Une visite stratégique pour l’Institut du monde arabe
Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), a lancé sa première mission officielle au Maroc dans une démarche visant à consolider les échanges culturels entre les deux pays. Lors d’une conférence de presse tenue à l’Institut français de Casablanca, elle a souligné l’importance historique du Maroc au sein de l’IMA, un partenaire fondateur depuis 1982, reconnu pour son engagement en faveur du patrimoine culturel et de sa valorisation.
Un agenda chargé au cœur de la diplomatie bilatérale
Cette visite s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement actif entre Paris et Rabat. Anne-Claire Legendre a évoqué avec le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, le rôle central de l’IMA dans le renforcement des relations bilatérales. Cette démarche s’inscrit en amont d’une réunion des chefs de gouvernement prévue en juillet 2026 et d’une visite d’État du roi Mohammed VI en France. L’objectif ? « Contribuer à une dynamique de partenariat renouvelé », a-t-elle précisé.
Un parcours riche en rencontres et en découvertes
Le déplacement a débuté à Rabat par un échange avec le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid. La présidente s’est ensuite rendue sur le site archéologique de Chellah et à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP). À Casablanca, une réunion a réuni les responsables des Archives nationales, de la Cinémathèque marocaine et de l’Institut national supérieur de musique et des arts chorégraphiques (INSMAC). Elle a également rencontré Fihr Kettani, président de la Fédération des industries culturelles et créatives (ICC), avant de se rendre à Marrakech pour échanger avec des figures majeures des scènes artistiques, dont Meriem Berrada, commissaire du pavillon marocain à la Biennale de Venise 2026, et Alexis Sornin, directeur des Musées Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.
Le séjour s’est conclu à Casablanca par l’inauguration du Musée de la photographie et des arts visuels, en présence de Mehdi Qotbi, président de la Fédération nationale des musées.
L’archéologie marocaine sous les projecteurs
Lors de sa visite à l’INSAP, Anne-Claire Legendre a mis en lumière l’excellence de la recherche archéologique marocaine. Avec plus de 170 étudiants formés et des collaborations avec des institutions françaises comme l’Inrap, le CNRS et le Collège de France, le Maroc démontre son dynamisme dans ce domaine. Pourtant, les avancées réalisées sur des sites comme Volubilis, Banassa ou encore les découvertes liées à l’art rupestre et à la datation de l’Homo sapiens restent méconnues en Europe. L’IMA envisage donc une exposition dédiée à l’archéologie du monde arabe, qui sera organisée à Paris après son retour.
Les industries culturelles et créatives en pleine expansion
Anne-Claire Legendre a souligné le rôle pionnier du Maroc et de l’Arabie Saoudite dans les secteurs du jeu vidéo et de l’animation. L’IMA contribuera à la Coupe du monde d’e-sport organisée en France, une initiative soutenue par l’Arabie Saoudite. Cette démarche s’inscrit dans la refonte du musée de l’IMA, prévue pour 2027, qui intégrera des dispositifs immersifs et interactifs. Par ailleurs, trois prix annuels dédiés à la mode, au design et à l’art contemporain seront créés. Ils offriront aux créateurs arabes émergents des opportunités de résidence, d’exposition et d’accompagnement professionnel en France.
La photographie et la littérature arabe mises à l’honneur
L’inauguration du Musée de la photographie et des arts visuels de Casablanca marque une étape clé dans le partenariat entre l’IMA et le Maroc. Avec une photothèque comptant 86 000 clichés, dont une part importante documentant le patrimoine marocain, l’IMA souhaite partager ces ressources avec les acteurs locaux. Par ailleurs, Anne-Claire Legendre a exprimé son souhait de promouvoir l’enseignement de l’arabe en France et de faciliter la traduction et la diffusion d’œuvres littéraires marocaines et arabes auprès des éditeurs français. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la désignation de Rabat comme capitale du livre arabe pour 2026.
Deux expositions phares pour 2026
Au second semestre 2026, l’IMA présentera deux expositions majeures. La première, « Vive la mariée ! », explorera les rites et objets liés au mariage à travers les régions marocaines, y compris leur évolution dans la diaspora. La seconde mettra en lumière le site de l’Alhambra à l’époque nasride et son influence sur l’architecture et l’artisanat marocains, ainsi que ses répercussions contemporaines.
Vers une feuille de route culturelle ambitieuse
Cette visite a permis de finaliser une feuille de route de coopération culturelle entre l’IMA et le Maroc. Un premier projet, déjà soumis, vise à concrétiser des objectifs chiffrés pour renforcer les échanges. Cette feuille de route s’articulera autour des échéances bilatérales à venir, notamment la réunion des chefs de gouvernement en juillet 2026. Alors que l’IMA s’apprête à célébrer son 40ème anniversaire en 2027, cette dynamique s’inscrit dans une phase de renouvellement et d’innovation pour l’institution.
