Auteur/autrice : nigeractu

  • Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Un journaliste malien derrière les barreaux pour avoir dénoncé la junte lors d’un forum à Bamako

    Chahana Takiou, directeur de publication de l’hebdomadaire malien « 22 septembre », a été placé en détention provisoire lundi, à l’issue d’une convocation judiciaire. Il avait ouvertement critiqué le pouvoir militaire quelques jours plus tôt, lors du Forum panafricain des médias qui s’est tenu à Bamako du 3 au 6 juin.

    Une source judiciaire a indiqué que le journaliste est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Son procès est fixé au 27 juillet prochain. Des proches de M. Takiou ont confirmé son incarcération.

    Lors du panel animé par le procureur Idrissa Hamidou Touré, le journaliste avait déclaré : « Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse et délit de presse au Mali, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez. »

    La Maison de la Presse au Mali a réagi lundi soir par un communiqué, exprimant son « incompréhension » et sa « profonde préoccupation ». L’organisation condamne « avec fermeté ce mandat de dépôt qui ternit l’image de la justice, de la presse et de notre pays », et y voit « une atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de presse ».

  • Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Au Cameroun, et tout particulièrement dans la capitale politique Yaoundé, les caméras de surveillance sont devenues un outil incontournable pour dissuader les actes délictueux, protéger les biens et les personnes, mais aussi pour fluidifier le trafic routier.

    Depuis leur installation dans les zones névralgiques de la ville, les habitants constatent une nette amélioration en matière de sécurité. Un résident du quartier Madagascar témoigne : « Avant, nous vivions dans la peur permanente des braquages. Les malfaiteurs débarquaient à toute heure, pillant boutiques, banques et boulangeries avant de disparaître sans être inquiétés. Mais depuis que les caméras sont en place, ces bandits se font beaucoup plus rares. Je remercie les autorités pour cette initiative. »

    Ces dispositifs sont gérés à distance depuis le Centre national de commandement de la vidéosurveillance, installé dans le quartier Etoudi.

    Face aux résultats probants obtenus dans la baisse de la criminalité, le président de la République, Paul Biya, a signé le 17 décembre 2025 un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à contracter un nouvel emprunt de 39,2 milliards de francs CFA. Cette somme est destinée au « financement complémentaire du projet d’extension au plan national du système intelligent de vidéosurveillance urbaine ».

    Avec ce nouveau financement, le gouvernement s’apprête à boucler un quatrième crédit consacré à ce projet, auprès de trois bailleurs chinois. En huit ans, ce sont ainsi 150,8 milliards de francs CFA qui auront été mobilisés pour la vidéosurveillance au Cameroun.

    Selon les autorités, la première phase du projet a permis l’installation de 1 500 caméras de vidéosurveillance dans plusieurs villes du pays. Ce maillage a été complété par 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs, destinés à renforcer les capacités d’intervention et de surveillance de la police.

    Au-delà des centres urbains et des zones frontalières sensibles, les caméras se déploient désormais dans les domiciles privés. Un particulier qui a équipé sa maison explique : « Avant d’installer ce système, j’étais régulièrement cambriolé. Aujourd’hui, je suis totalement rassuré. Les rares bandits qui tentent quelque chose sont immédiatement repérés, et la justice s’en occupe. »

    Le prix d’une caméra de surveillance varie autour de 15 000 francs CFA, selon le modèle choisi. Elles peuvent être installées non seulement dans les habitations et sur la voie publique, mais aussi dans les plantations, les véhicules, et même dans les écoles, afin d’assurer la sécurité de tous.

    Cette technologie permet aux utilisateurs de contrôler leurs biens à distance, via leur téléphone, leur téléviseur ou d’autres supports connectés.

  • Burkina Faso : pourquoi la formation des médecins militaires passe encore par Washington

    Burkina Faso : pourquoi la formation des médecins militaires passe encore par Washington

    Malgré un discours officiel de plus en plus dur envers les puissances occidentales au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), la coopération technique sur le terrain raconte une tout autre histoire. Les 14 et 15 mai 2026, des chirurgiens militaires burkinabè ont pris part à une session d’échanges de haut niveau avec la Garde nationale américaine à Washington D.C., dans le cadre du Programme de partenariat d’État (SPP). Annoncée ce samedi 6 juin par l’Ambassade des États-Unis à Ouagadougou, cette rencontre médicale soulève une question : pourquoi, alors que le rapprochement avec Moscou s’accélère, les États du Sahel continuent-ils de miser sur les compétences de partenaires qu’ils critiquent ouvertement ? Plongée au cœur d’un paradoxe sahélien.

    Une mission médicale discrète mais hautement stratégique

    C’est par un communiqué sobre, publié le samedi 6 juin 2026 par l’ambassade américaine à Ouagadougou, que l’information a été rendue publique. À la mi-mai, une délégation de chirurgiens des Forces armées burkinabè a séjourné deux jours dans la capitale fédérale américaine. L’objectif de cette mission s’inscrit dans le cadre du State Partnership Program (SPP), un mécanisme de coopération de la Garde nationale des États-Unis qui lie depuis plusieurs années les capacités militaires américaines à celles de pays partenaires. Pendant deux jours, les spécialistes burkinabè et américains ont échangé leurs expertises sur la prise en charge des blessés de guerre, la traumatologie de combat et la gestion des urgences chirurgicales en milieu hostile. Dans un contexte national marqué par un conflit asymétrique éprouvant, ce transfert de compétences directes constitue un atout vital pour la survie des soldats sur le front burkinabè.

    Le paradoxe de l’AES : entre discours souverainiste et pragmatisme technique

    Ce déplacement à Washington met en lumière une contradiction majeure de la géopolitique sahélienne actuelle. Depuis la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le discours politique s’est radicalisé à l’égard de l’Occident. Les autorités de transition de la région accusent régulièrement les puissances occidentales, en particulier la France et parfois ses alliés, de passivité, voire de complicité et de soutien indirect aux groupes armés terroristes qui endeuillent le Sahel. Pourtant, en coulisses, le canal de la coopération technique avec les États-Unis reste non seulement ouvert, mais actif. Comment expliquer que des officiers supérieurs burkinabè se rendent au cœur des institutions américaines alors même que la doctrine officielle de l’AES prône une rupture avec les anciens schémas d’influence ? Ce grand écart montre que, face aux réalités crues de la guerre, le pragmatisme opérationnel l’emporte parfois sur la posture idéologique.

    Pourquoi l’alternative russe trouve ses limites dans la médecine de guerre

    Depuis la rupture avec la France, Ouagadougou et ses voisins de l’AES ont massivement investi dans leur partenariat avec la Fédération de Russie. Moscou fournit du matériel de combat, des vecteurs aériens, des instructeurs et une assistance sécuritaire directe sur le terrain. Alors, pourquoi ne pas s’être tourné vers les Russes pour cette formation chirurgicale ? La réponse réside dans la nature même du partenariat traditionnel et la structure des armées occidentales. La Garde nationale américaine, à travers le SPP, dispose d’un modèle de médecine de combat ultra-performant, rodé par des décennies d’interventions extérieures et documenté selon des standards académiques mondiaux. De plus, la médecine militaire occidentale bénéficie d’une continuité historique avec les armées africaines : protocoles d’évacuation sanitaire, formats des équipements et formations initiales des médecins burkinabè sont historiquement compatibles avec les standards occidentaux. En matière de santé militaire et de sauvetage des vies au combat, l’offre russe, plus centrée sur l’appui tactique pur et la sécurité dure, s’avère pour l’instant moins adaptée ou moins structurée pour répondre à ces besoins spécifiques de pointe.

    Une diplomatie de l’ombre mutuellement bénéfique

    Pour Washington, le maintien de ce programme est une opportunité en or de garder un pied au Burkina Faso et, par extension, dans l’espace AES. Alors que l’influence américaine vacille dans la région, illustrée par le retrait forcé de leurs troupes du Niger voisin, la diplomatie médicale permet de préserver un lien de confiance avec l’élite militaire burkinabè sans froisser les opinions publiques. Pour le capitaine Ibrahim Traoré et le commandement burkinabè, cette collaboration discrète prouve que le Burkina Faso refuse l’isolement total. Tout en réaffirmant une souveraineté de façade et une alliance indéfectible au sein de l’AES, le pouvoir burkinabè sait capitaliser sur le meilleur de chaque bloc pour renforcer l’efficacité de ses troupes.

    Une souveraineté à géométrie variable ?

    En fin de compte, cette session d’échanges à Washington rappelle que la géopolitique du Sahel ne se résume pas à des déclarations de rupture et à des slogans de manifestations. Derrière la guerre communicationnelle et le jeu des alliances globales, la priorité reste la survie de l’État burkinabè face au terrorisme. En acceptant de former ses chirurgiens auprès de la Garde nationale américaine, le Burkina Faso fait le choix de l’efficacité médicale plutôt que de la cohérence politique. Un paradoxe salvateur pour les blessés du front, mais qui montre que, dans l’art de la guerre, la diplomatie de la santé obéit à des règles bien plus pragmatiques que la politique des tribunes.

  • Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    L’Algérie poursuit ses actions de solidarité envers les pays africains. Le Premier ministre Sifi Ghrieb, accompagné de son homologue tchadien Allamaye Halina, a présidé lundi à N’Djamena la cérémonie de pose de la première pierre de la centrale électrique de solidarité algéro-tchadienne, d’une capacité de 40 mégawatts. Ce projet intervient quelques jours après l’inauguration à Niamey d’une centrale similaire de 40 MW offerte au Niger, implantée à Gorou Banda. Il s’agit de dons de l’Algérie.

    L’initiative s’inscrit dans la continuité de l’engagement algérien pour le développement économique et social des anciens pays colonisés, en particulier dans la région sahélo-saharienne, prolongement naturel de l’Algérie. L’Algérie a déjà doté son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA) d’un milliard de dollars pour financer des projets en Afrique.

    Dans son allocution, Sifi Ghrieb a réaffirmé « le plein engagement de l’Algérie à poursuivre son accompagnement de la République du Tchad, pays frère, dans son processus de développement, à travers le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités et le partage des expériences réussies, accumulées par nos institutions nationales dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’industrie et des infrastructures ». Il a souligné que ce projet « revêt des dimensions économiques et sociales et humaines profondes, au regard de sa contribution dans le renforcement des capacités énergétiques du Tchad ». Il a également précisé que la centrale « incarne la volonté politique inébranlable animant les dirigeants des deux pays frères » et « traduit les hautes orientations du président de la République et de son frère, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, visant à promouvoir les relations algéro-tchadiennes au niveau d’un partenariat stratégique solide, fondé sur la solidarité agissante, le développement commun et les intérêts mutuels ».

    Le Premier ministre a transmis aux autorités tchadiennes et au peuple tchadien les salutations du président de la République, ainsi que son attachement à « promouvoir les liens de fraternité unissant les deux peuples frères et à renforcer les relations de coopération bilatérale, de manière à concourir à la réalisation des objectifs communs pour l’édification d’un espace africain plus intégré et prospère ». Ce projet, décidé par le président de la République, concrétise les premiers fruits de la visite officielle du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie en avril 2026, et des accords ambitieux conclus alors. Sifi Ghrieb a été reçu lundi à N’Djamena par le président tchadien, dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les liens de fraternité et la coopération bilatérale.

  • Mali : Chahana Takiou convoqué pour ses critiques, la presse sous pression

    Mali : Chahana Takiou convoqué pour ses critiques, la presse sous pression

    Une convocation sous haute tension au pôle de lutte contre la cybercriminalité

    La nouvelle a frappé le milieu médiatique malien comme un coup de tonnerre. Chahana Takiou, directeur de publication de l’hebdomadaire Le 22 Septembre et figure respectée du journalisme national, est convoqué ce lundi 8 juin 2026 à 13 heures par le procureur du pôle spécialisé dans la cybercriminalité à Bamako. Ses récentes interventions publiques, où il a analysé sans complaisance la gestion politique, sécuritaire et économique de la transition militaire, sont au cœur de cette procédure. Pour ses confrères, le motif est clair : sous couvert de lutter contre les dérives en ligne, la justice utilise ce pôle comme un instrument pour réduire au silence les voix critiques. Ce rendez-vous judiciaire illustre le harcèlement systématique dont sont victimes les journalistes et citoyens qui refusent d’adhérer à la ligne officielle.

    La liberté de la presse sacrifiée sur l’autel de la pensée unique

    Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, l’espace public malien se rétrécit dangereusement. Jadis pilier de la démocratie, la liberté de la presse n’est plus qu’un lointain souvenir. Les professionnels des médias travaillent dans un climat de peur et d’autocensure. Informer de manière indépendante et neutre est devenu un acte de bravoure, voire un délit. Le pouvoir exige une adhésion totale à son narratif ; toute tentative de soulever des questions légitimes sur l’avenir du pays est immédiatement réprimée. Suspensions de médias, mises en demeure de la Haute Autorité de la Communication, harcèlement administratif : la presse malienne est asphyxiée financièrement et moralement.

    Répression et enlèvements : la stratégie de la terreur

    Le cas de Chahana Takiou n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une stratégie globale de répression orchestrée par les autorités de transition. Quiconque émet un avis divergent – homme politique, leader de la société civile, défenseur des droits humains ou simple citoyen – s’expose à de graves représailles. Plus inquiétant encore, les méthodes ont franchi un cap sombre : au-delà des convocations officielles, les enlèvements et disparitions forcées se multiplient. Des citoyens sont interpellés par des hommes armés non identifiés, souvent liés aux services de renseignement, et détenus au secret pendant des semaines. Cette politique de la terreur vise à paralyser toute contestation et à imposer un silence de plomb sur le territoire.

    Une communauté médiatique solidaire mais fragile

    Face à cette convocation, la solidarité s’organise au sein des organisations professionnelles de la presse. Des appels à la vigilance et au soutien ont été lancés dès l’annonce. Cependant, cette solidarité se heurte à la puissance de l’appareil répressif d’un État militarisé, où les garanties constitutionnelles et judiciaires sont bafouées. Les syndicats de journalistes rappellent que la critique constructive est essentielle à la survie de la nation, surtout en période de crise. Mais pour les tenants actuels du pouvoir à Bamako, toute critique est assimilée à une trahison ou à une tentative de déstabilisation, fermant la porte à tout débat démocratique.

    La convocation de Chahana Takiou ce 8 juin 2026 marque un nouveau cap préoccupant dans la dérive autoritaire de la junte malienne. En ciblant un journaliste de cette envergure, le pouvoir de transition envoie un message clair : aucune voix discordante ne sera tolérée. Cette quête obsessionnelle d’unanimisme, obtenue par la force, la prison et l’intimidation, isole chaque jour un peu plus le Mali et fragilise sa cohésion interne. Alors que le pays fait face à d’immenses défis sécuritaires et humanitaires, museler ceux qui cherchent la vérité ne résoudra rien. L’avenir du journalisme indépendant et des libertés citoyennes au Mali se joue désormais dans les couloirs des tribunaux de Bamako.

  • Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    L’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) a frappé fort le vendredi 5 juin 2026 dans le quartier Djaguindi, à Zinder. Au terme d’une opération menée sur renseignement, les enquêteurs ont saisi 920 grammes de cocaïne finement dissimulés au cœur de balles de vêtements d’occasion, les fameux « Bocho ». Deux individus ont été interpellés : un Nigérien résidant à Zinder et un Béninois de passage, illustrant la dimension transnationale du réseau.

    Cette découverte met en lumière l’ingéniosité croissante des trafiquants qui empruntent le corridor Lomé-Niamey-Lagos. Les ballots de fripes, en provenance du Togo, transitent par Niamey avant de rejoindre le Nigeria. Le flux massif et régulier de ces marchandises légales offre un camouflage idéal aux narcotrafiquants.

    Police Nationale

    Une méthode rodée sur l’axe ouest-africain

    Les enquêteurs ont confirmé que les stupéfiants étaient dissimulés à l’intérieur même des ballots de vêtements de seconde main. Ce procédé, déjà recensé par les agences régionales antidrogue, profite de l’intensité des échanges commerciaux entre le Togo, le Niger et le Nigeria. Les « Bocho » deviennent ainsi un vecteur de contrebande redoutable.

    « La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens. » — Message officiel de l’OCRTIS Niger.

    Au-delà de la saisie, cette intervention souligne l’importance de la collaboration citoyenne. L’OCRTIS a salué le signalement des habitants de Zinder, qui a permis de cibler précisément l’opération. Dans un contexte sahélien marqué par l’insécurité, ce lien de confiance entre forces de l’ordre et population est un levier essentiel pour démanteler les réseaux criminels qui fragilisent l’économie locale et nourrissent d’autres trafics.

    Appel à la vigilance

    L’OCRTIS invite la population à rester attentive et à signaler tout comportement suspect. Pour toute information confidentielle, la Police Nationale met à disposition les numéros verts gratuits : 8383 et 17.

  • Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a accueilli ce lundi à Rabat le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, pour sa deuxième visite officielle au Maroc.

    Les entretiens ont mis en lumière le rôle essentiel et l’apport remarquable du Royaume du Maroc aux missions de maintien de la paix des Nations unies.

    Cet engagement s’inscrit dans une vision royale stratégique, poursuivant une tradition de participation aux opérations onusiennes débutée en 1960.

    Actuellement neuvième contributeur mondial de troupes aux opérations de paix de l’ONU, le Maroc préside en 2026 la Commission de consolidation de la paix (PBC) et coordonne le Mouvement des pays non alignés (MNOAL) pour les questions de maintien de la paix. Ces responsabilités témoignent de la confiance de la communauté internationale envers le Royaume en matière de paix et de sécurité.

    La visite de Jean-Pierre Lacroix intervient dans un contexte de vastes réformes engagées par le secrétaire général de l’ONU, notamment l’initiative «ONU 80» visant à simplifier et rationaliser le Secrétariat, ainsi qu’une révision stratégique globale de l’ensemble des opérations de maintien de la paix et de l’architecture de paix et sécurité internationales, dans le but de rétablir la primauté du politique dans la gestion des conflits.

  • Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    La Côte d’Ivoire compte désormais plus de 400 000 points de service de mobile money, selon l’Agence de promotion de l’inclusion financière. Ce chiffre est 300 fois supérieur au nombre total de distributeurs automatiques de billets dans le pays. Les Ivoiriens utilisent quotidiennement ces cabines pour déposer leur salaire ou retirer de l’argent. Pourtant, les agents de mobile money font face à un manque récurrent de liquidités, ce qui freine leur activité.

    Dans le quartier d’Angré Château, en fin d’après-midi, une cabine de mobile money située sur un carrefour très fréquenté se retrouve à court de cash. Rosette, venue retirer 10 000 francs CFA (environ 15 euros), se montre résignée : « Quand on arrive, ils n’ont pas ce dont on a besoin, c’est comme ça, on s’adapte. »

    Assise dans sa cabine jaune, la guichetière Nema tente de faire patienter les clients : « Certains jours, il y a beaucoup de retraits et on manque d’espèces. On s’excuse et on explique aux clients que nous ne pouvons que recevoir des dépôts. »

    Face à cette situation, certains clients préfèrent chercher un autre point de retrait. Affoué, gérante de la cabine et ancienne comptable, constate une perte directe : « On perd le client et sa commission. Pour augmenter les commissions et dégager un bénéfice net, il faut bien traiter les clients. »

    Une rentabilité menacée par le manque d’espèces

    Les opérateurs de mobile money – Orange, Moov, MTN ou Wave – reversent une commission aux gérants de cabines. Par exemple, pour une transaction de 10 000 francs CFA, le gagnant perçoit entre 20 et 60 francs CFA (3 à 9 centimes d’euros). Plus les transactions sont nombreuses et élevées, plus leurs revenus augmentent.

    Mais quand le cash ou le crédit vient à manquer, le système se bloque. Les agents doivent alors fermer leur boutique pour se réapprovisionner auprès des opérateurs ou des banques. « Ils subissent une perte de clientèle, les commissions baissent, ce n’est plus rentable. Ils sont contraints de fermer pour aller chercher des fonds chez les distributeurs », explique un professionnel du secteur.

    Des motos pour réapprovisionner rapidement

    Gertrude Yapi, directrice des opérations de Leya, une startup abidjanaise, a développé un service de convoyeurs de fonds à moto pour dépanner les points de service de mobile money. « Nous les approvisionnons en crédit en moins de quatre minutes, et le cash est livré en moins de 30 minutes. Cela permet aux points de vente d’augmenter leur chiffre d’affaires de 50 % », précise-t-elle. Leya revendique plus de 3 000 clients actifs dans quatre villes ivoiriennes : Abidjan, Bondoukou, Bouaké et Korhogo.

    Pour l’économiste ivoirien Kassoum Timité, la continuité de service est cruciale pour soutenir l’économie. « Le mobile money touche directement la population du secteur informel, qui représente la plus grande part de l’activité économique en Côte d’Ivoire – jusqu’à 40 % du PIB selon le FMI. Le manque de liquidités ralentit les transactions et l’activité économique baisse. »

    En 2024, plus de 140 milliards de francs CFA (plus de 210 millions d’euros) étaient échangés chaque jour via mobile money, selon l’agence ivoirienne de promotion de l’inclusion financière, soit près de quatre fois plus qu’en 2020.

  • Tchad : procès pour vente multiple d’un même terrain à N’Djamena

    Tchad : procès pour vente multiple d’un même terrain à N’Djamena

    Le lundi 8 juin 2026, une audience marathon de plus de quatre heures s’est tenue au tribunal de grande instance de N’Djamena. Un homme y est poursuivi pour avoir cédé un même terrain à plusieurs acquéreurs, pour un montant total de plusieurs millions de francs CFA. Il est également accusé de menaces de mort.

    Selon les éléments du dossier, le prévenu aurait reçu des espèces de plusieurs personnes, avec des versements allant de 52 millions à 99,5 millions de francs CFA.

    Lors de l’audience, des échanges vifs ont opposé le collectif de la défense du prévenu aux avocats de la partie civile. Ces derniers réclament le remboursement intégral des sommes versées par leurs clients, ainsi que des dommages et intérêts.

    La défense a fait valoir que leur client a été détenu en garde à vue pendant plus de trois mois par les services de renseignement avant d’être présenté à la justice, une durée qu’ils jugent illégale. Ils affirment que le terrain appartient légitimement à leur client, représentant de ses frères, et qu’il n’est pas litigieux. Ils ajoutent que l’oncle paternel du prévenu aurait manipulé certains membres de la famille pour revendiquer le bien de son frère décédé, entraînant une mobilisation des acheteurs pour réclamer leur argent.

    Les avocats de la partie civile qualifient les actes du prévenu d’escroquerie. La défense rejette cette accusation, estimant qu’aucun bien n’a été remis frauduleusement à leur client et que les articles 213 et 214 du code pénal tchadien ne s’appliquent pas en l’espèce. Le procureur a requis une condamnation pour les faits reprochés, soulignant que la perception de sommes importantes auprès de plusieurs personnes constitue une infraction, et a demandé une amende de 500 000 francs CFA.

    Chaque partie exerce une pression sur les juges pour obtenir gain de cause. Notons qu’un scénario similaire s’était déroulé le 1er juin dernier au tribunal pour la même affaire. Le tribunal a renvoyé l’affaire pour délibération. En attendant, le prévenu reste en détention à la maison d’arrêt de Klessoum.

  • La commissaire de l’UA salue les progrès du Maroc sous l’impulsion du roi mohammed vi

    La commissaire de l’UA salue les progrès du Maroc sous l’impulsion du roi mohammed vi

    Lors d’une rencontre tenue lundi à Rabat, la Commissaire de l’Union Africaine (UA) chargée du développement économique, du tourisme, du commerce, de l’industrie et des mines, Francisca Tatchouop Belobe, a exprimé sa reconnaissance envers les accomplissements du Maroc. Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a enregistré des avancées majeures qui ont retenu l’attention de la responsable africaine.

    Dans une déclaration à la presse après ses discussions avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, Mme Tatchouop Belobe a souligné les progrès impressionnants du Maroc dans le secteur industriel. Elle a notamment relevé que le Royaume occupe une position de leader sur le continent dans les domaines de l’automobile et de l’aéronautique.

    La Commissaire a également mis en avant l’initiative marocaine de développer une chaîne de valeur dédiée aux minéraux critiques, saluant le partage d’expérience du Maroc avec d’autres nations africaines. Elle a tenu à remercier chaleureusement Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour son soutien indéfectible à la Commission de l’UA, soulignant l’importance de cette collaboration pour le développement du continent.

  • Afrique du Sud : arrestation à Mpumalanga après une agression filmée sur une grand-mère

    Afrique du Sud : arrestation à Mpumalanga après une agression filmée sur une grand-mère

    Un homme a été arrêté le dimanche 7 juin 2026 par la police dans la province de Mpumalanga, au nord-est de l’Afrique du Sud. Il est soupçonné d’avoir violemment agressé sa grand-mère dans la municipalité de Nkomazi, après qu’une vidéo de la scène a été diffusée sur les réseaux sociaux.

    Les faits se sont déroulés dans une taverne située à eMagogeni. Les images montrent le suspect frapper la victime à coups de poing et de pied, puis la heurter avec une caisse de bière. Un tiers présent rit pendant que la femme âgée, grièvement blessée, reste au sol sans pouvoir se défendre.

    DR

    Un différend lié à une pension de retraite

    L’enquête a révélé que l’altercation aurait pour origine un conflit financier. La vieille dame, ayant constaté la disparition de l’argent de sa pension — destiné à l’achat de nourriture et au paiement de l’électricité — s’était rendue à la taverne pour demander des comptes à son petit-fils. Ce dernier aurait alors réagi avec violence.

    La vidéo est devenue virale, ce qui a permis aux forces de l’ordre d’identifier et de localiser rapidement le suspect. Il a été placé en détention provisoire et devra comparaître prochainement devant un tribunal de la province pour répondre de violences volontaires et voies de fait graves.

  • Yaoundé : le Sénat camerounais peaufine les derniers préparatifs avant la session de juin 2026

    Yaoundé : le Sénat camerounais peaufine les derniers préparatifs avant la session de juin 2026

    Le Sénat du Cameroun a bouclé les ultimes vérifications en vue de l’ouverture de sa session ordinaire de juin 2026, prévue ce mardi 9 juin.

    Ce lundi 8 juin, le secrétaire général du Sénat, Gustave Léopold Ngane, a conduit une inspection minutieuse des installations situées au sein du Conseil économique et social. Il était accompagné de son adjoint et de plusieurs hauts responsables de l’administration sénatoriale.

    Cette visite de contrôle avait pour objectif de s’assurer du bon fonctionnement de toutes les infrastructures nécessaires aux travaux parlementaires. La délégation a passé en revue les salles de conférence, le salon réservé aux invités de marque, les espaces de réception ainsi que l’hémicycle où siégeront les sénateurs durant toute la session.

    À l’issue de la tournée, le secrétaire général s’est montré rassuré quant à l’état de préparation opérationnelle. Il a confirmé que tous les aspects logistiques et techniques étaient finalisés pour accueillir les travaux dans les meilleures conditions.

    Conformément à la tradition parlementaire, cette session ordinaire de juin sera consacrée aux débats sur les orientations budgétaires, aux échanges entre la Chambre haute et la Cour des comptes de la Cour suprême, ainsi qu’à l’examen et à l’adoption des projets de loi soumis.