C’est un tournant majeur pour la scène politique à Dakar. Ce vendredi 22 mai, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris la décision de se séparer de son Premier ministre, Ousmane Sonko. Cette annonce, qui marque la fin d’une collaboration étroite au sommet de l’exécutif, a été officialisée par le secrétaire général de la présidence lors d’une intervention sur les ondes de la télévision nationale.
Une dissolution globale du gouvernement
Le décret présidentiel ne se limite pas au seul chef du gouvernement. En effet, Bassirou Diomaye Faye a également mis fin aux fonctions de l’ensemble des ministres et des secrétaires d’État. En attendant la désignation d’une nouvelle équipe ministérielle, les membres sortants ont reçu pour consigne d’assurer la gestion des affaires courantes. Pour l’heure, aucune information n’a filtré concernant l’identité du futur locataire de la primature.
L’épilogue de tensions croissantes
Ce divorce intervient après plusieurs mois de frictions entre les deux leaders, pourtant portés au pouvoir en avril 2024 par une dynamique populaire sans précédent. Si Ousmane Sonko a été le mentor et l’artisan principal de l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême — après avoir été lui-même déclaré inéligible — les relations entre les deux hommes s’étaient dégradées.
Le chef de l’État avait récemment exprimé ses inquiétudes face à une forme de personnalisation excessive du pouvoir par son Premier ministre au sein de la mouvance présidentielle. Début mai, Bassirou Diomaye Faye avait d’ailleurs rappelé publiquement que la présence d’Ousmane Sonko à son poste était conditionnée par sa seule confiance. « Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre », avait-il prévenu.
Réagissant presque immédiatement à son éviction sur les réseaux sociaux, Ousmane Sonko a déclaré qu’il rejoignait son domicile du quartier de la cité Keur Gorgui avec sérénité, concluant ainsi ce chapitre de l’histoire politique du Sénégal.
