La perte de Kidal, un point d’appui touareg d’importance stratégique reconquis en 2023, représente un échec retentissant pour les effectifs russes. Africa Corps, l’emblème des ambitions militaires de Vladimir Poutine sur le continent africain, subit un revers qui ternit l’aura de puissance du Kremlin.
Le spectacle évoque une véritable déroute. Au cœur du nord malien, à Kidal, une colonne de véhicules militaires s’est hâtée de quitter la zone, tandis que les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) exultaient. Les membres d’Africa Corps, la force armée russe appuyant la junte locale, étaient à bord. Bien que cette évacuation ait été le fruit d’un arrangement, elle s’est déroulée dans une atmosphère d’humiliation flagrante. Selon divers témoignages, les soldats ont été désarmés et identifiés individuellement avant d’abandonner cette position cruciale.
Devant les yeux des partants, les insurgés manifestaient leur joie, brandissant même un drapeau français, un geste perçu comme une provocation et un rappel cinglant du passé récent de la région. « L’unique véritable victoire stratégique des Russes depuis leur déploiement au Mali en 2021 fut précisément la capture de Kidal, un ancien bastion touareg », souligne Djenabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique. La reconquête de Kidal par les rebelles représente donc un camouflet majeur.
