Catégorie : Politique locale

  • Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Le général Assimi Goïta, président de la Transition au Mali, passe en revue des troupes en tenue militaire avec un béret vert et un cache-nez

    Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent à Bamako pour une session cruciale de deux jours. L’objectif ? Évaluer les progrès réalisés depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES) et tracer la voie pour l’année à venir. Parmi les points clés : le bilan sécuritaire, les défis diplomatiques et le renforcement des institutions confédérales.

    Le sommet des 22 et 23 décembre 2024 marque une étape importante dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’AES. Après un an d’existence, les trois pays souhaitent passer à l’action concrète en opérationnalisant pleinement leurs structures communes. Les enjeux régionaux et internationaux seront également au cœur des discussions.

    La Force unifiée de l’AES : un pas décisif contre l’insécurité

    Un véhicule militaire jaune portant l'inscription 'FU-AES'

    Face à une insécurité croissante aux frontières et à la menace persistante des groupes armés, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont lancé la Force unifiée de l’AES (FU-AES). Cette force multinationale de 5 000 soldats, placée sous le commandement du Général Daouda Traoré du Burkina Faso, représente une réponse concrète à la nécessité de coordonner les efforts militaires.

    Selon le Général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, cette force incarne une mutualisation stratégique fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité et de dignité. « La paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas », a-t-il souligné lors de la cérémonie de lancement. Pour les trois États, cette initiative est un engagement irréversible.

    Comment la Force unifiée pourrait-elle atteindre ses objectifs ?

    Des soldats de la Force unifiée de l'AES avec des engins roulants

    Pour être efficace, la Force unifiée doit relever plusieurs défis majeurs. Fiacre Vidjenagninou, Chercheur Principal au Behanzin Institute (Cotonou) et Chercheur associé Senior à l’Egmont Institute (Bruxelles), identifie des leviers essentiels :

    • Une coordination renforcée : Le partage des renseignements, le commandement unifié et la rapidité des décisions sont cruciaux. Une méthode simple doit être adoptée : concentrer les efforts sur les zones où l’ennemi est le plus structuré, puis agir avec célérité.
    • Une présence durable sur le terrain : Les opérations ponctuelles ne suffisent pas. Il faut contrôler les axes stratégiques, sécuriser les marchés, protéger les villages et rassurer les populations pour éviter le retour des groupes armés.
    • Une gouvernance locale renforcée : La Force unifiée peut gagner des batailles, mais sans une administration minimale et une justice accessible, la stabilisation reste illusoire. Les conflits fonciers, les exactions et l’absence de services de base alimentent le cycle de la violence.

    Le chercheur insiste : « Une force peut gagner la bataille. Mais sans gouvernance minimale, elle ne gagne pas la stabilisation ».

    S’ouvrir pour être efficace ?

    Les dirigeants militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger lors du sommet de l'AES à Niamey en juillet 2024

    La Force unifiée de l’AES est un projet ambitieux, mais son succès dépendra de sa capacité à surmonter des défis organisationnels. Fiacre Vidjenagninou recommande une approche progressive :

    • Commencer à trois : Prouver l’efficacité de la force avec les pays fondateurs (Mali, Burkina Faso, Niger).
    • Élargir progressivement : Coopérer avec des voisins de manière opérationnelle, en ciblant des couloirs précis et en renforçant les accords transfrontaliers.
    • Instaurer la confiance : Une intégration formelle ne doit intervenir qu’après avoir démontré des résultats concrets et une coordination sans faille.

    L’expert met en garde contre une expansion trop rapide : « Plus on élargit cette force à d’autres pays, plus la coordination devient difficile, avec des intérêts et doctrines différents empreints parfois de méfiance ».

    Et demain ?

    Lors de cette réunion à Bamako, les chefs d’État de l’AES auront l’occasion d’échanger avec le commandement de la Force unifiée. Les discussions porteront également sur la création de nouvelles institutions, comme la Télévision de l’AES (siège à Bamako) et la radio « Daandè Liptako » (base à Ouagadougou), ainsi que sur la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.

    L’AES est née dans un contexte de tensions avec la CEDEAO, après les coups d’État au Mali (2020), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Le retrait de ces pays de l’organisation régionale et la création de l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023 ont marqué un tournant. Officiellement établie le 6 juillet 2024, l’AES incarne une nouvelle vision de la coopération sahélienne, centrée sur la souveraineté et la sécurité collective.

  • Alliance du Mali, du Burkina et du Niger : une force armée conjointe en préparation

    Alliance du Mali, du Burkina et du Niger : une force armée conjointe en préparation

    Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont engagé une dynamique de coopération renforcée face aux défis sécuritaires et politiques majeurs. Ces trois nations, dirigées par des juntes issues de putschs récents (2020-2023), affichent une volonté commune d’affirmer leur souveraineté et de s’éloigner des influences extérieures traditionnelles.

    une réunion stratégique à Bamako pour concrétiser les ambitions de l’AES

    Le président malien, Assimi Goïta, a accueilli à Bamako son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, pour une rencontre bilatérale suivie d’un sommet trilatéral. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabé, a rejoint la discussion le lendemain, marquant ainsi une étape clé dans l’avancement des projets communs.

    Parmi les priorités discutées, la création d’une force armée conjointe occupe une place centrale. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre l’expansion des groupes jihadistes, notamment affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique, qui sévissent depuis plus d’une décennie dans la région.

    une force multinationale encore en phase symbolique

    Le samedi précédent, Assimi Goïta a officiellement présenté un étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES). Cet acte symbolique officialise le lancement de cette structure, bien que son activation effective ne soit pas encore programmée. « Chaque pays a contribué avec des troupes et du matériel. Nous serons ensemble sur le terrain », a déclaré un responsable malien de la Défense, soulignant l’engagement des trois nations.

    les enjeux sécuritaires au cœur des débats

    Les attaques jihadistes, autrefois concentrées dans le nord, s’étendent désormais vers le sud du Mali, où elles menacent l’économie locale. Au Burkina Faso et au Niger, ces groupes continuent de défier les autorités et poussent des milliers de civils à l’exil. Face à cette situation, les juntes de l’AES misent sur une collaboration accrue pour endiguer la menace.

    Parallèlement, les discussions ont porté sur la création d’une banque d’investissement commune, dont le siège serait situé à Bamako. Cette initiative économique s’inscrit dans une volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des anciens partenaires traditionnels, comme la France, et de se tourner vers de nouveaux alliés, notamment la Russie.

    des projets concrets, mais des défis persistants

    Outre la force armée et la banque d’investissement, les dirigeants de l’AES ont également inauguré les locaux de Télévision AES, bien que sa date de lancement officielle reste à préciser. Ces projets illustrent une volonté de renforcer l’intégration régionale, mais leur mise en œuvre concrète dépendra de la stabilité politique et sécuritaire des trois pays.