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  • Sénégal : la lutte contre le cannabis fragilise les derniers rebelles de Casamance

    Sénégal : la lutte contre le cannabis fragilise les derniers rebelles de Casamance

    Au début du mois de mai, des détachements de l’armée et de la gendarmerie du Sénégal, assistés par des unités cynophiles, ont procédé à la destruction massive de plantations de chanvre indien en Casamance. Cette intervention marque une nouvelle étape dans l’un des plus anciens conflits du continent, qui persiste depuis 43 ans dans la partie méridionale du pays, bien que le mouvement indépendantiste soit aujourd’hui exsangue.

    Le déploiement militaire s’est concentré à proximité de la frontière avec la Gambie, zone de repli historique pour les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Ce groupe mène, depuis décembre 1982, une lutte armée pour l’autonomie de cette région enclavée.

    Selon le colonel Cheikh Guèye, commandant de la zone militaire de Ziguinchor, l’opération s’est déroulée sans heurts majeurs. Le bilan fait état de 14 individus appréhendés, de la saisie de matériel de guerre et de la destruction de plus de six tonnes de cannabis. Cette province reste le point névralgique d’un conflit de basse intensité qui a causé la mort de milliers de personnes au fil des décennies.

    Le MFDC traverse actuellement une phase de déclin profond. Ses effectifs sont réduits à des groupes résiduels composés de combattants vieillissants, sans renouvellement par le recrutement. Parallèlement, les forces de défense nationales ont considérablement modernisé leurs équipements et augmenté leurs effectifs. L’isolement de la rébellion est accentué par la fin de ses soutiens extérieurs, la Gambie et la Guinée-Bissau collaborant désormais étroitement avec Dakar pour stabiliser la zone.

    Sur le plan social, le mouvement a perdu l’adhésion des populations locales. Les communautés villageoises, autrefois soutiens de la cause, aspirent désormais à une stabilité durable. L’ascension politique de figures originaires de la région, à l’image du Premier ministre Ousmane Sonko, a également apaisé les tensions, offrant aux populations le sentiment d’une meilleure intégration dans la vie politique nationale.

    Quatre décennies de lutte sans contrôle territorial

    Lors d’un récent déplacement à Ziguinchor, Ousmane Sonko a souligné que malgré quarante ans de guérilla, le MFDC ne parvient à administrer aucune localité. Cette déclaration faisait suite à un incident tragique en mars dernier, où des explosions accidentelles durant des opérations de déminage et de lutte contre le trafic de stupéfiants ont coûté la vie à plusieurs soldats.

    Pour les autorités, la revendication indépendantiste n’est plus qu’un paravent. Le véritable enjeu réside désormais dans la culture du cannabis, qui constitue le poumon financier des bandes armées. En ciblant ces plantations, l’armée cherche à asphyxier l’économie de guerre de la rébellion. Si la frontière avec la Guinée-Bissau est devenue calme après le démantèlement des bases rebelles en 2021, l’insécurité persiste dans le secteur du Nord Sindian, près de la Gambie.

    Le défi du désarmement et de la réinsertion

    Cette zone frontalière, caractérisée par une forêt dense et un manque d’infrastructures routières, favorise l’économie illicite. Faute de pouvoir acheminer leurs productions agricoles vers les marchés, certains habitants se sont tournés vers la culture du chanvre pour subsister, allant jusqu’à interroger les autorités religieuses sur la licéité de cette pratique face à la précarité.

    Bien que le gouvernement tende la main au MFDC pour un dialogue, la position sur l’intégrité territoriale reste ferme. Des avancées significatives vers la paix ont toutefois été observées, avec la célébration du troisième anniversaire d’un pacte de non-agression avec une faction rebelle, et la signature d’un nouvel accord à Bissau en février 2025.

    Grâce à la baisse des hostilités et à un dépôt partiel des armes, les personnes déplacées regagnent progressivement leurs terres. Cependant, le processus de pacification n’est pas encore achevé, certains éléments armés manifestant toujours une réticence à abandonner définitivement la lutte clandestine.

  • Vers une réorganisation nécessaire des points d’arrêt pour minibus à N’Djamena

    Vers une réorganisation nécessaire des points d’arrêt pour minibus à N’Djamena

    Dans une capitale comme N’Djamena, où l’expansion démographique et urbaine s’accélère, la gestion des transports publics devient un enjeu prioritaire. Aujourd’hui, la circulation des minibus, qui assurent l’essentiel des déplacements de la population, reste marquée par une informalité problématique.

    Tchad: à N’Djamena, urgence de structurer les arrêts de minibus

    Un désordre routier aux conséquences multiples

    Le constat est flagrant : l’absence de haltes officiellement aménagées engendre un chaos routier quotidien et une multiplication des accidents. Faute d’infrastructures dédiées, les chauffeurs improvisent des arrêts n’importe où sur la chaussée pour charger ou décharger des passagers. Ces manœuvres imprévisibles sur les axes majeurs de la ville perturbent la fluidité du trafic et augmentent les risques de carambolages, particulièrement durant les heures de pointe.

    Cette situation met également en péril la sécurité des piétons. Ces derniers sont souvent forcés de se faufiler entre les véhicules en mouvement pour accéder aux minibus, évoluant dans un cadre totalement dépourvu de protection. Pour remédier à cette insécurité, la mise en place de points d’arrêt structurés s’avère être une réponse indispensable.

    Aménager pour mieux circuler à N’Djamena

    L’idée est de délimiter des zones de stationnement spécifiques sur les grandes artères, idéalement espacées de 150 à 200 mètres selon la fréquentation des quartiers. Une telle organisation permettrait de canaliser les flux de passagers et d’offrir un cadre sécurisé aux conducteurs. En évitant les arrêts sauvages en pleine voie, la circulation deviendrait naturellement plus fluide et les comportements dangereux au volant diminueraient.

    Au-delà du simple aspect sécuritaire, c’est une véritable modernisation de la mobilité urbaine qui est en jeu. À l’instar d’autres métropoles du continent qui ont réussi à discipliner leur transport collectif, N’Djamena doit entamer cette transition. Les municipalités, de concert avec les instances de régulation des transports et les professionnels du secteur, ont ici une responsabilité majeure.

    Des mesures concrètes pour un changement durable

    La première phase de ce projet pourrait s’appuyer sur des actions simples :

    • Installation d’une signalétique claire et de panneaux indicateurs.
    • Construction d’abris légers pour protéger les usagers des intempéries.
    • Campagnes de sensibilisation destinées aux chauffeurs de minibus.

    Toutefois, la réussite de cette mutation repose avant tout sur une volonté politique ferme et une coordination efficace entre tous les acteurs. Dans une ville au développement constant, anticiper les besoins de déplacement n’est plus un luxe. Investir dans la structuration des arrêts de minibus, c’est choisir une capitale plus moderne, plus fluide et, surtout, plus sûre pour tous ses habitants.

  • Coopération bilatérale : l’Algérie et le Tchad boostent les projets d’infrastructures routières

    Coopération bilatérale : l’Algérie et le Tchad boostent les projets d’infrastructures routières

    Un nouveau jalon vient d’être posé dans les relations entre l’Algérie et le Tchad. Ce jeudi, à N’Djamena, les deux nations ont paraphé un accord stratégique visant à simplifier et à accélérer la mise en œuvre de projets communs dans le secteur des travaux publics. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de dynamiser le partenariat bilatéral et de concrétiser les engagements pris lors des discussions d’avril dernier.

    Un partenariat renforcé pour le désenclavement

    Le document a été signé par le ministre algérien des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et son homologue tchadien, Amir Idriss Kourda, en charge des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier. Cette signature s’est déroulée lors d’une séance de travail organisée dans la capitale tchadienne, marquant la seconde étape d’une mission officielle menée par la délégation algérienne.

    La rencontre a réuni des acteurs clés du développement, notamment le directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, l’ambassadeur d’Algérie au Tchad, ainsi que les dirigeants des groupes Cosider et de la Société nationale des travaux publics (SNTP). La partie tchadienne était représentée par sa ministre déléguée aux Infrastructures entourée de plusieurs hauts cadres techniques.

    Accélération de la route transsaharienne

    Au cours des échanges, le ministre tchadien a souligné la célérité avec laquelle les accords de coopération progressent. Il s’est félicité des avancées concrètes observées depuis le sommet du 22 avril à Alger. Parmi les points saillants, on note la multiplication des expertises techniques sur le terrain et le démarrage effectif des études de réalisation pour le tronçon tchadien de la route transsaharienne.

    Ce projet d’envergure continentale franchit ainsi une étape décisive, portée par une volonté politique forte de transformer ces infrastructures en véritables leviers de croissance économique pour les deux pays.

  • Le Mali vacille, l’Alliance des États du Sahel brille par sa discrétion

    Le Mali vacille, l’Alliance des États du Sahel brille par sa discrétion

    #FREEGLEIZES

    Depuis le 29 juin 2025, notre confrère Christophe Gleizes, journaliste pour Society et So Foot, est emprisonné en Algérie.

    Nous ne l’oublions pas et réclamons sa libération.

    En savoir plus sur #FREEGLEIZES

  • Le quotidien des vendeuses de rue au Tchad : un combat maternel aux lourdes conséquences

    Le quotidien des vendeuses de rue au Tchad : un combat maternel aux lourdes conséquences

    L’essor du commerce informel féminin dans les centres urbains

    Dans les artères bondées des cités tchadiennes, un spectacle devenu quotidien s’impose à tous : des cohortes de femmes sillonnent les rues, portant sur la tête des bassines chargées de fruits, de beignets ou de textiles colorés. Entre les klaxons des motos et la poussière soulevée par les passants, leurs voix s’élèvent pour proposer leurs marchandises sous un soleil de plomb.

    Tchad : l’essor des vendeuses ambulantes et la détresse silencieuse des enfants

    Une quête d’autonomie financière à N’Djamena, Moundou et Abéché

    Aïcha, une trentenaire courageuse, parcourt les kilomètres depuis l’aube, sa petite dernière installée dans son dos. En vendant des arachides grillées, elle cherche avant tout à subvenir à ses besoins par elle-même. « C’est une vie éprouvante, mais je gagne ma propre liberté », confie-t-elle. Non loin de là, à Abéché ou Moundou, le constat est identique. Fanta prépare ses galettes sur un foyer de fortune pendant que son fils de cinq ans joue dans la terre, à même le sol. Ces femmes, qui restaient autrefois au sein du foyer, investissent désormais l’espace public pour assurer leur survie.

    Le prix de l’indépendance : une jeunesse en péril

    Cependant, cette émancipation par le commerce de rue cache une réalité plus sombre pour la progéniture de ces vendeuses. Les enfants, entraînés dans ce rythme effréné, subissent les émanations de fumée des braseros et l’épuisement des longues journées d’errance. À Abéché, il n’est pas rare de croiser de jeunes garçons de peine sept ans portant de lourds seaux d’eau pour quelques pièces, délaissant les bancs de l’école pour aider leurs mères.

    Si ces mères de famille se battent pour leur dignité, l’avenir éducatif et sanitaire de leurs enfants semble s’effriter dans la poussière des marchés. Cette dynamique soulève une question cruciale sur le coût réel de cette autonomisation féminine, où l’indépendance des mères semble parfois se construire au détriment des rêves de la nouvelle génération.

  • Modernisation de la sécurité au Bénin : lancement des formations supérieures à Porto-Novo

    Modernisation de la sécurité au Bénin : lancement des formations supérieures à Porto-Novo

    Le mercredi 14 mai 2026, l’École nationale supérieure de police de Porto-Novo a servi de cadre au lancement officiel des stages préparatoires pour plusieurs distinctions majeures : le brevet d’études supérieures de sécurité (Bess), le diplôme d’état-major des forces de sécurité (Demes) ainsi que le diplôme spécial d’état-major.

    Cet événement marque un tournant décisif dans le perfectionnement des cadres de la police républicaine. Sous le parrainage de l’inspecteur général de police de 2ᵉ classe Kokou Brice Allowanou, directeur général de l’institution, cette rentrée solennelle a réuni un parterre de personnalités civiles, militaires et académiques.

    Des objectifs stratégiques pour faire face aux défis actuels

    Le commissaire divisionnaire de police Gilles Yekpe, à la tête de l’établissement, a exposé les ambitions de ces programmes d’excellence. Il s’agit de doter les stagiaires d’une vision globale et prospective des enjeux de sécurité, qu’ils soient nationaux, régionaux ou internationaux. Pour garantir la qualité de l’apprentissage, l’école a mobilisé des experts de haut niveau et des intervenants expérimentés.

    Le cursus s’articule autour de piliers essentiels pour les futurs commandants :

    • La stratégie policière et le commandement de haut niveau ;
    • Le management des ressources humaines et la gestion opérationnelle ;
    • La sécurité intérieure et les problématiques transfrontalières.

    L’inspecteur général Kokou Brice Allowanou a, pour sa part, insisté sur la lourde responsabilité qui incombe aux futurs diplômés. Il a exhorté les participants à faire preuve d’une rigueur exemplaire, de discipline et d’une abnégation totale pour se préparer aux hautes fonctions qui les attendent au sein de l’appareil sécuritaire de l’État.

    L’État de droit au cœur de la formation

    La journée s’est conclue par une intervention académique de premier plan. Le Doyen de la Faculté de droit et de sciences politiques de l’université de Parakou a animé une conférence inaugurale portant sur la relation entre l’État de droit, la police républicaine et les nouveaux défis sécuritaires.

    Cette initiative s’inscrit dans une volonté globale de modernisation des institutions régaliennes au Bénin. En investissant massivement dans la formation de son élite, le pays renforce la professionnalisation de ses forces de l’ordre pour mieux répondre aux menaces contemporaines et assurer la protection des citoyens.

  • Sénégal : le PASTEF lance la course pour sa présidence dans un climat de transition

    Sénégal : le PASTEF lance la course pour sa présidence dans un climat de transition

    La dynamique interne de PASTEF-Les Patriotes entre dans une phase décisive. La Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP) a officiellement déclenché, ce 14 mai 2026, le processus visant à élire le prochain président de la formation politique. Selon les termes de la décision n°001/2026/HARP, les prétendants au poste ont une fenêtre de tir très courte : les dossiers de candidature doivent être déposés entre le 15 mai et le 20 mai 2026 à la mi-journée.

    Vers une fin de la personnalisation du mouvement ?

    Cette annonce marque un tournant symbolique majeur. Contrairement aux pratiques passées, la directive ne prévoit aucun traitement de faveur pour le dirigeant sortant, Ousmane Sonko. Bien que l’actuel Premier ministre conserve le droit de briguer un nouveau mandat, il se retrouve désormais soumis aux règles d’une compétition ouverte à toutes les sensibilités internes. Aucune reconduction automatique n’est à l’ordre du jour.

    Cette structuration réglementée semble faire écho aux récentes prises de position de Bassirou Diomaye Faye. Le président de la République avait publiquement exprimé ses réserves quant au caractère trop « personnifié » de l’organisation. En instaurant ce cadre formel de mise en concurrence, la HARP apporte une réponse institutionnelle à ces critiques, tout en interrogeant l’avenir du leadership du parti dans un contexte politique en pleine mutation.

    Interrogé sur les perspectives de la présidentielle de 2029, Bassirou Diomaye Faye avait d’ailleurs précisé que le choix du candidat dépendrait exclusivement des résolutions du futur congrès. Cette élection interne apparaît donc comme le préalable indispensable avant d’aborder les grandes orientations stratégiques pour les années à venir.

    Un calendrier électoral particulièrement serré

    Le timing imposé par la HARP ne laisse que peu de place à l’improvisation. Les postulants ne disposent que de cinq jours ouvrables pour préparer leurs dossiers, en s’appuyant sur un modèle de déclaration spécifique défini lors de la séance extraordinaire du 14 mai 2026.

    L’issue de ce scrutin interne est attendue avec impatience. Elle permettra de désigner celui qui portera la voix officielle du PASTEF jusqu’au prochain congrès, instance suprême où sera tranchée la délicate question de la candidature pour le prochain scrutin présidentiel national.

  • Un an derrière les barreaux pour Succès Masra au Tchad

    Un an derrière les barreaux pour Succès Masra au Tchad

    Ce samedi 16 mai marque un triste jalon pour la vie politique tchadienne : cela fait désormais un an que Succès Masra est privé de liberté. Ancien Premier ministre et figure de proue du parti Les Transformateurs, il avait été interpellé à son domicile lors d’une opération matinale. Condamné en août 2025 à une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour incitation à la haine suite à des troubles dans le sud du pays, son absence pèse lourdement sur l’échiquier politique national.

    Malgré cette incarcération prolongée, l’état-major de sa formation politique affiche une détermination intacte. Le secrétaire général du parti, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, assure que l’organisation maintient le cap. Pour les membres des Transformateurs, le dossier judiciaire est vide de preuves tangibles. Ils considèrent cette situation comme une méprise flagrante de l’appareil judiciaire et administratif. Selon eux, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno détient aujourd’hui le pouvoir de rectifier cette trajectoire et de rétablir la justice.

    Une opposition politique sous haute pression

    Le cas de Succès Masra n’est pas isolé. Le climat politique s’est durci ces derniers jours avec la condamnation de huit autres figures de l’opposition, issues du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP). Ces leaders ont écopé de 8 ans de prison ferme, accusés notamment de rébellion et de détention d’armes, après avoir tenté d’organiser une manifestation pacifique.

    Cette vague de répression inquiète les observateurs de la société civile. Sosthène Mbernodji, coordonnateur du Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL), dresse un constat alarmant sur l’état de la démocratie au Tchad. Pour lui, la mise à l’écart des cadres des Transformateurs et la dissolution de fait du GCAP par la voie judiciaire signalent un retour vers un système de parti unique, rappelant les décennies passées. Il décrit une transition qui semble glisser vers une forme de monarchie durable, étouffant toute voix discordante.

    Face à ce qu’ils qualifient de musellement systématique et d’instrumentalisation des tribunaux, une vingtaine de formations politiques d’opposition ont uni leurs voix. Dans une déclaration commune, elles dénoncent une stratégie globale visant à réduire au silence toute contestation politique dans le pays.

  • Le Sénégal face à la résurgence des tensions sociales en mai

    Le Sénégal face à la résurgence des tensions sociales en mai

    Historiquement marqué par l’héritage de mai 1968 et l’ouverture symbolique de la journée internationale des travailleurs, le mois de mai s’impose à nouveau comme une période de fortes turbulences au Sénégal. Actuellement, le pays fait face à une multiplication des foyers de tension touchant divers secteurs clés de la vie nationale, du transport urbain à l’enseignement supérieur en passant par l’administration publique.

    Le secteur des transports paralysé à Dakar

    Le climat social s’est brutalement dégradé avec le mouvement d’humeur déclenché par les chauffeurs et agents de l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU). Une grève a sévèrement perturbé la mobilité dans la capitale sénégalaise ce jeudi. Ce conflit trouve son origine dans un litige technique et financier concernant la gestion de la billetterie électronique entre l’AFTU et un opérateur tiers. Suite à une décision du Tribunal de Grande Instance de Dakar, qui a ordonné l’arrêt du déploiement des nouveaux automates et la saisie des équipements déjà en place, les travailleurs ont exprimé leur vive opposition, entraînant un blocage partiel du réseau.

    Crises de gouvernance et tensions administratives

    Parallèlement, d’autres institutions traversent des zones de turbulences. Au sein de la Fondation Trade Point Sénégal, le personnel tire la sonnette d’alarme sur une gestion interne jugée défaillante. Lors d’une récente rencontre avec la presse, les employés ont dénoncé des recrutements massifs sans justification apparente et une dégradation profonde du climat managérial.

    La situation n’est guère plus apaisée à l’Ageroute (Agence des Travaux et de Gestion des Routes). Cheikh Ahmed Tidiane Thiam, le Directeur des Ressources humaines, a publiquement critiqué les méthodes de la nouvelle direction générale. Il pointe du doigt une gestion unilatérale et la mise à l’écart brutale de 23 collaborateurs, une mesure qui fragilise l’équilibre social et le capital humain de l’agence.

    La grogne estudiantine à l’Université numérique

    Le front universitaire n’est pas en reste. Les étudiants de la dixième promotion de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) manifestent leur mécontentement face au non-paiement de l’intégralité de leurs bourses d’études. Selon leurs déclarations, seules deux années sur les trois prévues pour leur cycle de licence ont été honorées. Ils exigent une régularisation immédiate de leur situation financière auprès des autorités compétentes pour poursuivre leur cursus sereinement.

    Qu’il s’agisse de revendications syndicales, de crises de gestion ou de droits universitaires, les acteurs sociaux durcissent leurs positions sur tous les fronts. Cette convergence des colères place le Sénégal dans une phase de confrontation où chaque secteur tente de faire entendre ses revendications avec une détermination croissante.

  • L’impasse Harvey Elliott : un talent sacrifié entre Aston Villa et Liverpool

    L’impasse Harvey Elliott : un talent sacrifié entre Aston Villa et Liverpool

    Une situation contractuelle qui paralyse la carrière d’Elliott

    Harvey Elliott ne sera pas sur la pelouse pour affronter Liverpool, son club d’origine, sous les couleurs d’Aston Villa ce vendredi soir. Au-delà des contraintes réglementaires, le choix d’Unai Emery est déjà arrêté : le jeune milieu de terrain ne fait plus partie de ses plans tactiques. Ce n’est pourtant pas une question de gestion physique avant la finale de la Ligue Europa contre Fribourg. La réalité est purement financière. Harvey Elliott n’a pas foulé le terrain depuis le mois de mars car une seule apparition supplémentaire activerait une clause d’achat obligatoire fixée à 35 millions de livres sterling. Un montant que les dirigeants de Birmingham refusent catégoriquement de verser.

    La saison du jeune espoir anglais s’achève dans l’anonymat le plus total. Unai Emery a rapidement conclu que l’attaquant polyvalent ne correspondait pas à ses besoins. Si un retour vers Anfield semble inévitable cet été, l’incertitude demeure quant à son rôle futur sous la direction d’Arne Slot, qui ne semble pas non plus compter sur lui pour la suite de son projet sportif.

    Les regrets de l’ère Klopp

    Avant de tirer sa révérence en mai 2024, Jürgen Klopp avait exprimé un regret majeur concernant la gestion de son effectif. L’entraîneur allemand avait admis ne pas avoir offert suffisamment de temps de jeu à Harvey Elliott, malgré des prestations de haut vol, notamment en janvier lors d’une période marquée par de nombreuses absences. Positionné sur l’aile droite ou au milieu, le joueur avait alors montré toute l’étendue de son talent avant d’être relégué sur le banc au retour des titulaires.

    Malgré ce manque de régularité, Harvey Elliott conserve une admiration profonde pour celui qu’il considère comme une légende. Supporter inconditionnel des Reds, il se dit éternellement reconnaissant envers Jürgen Klopp pour lui avoir permis de réaliser son rêve d’enfant sous le maillot de Liverpool.

    Un espoir douché par une blessure et la concurrence

    Pourtant, l’été 2024 laissait présager un avenir radieux. Avec 53 matchs au compteur la saison précédente, Harvey Elliott semblait taillé pour le rôle de numéro 10 dans le nouveau dispositif d’Arne Slot. Ses performances lors de la tournée estivale aux États-Unis, notamment contre Arsenal à Philadelphie, avaient séduit le staff technique par son mélange de créativité et d’intensité défensive.

    C’est une fracture du pied, survenue lors d’un rassemblement avec les espoirs anglais, qui a tout fait basculer. Pendant son absence, Dominik Szoboszlai s’est imposé comme une pièce maîtresse au milieu de terrain, tandis que Mohamed Salah continuait de régner sur le flanc droit. À son retour, Harvey Elliott a dû se contenter de miettes, malgré un but décisif en Ligue des champions face au Paris Saint-Germain. L’arrivée de Florian Wirtz a fini par sceller son destin, rendant son départ nécessaire pour espérer retrouver du temps de jeu.

    Le choix contestable du transfert à Aston Villa

    Élu meilleur joueur de l’Euro espoirs 2025 en Slovaquie, Harvey Elliott était pourtant courtisé. Le RB Leipzig s’était manifesté pour en faire le successeur de Xavi Simons, mais les exigences financières de Liverpool ont freiné le club allemand. C’est finalement Aston Villa qui a raflé la mise avec un prêt incluant une option d’achat automatique liée au nombre de matchs joués.

    L’aventure a tourné court. Remplacé dès la mi-temps lors d’un match contre Fulham, le joueur a rapidement perdu la confiance d’Unai Emery. L’entraîneur espagnol a même révélé que le club avait tenté de renégocier les termes du contrat avec Liverpool pour supprimer la clause d’achat, une demande rejetée par les dirigeants merseysiders. Cette situation est largement imputée à Monchi, l’ancien directeur sportif, qui aurait recruté un profil non désiré par le coach, créant un imbroglio financier et sportif.

    Une carrière à la croisée des chemins

    Aujourd’hui, Harvey Elliott se retrouve dans une position délicate. Alors qu’il visait une place pour la Coupe du monde 2026, il voit sa progression stoppée net par des enjeux contractuels qui le dépassent. Arne Slot, interrogé sur le sujet, reste évasif, soulignant simplement que le joueur est toujours sous contrat mais déplorant son manque de rythme de compétition sur les deux dernières années.

    L’espoir d’un nouveau départ repose désormais sur un éventuel retour de flamme du RB Leipzig. Pour l’heure, le passage d’Harvey Elliott à Villa Park restera comme l’une des opérations les plus malheureuses de la saison en Premier League, laissant un talent pur sur le bord de la route.

  • Côte d’Ivoire : l’approvisionnement en bétail menacé à l’approche de la Tabaski

    Côte d’Ivoire : l’approvisionnement en bétail menacé à l’approche de la Tabaski

    Inquiétudes sur le marché du bétail en Côte d’Ivoire avant la Tabaski

    La récente décision du Burkina Faso de suspendre ses exportations de bétail provoque une onde de choc sur les marchés de Côte d’Ivoire. À seulement dix jours de la Tabaski, l’inquiétude grandit chez les consommateurs et les commerçants. Les besoins nationaux pour cette fête sont colossaux, estimés à environ 350 000 têtes de bétail. Or, le pays importe habituellement 75 % de ses bêtes depuis les nations limitrophes.

    Face à ce risque de pénurie, les interrogations se multiplient : le gouvernement ivoirien parviendra-t-il à sécuriser l’approvisionnement à temps ? Une flambée des prix semble désormais redoutée sur les parcs à bétail d’Abidjan et de l’intérieur du pays, compliquant l’accès au mouton pour de nombreuses familles.

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    RDC : une offensive législative américaine pour stabiliser l’Est

    Aux États-Unis, le dossier de la République démocratique du Congo (RDC) revient au premier plan avec une initiative portée par le député Johnny Olszewski. Un projet de loi déposé à la Chambre des représentants propose d’imposer des sanctions ciblées contre les acteurs entravant l’accord de paix de Washington dans l’est de la RDC.

    Ce texte législatif vise à punir toute personne ou organisation sabotant les efforts de stabilisation. Alors que les affrontements se poursuivent malgré les engagements de trêve, l’efficacité de telles mesures de pression internationale reste au cœur des débats pour espérer un changement réel sur le terrain militaire.

    Real Madrid : tempête institutionnelle et élections anticipées

    Le Real Madrid traverse une zone de fortes turbulences. Au-delà des tensions sportives, le club madrilène est secoué par des conflits internes, illustrés par une altercation entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde. Face à ce climat délétère, le président Florentino Pérez a vigoureusement critiqué ce qu’il qualifie de harcèlement médiatique contre son institution.

    Dans un geste inattendu, Florentino Pérez a annoncé la tenue d’élections anticipées pour la présidence du club, tout en confirmant sa propre candidature. Cette stratégie vise à reprendre la main sur la gouvernance du club alors que les relations avec la presse espagnole sont au plus bas.

    Diplomatie et réseaux sociaux : le sommet Africa Forward

    Le sommet Africa Forward, centré sur les dynamiques entre la France et le continent africain, a suscité de vives réactions en ligne. Les interventions du président français Emmanuel Macron ont été particulièrement commentées par les internautes, reflétant les sensibilités actuelles autour de la coopération franco-africaine et des nouveaux enjeux de cette relation bilatérale.

  • Tensions au lac Tchad : N’Djamena rejette les allégations de bavures civiles

    Tensions au lac Tchad : N’Djamena rejette les allégations de bavures civiles

    Des soldats tchadiens patrouillent en bateau sur le lac Tchad depuis une base militaire située dans la province du Lac, le 6 mai 2026.

    Le gouvernement tchadien a fermement contesté les récentes accusations portées contre ses forces armées. Gassim Chérif Mahamat, ministre de la communication et porte-parole officiel, a déclaré que ces allégations ne visent qu’à ternir l’image des troupes nationales. Il a réaffirmé que l’armée du Tchad demeure une force professionnelle, engagée avec détermination dans la lutte contre le terrorisme, tant au Sahel que dans la région stratégique du bassin du lac Tchad.

    Cette mise au point intervient après que Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a réclamé l’ouverture d’investigations indépendantes. Cette demande fait suite à des opérations aériennes menées dans le nord-est du Nigeria, attribuées aux armées nigériane et tchadienne, qui auraient entraîné la mort de plusieurs dizaines de civils. Pour le diplomate de l’ONU, il est impératif que les autorités des deux pays garantissent des enquêtes rapides, exhaustives et impartiales sur ces incidents.

    Un engagement pour la transparence et la justice

    En réponse à ces sollicitations, N’Djamena a affiché sa volonté de coopérer. Gassim Chérif Mahamat a précisé que l’État tchadien est prêt à faire toute la lumière sur ces événements, s’appuyant sur un système judiciaire indépendant et des institutions capables de mener des enquêtes transparentes. Le porte-parole a toutefois rappelé la complexité du terrain, accusant le groupe Boko Haram de terroriser les populations et de fragiliser la cohésion sociale dans des zones déjà durement éprouvées.

    De son côté, le commandement militaire du Nigeria a soutenu que ses interventions visaient une structure terroriste confirmée. Selon les autorités nigérianes, la zone était exclusivement occupée par des éléments armés non étatiques représentant une menace sérieuse pour la sécurité des populations civiles.

    Le bassin du lac Tchad, vaste zone humide partagée entre le Tchad, le Nigeria, le Niger et le Cameroun, est devenu depuis 2009 un repaire pour les combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Face à cette instabilité chronique, Volker Türk a insisté sur la nécessité absolue pour les forces militaires de respecter le droit international humanitaire, rappelant que les civils ne doivent en aucun cas être pris pour cibles.