Can 2025 : le Sénégal dénonce une décision controversée de la caf et réclame une enquête

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CAN 2025 : le Sénégal conteste la décision de la CAF et exige une enquête transparente

Le président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye et le capitaine de l'équipe nationale Khalidou Koulibaly célèbrent la victoire du Sénégal en Coupe d'Afrique des Nations 2025 avec le trophée

Le gouvernement sénégalais a réagi avec fermeté face à la décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF), qui a invalidé le résultat de la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc. Une décision qualifiée d’« inédite et d’une gravité exceptionnelle », heurtant les principes fondamentaux de l’éthique sportive tels que l’équité et la loyauté.

Dans un communiqué officiel, le gouvernement sénégalais a catégoriquement rejeté « cette tentative de dépossession injustifiée » et exigé le lancement d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur les soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF. Parallèlement, Dakar reste mobilisé pour obtenir la libération des supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale.

Les raisons invoquées par la CAF

Le Maroc a été déclaré vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 après l’annulation du résultat de la finale, initialement remportée par le Sénégal sur le score de 1-0. La CAF a justifié sa décision en invoquant le comportement de l’équipe sénégalaise lors du match, estimant qu’elle avait enfreint l’article 82 du règlement de la compétition.

Concrètement, l’article 82 stipule qu’une équipe refusant de jouer ou quittant le terrain sans autorisation de l’arbitre est déclarée perdante et éliminée. Cet article a conduit à l’application de l’article 84, qui prévoit une défaite sur tapis vert par 3-0.

Les faits marquants de la finale controversée

Le match s’est terminé sur une victoire du Sénégal grâce à un but de Pape Gueye en prolongation, après un parcours chaotique en fin de rencontre. À la 8e minute du temps additionnel, l’arbitre Jean-Jacques Ndala a accordé un penalty au Maroc après consultation de la VAR, une décision contestée par les Sénégalais qui avaient vu un but d’Ismaïla Sarr annulé quelques minutes plus tôt.

Sous le choc, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a ordonné à son équipe de quitter la pelouse. Après 17 minutes d’interruption, les joueurs sont finalement revenus sur le terrain. Le penalty de Brahim Diaz, transformé en « panenka », a été arrêté par Édouard Mendy, avant que Gueye ne marque le but décisif.

Les réactions des deux fédérations

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a confirmé avoir fait appel du résultat, insistant sur le fait que sa démarche visait uniquement à faire appliquer le règlement, et non à contester la performance sportive des équipes. « Nous réaffirmons notre engagement envers la clarté compétitive et la stabilité des compétitions africaines », a déclaré la FRMF.

De son côté, la Fédération sénégalaise de football a annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision de la CAF, la qualifiant d’« injuste, sans précédent et inacceptable » qui « jette le discrédit sur le football africain ».

Les conséquences de la décision

La polémique autour de cette finale a dépassé le cadre sportif. Le sélectionneur marocain Walid Regragui a qualifié les agissements du Sénégal de « honteux », tandis que le président de la FIFA Gianni Infantino a condamné les « scènes déplorables » survenues en fin de match.

Pape Thiaw, par ailleurs, a reconnu avoir commis une erreur en retirant son équipe du terrain et a présenté des excuses au football africain. Le Maroc a quant à lui limogé son sélectionneur Walid Regragui le 5 mars, soit quatre mois avant la Coupe du monde.

Malgré cette décision controversée, le journaliste sportif Maher Mezahi a souligné que l’émotion liée à la victoire sénégalaise ne pouvait être effacée : « On ne peut pas effacer les 16 dernières minutes de ce match et ce que nous avons vu ».