Discours du général Goïta : le terrorisme étendu aux médias et aux pressions étrangères au Mali

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Le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne, a marqué l’histoire politique du pays en prononçant un discours historique le jour de l’Aïd el-Kébir 2026, depuis les jardins du palais de Koulouba à Bamako. L’événement, qui s’est déroulé après la prière solennelle dirigée par l’imam Mahmoud Touré, a vu la participation du Premier ministre, du président du Conseil national de Transition, des membres du gouvernement et de la communauté diplomatique. Face à cette assemblée, il a redéfini la notion de terrorisme en l’élargissant à cinq domaines majeurs : médiatique, économique, politique, étatique et international.

Une cérémonie religieuse modifiée pour des raisons de sécurité

Contrairement aux années précédentes, la prière de l’Aïd ne s’est pas tenue à la mosquée Bagadadji, symbole traditionnel des célébrations officielles. Les autorités ont opté pour la salle des banquets du palais présidentiel, un choix motivé par des impératifs sécuritaires dans un contexte marqué par l’intensification des tensions. L’imam Mahmoud Touré, attaché à la mosquée du palais, a guidé la cérémonie et formulé des vœux pour la stabilité et la prospérité du Mali.

Un discours aux multiples dimensions stratégiques

À l’issue de la prière, le chef de l’État a livré une allocution où il a présenté le Mali comme la cible d’un « terrorisme aux formes variées ». Selon ses propos, les menaces ne se cantonnent plus au domaine militaire, mais englobent désormais les campagnes de désinformation des médias, les pressions économiques et les ingérences politiques étrangères. « Les campagnes de désinformation, aussi sophistiquées soient-elles, ne sauront altérer la détermination inébranlable du peuple malien à préserver sa souveraineté et à construire une paix durable », a-t-il déclaré avec fermeté.

Le président a également exhorté les citoyens à soutenir les forces armées et leurs alliés dans la lutte contre les groupes armés. Il a confirmé la poursuite des opérations militaires jusqu’à l’instauration d’une paix totale sur l’ensemble du territoire, tout en réaffirmant l’engagement irréversible dans la refondation nationale, connue sous le nom de Mali Kura.

Un contexte marqué par une offensive récente

Ce discours intervient un mois après une attaque d’envergure menée conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). L’assaut, qui visait plusieurs positions maliennes, a coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara le 25 avril 2026. Depuis, les autorités ont multiplié les appels à l’unité nationale et intensifié les actions militaires, en collaboration avec le Corps africain. Les opérations se concentrent actuellement sur les régions de Ségou, Kidal et Ménaka.