Niamey : évacuations forcées près de l’aéroport pour contrer la menace terroriste

Écrit par

dans

Des habitants de Kobontafa démontent eux-mêmes leurs habitations avant destruction

Dans le quartier de Kobontafa, situé à quelques encablures de l’aéroport international de Niamey, les résidents s’affairent à récupérer les matériaux de leurs logements avant leur démolition programmée. Toits, fenêtres et portes s’entassent dans un ballet organisé, alors que les autorités nigériennes ont lancé une opération d’ampleur contre les constructions illégales empiétant sur l’emprise aéroportuaire.

Une attaque jihadiste en janvier justifie le durcissement des mesures

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un renforcement des dispositifs de sécurité après l’assaut perpétré le 29 janvier contre l’aéroport international Diori Hamani et une base militaire de drones basée à Niamey. Les autorités nigériennes estiment que les assaillants ont profité de ces zones non régulées pour s’infiltrer dans la zone protégée.

Plus de 26 000 personnes concernées par les évacuations

Selon les données officielles, près de 26 000 individus résidant dans quatre quartiers non autorisés sont impactés par cette opération. Ces secteurs, qui occupent une portion significative du périmètre aéroportuaire, sont considérés comme des failles critiques pour la sécurité nationale.

Le Niger sous pression des groupes armés au Sahel

Le pays subit depuis plusieurs années les assauts répétés de mouvements jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, notamment dans des régions proches de la capitale Niamey. L’attaque de janvier, revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS), avait été repoussée par les forces nigériennes avec l’appui de partenaires internationaux. Le bilan faisait état de 20 terroristes tués et de 4 militaires nigériens blessés, tandis que des dégâts matériels importants avaient été enregistrés.

Le général Tiani pointe les faiblesses du dispositif sécuritaire

Quelques semaines après l’attaque, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, le général Abdourahamane Tiani, avait reconnu une faille dans la protection des infrastructures stratégiques. Il avait précisé que les assaillants visaient à neutraliser les capacités aériennes de l’armée nigérienne.

Une zone orientale identifiée comme point d’infiltration

Le ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, le colonel Amadou Abdramane, a précisé que les démolitions ciblent en priorité la partie orientale de l’aéroport, occupée illégalement et utilisée comme voie d’accès par les assaillants lors de l’attaque.

Un risque pour le statut international de l’aéroport

Le ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a alerté sur les dangers liés au maintien de ces quartiers non régulés, soulignant que leur présence pourrait compromettre le statut sécuritaire de l’aéroport auprès des instances internationales. Il a également rappelé que l’absence de garanties en matière de sûreté exposait le site à des sanctions potentielles.

Une indemnisation prévue pour les personnes évacuées

Les autorités nigériennes ont assuré que les habitants concernés par les démolitions bénéficieraient d’une compensation financière, à condition de s’inscrire dans le cadre du recensement organisé par les services gouvernementaux.

Renforcement des dispositifs de surveillance autour de l’aéroport

En parallèle des démolitions, des mesures complémentaires ont été déployées pour sécuriser l’aéroport de Niamey. La clôture périphérique a été prolongée et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du site.

Campagnes de vigilance citoyenne à l’échelle nationale

Les autorités nigériennes ont également intensifié les actions de sensibilisation, encourageant la population à signaler toute activité ou individu suspect aux forces de sécurité via des canaux dédiés. Ces initiatives visent à renforcer la coopération entre les citoyens et les services de protection pour déjouer d’éventuelles menaces terroristes.