Ce lundi 27 juillet, Libreville a accueilli un événement marquant pour l’avenir des infrastructures numériques du Gabon. Face aux défis posés par l’étendue du territoire et les contraintes géographiques, l’État gabonais place désormais le spatial au cœur de sa stratégie de souveraineté numérique. Un séminaire de haut niveau, présidé par Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, a réuni les principaux acteurs du secteur pour esquisser les contours d’un Gabon connecté et résilient.
Parmi les participants figuraient les dirigeants de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos) et de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf), à savoir Aboubakar Mambimba Ndjoungui et Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki. L’objectif affiché ? Construire une feuille de route nationale ambitieuse pour garantir un accès universel au numérique, même dans les zones les plus reculées.
Dans un contexte mondial marqué par des mutations économiques rapides, le gouvernement gabonais mise sur la connectivité satellitaire pour sécuriser son autonomie stratégique. Lors de son discours d’ouverture, le ministre a souligné que le spatial n’était plus l’apanage des grandes nations, mais un levier essentiel pour l’autonomie et la prospérité : « Les décisions prises aujourd’hui concernant nos infrastructures numériques et spatiales façonneront notre souveraineté pour les décennies à venir. »
L’accès à internet pour tous : un défi relevé par le satellite
Avec 88 % de son territoire recouvert par la forêt tropicale, le Gabon doit relever un défi de taille : offrir une connectivité performante à l’ensemble de sa population. Le déploiement de la fibre optique sur tout le territoire se heurte à des obstacles logistiques majeurs. Pour pallier ce problème, les autorités privilégient désormais une approche hybride, combinant réseaux terrestres et solutions satellitaires. L’enjeu ? Garantir une couverture homogène, y compris dans les régions rurales, les zones maritimes et les espaces isolés.
Cette transition numérique s’inscrit dans une logique d’inclusion sociale et territoriale. Comme l’a rappelé le directeur général de l’Ageos, l’objectif est de rendre le numérique accessible à chaque citoyen, où qu’il se trouve. « L’idée est qu’un habitant d’une zone reculée puisse, par exemple, prendre un rendez-vous médical à Libreville en temps réel », a-t-il expliqué.
Vers un écosystème spatial gabonais d’envergure
Les travaux menés lors de ce séminaire ont permis d’explorer plusieurs pistes pour structurer un écosystème spatial gabonais performant. Les discussions ont porté sur des aspects cruciaux tels que le cadre réglementaire, la cybersécurité, la protection des données sensibles et les besoins spécifiques des administrations publiques. À l’issue des échanges, un rapport stratégique sera présenté au président de la République. Ce document servira de base pour lancer la création d’un écosystème spatial national complet, avec l’ambition de positionner le Gabon comme un leader en Afrique centrale dans ce domaine.
