Un partenariat historique pour la gestion de l’eau au Maroc
Le Maroc et l’Union européenne ont officialisé un accord d’envergure visant à renforcer la résilience du pays face aux défis climatiques. Doté d’un budget de 3,7 milliards de dirhams (soit près de 348 millions d’euros), ce programme s’inscrit dans une démarche collective pour sécuriser l’avenir hydrique du Royaume.
La cérémonie de lancement, qui s’est tenue à Rabat en présence des autorités marocaines et des représentants européens, marque une étape clé dans la mise en œuvre du Plan national de l’eau (PNE). Ce projet ambitieux s’appuie sur une mobilisation inédite de fonds, combinant subventions et prêts concessionnels issus de plusieurs institutions financières européennes.
Une mobilisation financière sans précédent
L’Union européenne apporte une contribution majeure de 514,4 millions de dirhams sous forme de subventions, tandis que trois institutions financières européennes complètent ce financement : la KfW allemande, la Cassa Depositi e Prestiti italienne et l’Agence française de développement (AFD). Cette dernière assure la coordination du programme, qui s’articule autour de quatre priorités stratégiques.
- Amélioration de la connaissance des ressources hydriques : renforcer les outils de suivi et d’analyse face aux impacts du changement climatique.
- Gestion des phénomènes extrêmes : développer des stratégies pour faire face aux sécheresses et inondations récurrentes.
- Protection des nappes souterraines : préserver ces ressources vitales tout en optimisant leur exploitation.
- Renforcement des capacités institutionnelles : former et outiller les acteurs locaux pour une gestion durable et intégrée.
L’eau, enjeu de souveraineté nationale
Lors de son intervention, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné l’importance stratégique de ce programme. « L’eau représente un patrimoine à protéger pour les générations futures et un pilier de notre souveraineté nationale », a-t-il déclaré. Face aux épisodes de sécheresse qui frappent régulièrement le pays, le Maroc mise sur une approche proactive, transformant progressivement son modèle de gestion hydrique.
Ce partenariat s’inscrit dans une vision globale visant à assurer une sécurité hydrique durable. Selon les termes du ministre, le programme renforcera la résilience climatique du Royaume et garantira une utilisation optimale des ressources disponibles.
Une coopération euro-méditerranéenne renforcée
Pour l’Union européenne, cette initiative s’aligne sur les priorités du Partenariat vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée. Ces cadres stratégiques placent la gestion de l’eau et la résilience climatique au cœur de la coopération régionale. L’approche « Équipe Europe », qui coordonne les efforts des États membres, permet de mutualiser les ressources financières et techniques pour répondre aux défis communs.
L’ambassadeur de l’UE au Maroc a salué cette collaboration comme un exemple concret de solidarité internationale. « Ce programme illustre notre engagement à soutenir le Maroc dans la transition vers une gestion durable de ses ressources naturelles », a-t-il affirmé.
Un modèle de coopération régionale
Les représentants d’Allemagne, d’Italie et de France ont unanimement salué ce partenariat, le présentant comme un modèle pour la région. Chaque pays apporte son expertise spécifique :
- L’Allemagne, via la KfW, se concentre sur l’adaptation au changement climatique et la protection des nappes phréatiques.
- L’Italie met en avant son savoir-faire en gestion hydrique et promeut l’égalité de genre dans le secteur.
- La France, par l’intermédiaire de l’AFD, veille à l’intégration des enjeux de résilience climatique et d’égalité femmes-hommes dans la mise en œuvre du programme.
Cette coopération multisectorielle et multinationale vise à répondre aux défis croissants posés par le changement climatique et la pression démographique sur les ressources en eau.
Un contexte marqué par des défis hydriques croissants
Comme l’ensemble des pays du bassin méditerranéen, le Maroc subit une pression accrue sur ses ressources hydriques. Entre 2017 et 2025, le pays a connu plusieurs épisodes de sécheresse sévère, tandis que les besoins en eau ont augmenté sous l’effet de la croissance démographique et du développement économique. Ce programme s’ajoute aux efforts déjà en cours, notamment le Plan national de l’eau et le Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027, pour renforcer la sécurité hydrique du Royaume.
