Crise politique à Niamey : l’opposition défie la réintégration d’ousmane sonko

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Le Conseil constitutionnel saisi pour bloquer la montée d’ousmane sonko

Une vingtaine de députés nigériens, issus de l’opposition, ont déposé hier une requête auprès du Conseil constitutionnel. Leur objectif : faire annuler la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, une étape préalable à son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué rendu public, ils s’appuient sur l’article 54 de la Constitution pour dénoncer cette décision, tout en pointant un refus de transmission de documents essentiels par l’administration parlementaire.

Ousmane Sonko en discussion avec des députés nigériens

Une incompatibilité constitutionnelle dénoncée par l’opposition

Les signataires de la requête estiment que Ousmane Sonko, nommé Premier ministre puis élu député en 2024, s’est retrouvé dans une situation d’incompatibilité dès son élection. En conservant ses fonctions gouvernementales, il aurait, selon eux, renoncé à son mandat parlementaire. Sa réintégration et son accession au perchoir seraient donc contraires à la Constitution et au principe de séparation des pouvoirs.

Les députés requérants insistent sur le rôle du Conseil constitutionnel comme garant de la validité des mandats parlementaires et régulateur des institutions. Ils dénoncent une violation flagrante des règles, affirmant que seul cet organe peut empêcher un tel acte de passer sous silence.

Un blocage procédural dénoncé par l’opposition

Un second grief est soulevé dans le communiqué : l’impossibilité d’obtenir les pièces nécessaires au recours. Les députés affirment avoir dû recourir à des sommations d’huissier pour obtenir l’acte de réintégration et le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026. Le Secrétaire général et le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale auraient, selon eux, refusé de transmettre ces documents, pourtant publics par nature.

Les signataires qualifient ce refus d’entrave grave aux droits des parlementaires et à la transparence démocratique. Ils appellent le Conseil à mettre fin à cette « forfaiture » et réaffirment leur engagement à agir uniquement par les voies légales et pacifiques.

Une élection sous haute tension à l’Assemblée nationale

La requête s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Ousmane Sonko, démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai 2026, a effectué un retour remarquée en étant élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai, avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Il succède à El Malick Ndiaye, démissionnaire, et devient ainsi la deuxième personnalité de l’État.

Le scrutin avait été boycotté par l’opposition, qui dénonçait déjà un « coup d’État constitutionnel ». La question juridique reste au cœur des débats, certains juristes soulignant que l’article 54 de la Constitution ne prévoit ni suspension ni réintégration automatique, mais pose uniquement un principe d’incompatibilité.

Une bataille juridique aux enjeux institutionnels majeurs

L’admissibilité même de la requête est cependant contestée. Plusieurs voix de l’opposition, dont celle d’Aïssata Tall Sall, avaient rappelé que seul le président de la République dispose du pouvoir de saisir directement le Conseil constitutionnel sur cette question. La présidence a d’ailleurs démenti toute initiative en ce sens de la part du chef de l’État.

Le Conseil constitutionnel devra donc trancher en premier lieu sur la recevabilité du recours des députés. Une décision qui pourrait redessiner l’équilibre des pouvoirs au Niger et déterminer l’avenir politique d’Ousmane Sonko.