
Auteur/autrice : nigeractu
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« La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est interrogé au Sénat, mercredi 26 novembre, sur la situation au Mali, où la pression des groupes djihadistes est croissante sur Bamako.| Durée : 1:02 -

Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée
Un mouvement de population d’une ampleur inédite est observé, d’après de nombreuses sources locales. La commune de Téra, située dans la région occidentale du Niger, est actuellement submergée par l’arrivée massive de personnes déplacées. Ces nouveaux arrivants, originaires de villages du sud du département, se sont installés en ville et dans ses environs depuis la fin du mois dernier.
Le village de Diagourou est en cours de désertion par ses habitants. Plusieurs témoignages concordent pour affirmer que des membres du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) ont enjoint les populations d’une trentaine de localités à quitter leurs foyers. Diagourou se trouve à une dizaine de kilomètres de Téra, une ville-garnison qui héberge la zone de défense numéro 9. Cette zone, située sur la rive droite du fleuve Niger, est particulièrement exposée aux activités du Jnim et de l’État islamique au Sahel (EIS), dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger).
Des conditions de vie extrêmement difficiles pour les déplacés
Les récits recueillis auprès des personnes concernées décrivent des conditions de vie très précaires pour les déplacés à Téra. De nombreuses familles, incluant femmes et enfants, se retrouvent sans abri, contraintes de vivre en plein air, sur des terrains inoccupés ou accueillies par des familles d’accueil déjà en difficulté.
À ce jour, il n’existe pas de chiffres précis concernant ces récentes vagues de déplacement. Néanmoins, les villages de la commune de Diagourou comptent des milliers d’habitants, ce qui suggère un nombre conséquent de personnes affectées.
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Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale
champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale
Dans la région du Guéra, au Tchad, les agriculteurs-maraîchers bénéficient d’un accompagnement innovant : les champs écoles paysans (CEP). Ces programmes visent à transmettre des méthodes durables de gestion des sols et à encourager la diversification des cultures. Après plusieurs années de mise en œuvre, les résultats sont remarquables : une hausse significative de la production agricole et une meilleure sécurité alimentaire pour les communautés locales.
Le projet Nachbo, dont le nom signifie « nous serons rassasiés » en arabe, incarne cette dynamique. Porté par l’ONG SOS Sahel, il s’appuie sur le concept des CEP pour enseigner aux producteurs des techniques culturales adaptées à leurs besoins. L’objectif ? Renforcer leur productivité tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Un cycle complet en champ école s’étend sur environ cinq mois, de janvier à juin, période alignée avec le début des pluies.
comment les champs écoles paysans transforment l’agriculture tchadienne
Les CEP ne se contentent pas d’enseigner des pratiques agricoles : ils représentent une stratégie d’adaptation face aux défis posés par le changement climatique. En intégrant des itinéraires techniques personnalisés, les agriculteurs améliorent leur résilience et optimisent leurs rendements. Voici les principaux bénéfices observés :
- amélioration des techniques culturales : rotation des cultures, gestion durable des sols et utilisation rationnelle des ressources en eau ;
- diversification des cultures : introduction de nouvelles variétés plus résistantes aux aléas climatiques ;
- renforcement des capacités locales : formation des producteurs et des animateurs communautaires ;
- impact positif sur la sécurité alimentaire : augmentation des récoltes et meilleure autonomie des villages.
le rôle clé des acteurs locaux et des partenaires
Pour réussir, le projet Nachbo s’appuie sur une collaboration étroite entre différents acteurs :
- Etienne Djedangombaye, directeur pays de SOS Sahel au Tchad, supervise la mise en œuvre du programme et garantit son alignement avec les besoins des agriculteurs ;
- Younous Mahadjir, animateur communautaire pour l’ONG Nagdaro (basée à Bitkine, dans le Guéra), joue un rôle central dans l’accompagnement des producteurs sur le terrain ;
- des radios locales, comme la voix de l’Ouham en République centrafricaine, assurent la diffusion des bonnes pratiques auprès d’un public plus large.
un modèle reproductible pour d’autres régions
Les succès enregistrés dans le Guéra prouvent que les champs écoles paysans peuvent être un levier puissant pour l’agriculture africaine. En combinant savoir-faire local et innovations adaptées, ce modèle offre des solutions concrètes aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique. Une initiative inspirante à suivre de près !
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Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain
Une collaboration fructueuse entre le Gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale se concrétise par la signature d’un accord de crédit. Ce financement additionnel, d’un montant de 100,4 millions de dollars, est spécifiquement alloué au Projet de protection du capital humain. Il vise à garantir la pérennité des services sociaux essentiels à travers le Burkina Faso, un pilier fondamental pour le développement.
Ces fonds stratégiques sont destinés à des initiatives clés : la consolidation de la gratuité des services de santé pour les femmes et les jeunes enfants, l’intensification des campagnes de vaccination régulières, l’organisation rigoureuse des examens nationaux, et le soutien indispensable à la formation des professionnels de l’enseignement. Ces actions sont cruciales pour préserver et valoriser le capital humain, tout en offrant une protection vitale aux segments les plus fragiles de la population burkinabè.
Lancé en septembre 2024, le projet a déjà démontré son efficacité par des réalisations probantes. Dans le domaine de la santé, il a facilité plus de 16 millions de consultations médicales gratuites pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans. De plus, 1,13 million d’enfants ont bénéficié de la vaccination, un succès majeur. L’amélioration du taux de remboursement des frais de soins gratuits, passant de 75 % en 2023 à 82 % fin 2024, témoigne également de la bonne gestion du dispositif.
Concernant le secteur éducatif, le projet a joué un rôle déterminant. Il a notamment permis l’organisation de neuf sessions d’examens nationaux, enregistrant un excellent taux de participation de 98 %. La certification de 99,8 % des enseignants souligne l’engagement envers la qualité de l’enseignement, complétée par la distribution de 69 000 kits pédagogiques, essentiels au processus d’apprentissage.
Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, a souligné l’importance cruciale de cette initiative : « L’impact du capital humain sur le développement national est indéniable. Ce financement supplémentaire viendra incontestablement amplifier les actions du Gouvernement visant à protéger et à optimiser ce capital. C’est un facteur primordial pour la croissance économique et l’avancement social du Burkina Faso. »
Soutenu par l’Association internationale de développement (IDA), le Projet de protection du capital humain s’intègre parfaitement dans la stratégie régionale de la Banque mondiale, dédiée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à consolider les institutions fondamentales pour la fourniture de services. Il est également en parfaite adéquation avec le Cadre de partenariat-pays spécifique au Burkina Faso.
Ousmane Deme, spécialiste principal du secteur public, et Daniel Pajank, économiste senior, tous deux responsables du projet à la Banque mondiale, ont insisté sur l’importance de ce soutien : « Cet apport financier additionnel est essentiel pour renforcer les progrès réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation, particulièrement fragilisés par la situation sécuritaire. Il garantira que toutes les populations, y compris les personnes déplacées à l’intérieur du pays, puissent continuer à jouir d’un accès amélioré aux services sociaux fondamentaux. »
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Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs
Un nouveau rapport d’Amnesty International pointe du doigt la défaillance des autorités du Tchad dans la protection des populations civiles lors des conflits armés entre pasteurs et cultivateurs. L’organisation souligne également l’absence de garanties concernant le droit à la justice et aux réparations pour les victimes.
L’étude intitulée « Vivre de la terre et mourir pour elle » analyse sept séquences de violences survenues dans quatre provinces tchadiennes entre 2022 et 2024. Ces heurts, intensifiés par les dérèglements climatiques, ont causé la mort de 98 personnes et fait plus d’une centaine de blessés. Des centaines de foyers se retrouvent aujourd’hui sans ressources ni logement. Selon les Nations unies, ces tensions communautaires ont fait des milliers de victimes ces dernières années, un constat qui résonne avec les défis de sécurité que l’on retrouve souvent dans le Niger actualité.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, déplore une réaction souvent trop tardive des forces de l’ordre. Elle souligne que l’impunité dont bénéficient les auteurs de meurtres et de pillages renforce le sentiment d’abandon au sein des communautés locales. Cette situation rappelle les enjeux de stabilité régionale souvent abordés dans la politique nigérienne et sahélienne.
L’impact de la crise climatique sur les tensions rurales
Le rapport documente des événements tragiques, comme à Sandana, dans le Moyen-Chari, où des intrusions de bétail ont mené à des tueries en 2019 et 2022. Plus récemment, en août 2024, le village de Pala Koudja, dans le Logone Occidental, a été le théâtre d’affrontements mortels suivis de l’incendie de plus de 50 habitations par des assaillants non identifiés.
Ces cycles de violence sont alimentés par une compétition féroce pour les ressources naturelles. Le réchauffement climatique pousse les éleveurs du centre du pays à migrer vers le sud, créant des frictions avec les agriculteurs locaux qui cherchent à protéger ou étendre leurs cultures. Comme pour le Niger économie, la gestion des terres et de l’eau devient un facteur de crise majeur.
L’urgence est de mettre en place des solutions pérennes respectant les droits humains, car le changement climatique ne fera qu’aggraver ces confrontations.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty InternationalUne gestion de crise jugée inefficace par les populations
Malgré une augmentation des budgets alloués à la sécurité, les interventions restent lentes. Un responsable communautaire du Logone Oriental témoigne avoir alerté les autorités locales dès 2014, sans succès, avant qu’une attaque massive ne fasse 18 morts en 2023. Pour protester contre ce silence, les habitants avaient alors exposé les dépouilles sur la voie publique.
Le rapport dénonce également un manque de neutralité de certains administrateurs locaux. Certains posséderaient du bétail confié à des éleveurs armés, ce qui entrave la résolution impartiale des litiges. Ces problématiques de gouvernance locale sont des sujets récurrents dans l’actu Niger et les pays limitrophes.

La nécessité de réformes en profondeur
L’impunité demeure la règle : sur les sept crises majeures étudiées, seules trois ont débouché sur des procès. Amnesty International rappelle que le Tchad a l’obligation internationale de sécuriser son territoire et de poursuivre les coupables.
Pour briser ce cycle, l’organisation préconise un désarmement effectif, un cadre légal clair pour la transhumance et une revitalisation des comités de médiation. Ces mesures de stabilisation sont essentielles pour l’avenir de la région, tout comme les réformes suivies de près dans les Niger nouvelles ou à Niamey actualité.
Méthodologie du rapport
Cette enquête repose sur des entretiens menés avec 110 personnes, incluant de nombreuses victimes, dans 14 villages du sud du Tchad. Bien que les conclusions aient été transmises au gouvernement tchadien en juin 2025, aucune réponse officielle n’a été communiquée à ce jour.
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Massacres au Mali : l’armée et les milices accusées de crimes contre des civils
Des exactions meurtrières imputées à l’armée malienne et aux miliciens dozos
Des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices alliées ont coûté la vie à au moins 31 civils dans deux localités de la région de Ségou, au centre du pays, les 2 et 13 octobre. Selon les témoignages recueillis, ces attaques ciblaient délibérément des habitants, accusés de collaboration avec des groupes armés islamistes.
Le 2 octobre, une unité composée de soldats en véhicules blindés et de miliciens dozos, reconnaissables à leurs tenues traditionnelles, a pénétré dans le village de Kamona. Au moins 21 hommes ont été sommairement exécutés, et une dizaine de maisons ont été incendiées. Les rescapés rapportent qu’aucun affrontement n’a eu lieu, les membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ayant quitté les lieux avant l’arrivée des forces armées.
« Ceux qui n’ont pu s’enfuir ont été rassemblés et abattus », témoigne un habitant ayant survécu aux violences. Les corps retrouvés sous un arbre et dans les environs du village présentaient des blessures par balles, dont certaines à la tête. Les villageois évoquent également la disparition d’au moins 15 autres hommes, dont les traces n’ont pu être confirmées par crainte d’une nouvelle intervention armée.
Le 13 octobre, une nouvelle opération a visé le village de Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Kamona. Cinq pick-ups militaires accompagnés de miliciens à moto ont fait irruption dans la localité, provoquant la fuite de plusieurs habitants. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été tués, et une centaine de têtes de bétail ont été volées. Les corps, retrouvés criblés de balles, témoignaient d’une violence extrême, certains présentant des fractures aux membres.
Un survivant de 24 ans raconte avoir assisté, depuis sa cachette, à des violences commises par les soldats : « Ils fouillaient les maisons, frappaient les hommes et tiraient sans discernement ». La fille de la victime féminine a précisé que sa mère, après avoir interpellé les militaires sur leur conduite, avait été exécutée aux côtés des autres hommes.
Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations. Pourtant, les faits s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues dans la région, où le GSIM multiplie les attaques contre les forces de sécurité et les infrastructures civiles. Le siège imposé à Bamako depuis septembre a notamment entraîné une pénurie de carburant et la fermeture temporaire des établissements scolaires.
Les populations locales, soumises à un climat de peur permanent, dénoncent l’absence de distinction opérée par l’armée entre civils et combattants. « Nous payons la zakat chaque année et réglons nos litiges selon la charia. L’armée nous considère tous comme des terroristes », confie un habitant de Balle sous couvert d’anonymat.
Ces exactions rappellent les crimes de guerre documentés par des organisations internationales depuis 2012, année où le Mali a basculé dans une crise sécuritaire sans précédent. Des milliers de civils ont péri, et plus de 400 000 personnes ont été déplacées. Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les populations civiles, ainsi que les exécutions sommaires et les traitements inhumains.
Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste juridiquement lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes présumés commis depuis 2012 est toujours en cours. L’Union africaine, quant à elle, est critiquée pour son inaction face à l’escalade des violences.
Les familles des victimes, désemparées, attendent désormais des comptes rendus clairs de la part des autorités. « Nous réclamons une enquête transparente et la punition des responsables », plaide un représentant communautaire de la région de Ségou.
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Massacres dans le centre du Mali : l’armée et ses alliés accusés
Des exactions meurtrières ciblent les civils dans la région de Ségou
Des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices locales ont causé la mort d’au moins 31 civils dans deux villages de la région de Ségou, les 2 et 13 octobre. Ces attaques, marquées par des exécutions sommaires et des destructions de biens, surviennent dans un contexte où les tensions persistent face à la présence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.
Des villages pris pour cible : Kamona et Balle
Le 2 octobre, des soldats en véhicules blindés et des miliciens dozos, reconnaissables à leurs tenues traditionnelles, ont fait irruption dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été abattus après avoir été rassemblés sous la menace. Dix habitations ont été incendiées, principalement celles appartenant à des membres de l’ethnie peule. Les habitants, alertés par des éléments du GSIM en fuite, avaient tenté de se cacher dans la brousse, mais ceux restés sur place ont été exécutés sans distinction.
« Ceux qui n’ont pas pu s’échapper ont été alignés et tués sans procès », relate un survivant sous couvert d’anonymat. Les corps retrouvés sous un arbre et dispersés aux alentours portaient des traces de balles, dont certains présentaient des blessures graves à la tête.
Le 13 octobre, un scénario similaire s’est répété à Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres. Cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos transportant des miliciens ont encerclé le village. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été exécutés. Des vaches ont également été volées, aggravant la précarité des survivants. Un témoin de 24 ans a décrit les scènes de violence : « Les soldats frappaient les hommes à coups de pied et de poing avant de les abattre ».
Un berger de 40 ans, caché avec sa fille de 9 ans, a raconté avoir découvert 17 corps après le départ des assaillants : « Certains avaient les membres brisés et la tête fracassée par des impacts de balles ». Les villageois ont enterré les victimes dans des fosses communes, craignant de nouvelles représailles.
Un bilan accablant et des responsabilités floues
Les opérations militaires, présentées comme des « reconnaissances offensives » par les autorités, auraient selon elles permis la « neutralisation de vingt terroristes ». Pourtant, les habitants de Balle affirment vivre sous le contrôle du GSIM depuis des années. « Nous payons la zakat et réglons nos conflits via leurs instances. L’armée nous considère tous comme des djihadistes », explique un villageois. Cette confusion entre civils et combattants aggrave les risques de dérives.
Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi publiquement aux accusations portées contre leurs troupes. Pourtant, les preuves s’accumulent : témoignages, listes de victimes, et examens des corps confirment la gravité des exactions. Les milices dozos, souvent composées de membres de l’ethnie bambara, collaborent régulièrement avec l’armée dans des opérations antiterroristes depuis une décennie.
Les enquêtes menées par des organisations locales confirment l’ampleur des dégâts. À Kamona, 21 hommes âgés de 20 à 65 ans figurent sur les registres des victimes. Les survivants évoquent en outre la disparition d’une quinzaine d’autres hommes dans la brousse, non recensés officiellement.
Un conflit aux conséquences humanitaires désastreuses
Depuis 2012, le conflit au Mali a fait des milliers de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les violences entre l’armée, les milices et les groupes armés islamistes se sont intensifiées ces derniers mois, notamment après le siège imposé par le GSIM autour de Bamako début septembre. Ce blocus a paralysé l’approvisionnement en carburant de la capitale et contraint les autorités à fermer temporairement les écoles et universités.
Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les civils, les meurtres arbitraires et les traitements cruels. Pourtant, les exactions se multiplient des deux côtés. Le Mali, bien que retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes présumés commis depuis 2012 est toujours en cours.
Face à l’aggravation de la crise, les instances régionales peinent à agir. L’Union africaine s’est contentée de déclarations d’inquiétude, sans traduire ses préoccupations en actions concrètes. « Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA doit faire de ce conflit une priorité absolue », a souligné une experte en droits humains. « Il est temps d’organiser des réunions régulières et de coordonner une réponse internationale pour mettre fin à l’impunité ».
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Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre
(Nairobi) – L’armée malienne et des milices alliées ont tué au moins 31 civils et incendié des maisons les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, qui est en proie à des conflits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Le 2 octobre, les forces armées maliennes et des milices dozos, des milices composées essentiellement de personnes issues de l’ethnie bambara qui participent à des opérations de contre-insurrection depuis une décennie, ont tué au moins 21 hommes et ont incendié au moins 10 maisons dans le village de Kamona. Le 13 octobre, ces forces ont tué 9 hommes et une femme dans le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de là. Les deux villages sont situés dans une région du centre du Mali contrôlée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM), lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré que des soldats et des milices dozos ont sommairement exécuté les villageois après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM.
« Les massacres d’octobre dans la région de Ségou ne sont que les dernières atrocités attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités maliennes devraient mener une enquête crédible et impartiale sur ces meurtres, et traduire les responsables en justice dans le cadre de procès équitables. »
Human Rights Watch a mené des entretiens par téléphone en octobre avec 10 personnes ayant connaissance des incidents, dont 5 témoins et 5 chefs de communauté, activistes de la société civile et journalistes. Le 8 novembre, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Mali pour leur faire part de ses conclusions et poser certaines questions, mais n’a reçu aucune réponse à l’heure de la publication de ce communiqué.
Les témoins ont déclaré avoir identifié les soldats à leurs tenues de camouflage, et les Dozos à leurs vêtements traditionnels et aux amulettes qu’ils portaient autour du cou.
Le 2 octobre, vers 10 heures du matin, des soldats à bord d’au moins sept pick-ups et trois véhicules blindés, ainsi que des miliciens dozos à moto, sont entrés dans Kamona et ont commencé à rechercher les hommes du village. Les témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient alerté les habitants de l’arrivée de l’armée, ce qui a poussé de nombreux habitants à fuir.
« Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et exécutés », a déclaré un survivant à Human Rights Watch.
Des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient fui le village avant l’arrivée de l’armée, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement entre les deux camps.
Les témoins pensent que ces meurtres, corroborés par des rapports des médias, sont liés aux récentes attaques commises par le GSIM dans la région de Ségou, notamment une attaque qui a détruit l’usine sucrière de Siribala le 8 août.
Les villageois ont ensuite trouvé 17 corps sous un arbre dans le village, et quatre autres corps au nord de Kamona. Ils ont expliqué que les soldats avaient incendié au moins 10 huttes et 3 hangars appartenant à des habitants de l’ethnie peule.
Un berger de 40 ans qui s’était caché dans une maison abandonnée avec sa fille de 9 ans a déclaré que lorsque les assaillants sont partis, vers 16 heures, il a trouvé les 17 corps. « Les gens avaient été criblés de balles », a-t-il déclaré. « L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai également vu plusieurs douilles de balles à côté des corps. »
Un autre homme, âgé de 39 ans, a déclaré avoir aidé à enterrer les corps. « Nous avons creusé une fosse commune sous l’arbre et y avons déposé les [corps des] 17 hommes », a-t-il déclaré. « Plus au nord, nous avons trouvé quatre autres corps. Tous avaient reçus des balles dans le ventre et dans la tête, nous avons donc creusé une autre fosse, les y avons déposés et les avons recouverts de sable. »
Les villageois ont fourni une liste des 21 victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans. Ils pensent que les soldats ont tué d’autres personnes lors de cette attaque. « Nous avons entendu dire qu’au moins 15 autres hommes avaient été tués dans la brousse ce jour-là », a déclaré un villageois. « Mais nous ne sommes pas allés vérifier, car nous avions peur que l’armée revienne. »
Le 13 octobre, vers 13 heures, des soldats maliens à bord de cinq pick-ups et des miliciens dozos à bord d’au moins 30 motos sont entrés dans le village de Balle, provoquant la fuite de certains habitants. « Je ne me suis pas enfui immédiatement, mais lorsque j’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et gifler et donner des coups de pied aux hommes, je me suis enfui », a déclaré un homme de 24 ans. « Depuis ma cachette, j’ai entendu des coups de feu. »
Des témoins ont déclaré que les soldats et les miliciens dozos ont tué 10 civils, dont une femme de 55 ans, et neuf hommes, âgés de 22 à 67 ans, et ont volé au moins 100 vaches.
Un homme de 33 ans a déclaré qu’après l’attaque, il a trouvé les 10 corps au milieu du village. « Ils étaient les uns à côté des autres, criblés de balles », a-t-il déclaré. « Certains avaient les jambes et les bras cassés. »
La fille de la femme qui a été tuée, elle-même âgée de 21 ans, a déclaré que sa mère avait crié en s’adressant aux soldats, les accusant d’avoir maltraité les villageois. « Elle s’est dirigée vers les soldats », a-t-elle déclaré. « Ils l’ont alors emmenée là où les hommes avaient été rassemblés, et l’ont abattue. »
Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major Général des Armées du Mali a déclaré que le 13 octobre, des soldats avaient mené une opération de « reconnaissance offensive » autour de Balle, qui avait « permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes » et la saisie de matériel militaire.
Des témoins et des habitants ont déclaré que Balle était depuis plusieurs années sous le contrôle du GSIM. « Nous payons la zakat [taxe islamique] chaque année », a déclaré un homme. « S’il y a des disputes, ce sont les djihadistes qui les règlent. Il n’y a ni soldats, ni gendarmes, ni policiers ici. Par conséquent, l’armée présume que nous sommes des combattants du GSIM. L’armée ne fait pas de distinction entre eux et nous. »
Depuis 2012, les gouvernements maliens successifs ont mené des conflits armés contre divers groupes armés islamistes. Les hostilités ont causé la mort de milliers de civils, et ont contraint plus de 402 000 personnes à se déplacer. Human Rights Watch a documenté des abus graves commis par les forces armées maliennes et ses milices et groupes mercenaires alliés lors d’opérations de contre-insurrection, ainsi que des atrocités commises par le GSIM et d’autres groupes armés.
Les attaques militaires contre des civils dans la région de Ségou ont eu lieu après que le GSIM a commencé à assiéger Bamako, la capitale du Mali, début septembre. Le siège a coupé l’approvisionnement en carburant de Bamako et a incité la junte militaire à fermer temporairement toutes les écoles et universités du pays.
Toutes les parties au conflit armé au Mali sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et le droit de la guerre coutumier. Le droit de la guerre interdit les attaques dirigées contre des civils, ainsi que le meurtre, les traitements cruels et la torture de toute personne en détention. Les personnes qui commettent des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle ou qui en sont responsables en vertu de leur responsabilité de commandement peuvent être poursuivies pour crimes de guerre.
Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, le pays reste un État partie au Statut de Rome de la Cour jusqu’en septembre 2026. En janvier 2013, la Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis au Mali depuis 2012.
L’Union africaine (UA) s’est en grande partie abstenue de réagir efficacement à l’aggravation du conflit au Mali, malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, a déclaré Human Rights Watch. Alors que la situation sécuritaire s’est détériorée ces derniers mois, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’a rien fait au-delà de publier des déclarations communiquant son inquiétude au sujet de cette situation.
« Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA devrait faire de ce conflit au Mali une priorité », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Il devrait régulièrement organiser des réunions d’information, renforcer les efforts diplomatiques et coordonner les actions régionales et internationales afin de renforcer la reddition des comptes pour les abus commis par toutes les parties. »
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Violences au centre du Mali : l’armée et les milices dozos accusées de meurtres de civils
Les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés miliciens, dont les dozos, sont pointées du doigt pour des exactions meurtrières dans la région de Ségou, au centre du pays. Entre le 2 et le 13 octobre, au moins 31 civils, majoritairement des hommes, ont été abattus sommairement ou brûlés vifs dans deux villages sous influence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
kamona et balle : deux villages endeuillés par des opérations militaires
Le 2 octobre, des soldats en véhicules blindés et pick-ups, accompagnés de miliciens dozos à moto, ont fait irruption dans Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont méthodiquement exécuté 21 hommes après les avoir accusés de liens avec le GSIM. Dix habitations, principalement occupées par des membres de l’ethnie peule, ont été réduites en cendres. Un survivant raconte : « Ceux qui n’ont pas fui ont été rassemblés et abattus sans procès. »
Quinze jours plus tard, le 13 octobre, une opération similaire visait Balle, à 55 kilomètres de Kamona. Cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos transportant des dozos ont investi le village. Le bilan est lourd : 10 civils tués, dont une femme, ainsi que le vol de plus de 100 têtes de bétail. Un habitant de 24 ans témoigne : « J’ai vu les soldats frapper les hommes à coups de pied et de poing avant de les exécuter. »
des accusations corroborées par des preuves tangibles
Les victimes, toutes identifiées par les survivants, étaient des hommes âgés de 20 à 67 ans. À Kamona, 17 corps ont été retrouvés sous un arbre, criblés de balles, avec des têtes fracassées. Quatre autres cadavres ont été découverts plus au nord. À Balle, les corps étaient alignés au centre du village, certains avec des membres brisés. Une jeune femme de 21 ans a décrit l’assassinat de sa mère : « Elle a crié en les insultant, ils l’ont traînée avec les autres hommes et l’ont tuée. »
un contexte de tensions exacerbé par les djihadistes
Ces violences surviennent dans une zone depuis des années sous emprise du GSIM, qui impose des taxes islamiques et résout les conflits locaux. Un villageois explique : « Nous payons la zakat aux djihadistes car l’armée ne protège pas notre village. Elle ne fait pas la différence entre eux et nous. » Le GSIM a récemment intensifié ses attaques, notamment contre une usine sucrière stratégique en août, poussant l’armée à des représailles aveugles.
L’état-major malien a justifié les opérations par la « neutralisation de terroristes », sans évoquer les victimes civiles. Pourtant, les preuves recueillies, dont des douilles et des témoignages, confirment des exécutions sommaires et des destructions ciblées.
appel à une enquête indépendante et à la justice
Face à ces atrocités, des voix s’élèvent pour demander des comptes. Les autorités maliennes sont sommées d’ouvrir une enquête impartiale et de sanctionner les responsables. Le Mali, bien que retiré de la Cour pénale internationale (CPI), reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une procédure judiciaire pourrait donc être engagée à l’échelle internationale.
La communauté internationale, notamment l’Union africaine, est appelée à réagir. Malgré l’aggravation du conflit, peu d’actions concrètes ont été menées par l’instance régionale. Une mobilisation urgente est réclamée pour mettre fin à l’impunité et protéger les populations civiles.
Depuis 2012, le conflit au Mali a fait des milliers de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les exactions des forces armées et des groupes armés islamistes se multiplient, plongeant le pays dans une crise humanitaire sans précédent.
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Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre
(Nairobi) – L’armée malienne et des milices alliées ont tué au moins 31 civils et incendié des maisons les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, qui est en proie à des conflits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Le 2 octobre, les forces armées maliennes et des milices dozos, des milices composées essentiellement de personnes issues de l’ethnie bambara qui participent à des opérations de contre-insurrection depuis une décennie, ont tué au moins 21 hommes et ont incendié au moins 10 maisons dans le village de Kamona. Le 13 octobre, ces forces ont tué 9 hommes et une femme dans le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de là. Les deux villages sont situés dans une région du centre du Mali contrôlée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM), lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré que des soldats et des milices dozos ont sommairement exécuté les villageois après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM.
« Les massacres d’octobre dans la région de Ségou ne sont que les dernières atrocités attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités maliennes devraient mener une enquête crédible et impartiale sur ces meurtres, et traduire les responsables en justice dans le cadre de procès équitables. »
Human Rights Watch a mené des entretiens par téléphone en octobre avec 10 personnes ayant connaissance des incidents, dont 5 témoins et 5 chefs de communauté, activistes de la société civile et journalistes. Le 8 novembre, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Mali pour leur faire part de ses conclusions et poser certaines questions, mais n’a reçu aucune réponse à l’heure de la publication de ce communiqué.
Les témoins ont déclaré avoir identifié les soldats à leurs tenues de camouflage, et les Dozos à leurs vêtements traditionnels et aux amulettes qu’ils portaient autour du cou.
Le 2 octobre, vers 10 heures du matin, des soldats à bord d’au moins sept pick-ups et trois véhicules blindés, ainsi que des miliciens dozos à moto, sont entrés dans Kamona et ont commencé à rechercher les hommes du village. Les témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient alerté les habitants de l’arrivée de l’armée, ce qui a poussé de nombreux habitants à fuir.
« Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et exécutés », a déclaré un survivant à Human Rights Watch.
Des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient fui le village avant l’arrivée de l’armée, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement entre les deux camps.
Les témoins pensent que ces meurtres, corroborés par des rapports des médias, sont liés aux récentes attaques commises par le GSIM dans la région de Ségou, notamment une attaque qui a détruit l’usine sucrière de Siribala le 8 août.
Les villageois ont ensuite trouvé 17 corps sous un arbre dans le village, et quatre autres corps au nord de Kamona. Ils ont expliqué que les soldats avaient incendié au moins 10 huttes et 3 hangars appartenant à des habitants de l’ethnie peule.
Un berger de 40 ans qui s’était caché dans une maison abandonnée avec sa fille de 9 ans a déclaré que lorsque les assaillants sont partis, vers 16 heures, il a trouvé les 17 corps. « Les gens avaient été criblés de balles », a-t-il déclaré. « L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai également vu plusieurs douilles de balles à côté des corps. »
Un autre homme, âgé de 39 ans, a déclaré avoir aidé à enterrer les corps. « Nous avons creusé une fosse commune sous l’arbre et y avons déposé les [corps des] 17 hommes », a-t-il déclaré. « Plus au nord, nous avons trouvé quatre autres corps. Tous avaient reçus des balles dans le ventre et dans la tête, nous avons donc creusé une autre fosse, les y avons déposés et les avons recouverts de sable. »
Les villageois ont fourni une liste des 21 victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans. Ils pensent que les soldats ont tué d’autres personnes lors de cette attaque. « Nous avons entendu dire qu’au moins 15 autres hommes avaient été tués dans la brousse ce jour-là », a déclaré un villageois. « Mais nous ne sommes pas allés vérifier, car nous avions peur que l’armée revienne. »
Le 13 octobre, vers 13 heures, des soldats maliens à bord de cinq pick-ups et des miliciens dozos à bord d’au moins 30 motos sont entrés dans le village de Balle, provoquant la fuite de certains habitants. « Je ne me suis pas enfui immédiatement, mais lorsque j’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et gifler et donner des coups de pied aux hommes, je me suis enfui », a déclaré un homme de 24 ans. « Depuis ma cachette, j’ai entendu des coups de feu. »
Des témoins ont déclaré que les soldats et les miliciens dozos ont tué 10 civils, dont une femme de 55 ans, et neuf hommes, âgés de 22 à 67 ans, et ont volé au moins 100 vaches.
Un homme de 33 ans a déclaré qu’après l’attaque, il a trouvé les 10 corps au milieu du village. « Ils étaient les uns à côté des autres, criblés de balles », a-t-il déclaré. « Certains avaient les jambes et les bras cassés. »
La fille de la femme qui a été tuée, elle-même âgée de 21 ans, a déclaré que sa mère avait crié en s’adressant aux soldats, les accusant d’avoir maltraité les villageois. « Elle s’est dirigée vers les soldats », a-t-elle déclaré. « Ils l’ont alors emmenée là où les hommes avaient été rassemblés, et l’ont abattue. »
Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major Général des Armées du Mali a déclaré que le 13 octobre, des soldats avaient mené une opération de « reconnaissance offensive » autour de Balle, qui avait « permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes » et la saisie de matériel militaire.
Des témoins et des habitants ont déclaré que Balle était depuis plusieurs années sous le contrôle du GSIM. « Nous payons la zakat [taxe islamique] chaque année », a déclaré un homme. « S’il y a des disputes, ce sont les djihadistes qui les règlent. Il n’y a ni soldats, ni gendarmes, ni policiers ici. Par conséquent, l’armée présume que nous sommes des combattants du GSIM. L’armée ne fait pas de distinction entre eux et nous. »
Depuis 2012, les gouvernements maliens successifs ont mené des conflits armés contre divers groupes armés islamistes. Les hostilités ont causé la mort de milliers de civils, et ont contraint plus de 402 000 personnes à se déplacer. Human Rights Watch a documenté des abus graves commis par les forces armées maliennes et ses milices et groupes mercenaires alliés lors d’opérations de contre-insurrection, ainsi que des atrocités commises par le GSIM et d’autres groupes armés.
Les attaques militaires contre des civils dans la région de Ségou ont eu lieu après que le GSIM a commencé à assiéger Bamako, la capitale du Mali, début septembre. Le siège a coupé l’approvisionnement en carburant de Bamako et a incité la junte militaire à fermer temporairement toutes les écoles et universités du pays.
Toutes les parties au conflit armé au Mali sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et le droit de la guerre coutumier. Le droit de la guerre interdit les attaques dirigées contre des civils, ainsi que le meurtre, les traitements cruels et la torture de toute personne en détention. Les personnes qui commettent des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle ou qui en sont responsables en vertu de leur responsabilité de commandement peuvent être poursuivies pour crimes de guerre.
Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, le pays reste un État partie au Statut de Rome de la Cour jusqu’en septembre 2026. En janvier 2013, la Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis au Mali depuis 2012.
L’Union africaine (UA) s’est en grande partie abstenue de réagir efficacement à l’aggravation du conflit au Mali, malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, a déclaré Human Rights Watch. Alors que la situation sécuritaire s’est détériorée ces derniers mois, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’a rien fait au-delà de publier des déclarations communiquant son inquiétude au sujet de cette situation.
« Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA devrait faire de ce conflit au Mali une priorité », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Il devrait régulièrement organiser des réunions d’information, renforcer les efforts diplomatiques et coordonner les actions régionales et internationales afin de renforcer la reddition des comptes pour les abus commis par toutes les parties. »
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Massacres au Mali : l’armée et les milices dozos visent des villages du centre
Dans la région de Ségou, au centre du Mali, une série d’attaques attribuées à l’armée malienne et à ses alliés miliciens a fait au moins 31 victimes civiles les 2 et 13 octobre. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions accrues avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, qui contrôle une partie de cette zone depuis plusieurs années.
Des exécutions sommaires et des incendies dans deux villages
Le 2 octobre, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos, une milice majoritairement issue de l’ethnie bambara et active dans la lutte antiterroriste depuis plus de dix ans, ont pénétré dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été exécutés sommairement, et une dizaine d’habitations ont été réduites en cendres. Les assaillants, reconnaissables à leurs tenues de camouflage pour les militaires et à leurs vêtements traditionnels ainsi qu’à leurs amulettes pour les dozos, ont ciblé les hommes présents, accusant certains de collaboration avec le GSIM.
Un survivant a rapporté avoir vu des corps criblés de balles sous un arbre, tandis que d’autres victimes gisaient dispersées dans la brousse. Quatorze corps ont été enterrés dans une fosse commune, et quatre autres, retrouvés plus au nord, ont été ensevelis séparément. Les villageois ont fourni une liste de 21 noms, tous des hommes âgés de 20 à 65 ans, mais estiment que le bilan pourrait être bien plus lourd, certains ayant entendu dire qu’une quinzaine d’autres personnes avaient été tuées dans les alentours.
Le 13 octobre, un scénario similaire s’est répété à Balle, un village situé à environ 55 kilomètres de Kamona. Des soldats à bord de véhicules légers et des miliciens à moto ont fait irruption dans la localité, provoquant la fuite de plusieurs habitants. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été abattus, et plus d’une centaine de têtes de bétail ont été emportées. Les corps des victimes, retrouvés au centre du village, présentaient des signes de violence extrême : membres brisés, impacts de balles multiples.
Un contexte de tensions et de représailles
Les attaques surviennent après une série d’opérations du GSIM dans la région, notamment l’assaut contre l’usine sucrière de Siribala en août 2025. Les villageois de Balle, sous contrôle du GSIM depuis des années, ont expliqué payer une taxe islamique et régler leurs litiges via les djihadistes, faute de présence des forces de l’ordre. Les militaires, en revanche, ne font aucune distinction entre civils et combattants, selon les habitants.
Les autorités maliennes ont tenté de justifier les opérations. Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major des Armées a évoqué une « reconnaissance offensive » autour de Balle ayant « neutralisé une vingtaine de terroristes » et saisi du matériel. Pourtant, les témoins démentent tout affrontement et confirment que les djihadistes avaient quitté les lieux avant l’arrivée des forces armées.
Des crimes de guerre dénoncés par les observateurs
Ces événements rappellent les exactions répétées attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées depuis le début du conflit en 2012. Des milliers de civils ont péri, et plus de 400 000 personnes ont été déplacées. Les abus documentés incluent meurtres, destructions de biens et violences ciblées, tant de la part des forces gouvernementales que des groupes armés.
Le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève, interdit formellement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements inhumains. Les responsables de ces crimes pourraient être poursuivis pour crimes de guerre, même si le Mali s’est retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, son retrait n’étant effectif qu’en 2026.
Face à l’escalade de la violence, l’Union africaine (UA), bien que mandatée pour promouvoir la paix et la sécurité, n’a jusqu’à présent pris que des mesures symboliques, se limitant à des déclarations d’inquiétude. Des voix s’élèvent pour exiger une action plus ferme, notamment de la part du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, afin de mettre fin à l’impunité et de protéger les populations civiles.

