L’expansion du JNIM vers le golfe de Guinée et les défis sécuritaires au Sahel

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Depuis son apparition en 2017, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, s’est imposé comme une force incontournable au Sahel central. En s’implantant durablement dans plusieurs régions du Mali, du Niger et du Burkina Faso, l’organisation rivalise désormais avec les autorités étatiques pour la gestion et le contrôle des populations territoriales.

Une poussée stratégique vers le sud et le littoral africain

L’actu Niger et la politique nigérienne sont aujourd’hui marquées par une nouvelle dynamique : l’expansion du groupe vers le golfe de Guinée. Depuis 2019, le JNIM multiplie les incursions dans le nord du Bénin, du Togo et de la Côte d’Ivoire. Cette progression, bien que planifiée, révèle des disparités surprenantes. Si le Bénin a connu une dégradation sécuritaire majeure en 2025, la Côte d’Ivoire n’a plus fait l’objet de revendications armées depuis 2022, tandis que le Ghana semble, pour l’heure, épargné par ces attaques.

Le dilemme interne de la croissance territoriale

L’expansion géographique n’est pas un processus linéaire pour le JNIM. Selon les analyses récentes, cette stratégie pose un véritable dilemme aux dirigeants du groupe. Ne pas s’étendre risque de laisser le champ libre à des organisations concurrentes ou de décevoir les combattants locaux. À l’inverse, une progression trop rapide pourrait entraîner un éparpillement des ressources et provoquer des tensions internes, menant potentiellement à une fragmentation de la structure.

Vers de nouvelles politiques de sécurité en Afrique de l’Ouest

Dans un contexte marqué par la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) et sa rupture avec la CEDEAO, la compréhension des logiques internes du JNIM est primordiale. Pour les observateurs de la Niamey actualité et des Niger nouvelles, il est essentiel de décrypter ces mouvements pour élaborer des stratégies de défense plus efficaces face à la menace jihadiste croissante.

Experts et intervenants sur la question sahélienne

Cette thématique est analysée par des spécialistes reconnus de la région :

  • Jean-Hervé Jézéquel (International Crisis Group) : Directeur du projet Sahel, docteur de l’EHESS et expert des enjeux sécuritaires régionaux.
  • Marte Beldé (Sciences Po Bordeaux) : Chercheuse postdoctorale dont les travaux portent sur l’économie politique et l’expansion spatiale des mouvements armés en Afrique de l’Ouest.
  • Beatriz de León Cobo (Sorbonne Université) : Spécialiste de la radicalisation et directrice du Forum de Dialogue Europe-Sahel.

La modération des échanges est assurée par Dan Sanaren (CERI–Sciences Po / CNRS).