Le président Faye forme un gouvernement du Sénégal marqué par une exclusion controversée
Malgré l’annonce d’un boycott par le leader du Pastef, certains membres de ce parti politique ont été intégrés dans la nouvelle administration sénégalaise, dévoilée cette semaine. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le chef de l’État et Ousmane Sonko, figure centrale du parti majoritaire.
Une équipe ministérielle entre continuité et rupture
Le nouveau gouvernement du Sénégal, dirigé par Bassirou Diomaye Faye, compte 30 ministres. Plusieurs portefeuilles clés sont confiés à des personnalités reconduites, comme Cheikh Diba aux Finances ou Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation. Pourtant, l’absence de plusieurs cadres historiques du Pastef, dont Ousmane Sonko lui-même, souligne une fracture au sein de la majorité présidentielle.
Parmi les nouvelles figures du gouvernement, on note la présence de Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme et Yankhoba Diémé aux Forces armées. Ces choix reflètent une volonté de diversification des profils, même si le parti au pouvoir reste divisé sur la stratégie à adopter.
Boycott du Pastef : les raisons d’un désaccord politique
Ousmane Sonko a officiellement annoncé que son parti, le Pastef, ne participerait pas au gouvernement. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, il explique que des divergences majeures persistent avec le président Faye, notamment sur le rôle de la majorité parlementaire dans l’exécutif.
« Des convergences existent, mais les désaccords l’emportent, surtout concernant la place du parti dans les institutions », peut-on lire dans le texte. Après une réunion avec les instances du Pastef, de nouvelles propositions ont été soumises au président, sans succès. « Le parti ne sera représenté par aucun ministre », conclut le communiqué.
Contexte politique : une alliance brisée
Cette crise intervient après des mois de tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, tous deux issus du Pastef. Leur alliance avait permis la victoire à la présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye » (« Sonko c’est Diomaye »). Pourtant, les désaccords se sont multipliés, culminant avec le limogeage de Sonko fin mai, qui occupe désormais la présidence de l’Assemblée nationale.
Les critiques envers le président Faye se sont intensifiées en juillet 2025, lorsque Sonko, alors Premier ministre, avait dénoncé un « problème d’autorité ». Début mai, Faye lui-même avait pointé du doigt la « personnalisation excessive » de Sonko au sein du parti. Ces tensions ont conduit à une rupture irréversible, malgré les efforts de médiation.
Perspectives : un gouvernement sous le signe de l’incertitude
Dans son allocution lors de la présentation du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’importance de placer la patrie au-dessus des considérations partisanes. Pourtant, l’absence du Pastef au sein de l’administration laisse planer des doutes sur la stabilité politique du pays, déjà fragilisé par une crise financière.
Cette situation pourrait affaiblir la majorité présidentielle et compliquer la mise en œuvre des réformes promises. Le gouvernement devra désormais composer avec une opposition renforcée et des défis économiques majeurs.
