Libreville mise sur le secteur privé pour financer l’économie gabonaise à hauteur de 18 000 milliards fcfa

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Libreville dévoile ses ambitions économiques pour les cinq prochaines années avec un plan ambitieux visant à mobiliser 27 000 milliards de FCFA. Parmi cette enveloppe, 18 000 milliards devraient provenir du secteur privé, tandis que 9 000 milliards seront alloués au financement public. Cette répartition reflète une volonté politique claire de s’appuyer sur l’investissement privé pour dynamiser la croissance et accélérer la transformation structurelle du pays.

une stratégie économique fondée sur le partenariat public-privé

Le choix d’investir massivement le privé dans le financement du développement économique s’inscrit dans une logique régionale. Avec deux tiers de l’enveloppe globale confiés au secteur privé, le Gabon adopte une approche similaire à celle de plusieurs pays de la CEMAC, où les bailleurs commerciaux, les fonds souverains et les entreprises multinationales jouent un rôle clé. Cependant, pour que cette stratégie porte ses fruits, il est impératif d’améliorer l’environnement des affaires. Malgré ses ressources naturelles comme le pétrole, le manganèse et le bois, le Gabon doit encore diversifier ses sources de revenus et renforcer la stabilité de son cadre réglementaire.

Les institutions financières internationales ont maintes fois souligné la nécessité de moderniser les procédures douanières, d’élargir l’assiette fiscale et de sécuriser les titres fonciers afin d’attirer durablement les investisseurs étrangers. Sans ces réformes, le risque de voir les fonds promis ne jamais se concrétiser reste élevé.

le haut conseil pour l’investissement, pilier de la nouvelle dynamique économique

Conscient des défis à relever, le gouvernement gabonais a décidé de relancer le Haut conseil pour l’investissement (HCI). Cet organe, chargé de faciliter le dialogue entre l’État et le secteur privé, avait perdu de son influence ces dernières années. Sa réactivation marque une volonté de renforcer la transparence et la prévisibilité des règles, des éléments cruciaux pour rassurer les investisseurs et stimuler l’engagement des acteurs économiques.

Le HCI aura pour mission de coordonner les besoins sectoriels identifiés par les ministères et les capacités d’investissement des grandes entreprises locales et internationales. Les acteurs miniers, comme la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe Eramet, ainsi que les opérateurs du secteur bois, seront particulièrement sollicités. Par ailleurs, des institutions financières panafricaines telles qu’Afreximbank et la Banque africaine de développement pourraient jouer un rôle clé dans le financement des projets d’infrastructures, d’énergie et de numérique.

un pari financier audacieux et ses défis sous-jacents

Avec un objectif annuel moyen de 3 600 milliards de FCFA, le Plan national de croissance et de développement (PNCD) représente une accélération significative par rapport aux plans précédents. Le précédent programme, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), n’avait pas atteint ses cibles en raison de l’absence de projets bancables et de la volatilité des cours des matières premières entre 2014 et 2016. Pour réussir, le PNCD devra démontrer une capacité à industrialiser la préparation des projets et à offrir des garanties solides aux investisseurs.

Un autre obstacle majeur réside dans la situation budgétaire du pays. La dette publique approche dangereusement du plafond de 70 % du PIB fixé par la CEMAC, limitant ainsi la marge de manœuvre de l’État en matière d’endettement. Dans ce contexte, les partenariats public-privé (PPP), les concessions et les mécanismes de financement innovants deviendront des outils indispensables pour concrétiser les ambitions du plan.

La réussite du PNCD dépendra également de l’efficacité de l’administration. Les retards dans l’octroi des autorisations, le manque de digitalisation des services et les risques de corruption sont autant de freins qui pourraient compromettre la crédibilité du programme. Pour éviter un nouvel écart entre les promesses et les réalisations, des avancées tangibles sur ces fronts seront indispensables.

Dans les cinq années à venir, le Gabon mise sur cette stratégie pour renforcer sa crédibilité auprès des marchés et des partenaires internationaux. Le succès du PNCD reposera en grande partie sur la capacité du pays à concilier ambition économique et réformes structurelles, tout en s’appuyant sur un dialogue renforcé avec le secteur privé.