Les chrétiens du Sénégal appelés à renforcer leur rôle dans la vie politique
Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), une organisation sénégalaise dédiée à la promotion de l’engagement citoyen, a pointé du doigt la participation encore limitée des fidèles chrétiens dans les arènes politiques du pays. Lors d’un forum organisé à Mbour, au sud de Dakar, le mouvement a souligné l’urgence pour cette communauté de prendre une place plus active dans les instances décisionnelles, notamment en vue des prochaines échéances électorales.
Un leadership chrétien à construire
Sous la présidence du ministre des Forces armées, Augustin Tine, l’événement a réuni des acteurs religieux et politiques pour discuter de l’implication des chrétiens dans la gestion des affaires publiques. Emile Daly Diouf, président du MAC 20, a insisté sur la nécessité pour les catholiques de s’investir davantage dans les partis politiques afin d’y occuper des positions clés. « Même minoritaires, nous devons rendre notre engagement plus visible et influent », a-t-il déclaré, rappelant que les chrétiens sénégalais méritent d’être mieux représentés dans les sphères où se prennent les décisions majeures.
Le MAC 20 ne se contente pas de sensibiliser : il envisage également d’appuyer des candidats lors des prochaines élections présidentielles. « Nous ne présenterons pas de candidats, mais nous soutiendrons ceux qui partageront nos valeurs et nos ambitions pour un leadership chrétien assumé », a précisé Diouf. L’objectif ? Encourager les fidèles à s’engager là où l’impact est réel, tout en bénéficiant d’un accompagnement pour renforcer leur visibilité.
Une représentation politique en demi-teinte
L’analyse de la situation actuelle révèle un constat préoccupant : sur les 150 députés siégeant au parlement sénégalais, seuls trois sont chrétiens, dont une femme, Hélène Tine, elle-même parlementaire. Son témoignage illustre les défis auxquels fait face cette communauté : « Nous sommes des citoyens à part entière, appelés à participer activement à la gestion de notre pays. L’Église nous y encourage vivement. »
Elle a également mis en lumière les obstacles structurels : « Les chrétiens sont souvent relégués à des positions symboliques sur les listes électorales, ce qui limite leurs chances d’être élus. Pourtant, notre dynamisme et notre organisation sont des atouts à valoriser. » Pour elle, il est indispensable que la communauté chrétienne et les partis politiques unissent leurs efforts pour promouvoir une représentation plus équilibrée et inclusive, fidèle à l’esprit de diversité qui caractérise le Sénégal.
Le forum organisé par le MAC 20 à Mbour s’inscrit ainsi dans une démarche de sensibilisation et d’action, visant à transformer l’engagement politique des chrétiens en un levier de changement durable pour le pays.
