Une candidature stratégique pour la République Démocratique du Congo
Me José Mpanda Kabangu, ministre des Postes et Télécommunications de la République Démocratique du Congo (RDC), a marqué un tournant décisif dans la stratégie diplomatique de son pays en organisant, le 15 juillet 2026 à l’hôtel Hilton de Kinshasa, une rencontre d’envergure avec les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques accrédités en RDC. L’objectif ? Solennellement présenter la candidature de la RDC au Conseil de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), lors des élections de la Conférence des Plénipotentiaires prévue à Doha, au Qatar, en novembre 2026. Ce scrutin déterminera les membres du Conseil pour le mandat 2027-2030.
Pour le ministre congolais, cette démarche s’inscrit dans une vision ambitieuse : « la RDC ne peut plus rester en marge des décisions mondiales qui façonnent l’avenir des télécommunications et des technologies numériques. Notre position géostratégique au cœur de l’Afrique, combinée à notre potentiel énergétique et nos ressources humaines, nous positionne naturellement comme un acteur incontournable de cette révolution. »
Christian Katende, président de l’Autorité de régulation de la Poste et Télécommunications du Congo (ARPTC), a renforcé ce message en soulignant l’importance numérique du pays : avec plus de 110 millions d’habitants et près de 74 millions d’abonnés mobiles, la RDC représente l’un des plus grands marchés numériques du continent africain.
Quatre engagements clés pour l’Afrique et le monde
La candidature de la RDC à l’UIT s’articule autour de quatre axes majeurs, présentés comme des leviers pour transformer le secteur des télécommunications en Afrique :
- Renforcer la voix de l’Afrique au sein de l’UIT, en portant les enjeux des pays en développement dans les débats internationaux.
- Stimuler les investissements** dans les infrastructures critiques : réseaux, satellites, centres de données et infrastructures numériques publiques.
- Promouvoir une gouvernance numérique équilibrée**, conciliant innovation, sécurité, souveraineté et protection des citoyens.
- Développer les capacités** des régulateurs et États africains via le partage des connaissances, la recherche et l’innovation.
Me José Mpanda a insisté sur le rôle central de la RDC, siège de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT), dans la défense des intérêts africains : « Il est cohérent que le pays abritant le siège de l’UAT participe activement aux décisions de l’UIT, l’organisation suprême du secteur. »
Un appel au soutien international
Lors de cette soirée, Me José Mpanda a sollicité un soutien actif des diplomates présents pour la candidature de la RDC. Il a demandé à chaque représentant de mobiliser leur pays respectif en faveur de cette initiative, en contactant les ministères des Affaires étrangères, les administrations des télécommunications et les autorités de régulation. « Nous ne cherchons pas seulement un siège, mais une opportunité de servir l’Afrique et le monde en façonnant les politiques numériques de demain. », a-t-il déclaré.
Noëlla Ayeganagato, vice-ministre des Affaires étrangères, a réaffirmé l’engagement total de la diplomatie congolaise dans ce projet. Elle a appelé les pays amis à soutenir activement cette candidature et à exploiter pleinement les outils de la diplomatie bilatérale et multilatérale. « L’UIT est un partenaire stratégique pour atteindre les objectifs de développement durable. Nous comptons sur les États membres pour que la RDC obtienne ce siège et fasse rayonner l’Afrique dans les enceintes internationales. »
Des arguments solides pour une candidature légitime
Christian Katende a mis en avant plusieurs atouts de la RDC pour justifier sa candidature :
- Un marché numérique en pleine expansion** : 110 millions d’habitants et 74 millions d’abonnés mobiles, avec un potentiel de croissance énorme.
- Des ressources naturelles stratégiques** : la RDC possède des minerais critiques essentiels aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle, renforçant sa légitimité dans les décisions technologiques mondiales.
- Une vision d’intégration africaine** : la RDC souhaite devenir un hub numérique pour l’Afrique centrale, en accélérant la connectivité et en réduisant la fracture numérique.
Il a conclu en appelant à une « Afrique qui ne subit plus les transformations numériques, mais qui les conçoit. Une Afrique qui investit, innove et construit son avenir avec responsabilité. »
Prochaine étape : la formalisation à Doha
La candidature de la RDC sera officiellement présentée lors de la Conférence des Plénipotentiaires de l’UIT, qui se tiendra à Doha, au Qatar, en novembre 2026. Ce rendez-vous sera décisif pour savoir si la RDC intégrera le Conseil de l’UIT pour le mandat 2027-2030.
