant dans la gestion des établissements pénitentiaires, souvent confrontés à la surpopulation carcérale.

    Cérémonie de clôture : un moment chargé d’émotion

    La procédure s’est conclue par la remise officielle des attestations de libération aux anciens détenus. Un moment de joie intense pour les familles et les bénéficiaires, immortalisé par une photo de groupe en mémoire de cette journée historique. Cette cérémonie a scellé l’aboutissement d’un processus exigeant, où la justice et l’humanité se sont rencontrées pour offrir une seconde chance à ces citoyens tchadiens.