Le long des frontières du septentrion béninois, la menace terroriste ne faiblit pas. Plutôt que d’en subir les coups, l’exécutif a tranché : plusieurs établissements scolaires implantés dans les « zones rouges » de l’Atacora et de l’Alibori seront fermés puis transférés vers des périmètres sécurisés. Un choix de prudence assumé, qui place la prévention au cœur de l’action publique.
Devancer le calendrier des groupes armés
Les groupes armés non étatiques misent sur l’effet de surprise et sur l’attaque de cibles vulnérables. Dans plusieurs pays voisins, les salles de classe sont devenues des objectifs : briser le système éducatif, semer l’effroi dans les villages. En repliant ses écoles avant qu’un drame ne survienne, le Bénin refuse d’être spectateur et coupe court à cette logique d’intimidation.
Trois exigences au fondement de la stratégie
La vie humaine d’abord
Protéger l’intégrité physique des élèves, des enseignants et du personnel administratif demeure la condition première de toute décision publique. Aucun enjeu de scolarisation ne peut primer sur la sécurité des personnes.
Garder le lien pédagogique
Le transfert vers des zones sûres s’accompagne d’un dispositif d’urgence : déplacement des apprenants, appui logistique aux professeurs, extension du programme des cantines scolaires. Objectif affiché : empêcher le décrochage et préserver la continuité du parcours scolaire.
Ne pas laisser le terrain à l’insécurité
Renoncer à sa jeunesse reviendrait à abandonner une part de la souveraineté nationale. Ce repli organisé s’intègre au maillage sécuritaire déployé par les forces de défense et de sécurité sur le terrain.
Du Sahel au Bénin : deux façons d’affronter la crise scolaire
La mise en regard avec les États de l’Alliance des États du Sahel — Burkina Faso, Mali, Niger — éclaire la portée de cette approche. Confrontés à la violence, ces pays ont dû gérer l’urgence après coup : plus de 10 000 établissements scolaires ont fermé dans le désordre sous la pression des groupes armés, jetant des millions d’enfants dans la déscolarisation et l’errance.
Le Bénin, lui, choisit d’orchestrer le mouvement de ses écoles avant tout drame. Une méthode qui évite l’effondrement de l’enseignement au Nord du pays, conserve la maîtrise du territoire et permet de limiter les dégâts au lieu de les compter.
L’anticipation, rempart de la Nation
Adapter la carte scolaire aux exigences du terrain : voilà ce qui distingue, selon l’exécutif béninois, une gouvernance responsable. Non pas réparer les conséquences d’un drame, mais évaluer les risques et intervenir en amont. Alors que se joue l’éducation des générations futures, la capacité d’anticipation reste le meilleur garant de l’unité nationale.
