Le président du parti Pastef, Ousmane Sonko, a révélé des tensions majeures autour de la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo, mettant en lumière des divergences profondes avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Lors d’une conférence de presse tenue le 2 juin, l’ex-Premier ministre a critiqué la méthode employée pour consulter les ministres sortants, jugée contraire aux règles internes du parti. Selon lui, plusieurs responsables ont été contactés individuellement par le président, une pratique qu’il qualifie de stratégie délibérée pour saper la cohésion de Pastef.
Une consultation opaque et controversée
Ousmane Sonko a détaillé ses préoccupations quant aux démarches de Bassirou Diomaye Faye : « Appeler directement des membres de Pastef sans passer par les instances dirigeantes est une violation des principes d’un parti organisé. Cela affaiblit notre structure et fragilise notre unité », a-t-il affirmé avec fermeté.
Il a également évoqué une déclaration de Bassirou Diomaye Faye, selon laquelle ce dernier se considérait comme le membre le plus représentatif du parti. Une affirmation que Sonko rejette catégoriquement : « S’il est si représentatif, qu’il organise un meeting sans moi. À Ndiaganiao, il ne peut même pas rassembler cent personnes », a-t-il lancé, soulignant l’absence de soutien populaire du président au sein de sa propre circonscription.
Des ministres sortants en désaccord avec la méthode
L’ancien Premier ministre a révélé que plusieurs ministres sortants avaient conseillé au nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, de privilégier les consultations via les instances du parti. Une recommandation qui, selon Sonko, n’a pas été suivie : « Les ministres ont insisté pour que le dialogue passe par le président de Pastef. Pourtant, le chef de l’État a refusé de s’entretenir avec moi ou avec les responsables désignés », a-t-il expliqué.
Ousmane Sonko a également partagé les détails d’un échange téléphonique avec Bassirou Diomaye Faye, au cours duquel il avait plaidé pour une approche collective : « Je l’ai appelé pour lui demander de consulter les ministres via Pastef. Il a maintenu sa position et a continué à contacter certains responsables, qui ont refusé de collaborer sans l’aval du parti. »
Une médiation pour apaiser les tensions
Pourtant, une rencontre entre les deux hommes a finalement eu lieu, facilitée par une médiation impliquant notamment Ahmadou Al Aminou Lo. Ousmane Sonko a décrit les circonstances de cet entretien : « Un message est arrivé tard dans la soirée du 1er juin, me demandant de me rendre au Palais. J’ai accepté de venir le lendemain à 8 heures, et c’est ainsi que notre échange a pu se tenir. »
Ces révélations illustrent les défis auxquels doit faire face Pastef dans l’organisation de ses structures internes, alors que le parti cherche à consolider son influence politique sous la nouvelle administration.
