Le Maroc défend une vision humanitaire africaine lors du CPS de l’UA
En tant que Champion de l’Union Africaine sur la migration, le Royaume du Maroc a mis l’action humanitaire au centre de sa diplomatie africaine, plaidant pour une approche intégrée face aux crises du continent.
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Publié le 2 Juin 2026 à 12:12. | 4 min de lecture
Mohamed Arrouchi, Ambassadeur Représentant permanent du Maroc auprès de l’Union Africaine.
Le Royaume, en sa qualité de Champion de l’UA sur la migration, a fait de l’action humanitaire un pilier central de sa coopération africaine, œuvrant sans relâche pour atténuer les crises humanitaires à travers le continent, a souligné M. Arrouchi.
Le diplomate a précisé que l’engagement du Maroc ne se limite pas aux aides d’urgence ou aux missions médicales d’urgence, mais s’inscrit dans une démarche durable, combinant co-développement, partage d’expertises et promotion des bonnes pratiques.
Cette stratégie intègre également la lutte contre les effets du changement climatique et de la désertification, dont les répercussions humanitaires se traduisent par une augmentation des déplacements climatiques en Afrique, a-t-il expliqué. Elle s’accompagne d’un engagement fort pour une gouvernance responsable de l’action humanitaire, afin d’éviter tout détournement ou exploitation des ressources.
L’objectif est de garantir que les populations bénéficiaires soient au centre des aides humanitaires, sans subir de pratiques préjudiciables, a-t-il ajouté.
L’Ambassadeur a réaffirmé que le Maroc prône une approche multidimensionnelle des réponses humanitaires en Afrique, associant action humanitaire, prévention des conflits, médiation, consolidation de la paix et développement. Cette vision vise à traiter durablement les causes profondes des déplacements forcés.
Il a également insisté sur l’importance de renforcer la résilience des communautés affectées par les conflits, les catastrophes naturelles et les chocs climatiques, afin de réduire leur vulnérabilité face aux crises futures.
Le diplomate a mis en avant la nécessité de développer les capacités africaines d’anticipation, de prévention et de réponse aux crises humanitaires, notamment celles liées aux effets du changement climatique. Cela passe par la mise en place de mécanismes d’alerte précoce et de préparation adaptés aux réalités du continent.
Il a souligné l’importance de renforcer la transparence, la redevabilité, le contrôle et l’évaluation de l’action humanitaire en Afrique. Ces mesures sont essentielles pour garantir que l’aide parvienne effectivement aux populations concernées et éviter tout détournement ou manipulation des ressources humanitaires.
M. Arrouchi a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’enregistrement, de suivi et de gestion des données relatives aux réfugiés et aux personnes déplacées internes. L’utilisation de données fiables et régulièrement mises à jour est cruciale pour améliorer l’efficacité des réponses humanitaires et assurer une allocation optimale des ressources.
Le diplomate a rappelé que l’Afrique traverse une situation humanitaire particulièrement critique, marquée par des déplacements massifs de populations fuyant les conflits, les chocs climatiques, l’insécurité économique et alimentaire dans plusieurs régions du continent.
Cette crise humanitaire sans précédent nécessite une réponse collective plus efficace. Les contraintes nationales, régionales et continentales limitent actuellement l’impact des actions menées, a-t-il déclaré.
Face à cette situation, l’urgence est de se concentrer sur des solutions pragmatiques et durables, en adoptant une approche rationnelle et en proposant des mesures proactives. Cela permettra de tracer une voie optimale vers un nouvel ordre humanitaire africain, a-t-il conclu.
Dans cette optique, il a appelé à privilégier l’action préventive face à des chocs de plus en plus fréquents et complexes.
