crise en rdc : le m23 finance ses activités grâce aux mines de coltan de rubaya
- Économie
Lors d’une réunion en formule Arria organisée à New York le 13 juillet 2026, l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a alerté la communauté internationale sur l’exploitation illégale des ressources naturelles en République démocratique du Congo (RDC). Il a notamment dénoncé le contrôle exercé par le groupe armé M23 sur les mines de coltan de Rubaya, dans l’est du pays.
Selon le diplomate, ce contrôle représente entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan, un minerai stratégique pour les industries technologiques et énergétiques. Le M23 utilise les revenus issus de cette exploitation pour financer son administration « illégale » et ses activités militaires, en violation de la souveraineté de la RDC.
un financement illégal au cœur des conflits
Jérôme Bonnafont a souligné que la compétition pour le contrôle des ressources naturelles est l’un des principaux moteurs des conflits en Afrique. « La RDC, riche en minerais critiques, subit depuis des années les conséquences de l’exploitation illicite de ses ressources », a-t-il déclaré. Il a cité des exemples concrets comme le Soudan, où l’or et la gomme arabique alimentent les combats, ou encore la RDC, où le M23 et d’autres groupes armés tirent profit du pillage des mines.
Le représentant français a rappelé que cette situation aggrave les violences et prolonge les souffrances des populations civiles. « Les ressources naturelles ne devraient pas être une source de profits pour les groupes armés, mais un levier de développement et de stabilité », a-t-il ajouté.
la France appelle au respect de la résolution 2773 de l’ONU
Pour mettre fin à ces pratiques, la France a réitéré son soutien à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution exige notamment :
- La cessation immédiate des hostilités dans l’est de la RDC.
- Le retrait des Forces de défense rwandaises du territoire congolais.
- La fin du soutien rwandais au M23.
- La neutralisation des FDLR, un groupe armé considéré comme une menace pour la sécurité du Rwanda.
Jérôme Bonnafont a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de transparence et de traçabilité des minerais. « Les régimes de sanctions doivent être appliqués pour briser le lien entre le pillage des ressources et le financement des conflits », a-t-il affirmé.
un contexte diplomatique tendu
Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a placé la gouvernance des ressources naturelles au cœur de ses priorités. Une réunion récente a été consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits, mettant en lumière le coût humain des économies de guerre.
Malgré les accords diplomatiques, comme celui signé entre la RDC et les États-Unis sur les minerais critiques, ou l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali, la situation sécuritaire reste fragile. Le processus de Doha, visant à faciliter le dialogue entre Kinshasa et le M23, est toujours dans l’impasse. Les rebelles continuent de contrôler des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, tandis que les affrontements persistent dans plusieurs zones.
Cette crise relance le débat sur l’écart entre les avancées diplomatiques annoncées et la réalité sur le terrain, où les populations congolaises paient le prix fort des conflits et de l’exploitation illégale des ressources.
