Catégorie : Internacional

  • Affaire de trafic de visas au Niger : le ministre de l’Intérieur sous pression

    Affaire de trafic de visas au Niger : le ministre de l’Intérieur sous pression

    Un scandale diplomatique secoue la junte nigérienne

    Le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur du Niger et troisième personnage de la junte au pouvoir depuis juillet 2023, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire aux répercussions politiques majeures. Son épouse, ancienne employée de l’ambassade d’Espagne à Niamey, est directement impliquée dans un vaste réseau de trafic de visas Schengen, aujourd’hui démantelé par les services de renseignement nigériens.

    Une filière illicite vers l’Europe

    L’enquête révèle l’existence d’un système organisé visant à faciliter l’obtention frauduleuse de titres de séjour pour l’espace Schengen. Les investigations, menées par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), ont permis de reconstituer le fonctionnement de ce réseau clandestin.

    Les modalités de cette opération illégale étaient les suivantes :

    • Tarifs exorbitants : Les demandeurs devaient s’acquitter de sommes comprises entre 2 et 5 millions de francs CFA (3 048 à 7 622 euros) par visa.
    • Procédure simplifiée : Aucune présence physique en ambassade n’était requise, les démarches s’effectuant intégralement à distance.
    • Cible privilégiée : Le réseau a principalement profité à des ressortissants maliens, bénéficiaires d’une exemption frauduleuse de vérification de leur titre de séjour nigérien — pourtant obligatoire. Dès leur arrivée à Madrid, des complices se chargeaient de leur prise en charge.

    D’après les premières conclusions des enquêteurs, près de 1 500 Maliens auraient ainsi pu accéder illégalement au territoire européen grâce à cette filière.

    Des ramifications financières et des arrestations ciblées

    Les investigations ont également mis en lumière des circuits de blanchiment d’argent transitant par plusieurs pays de la sous-région, notamment le Sénégal. Les autorités ont procédé à des interpellations stratégiques :

    • Maty Cissokho Toumba, épouse du ministre de l’Intérieur, a été entendue par la DGDSE.
    • Samsoudine Idrissa, identifié comme le logisticien du réseau et proche du général Toumba, a été appréhendé alors qu’il quittait la résidence du ministre.
    • Une complice supplémentaire, recrutée par l’épouse du ministre peu avant son départ de l’ambassade d’Espagne il y a un an, fait également l’objet de poursuites.

    Un remous politique au sein de la junte

    L’ouverture de cette enquête par les services de renseignement extérieur, et non par les canaux judiciaires classiques, a exacerbé les tensions internes au sein de la junte militaire. Le président de la transition, le général Abdourahamane Tchiani, semble privilégier les membres de sa communauté d’origine, les Haoussa, au détriment des autres groupes ethniques présents au sommet de l’État. Cette affaire fragilise particulièrement les responsables issus de la communauté Zarma, parmi lesquels figurent le général Toumba et le général Salifou Modi, ministre de la Défense, pourtant estimé au sein des forces armées.

    Cette crise interne révèle les profondes divisions qui minent le régime en place et soulève des interrogations sur la stabilité future de la transition.

  • Ousmane Sonko et son gouvernement face aux députés ce vendredi à Niamey

    Ousmane Sonko et son gouvernement face aux députés ce vendredi à Niamey

    Le Premier ministre nigérien Ousmane Sonko et l’ensemble de son équipe gouvernementale sont convoqués ce vendredi 22 mai 2026 pour une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Niger. Une rencontre qui s’annonce comme un moment clé du dialogue institutionnel entre l’Exécutif et les représentants du peuple.

    L’invitation officielle a été transmise par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Cette tradition parlementaire permet aux députés d’interroger directement les membres du gouvernement sur les enjeux majeurs du pays. Parmi les sujets qui devraient dominer les débats : la conjoncture économique nigérienne, l’inflation persistante, les défis de l’emploi des jeunes, ainsi que les réformes politiques et sociales en cours.

    Depuis sa prise de fonction en avril 2024, Ousmane Sonko a déjà participé à quatre séances similaires. Ces échanges réguliers entre l’Exécutif et le Parlement visent à renforcer la transparence et à évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre. Les observateurs s’attendent à des échanges vifs, notamment sur les réformes économiques promises et leur impact sur le pouvoir d’achat des Nigériens.

    Cette séance de questions d’actualité intervient dans un contexte où le Niger fait face à des défis structurels, entre pression inflationniste et nécessité de diversification économique. Les réponses apportées par le Premier ministre et ses ministres pourraient donner des indications précieuses sur la stratégie gouvernementale pour les mois à venir.

  • Sénégal : Bassirou Diomaye Faye valide la réforme ouvrant la voie à Ousmane Sonko pour 2029

    Sénégal : Bassirou Diomaye Faye valide la réforme ouvrant la voie à Ousmane Sonko pour 2029

    Le paysage politique au Sénégal connaît un tournant majeur avec la promulgation, par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, de la nouvelle loi modifiant le code électoral. Ce texte législatif, désormais officiel suite à la signature d’un décret présidentiel, semble lever les obstacles juridiques qui pesaient sur une éventuelle candidature de Ousmane Sonko lors du scrutin présidentiel de 2029.

    De nouvelles décisions divisent, le divorce est prononcé entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef

    Des tensions palpables au sein du Pastef

    Cette décision intervient après une période de doutes et de frictions internes au sein de la formation au pouvoir. Au Pastef, certains cadres craignaient que le président de la République ne cherche à entraver le retour politique de son Premier ministre. Pour rappel, Ousmane Sonko n’avait pu se présenter en mars 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la privation de ses droits civiques. C’est dans ce contexte que Bassirou Diomaye Faye avait été désigné pour porter les couleurs du parti.

    Le processus législatif n’a pas été sans heurts. Après un premier vote à l’Assemblée nationale le 28 avril, le président Faye avait renvoyé le texte pour une seconde lecture, justifiant ce choix par des « erreurs matérielles ». Cette manœuvre avait alimenté les rumeurs de désaccord entre les deux figures de l’exécutif, certains y voyant une volonté de freiner l’ascension de son allié de longue date.

    Les enjeux de la réforme pour l’éligibilité du Premier ministre

    Le 9 mai, le Parlement a définitivement validé la réforme, permettant sa promulgation. Le nouveau code électoral clarifie les règles relatives à la déchéance civique. Désormais, cette sanction est limitée à une durée fixe de cinq ans après l’exécution de la peine. L’aspect crucial de cette loi réside dans son caractère rétroactif, ce qui impacte directement la situation juridique de Ousmane Sonko.

    Condamné en appel en mai 2023 à six mois de prison avec sursis, une sentence confirmée par la Cour suprême au début de l’année 2024, le leader du Pastef voyait son avenir politique s’assombrir. Malgré un ultime recours rejeté en juillet 2025, le Premier ministre, qui avait brièvement été élu député en novembre 2024 avant de privilégier ses fonctions gouvernementales, dispose désormais d’un horizon dégagé pour les prochaines échéances électorales au Sénégal.

  • Promulgation du nouveau code électoral au Sénégal : un tournant pour Ousmane Sonko et le PASTEF

    Promulgation du nouveau code électoral au Sénégal : un tournant pour Ousmane Sonko et le PASTEF

    Le président Bassirou Diomaye Faye officialise la réforme électorale

    Le climat politique au Sénégal franchit une étape décisive. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a apposé sa signature au bas de la loi modifiant le Code électoral le vendredi 15 mai 2026. Cet acte officiel intervient après une période d’incertitude et de discussions passionnées au sein de l’opinion publique et de la classe politique, faisant suite à l’adoption préalable du texte par l’Assemblée nationale.

    Cette décision était particulièrement scrutée par les sympathisants du PASTEF. Pour Ousmane Sonko et sa formation politique, cette promulgation représente l’aboutissement d’un processus législatif majeur. Bien que l’attente ait suscité de nombreuses interrogations, la validation présidentielle vient clore une séquence de doutes qui persistait depuis le vote des députés.

    La fin d’une période d’incertitude législative

    La signature de ce texte met un terme à une semaine de flottement marquée par des controverses juridiques et politiques. Le débat a été intense, opposant différentes visions sur l’avenir du système démocratique sénégalais, tant dans l’espace public que dans les rangs de l’opposition. En ratifiant la loi n°11/2026, le pouvoir exécutif choisit de stabiliser le cadre électoral du pays.

    Si la promulgation de cette nouvelle mouture du Code électoral permet de tourner provisoirement une page, elle ne signifie pas pour autant la fin des discussions. Les implications concrètes de cette réforme législative et les interprétations de ses conséquences devraient continuer de structurer les échanges politiques dans les prochains jours, alors que les acteurs se préparent pour les futures échéances au Sénégal.

  • Un citoyen français emprisonné au Sénégal sur fond de durcissement législatif

    Un citoyen français emprisonné au Sénégal sur fond de durcissement législatif

    Depuis le 14 février dernier, un ressortissant français se trouve en détention préventive au Sénégal. Cette arrestation, survenue lors d’une opération d’envergure, repose sur plusieurs chefs d’accusation graves, notamment pour des « actes contre-nature », association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux ainsi qu’une tentative de transmission du VIH. Cette situation s’inscrit dans un climat social et politique marqué par une intensification de la répression visant l’homosexualité présumée dans le pays.

    Un cadre juridique de plus en plus sévère

    Le Sénégal a franchi une nouvelle étape en mars dernier en durcissant considérablement son arsenal législatif. Désormais, les relations entre personnes de même sexe peuvent entraîner des peines de réclusion allant de cinq à dix ans. L’application de ces mesures est déjà une réalité : en avril, un jeune Sénégalais a été condamné à une peine de six ans de prison ferme après avoir été appréhendé dans la banlieue de Dakar.

    Face à cette incarcération, les services consulaires français à Dakar assurent un suivi rigoureux. Le détenu a déjà reçu quatre visites consulaires afin de garantir sa protection et de maintenir un lien constant avec sa famille, en coordination avec les autorités à Paris.

    Une législation sous le feu des critiques internationales

    Dans ce pays à forte majorité musulmane, les pratiques homosexuelles sont officiellement perçues comme une déviance. Le renforcement des sanctions pénales constituait un engagement politique majeur du pouvoir actuel, une promesse concrétisée par le président Bassirou Diomaye Faye. Toutefois, cette orientation suscite une vive réprobation à l’échelle mondiale.

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a fermement dénoncé ce texte qu’il considère comme une violation flagrante des libertés fondamentales. De son côté, la diplomatie française manifeste son inquiétude face à l’alourdissement des peines et à l’émergence de nouveaux délits liés à la promotion de l’homosexualité. La France réitère son engagement indéfectible pour le respect universel des droits humains et milite activement pour la dépénalisation de l’homosexualité à travers le monde, s’opposant à toute forme de discrimination liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

  • Condamnation unanime de l’ONU après les violentes offensives au Mali

    Condamnation unanime de l’ONU après les violentes offensives au Mali

    Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé sa vive indignation suite aux attaques terroristes odieuses perpétrées par des groupes affiliés à Al-Qaïda au Mali. Ces assauts, qui ont débuté le 25 avril, ont suscité une réaction immédiate de la communauté internationale, exigeant que les coupables répondent de leurs actes.

    Dans une déclaration officielle, l’instance onusienne a insisté sur l’impératif de traduire devant la justice non seulement les exécutants, mais aussi les planificateurs et les soutiens financiers de ces violences. La lutte contre l’impunité reste une priorité absolue pour stabiliser la région.

    Le Mali traverse une phase de forte instabilité après une série d’offensives sans précédent visant des points névralgiques des autorités au pouvoir depuis 2020. Les événements des 25 et 26 avril, ayant ciblé plusieurs localités stratégiques, ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense, marquant un tournant inquiétant dans la crise sécuritaire que traverse le pays.

  • Durcissement législatif au Sénégal : la communauté LGBTQIA+ face à une répression sans précédent

    Durcissement législatif au Sénégal : la communauté LGBTQIA+ face à une répression sans précédent

    Alors que plusieurs capitales mondiales célèbrent des décennies de lutte pour la visibilité et l’égalité, une atmosphère radicalement opposée s’installe à Dakar. Au Sénégal, la situation des droits humains traverse une période de turbulences majeures avec l’entrée en vigueur d’un nouvel arsenal juridique visant spécifiquement les minorités sexuelles. Cette législation, parmi les plus sévères du continent, institutionnalise une traque qui inquiète les observateurs internationaux.

    Le texte, officiellement promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye, durcit considérablement les sanctions liées aux « actes contre nature ». Désormais, la peine de prison maximale est doublée, passant de 5 à 10 ans d’enfermement. Sur le plan financier, les sanctions pécuniaires subissent une hausse vertigineuse, pouvant atteindre 10 millions de francs CFA, soit environ 15 000 euros. Ce projet, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko sous le sceau de la « souveraineté nationale », a reçu un soutien massif au Parlement. Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale a scellé cette réforme par un vote unanime de 135 voix, sans aucune opposition.

    Un climat de terreur et des violences populaires

    L’impact de ces nouvelles dispositions ne s’est pas fait attendre. En l’espace de quelques semaines, plus d’une centaine d’individus ont été interpellés pour des soupçons d’homosexualité. Dans ce contexte de tension extrême, certains prévenus en viennent à considérer la cellule de prison comme un refuge face à la fureur de foules prêtes à pratiquer des lynchages. « La peur est permanente. On vit dans la hantise d’être dénoncé ou capturé à chaque instant. Ce n’est plus une existence possible », témoigne un jeune homme contraint à la clandestinité.

    Cette hostilité semble encouragée par des discours radicaux émanant de certaines sphères d’influence. La haine est parfois présentée comme un gage de piété religieuse, créant une confusion dangereuse entre conviction personnelle et violence physique. La paranoïa s’étend désormais aux cercles d’expatriés. L’arrestation brutale d’un ingénieur de nationalité française, cueilli à son domicile lors d’une opération de type rafle, a provoqué une onde de choc, illustrant que personne ne semble plus à l’abri de ces méthodes d’intimidation.

    Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire "non à l’homosexualité" lors d’une manifestation réclamant la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal, à Dakar, le 23 mai 2025. Des manifestants ont défilé à Dakar le 23 mai 2025 po

    Instrumentalisation politique et enjeux sanitaires

    Le mouvement religieux And Sàmm Jikko Yi, fer de lance de cette offensive législative, n’hésite pas à qualifier la communauté LGBTQIA+ de « péril public ». Son dirigeant, l’imam Babacar Sylla, multiplie les déclarations stigmatisantes, sans fondement scientifique, affirmant une impossibilité totale de compassion. Pour de nombreux analystes, cette rhétorique sert également de levier politique au gouvernement pour masquer les difficultés liées à la récession économique, en désignant l’homosexualité comme une influence étrangère incompatible avec les valeurs du Sénégal.

    Au-delà de la question des libertés individuelles, c’est une crise de santé publique qui se profile. Les organisations locales de défense des droits constatent un effondrement des taux de dépistage du VIH. La crainte d’être identifié ou poursuivi par les autorités pousse les populations vulnérables à renoncer aux protections de base et aux soins. « Porter un préservatif ou du lubrifiant devient un risque pénal. Les patients séropositifs disparaissent des radars médicaux », s’inquiète un acteur associatif.

    Avec cette dérive autoritaire, le Sénégal rejoint la liste des 31 pays d’Afrique criminalisant l’orientation sexuelle. Autrefois perçu comme un havre de tolérance et de stabilité, le pays s’aligne désormais sur les positions les plus répressives de la région, à l’instar de l’Ouganda ou du Nigeria. Pour ceux qui sont visés par cette loi, l’alternative se résume aujourd’hui à un choix tragique : le silence absolu ou le chemin de l’exil.

  • Tensions entre Bamako et Nouakchott : les coulisses d’une rupture diplomatique et sécuritaire

    Tensions entre Bamako et Nouakchott : les coulisses d’une rupture diplomatique et sécuritaire

    Une insécurité grandissante aux frontières sahéliennes

    Les récents épisodes de camions incendiés le long de la frontière ne sont pas de simples faits divers. Ces événements témoignent d’une dégradation alarmante de la sécurité sur les axes commerciaux vitaux reliant la Mauritanie, le Maroc et le septentrion du Mali. Ces routes, autrefois fluides, sont désormais le théâtre d’une instabilité qui menace directement l’approvisionnement des populations locales en produits de première nécessité.

    Le ralentissement des échanges impacte lourdement les marchés de Tombouctou et de Gao. Les circuits transsahariens, piliers de l’économie régionale, subissent des blocages répétés, isolant davantage des zones déjà vulnérables.

    La Mauritanie, un partenaire historique devenu méfiant

    Pendant des décennies, Nouakchott a servi de plateforme tournante pour les marchandises destinées au nord du Mali. Ce rôle stratégique s’appuyait sur des réseaux de commerçants héritiers des grandes caravanes du désert. Au-delà de l’aspect marchand, la Mauritanie a agi comme un véritable refuge humanitaire. Depuis 1991, le pays a maintenu ses portes ouvertes, accueillant aujourd’hui plus de 300 000 réfugiés maliens, notamment dans le camp de Mbera et les localités environnantes.

    Cette hospitalité s’accompagnait d’une surveillance stricte des frontières, permettant de contenir les groupes armés. Cependant, cette harmonie sécuritaire s’est brisée sous la pression des nouveaux enjeux politiques à Bamako.

    L’impact des nouvelles alliances militaires

    Le changement de paradigme sécuritaire au Mali, marqué par la présence de partenaires militaires russes, a profondément modifié la donne. Les opérations menées dans les zones frontalières ont multiplié les frictions. Des arrestations de civils et des affrontements ont été signalés, créant un climat de suspicion généralisée.

    Les mécanismes de confiance qui liaient les communautés des deux côtés de la frontière s’effritent. Les éleveurs, les chefs traditionnels et les transporteurs, autrefois garants de la stabilité locale, se retrouvent pris entre deux feux. Cette rupture sociale profite aux groupes armés qui s’installent dans les vides laissés par l’arrêt des échanges.

    Face à ces dérives, la Mauritanie semble avoir choisi de prendre ses distances avec le pouvoir d’Assimi Goïta. Ce qui était autrefois un axe de coopération solide se transforme en une zone de tensions froides, redéfinissant l’équilibre géopolitique de la région.

  • Incarcération d’un ressortissant français au Sénégal pour homosexualité : Paris suit l’affaire de près

    Incarcération d’un ressortissant français au Sénégal pour homosexualité : Paris suit l’affaire de près

    La situation d’un ressortissant français au Sénégal suscite une vive attention diplomatique. Depuis le 14 février dernier, cet homme est maintenu en détention à Dakar, principalement pour des faits qualifiés d’« actes contre-nature ». Cette interpellation s’inscrit dans un climat de répression accrue contre la communauté LGBT+ dans le pays.

    L’individu concerné est un ingénieur d’une trentaine d’années qui résidait dans la capitale sénégalaise. Son arrestation est intervenue lors d’une opération de police plus large. Outre les accusations liées à son orientation sexuelle, il est également poursuivi pour association de malfaiteurs, blanchiment d’argent et tentative de transmission du VIH.

    Un durcissement législatif marqué au Sénégal

    Cette affaire éclate alors que le Sénégal a récemment franchi une nouvelle étape dans la pénalisation de l’homosexualité. Début mars, une législation plus sévère a été adoptée, portant désormais les peines encourues à une période allant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Ce texte a été officiellement promulgué le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye.

    Dans ce pays à forte majorité musulmane, les relations entre personnes de même sexe sont socialement perçues comme une déviance. Le renforcement des sanctions pénales constituait un engagement politique fort du pouvoir actuel, trouvant un écho favorable au sein de l’opinion publique locale.

    La diplomatie française mobilisée

    Face à cette incarcération, les autorités consulaires françaises à Dakar restent particulièrement vigilantes. Le ressortissant a déjà reçu quatre visites dans le cadre de la protection consulaire habituelle. Les services diplomatiques à Paris maintiennent également un contact constant avec la famille de l’ingénieur pour les tenir informés de l’évolution de la procédure judiciaire.

    La France a profité de ce contexte pour réaffirmer sa position de principe sur la scène internationale. Elle rappelle son engagement constant en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité et son opposition à toute forme de discrimination basée sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle, au nom de l’universalité des droits de l’Homme.

  • Un an de détention pour Succès Masra : le visage d’une opposition muselée au Tchad

    Un an de détention pour Succès Masra : le visage d’une opposition muselée au Tchad

    Une année derrière les barreaux pour le leader des Transformateurs

    Cela fait désormais un an que les autorités du Tchad maintiennent en détention Succès Masra, figure centrale de l’opposition et ancien Premier ministre. Cette incarcération, fondée sur des accusations perçues comme purement politiques, illustre la fermeté du gouvernement face à toute forme de contestation dans le pays.

    Le récit d’une interpellation matinale

    Le 16 mai 2025, à l’aube, les forces de l’ordre ont investi le domicile de Succès Masra à N’Djamena pour procéder à son arrestation. La justice lui reproche d’avoir encouragé la haine et l’insurrection à travers ses interventions sur les réseaux sociaux. Ces accusations faisaient suite aux violents heurts intercommunautaires ayant endeuillé la province du Logone Occidental le 14 mai précédent. Pourtant, le leader politique s’était contenté de présenter ses condoléances aux familles des victimes, affirmant avec force que la vie humaine ne devait jamais être dévalorisée sur le sol tchadien.

    Un verdict lourd et une procédure d’appel

    En août 2025, le verdict est tombé : 20 ans de réclusion criminelle. Le tribunal a reconnu l’opposant coupable de complicité de meurtre et de propagation de messages xénophobes. Succès Masra, qui clame son innocence, n’est pas le seul visé ; plusieurs de ses coaccusés ont écopé de peines similaires, assorties de fortes amendes. Bien que ses conseils aient immédiatement fait appel, le dossier reste en suspens et doit désormais être examiné par la Cour suprême.

    Un climat politique de plus en plus restreint

    Cette affaire s’inscrit dans une dérive plus globale de l’espace démocratique au Tchad. Déjà, lors de la présidentielle de mai 2024 où il affrontait Mahamat Idriss Déby, Succès Masra et ses partisans subissaient des pressions constantes et des arrestations arbitraires. Le climat de l’époque était marqué par l’assassinat non élucidé d’un autre cadre de l’opposition, un crime resté impuni à ce jour. Après le scrutin, le leader des Transformateurs avait d’ailleurs dénoncé des résultats truqués.

    La répression ne s’est pas limitée à la sphère politique directe. Les épisodes de 2021 et 2022 ont été le théâtre de violences policières extrêmes, causant de nombreux décès et des centaines d’arrestations lors de manifestations. Plus récemment, en mai 2026, huit autres figures politiques ont été condamnées à huit ans de prison pour rébellion après avoir tenté d’organiser un rassemblement pro-démocratie.

    L’appel à une médiation régionale

    Face à cette situation, le rôle des organisations régionales comme la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) devient crucial. Il est impératif que ces institutions pèsent sur les autorités de N’Djamena pour exiger le respect des libertés fondamentales et l’application stricte de l’accord de Kinshasa, censé protéger l’activité des partis politiques d’opposition et garantir la sécurité de leurs dirigeants.

  • Coopération bilatérale : l’Algérie et le Tchad boostent les projets d’infrastructures routières

    Coopération bilatérale : l’Algérie et le Tchad boostent les projets d’infrastructures routières

    Un nouveau jalon vient d’être posé dans les relations entre l’Algérie et le Tchad. Ce jeudi, à N’Djamena, les deux nations ont paraphé un accord stratégique visant à simplifier et à accélérer la mise en œuvre de projets communs dans le secteur des travaux publics. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de dynamiser le partenariat bilatéral et de concrétiser les engagements pris lors des discussions d’avril dernier.

    Un partenariat renforcé pour le désenclavement

    Le document a été signé par le ministre algérien des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et son homologue tchadien, Amir Idriss Kourda, en charge des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier. Cette signature s’est déroulée lors d’une séance de travail organisée dans la capitale tchadienne, marquant la seconde étape d’une mission officielle menée par la délégation algérienne.

    La rencontre a réuni des acteurs clés du développement, notamment le directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, l’ambassadeur d’Algérie au Tchad, ainsi que les dirigeants des groupes Cosider et de la Société nationale des travaux publics (SNTP). La partie tchadienne était représentée par sa ministre déléguée aux Infrastructures entourée de plusieurs hauts cadres techniques.

    Accélération de la route transsaharienne

    Au cours des échanges, le ministre tchadien a souligné la célérité avec laquelle les accords de coopération progressent. Il s’est félicité des avancées concrètes observées depuis le sommet du 22 avril à Alger. Parmi les points saillants, on note la multiplication des expertises techniques sur le terrain et le démarrage effectif des études de réalisation pour le tronçon tchadien de la route transsaharienne.

    Ce projet d’envergure continentale franchit ainsi une étape décisive, portée par une volonté politique forte de transformer ces infrastructures en véritables leviers de croissance économique pour les deux pays.

  • Tensions au lac Tchad : N’Djamena rejette les allégations de bavures civiles

    Tensions au lac Tchad : N’Djamena rejette les allégations de bavures civiles

    Des soldats tchadiens patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la province du Lac, le 6 mai 2026.

    Le gouvernement tchadien a fermement contesté les récentes accusations portées contre ses forces armées. Gassim Chérif Mahamat, ministre de la communication et porte-parole officiel, a déclaré que ces allégations ne visent qu’à ternir l’image des troupes nationales. Il a réaffirmé que l’armée du Tchad demeure une force professionnelle, engagée avec détermination dans la lutte contre le terrorisme, tant au Sahel que dans la région stratégique du bassin du lac Tchad.

    Cette mise au point intervient après que Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a réclamé l’ouverture d’investigations indépendantes. Cette demande fait suite à des opérations aériennes menées dans le nord-est du Nigeria, attribuées aux armées nigériane et tchadienne, qui auraient entraîné la mort de plusieurs dizaines de civils. Pour le diplomate de l’ONU, il est impératif que les autorités des deux pays garantissent des enquêtes rapides, exhaustives et impartiales sur ces incidents.

    Un engagement pour la transparence et la justice

    En réponse à ces sollicitations, N’Djamena a affiché sa volonté de coopérer. Gassim Chérif Mahamat a précisé que l’État tchadien est prêt à faire toute la lumière sur ces événements, s’appuyant sur un système judiciaire indépendant et des institutions capables de mener des enquêtes transparentes. Le porte-parole a toutefois rappelé la complexité du terrain, accusant le groupe Boko Haram de terroriser les populations et de fragiliser la cohésion sociale dans des zones déjà durement éprouvées.

    De son côté, le commandement militaire du Nigeria a soutenu que ses interventions visaient une structure terroriste confirmée. Selon les autorités nigérianes, la zone était exclusivement occupée par des éléments armés non étatiques représentant une menace sérieuse pour la sécurité des populations civiles.

    Le bassin du lac Tchad, vaste zone humide partagée entre le Tchad, le Nigeria, le Niger et le Cameroun, est devenu depuis 2009 un repaire pour les combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Face à cette instabilité chronique, Volker Türk a insisté sur la nécessité absolue pour les forces militaires de respecter le droit international humanitaire, rappelant que les civils ne doivent en aucun cas être pris pour cibles.