Le Gabon et TikTok ont franchi une étape décisive dans leur relation tendue autour de la régulation des contenus en ligne. Une rencontre stratégique a eu lieu lors du Sommet mondial sur l’IA au service du bien commun, qui s’est tenu à Genève début juillet. Le Ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a échangé directement avec les responsables de la plateforme pour examiner sa conformité avec la nouvelle législation gabonaise encadrant les réseaux sociaux.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large visant à renforcer la supervision des plateformes numériques au Gabon. Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux cruciaux : la modération des contenus, la protection des utilisateurs vulnérables, notamment les jeunes, et l’adaptation des pratiques de TikTok aux exigences légales locales. Les autorités gabonaises ont réaffirmé leur volonté de concilier innovation et sécurité en ligne.
Du côté de TikTok, une délégation menée par Emir Gelen, directeur régional des relations gouvernementales pour la région Moyen-Orient, Eurasie et Afrique (MEA), et Maria Cohn, directrice adjointe, a présenté un bilan complet de ses actions de modération pour le premier trimestre 2026. Selon les données transmises, 23 504 contenus jugés sensibles ont été retirés, dont une majorité concernait des atteintes à la sécurité et au bien-être des mineurs, ainsi que des publications liées à des activités réglementées.
Parmi les suppressions, 13 930 contenus mettaient en danger les mineurs, tandis que 10 784 publications concernaient des biens, services ou activités interdits ou contrôlés. Les contenus à caractère sexuel ou impliquant des violences sur des mineurs représentaient la majorité des suppressions. TikTok a également mis en avant ses progrès technologiques : 99,8 % des contenus illicites ont été détectés et supprimés avant tout signalement par les utilisateurs, dont 92,9 % avant même d’être consultés.
La plateforme a confirmé que 97,2 % des publications litigieuses étaient effacées en moins de 48 heures. Au total, 4 352 comptes ont été définitivement fermés durant cette période, marquant une intensification sans précédent de ses mesures de contrôle.
À l’issue des échanges, les deux parties ont convenu de poursuivre leur collaboration sur une période d’un an, alignée sur le calendrier de mise en conformité imposé par l’ordonnance gabonaise régissant les réseaux sociaux. Le Ministre Doumba a souligné l’importance de cette coopération pour protéger les citoyens gabonais contre la désinformation, le cyberharcèlement, les discours de haine et les contenus nuisibles à la santé mentale des jeunes.
Cette rencontre illustre la détermination du Gabon à instaurer un dialogue exigeant avec les géants du numérique. L’enjeu est double : faire respecter la loi nationale tout en construisant un environnement en ligne plus sûr et plus responsable pour tous les utilisateurs.
Antoine Relaxe et Tryphène Lembah Mouwembe

