Tribunal de Yaoundé : les preuves accablantes de l’assassinat du journaliste martinez zogo

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Un tournant judiciaire marqué par des preuves numériques accablantes

Les audiences des 1er et 2 juin 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé ont révélé des éléments décisifs dans l’enquête sur l’assassinat de Martinez Zogo. Ces séances, suivies avec une attention particulière par l’opinion publique, ont été bouleversées par la présentation du rapport forensique du professeur Georges Bell Bitjoka, expert judiciaire en cybersécurité et 32e témoin de l’accusation.

Des vidéos insoutenables projetées à l’audience

L’expert, missionné pour analyser les téléphones et comptes numériques des accusés, a permis de mettre en lumière des éléments cruciaux. C’est ainsi qu’une vidéo montrant les tortures et l’assassinat du journaliste a été découverte dans le compte Google d’un des prévenus. La diffusion, le 1er juin, de trois vidéos a provoqué une vive émotion dans la salle d’audience, suspendant temporairement les débats.

Les images présentées au tribunal dépeignent un Martinez Zogo ligoté, ensanglanté, l’oreille gauche partiellement sectionnée, implorant ses bourreaux. Ces preuves visuelles, d’une violence inouïe, ont marqué un tournant dans la perception des actes commis.

Des révélations accablantes sur les réseaux d’influence

Selon les déclarations du professeur Georges Bell Bitjoka, « ces fichiers ont été officiellement extraits du compte Google Cloud du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, alors agent en service à la DGRE et actuellement en fuite ». Son rapport a également mis en évidence des échanges et communications impliquant directement l’ex-directeur des opérations de la DGRE, Justin Danwe, dans l’organisation de l’opération.

Un circuit financier a également été évoqué, notamment une somme de 35 millions de FCFA mentionnée lors des débats. Par ailleurs, l’expert a indiqué qu’aucun lien technologique direct n’avait été formellement établi avec les téléphones de l’ex-patron de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, et de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, bien que leurs conversations avec Danwe aient été préalablement supprimées.

Des débats houleux sous haute tension

Le 2 juin, les débats ont repris dans une atmosphère lourde, toujours sous le choc des révélations de la veille. La séance a été entièrement consacrée à l’interrogatoire croisé du professeur Bell Bitjoka par le Ministère public et les avocats de la défense. Face aux contestations, l’expert a réaffirmé avoir mené une analyse strictement technique des données, sans interprétation personnelle.

Les avocats des ayants droit de Martinez Zogo ont exprimé des réserves sur la méthodologie employée, tout en saluant les avancées majeures apportées par ce rapport. La session s’est clôturée tard dans la nuit, les prochaines audiences étant prévues les 22 et 23 juin 2026 pour poursuivre les débats.