Le lundi 8 juin 2026, une audience marathon de plus de quatre heures s’est tenue au tribunal de grande instance de N’Djamena. Un homme y est poursuivi pour avoir cédé un même terrain à plusieurs acquéreurs, pour un montant total de plusieurs millions de francs CFA. Il est également accusé de menaces de mort.
Selon les éléments du dossier, le prévenu aurait reçu des espèces de plusieurs personnes, avec des versements allant de 52 millions à 99,5 millions de francs CFA.
Lors de l’audience, des échanges vifs ont opposé le collectif de la défense du prévenu aux avocats de la partie civile. Ces derniers réclament le remboursement intégral des sommes versées par leurs clients, ainsi que des dommages et intérêts.
La défense a fait valoir que leur client a été détenu en garde à vue pendant plus de trois mois par les services de renseignement avant d’être présenté à la justice, une durée qu’ils jugent illégale. Ils affirment que le terrain appartient légitimement à leur client, représentant de ses frères, et qu’il n’est pas litigieux. Ils ajoutent que l’oncle paternel du prévenu aurait manipulé certains membres de la famille pour revendiquer le bien de son frère décédé, entraînant une mobilisation des acheteurs pour réclamer leur argent.
Les avocats de la partie civile qualifient les actes du prévenu d’escroquerie. La défense rejette cette accusation, estimant qu’aucun bien n’a été remis frauduleusement à leur client et que les articles 213 et 214 du code pénal tchadien ne s’appliquent pas en l’espèce. Le procureur a requis une condamnation pour les faits reprochés, soulignant que la perception de sommes importantes auprès de plusieurs personnes constitue une infraction, et a demandé une amende de 500 000 francs CFA.
Chaque partie exerce une pression sur les juges pour obtenir gain de cause. Notons qu’un scénario similaire s’était déroulé le 1er juin dernier au tribunal pour la même affaire. Le tribunal a renvoyé l’affaire pour délibération. En attendant, le prévenu reste en détention à la maison d’arrêt de Klessoum.
