Le gouvernement camerounais met fin à l’anarchie des églises non déclarées
Le ministre camerounais des Cultes, Paul Atanga Nji, a lancé un ultimatum sans appel : près de 1 400 nouvelles églises non enregistrées dans le pays risquent la fermeture définitive. Cette décision radicale intervient après des années de tolérance administrative, désormais révolue. « Les irrégularités persistent, et la période de grâce est terminée », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec les responsables d’une église évangélique controversée.
Un drame qui a accéléré les mesures
L’annonce survient dans un contexte particulièrement tendu. En juin 2026, une fillette de 11 ans a été sauvagement poignardée à mort par une fidèle de l’église Vie et Paix, sous prétexte d’obéir à une « inspiration divine ». Ce meurtre, perpétré de 17 coups de couteau, a choqué l’opinion publique, d’autant plus qu’un cas similaire s’était produit en mars de la même année sur une autre enfant du même âge. « Ces actes indéfendables ne peuvent plus être tolérés », a insisté le ministre.
Un phénomène en expansion depuis plus de 20 ans
Depuis 2006, les autorités camerounaises tentent de réguler l’explosion des églises non conventionnelles. En 2008, seulement 81 associations religieuses (dont 46 Églises protestantes et pentecôtistes) avaient été officiellement reconnues. Pourtant, le nombre d’implantations illégales n’a cessé d’augmenter, surtout après la dévaluation du franc CFA en 1994, qui a plongé de nombreux Camerounais dans une précarité économique.
Les populations vulnérables, en quête de réconfort spirituel et parfois de solutions miracles, se sont tournées en masse vers ces mouvements, souvent dépourvus de cadre légal. Résultat : des dérives sectaires, des nuisances sonores et des pratiques dangereuses se multiplient à travers le pays.
Des fermetures ciblées pour rétablir l’ordre
En 2025, les autorités avaient déjà fermé près de 200 lieux de culte pour non-respect des normes, notamment des nuisances sonores. Les églises non agréées avaient reçu un avertissement clair : « Commencez à fermer ou partez ». Aujourd’hui, le gouvernement passe à une phase plus stricte, avec l’objectif d’assainir le paysage religieux et de protéger les citoyens contre les dérives.
