Le Gabon mise sur les mines pour relancer son économie

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Le Gabon mise sur l’exploitation minière pour dynamiser son économie

Face à un déclin marqué de sa production pétrolière, le Gabon mise désormais sur le potentiel de ses ressources minières. Plusieurs centaines de millions de dollars ont été mobilisés ces derniers mois pour relancer une filière appelée à devenir un pilier de l’économie nationale d’ici 2030.

Carrière d'exploitation de manganèse à Moanda par la Compagnie minière de l'Ogooué (COMILOG, filiale du groupe français Eramet).

Quelques mois après sa prise de fonction au ministère des Mines, Sosthène Nguema Nguema constate déjà les premiers signes d’un secteur minier en pleine effervescence. « Nous avons identifié et planifié l’ouverture de plusieurs mines entre 2026 et 2030. Huit sites ont été retenus, notamment pour l’exploitation du fer, de la potasse, de l’or et du manganèse », explique-t-il. Parmi les projets phares figurent les mines de Milingui, Etéké, Baniaka et Mébaga pour le fer, ainsi que M’Bilan et celle de la potasse.

Les retombées de ces nouvelles exploitations ne se limiteront pas à une augmentation de la production. Le ministre envisage une explosion des opportunités d’emploi et une croissance à deux chiffres dans le secteur minier. « Nous tablons actuellement sur une progression de 6 % et visons entre 15 et 20 % dans les années à venir », précise-t-il.

Les défis structurels à relever

Pour que ces ambitions se concrétisent, des conditions préalables doivent être remplies. L’économiste Orphée Mouelé, diplômé de l’université Omar Bongo, insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures. « La réussite de cette stratégie repose sur deux piliers : le développement des réseaux de transport (routes, voies ferrées, ports) et l’augmentation des capacités énergétiques », souligne-t-il. Sans une logistique efficace et un approvisionnement stable en énergie, les objectifs de production risquent d’être compromis.

De son côté, l’ONG Éthique et bonne gouvernance salue les perspectives offertes par ce virage minier. Cependant, sa présidente, le docteur Edmiaune Zouga, rappelle que l’impact social doit primer. « Ce qui compte avant tout, c’est que les Gabonais perçoivent concrètement les bénéfices de cette manne. Il faut que l’économie minière améliore le quotidien des citoyens », insiste-t-elle.

En parallèle de l’exploitation intensive de ses ressources, le gouvernement gabonais encourage la transformation locale des minerais. Cette approche vise à maximiser les retombées économiques et à créer davantage d’emplois sur place.