au Bénin, la tentative de coup d’état échoue et relance la question de la succession de talon
L’arrestation récente au Bénin de trois personnalités influentes du pouvoir, soupçonnées d’avoir ourdi un coup d’État, a propulsé la question de la succession du président Patrice Talon sous les projecteurs. Ce dernier achèvera son second mandat en 2026, conformément à la Constitution.
Parmi les personnes interpellées figurent le commandant de la Garde républicaine, Djimon Dieudonné Tévoédjrè, l’ancien ministre Oswald Homéky ainsi que l’homme d’affaires Olivier Boko, connu pour être un proche de Talon depuis plusieurs décennies. Selon le procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), ces derniers auraient planifié un changement de pouvoir par la force le 27 septembre 2024. Cependant, le commandant de la Garde républicaine aurait depuis été libéré. La banque NSIA Côte d’Ivoire a également démenti l’ouverture d’un compte bancaire au nom de ces personnes, comme l’affirmait la justice béninoise.
Olivier Boko, parfois décrit comme le bras droit du président, bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle, aurait exprimé ses ambitions politiques ces derniers mois, suscitant des tensions avec Patrice Talon. Ces tensions pourraient s’expliquer par son intention de briguer la présidence en 2026, une perspective qui ne semble pas plaire au chef de l’État.
une nouvelle phase politique au Bénin
Pour l’analyste politique Tiburce Adagbè, l’arrestation de ces personnalités marque le début d’une nouvelle phase en vue des élections de 2026. Si la justice suit son cours, l’un des favoris pour succéder à Talon, Olivier Boko, se retrouverait en difficulté. Euloge Francis Atadé, expert en gouvernance, souligne que l’instabilité politique actuelle en Afrique de l’Ouest, marquée par des coups d’État au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ajoute une dimension géopolitique à la situation au Bénin.
Gilles Gohy, membre du bureau politique du parti Union progressiste le Renouveau et soutien de Patrice Talon, a appelé à la confiance dans la justice et à la sérénité. Il a affirmé que « laissons-la faire son travail », minimisant les inquiétudes. En revanche, Valentin Djenontin, un opposant en exil, a prévenu que si Olivier Boko était placé en détention, des manifestations de soutien à Talon pourraient voir le jour, ce dernier restant « le seul maître à bord ».
réactions de l’opposition et de la mouvance présidentielle
Le parti FCBE, principal parti d’opposition, a condamné cette tentative de coup d’État et réaffirmé son opposition à toute accession au pouvoir par des moyens non démocratiques. Le Bloc Républicain, l’un des partis de la majorité présidentielle, a également dénoncé « l’extrême gravité des faits » et condamné toute tentative de déstabilisation de l’ordre démocratique.
Dès l’arrestation d’Olivier Boko, le groupe de soutien à sa candidature, Objectif Bénin 2026, a dénoncé une « atteinte grave aux droits fondamentaux », un « acharnement politique » et des « méthodes répressives inacceptables ». Patrice Talon est régulièrement critiqué par ses opposants pour son virage autoritaire, alors que le Bénin était autrefois salué pour la solidité de sa démocratie.
un contexte régional sous haute tension
Les récents événements au Bénin surviennent dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont connu des coups d’État militaires. Cette instabilité régionale pourrait influencer les dynamiques politiques internes au Bénin et accentuer les tensions autour de la succession de Patrice Talon.
