Gabon : le président Oligui Nguema renforce les partenariats économiques africains
Libreville — Alors que les économies africaines cherchent à se réinventer, le Gabon mise sur une diplomatie économique ambitieuse. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le pays accélère ses alliances stratégiques pour stimuler une croissance inclusive et durable.
Mardi dernier, deux rencontres hautement symboliques ont marqué un tournant dans cette stratégie. D’un côté, l’audience accordée à Idrissa Nassa, PDG du groupe bancaire panafricain Coris Bank, entouré d’une délégation d’entrepreneurs burkinabè. De l’autre, l’entretien avec Zhu Junbo, directeur général de la société chinoise COVEC, spécialisée dans les infrastructures routières.
Le capital africain au cœur des ambitions gabonaises
L’audience avec Idrissa Nassa n’était pas une simple formalité diplomatique. Elle incarnait une volonté claire : ancrer le Gabon dans un écosystème économique africain en plein essor. La délégation qui accompagnait le dirigeant de Coris Bank comptait des figures majeures du Burkina Faso, comme Roland Sow, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, ou encore Saïdou Tiendrébeogo, président des Promoteurs Immobiliers du Burkina Faso.
Ces échanges révèlent une tendance de fond. Après des décennies de dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers, plusieurs pays africains développent désormais leurs propres champions financiers. Le Gabon, riche en ressources naturelles mais conscient de ses limites structurelles, voit dans ces partenariats une opportunité unique de financer son développement sans alourdir sa dette publique.
Les discussions ont principalement porté sur le plan logement, un projet phare du gouvernement. Au-delà de l’aspect social, ce programme représente un levier économique majeur : stimulation de l’emploi, dynamisation des filières locales (matériaux de construction, services publics, etc.) et création de patrimoine pour les ménages. En impliquant Coris Bank, le président gabonais mise sur une approche win-win, où les capitaux africains financent des infrastructures essentielles pour les populations.
Un autre signal fort a été envoyé avec l’annonce de la future implantation du siège social de Coris Bank sur le Boulevard de la Transition à Libreville. Une décision qui confirme l’engagement à long terme du groupe dans l’économie gabonaise.
Les infrastructures, socle d’une économie résiliente
Côté routes, les discussions avec Zhu Junbo ont abouti à une annonce majeure : la reprise imminente des travaux sur plusieurs axes stratégiques. Parmi eux, la liaison Ndendé-Tchibanga, Tchibanga-Mayumba dans la région de la Nyanga, et Sibang-Bambouchine dans l’Estuaire.
Ces projets ne se limitent pas à faciliter les déplacements. Ils sont conçus pour réduire les coûts logistiques, attirer les investisseurs, désenclaver les territoires et renforcer la cohésion nationale. Dans un pays où les revenus pétroliers restent volatils, les infrastructures représentent un pilier de la diversification économique.
Vers une souveraineté économique renforcée
Ces deux séquences illustrent une stratégie cohérente : diversifier les partenariats tout en préservant les ambitions de souveraineté nationale. Le Gabon mise sur un équilibre subtil entre capitaux africains et investisseurs internationaux, en ciblant des secteurs clés pour la population : logement, routes, agriculture, élevage et inclusion financière.
L’objectif est clair : réduire la dépendance aux revenus pétroliers et construire une économie plus résiliente. Pour y parvenir, les autorités misent sur des projets concrets, avec des retombées immédiates pour les Gabonais. Logements accessibles, routes sécurisées, services bancaires étendus… Autant de leviers qui doivent traduire les annonces en actions.
En recevant simultanément des partenaires africains et internationaux autour de chantiers structurants, Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’une nouvelle géographie économique pour le Gabon. Une géographie où le développement ne repose plus uniquement sur l’aide extérieure, mais sur la capacité des acteurs locaux et panafricains à investir dans leur propre avenir.
La balle est désormais dans le camp des exécutants. Les promesses doivent se concrétiser, les calendriers respectés, et les bénéfices tangibles pour les citoyens. Une chose est sûre : le Gabon a choisi une voie ambitieuse, où la diplomatie économique devient le moteur d’une transformation durable.
