Ousmane sonko devient président de l’assemblée nationale au Sénégal

Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale au Sénégal

Un tournant politique majeur dans le paysage institutionnel sénégalais

Analyse politique
Le parti d’Ousmane Sonko dispose d’une majorité écrasante au parlement

Ousmane Sonko effectue un retour remarqué au sein de l’Assemblée nationale du Sénégal. Le leader du parti Pastef-Les Patriotes a été élu président de cette institution par les députés de sa formation politique, qui détient désormais 130 sièges sur les 165 disponibles au Parlement.

Cette élection intervient après la démission d’El Hadji Malick Ndiaye, fidèle allié de Sonko, qui a quitté ses fonctions dimanche dernier. Sonko remplace ainsi une figure centrale de son propre camp, marquant une étape décisive dans l’évolution politique du pays.

Devant sa résidence à la Cité Keur Gorgui, des militants du Pastef-Les Patriotes expriment leur soutien à Sonko en scandant son nom, illustrant l’engouement populaire autour de cette nomination.

Le parcours de Sonko à la tête de l’Assemblée s’annonce complexe. Son retour en tant que député, après une suspension de son mandat pour occuper le poste de Premier ministre, sera examiné lors d’une session parlementaire prévue ce mardi 26 mai 2026. Cette réintégration pourrait intensifier les tensions entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, tous deux issus du même parti.

Tensions institutionnelles entre alliés politiques

La situation s’est envenimée après que Sonko a critiqué publiquement certaines décisions du président Faye lors d’une séance de questions au gouvernement. Son limogeage en tant que Premier ministre a provoqué une onde de choc au sein du Pastef, où plusieurs cadres ont choisi de démissionner en signe de solidarité.

Une confrontation directe entre les deux figures du parti est désormais envisagée. Malao Kanté, politologue, souligne les risques d’une motion de censure contre le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nommé dans la nuit par Bassirou Diomaye Faye. « Cela risque d’installer le pays dans une situation compliquée et de bloquer le bon fonctionnement de l’État », analyse-t-il.

L’opposition dénonce une manœuvre constitutionnelle

Adama Fall, responsable du Pastef-Les Patriotes, appelle à ce que l’intérêt national prime sur les rivalités personnelles. « C’est une page de notre histoire qui se tourne. Nous sommes une génération consciente, et l’histoire ne se répétera pas dans le mauvais sens », déclare-t-il.

Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire de l’opposition Takuu Walu, dénonce une violation du règlement intérieur de l’Assemblée. Elle a appelé le président Faye à saisir le Conseil constitutionnel concernant la réintégration de Sonko, qualifiant cette initiative de coup d’État constitutionnel.

Si aucune mesure n’est prise, Sonko pourrait s’attaquer directement au fauteuil présidentiel, selon ses détracteurs. En attendant, la nomination d’un nouveau Premier ministre, banquier de formation, vise à stabiliser le pays dans une période de transition politique critique.

Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, lors de la campagne électorale de 2024

Cette élection de Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale marque un tournant dans la politique sénégalaise. Elle pourrait redéfinir les équilibres du pouvoir et ouvrir une nouvelle ère de gouvernance, où les alliances historiques sont remises en question.