Quatre pays africains s’unissent pour booster le cacao local

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Les points clés

  • Nouvelle alliance régionale : Quatre géants africains du cacao, représentant plus de 60 % de la production mondiale, officialisent leur partenariat à Abuja
  • Stratégie majeure : Passer de l’exportation de fèves brutes à la production locale de chocolat et dérivés
  • Défis européens : Coordination pour se conformer au règlement EUDR qui entre en vigueur fin 2026
  • Projet phare : Construction d’une usine de transformation de 70 000 tonnes prévue pour 2027 au Nigeria

La ville d’Abuja a abrité un sommet historique ce 14 juillet 2026. Les gouvernements du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria ont signé la Déclaration d’Abuja, marquant la naissance de l’Alliance pour la valorisation du cacao. Ces quatre nations concentrent à elles seules plus de 60 % de la production mondiale de fèves, un poids considérable sur le marché international.

Une alliance stratégique face aux géants du commerce

Le sommet « From Bean to Brand » a été organisé sous l’égide du ministère nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement. Le ministre d’État John Owan Enoh a piloté les discussions. L’objectif affiché : harmoniser les standards de qualité, mutualiser les politiques agricoles et négocier collectivement avec les multinationales du chocolat.

Les représentants du Ghana Cocoa Board et du Conseil du Café-Cacao ivoirien ont joué un rôle central dans ces négociations. Ces deux organismes, qui dominent la production africaine, ont confirmé leur engagement concret pour une filière mieux organisée et plus compétitive.

Réponse unifiée aux exigences européennes

L’Alliance d’Abuja prévoit de coordonner une riposte commune au Règlement européen sur la déforestation (EUDR), applicable à partir du 30 décembre 2026. Ce dispositif impose aux importateurs de prouver l’absence de lien entre leurs approvisionnements et la destruction des forêts tropicales.

Les pays membres entendent faire reconnaître leurs propres systèmes de traçabilité et éviter que les coûts de conformité ne pèsent sur les producteurs modestes. En unissant leurs forces, ils espèrent obtenir des aménagements ou des périodes de transition pour préserver leur accès au marché européen.

Vers une filière ivoirienne et ghanéenne plus autonome

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial avec près de 40 % de l’offre globale, dispose déjà d’une certaine capacité de transformation. Pourtant, l’essentiel des fèves est encore expédié vers l’Europe et l’Asie pour y être transformé.

L’Alliance d’Abuja offre à Abidjan un levier de négociation renforcé face aux grands groupes chocolatiers. Cette dynamique pourrait inciter les industriels étrangers à investir davantage dans des unités de production locales, transformant ainsi les conditions d’approvisionnement sur le long terme.

Le Nigeria accélère sa mutation

Le Nigeria, quatrième producteur africain, souhaite combler son retard face à la Côte d’Ivoire et au Ghana, qui disposent déjà d’infrastructures de broyage développées. Un accord national prévoit des objectifs mesurables pour booster la transformation locale sur son sol.

Parmi les projets concrets : la construction d’une usine de transformation de 70 000 tonnes à Sagamu, dans l’État d’Ogun. Porté par Sunbeth Global Concepts, ce site devrait être opérationnel dès 2027, marquant une étape décisive pour l’industrie nigériane du cacao.

Prochaines étapes : concrétiser l’ambition commune

La phase opérationnelle débutera dans les mois à venir avec la création d’une structure de coordination permanente entre les quatre pays. Le premier défi concret sera de négocier ensemble face aux exigences du règlement européen, dont l’entrée en vigueur est imminente.