Auteur/autrice : nigeractu

  • Nouveau gouvernement sénégalais : le pastef absent des discussions

    Nouveau gouvernement sénégalais : le pastef absent des discussions

    VOS réactions – Sénégal : un nouveau gouvernement sans le PASTEF

    Vue générale de l'Assemblée nationale lors de l'élection d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale, suite à sa destitution du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye. Dakar, le mardi 26 mai 2026.

    Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a dévoilé, en soirée du 1er juin, une équipe ministérielle composée de 30 membres. Pourtant, le parti PASTEF, dont le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye est toujours membre, n’y figure pas. Le mouvement dirigé par Ousmane Sonko a justifié son absence par des « désaccords persistants » sur la composition du gouvernement. Quelles sont les implications de cette décision ? Partagez votre avis sur le sujet.

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  • Impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    Impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    File interminable de camions bloqués au niveau du poste-frontière entre le Bénin et le Niger (Malanville)

    La fermeture prolongée de la frontière entre le Bénin et le Niger, consécutive aux événements politiques survenus en juillet 2023, a profondément perturbé l’économie nigérienne. Les acteurs économiques locaux subissent des pertes financières majeures tandis que les activités commerciales ralentissent de manière significative.

    une économie nigérienne sous tension

    L’axe béninois représentait un corridor commercial stratégique pour le Niger. Son interruption a poussé les opérateurs économiques à revoir en urgence leurs stratégies logistiques. Malgré les tentatives de contournement par le Nigeria, les défis persistent : parcours plus longs, coûts supplémentaires et risques accrus.

    Yacouba Dan Maradi, un acteur clé du secteur commercial nigérien, témoigne : « Nous avons subi des répercussions dans trois domaines : émotionnel, commercial et financier. Bien que nous ayons tenté une solution via le Nigeria, celle-ci s’est avérée coûteuse et risquée. Aujourd’hui, nous espérons un retour à la normale. »

    les transporteurs d’hydrocarbures en première ligne

    Les professionnels du transport d’hydrocarbures ressentent particulièrement les effets de cette situation. Les délais de livraison se sont allongés, entraînant une chute drastique de la rentabilité.

    Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, précise : « La fermeture des frontières a bouleversé notre secteur. Avant, nous réalisions deux à trois voyages par mois. Désormais, un seul trajet peut prendre deux à trois mois. Les pertes sont énormes. »

    Face à la hausse des coûts logistiques et au ralentissement des échanges, l’économie nigérienne peine à se relever. Les commerçants et transporteurs attendent avec impatience la réouverture durable de la frontière pour retrouver un flux commercial stable.

  • Bordeaux refuse un legs artistique pour accélérer la restitution de trésors au Gabon

    Bordeaux refuse un legs artistique pour accélérer la restitution de trésors au Gabon

    La ville de Bordeaux vient de poser un acte fort dans le processus de restitution du patrimoine africain. Le 1er juin 2026, la municipalité a officiellement décliné un legs composé de 53 objets d’art provenant du continent, qui étaient jusqu’alors conservés au Musée d’Aquitaine. Ce refus, loin d’être un désintérêt pour ces pièces, constitue une stratégie juridique précise pour permettre le retour de 33 d’entre elles au Gabon.

    Une stratégie juridique pour contourner l’inaliénabilité des collections

    En France, le droit impose le principe d’inaliénabilité aux collections publiques, rendant presque impossible le transfert de propriété d’objets une fois qu’ils sont intégrés au domaine muséal national. En refusant d’intégrer officiellement ce legs à ses inventaires, la mairie de Bordeaux évite ce verrou législatif. Cette manœuvre offre la flexibilité nécessaire pour organiser un transfert direct vers les pays d’origine, sans attendre le vote d’une loi d’exception au Parlement.

    Cette démarche s’inscrit dans une volonté politique de la municipalité girondine d’assumer son passé colonial. Bordeaux, dont l’essor économique au XVIIIe siècle est intimement lié au commerce transatlantique, cherche ainsi à transformer ses engagements mémoriels en actions concrètes. Ce choix dépasse le simple symbole pour s’ancrer dans une réalité administrative et diplomatique nouvelle.

    Le Gabon au cœur de la revalorisation de son patrimoine

    Pour le Gabon, cette décision représente une opportunité majeure de réappropriation culturelle. Les 33 œuvres concernées, qui devraient prochainement rejoindre Libreville, comprennent des pièces majeures issues des cultures Fang, Punu, Kota ou Tsogho. Les statuettes-reliquaires Kota, particulièrement prisées sur le marché international de l’art, possèdent une valeur patrimoniale inestimable pour l’identité nationale gabonaise.

    Depuis le changement de régime intervenu en août 2023, les autorités de transition à Libreville ont placé la souveraineté culturelle au centre de leur agenda. Si le refus du legs par Bordeaux lance officiellement la procédure, plusieurs étapes restent à franchir. La France et le Gabon devront définir les modalités logistiques du transfert, tandis que les structures muséales gabonaises se préparent à accueillir ces trésors dans des conditions de conservation optimales.

    Un modèle pour d’autres municipalités françaises

    L’exemple bordelais pourrait faire école dans d’autres métropoles comme Marseille, Lyon ou Nantes, qui gèrent également des fonds coloniaux au statut parfois complexe. Ce montage contractuel offre une alternative rapide aux processus législatifs lourds, comme celui qui avait été nécessaire pour restituer les trésors royaux d’Abomey au Bénin en 2021.

    Cette méthode plus agile est scrutée de près par plusieurs nations africaines, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Le dossier des œuvres gabonaises de Bordeaux sert désormais de laboratoire pour une nouvelle forme de diplomatie culturelle, où les collectivités locales jouent un rôle moteur dans la réparation des liens historiques entre l’Europe et l’Afrique.

  • Nouveau gouvernement sénégalais : une étape clé dans la cohabitation politique

    Nouveau gouvernement sénégalais : une étape clé dans la cohabitation politique

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’exprime lors d’une cérémonie officielle à Dakar, mettant en lumière les efforts de réconciliation nationale

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye vient de franchir une étape symbolique avec la formation d’un nouveau gouvernement, actant ainsi une cohabitation inédite au sommet de l’État. Cette transition politique, marquée par l’intégration de membres de l’opposition, reflète une volonté de rassemblement après des années de tensions.

    Un gouvernement reflétant l’unité nationale

    Cette équipe ministérielle, dépourvue de représentants du parti Pastef, illustre une stratégie de dialogue et d’ouverture. Les choix opérés par le président Faye visent à apaiser les clivages et à consolider la stabilité politique du pays. Parmi les figures clés, certains ministres issus de l’opposition occupent désormais des postes stratégiques, renforçant ainsi la légitimité des institutions.

    Les défis de la cohabitation politique

    La composition de ce gouvernement soulève plusieurs questions quant à son efficacité future. Les observateurs s’interrogent sur les capacités des nouveaux ministres à travailler en synergie, malgré leurs divergences idéologiques. La réussite de cette cohabitation dépendra largement de la capacité des acteurs à dépasser leurs différences pour servir l’intérêt général.

    Le rôle central de Ousmane Sonko dans cette dynamique

    Bien que le parti Pastef ne soit pas représenté dans cette équipe, la figure d’Ousmane Sonko reste incontournable dans le paysage politique sénégalais. Son influence, tant sur la scène nationale qu’internationale, continuera de façonner les débats et les orientations du pays. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de cette cohabitation sur la gouvernance sénégalaise.

    Cette nouvelle page politique ouvre des perspectives pour le Sénégal, avec l’espoir d’une gouvernance plus inclusive et d’une réconciliation durable entre les forces en présence.

  • Tchad : le chef de la sécurité nationale face aux sénateurs sur la montée des violences

    Tchad : le chef de la sécurité nationale face aux sénateurs sur la montée des violences

    Tchad : le ministre de la Sécurité nationale expose les défis sécuritaires aux sénateurs

    Le général Ali Ahmat Aghabache, ministre tchadien de la Sécurité publique, a détaillé devant les sénateurs les origines des tensions communautaires et les actions engagées pour y mettre fin.

    Tchad : le ministre tchadien de la sécurité publique s'exprime devant les sénateurs sur l'insécurité

    Lors d’une séance de questions orales avec débat, le ministre tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration, le général Ali Ahmat Aghabache, a présenté ce jour un bilan détaillé des violences intercommunautaires qui secouent plusieurs régions du pays. Cette rencontre, présidée par le Dr Haroun Kabadi, président du Sénat, a permis d’aborder les tensions persistantes dans des provinces comme le Mayo-Kebbi Ouest, le Salamat ou encore le Hadjar-Lamis.

    Le président du Sénat a rappelé les épisodes violents enregistrés en 2025, notamment un conflit entre éleveurs et agriculteurs à Mandakao (Logone Occidental) en mai, suivi d’un accord en juillet. Ces tensions, souvent liées à l’accès aux ressources naturelles, ont causé la mort de nombreux concitoyens et laissé des familles endeuillées.

    En ouverture de son intervention, le général Aghabache a marqué un moment de silence en hommage aux victimes des violences communautaires, exprimant sa profonde compassion. Il a souligné que les conflits au Tchad ne se limitent pas au Logone Occidental, mais s’étendent à d’autres départements comme le Mayo-Kebbi, le Wadi, le Sila, le Bahr El-Ghazal ou le Ouaddaï.

    Les racines des violences intercommunautaires au Tchad

    Pour expliquer la persistance des actes violents, le ministre a identifié plusieurs facteurs structurels :

    • Conflits liés aux ressources naturelles : Les périodes de pluies exacerbent les tensions entre agriculteurs et éleveurs, notamment dans l’est et le sud du pays. Les dégâts causés par le bétail aux cultures déclenchent souvent des représailles violentes plutôt que des solutions pacifiques.
    • Rareté des terres et de l’eau : La sécheresse dans le nord pousse les éleveurs vers le sud, tandis que l’expansion des cultures agricoles réduit les espaces pastoraux. Cette pression accrue sur les ressources alimente les conflits entre communautés.
    • Absence de cadre juridique clair : L’absence de délimitations précises des couloirs de transhumance et des droits fonciers crée un vide juridique propice aux litiges.
    • Croissance démographique : L’augmentation de la population intensifie la demande en terres, en eau et en pâturages, fragilisant les écosystèmes et exacerbant les tensions.
    • Instrumentalisation politique des divisions ethniques : Certains acteurs exploitent les clivages tribaux pour renforcer leur influence, aggravant les rivalités locales.
    • Complexité ethnique du Tchad : Avec plus de 200 groupes ethniques, la prédominance des appartenances tribales affaiblit le sentiment national et favorise les conflits.
    • Influence des crises régionales : La circulation illégale d’armes depuis les pays voisins alimente les violences traditionnelles et en augmente la létalité.
    • Conflits fonciers historiques : Les litiges liés aux frontières communautaires et aux droits de propriété ont causé en 2025 près de 318 morts et 315 blessés.

    Les actions mises en œuvre pour rétablir la sécurité

    Face à ces défis, le ministre a rassuré sur la globalité de la sécurité au Tchad, tout en reconnaissant l’existence de poches d’insécurité. Il a insisté sur le fait que la seule présence des forces de défense ne suffit pas à résoudre ces tensions, qui nécessitent des solutions politiques et sociales durables.

    Parmi les mesures déployées, il a cité :

    • La création de nouveaux commissariats et compagnies dans des zones sensibles comme Abéché (Ouaddaï), réduisant significativement l’insécurité.
    • Des opérations ciblées entre 2024 et 2025 ayant permis la saisie de plus de 4 000 armes illégales et l’arrestation de plus de 1 300 individus.
    • La lutte contre les enlèvements, notamment dans le Mayo-Kebbi Ouest, et les activités de groupes comme Boko Haram dans le Lac.

    Les sénateurs ont salué les efforts du gouvernement, tout en soulignant l’urgence d’agir davantage contre la prolifération des armes et l’immigration irrégulière, pointée comme une source d’instabilité.

    Le général Aghabache a conclu en appelant les autorités locales, les chefs traditionnels et les élus à promouvoir activement la cohésion sociale et le vivre-ensemble pour prévenir les conflits intercommunautaires.

  • Mercato : Arsenal en duel avec le PSG pour un prodige à 97 millions d’euros

    Mercato : Arsenal en duel avec le PSG pour un prodige à 97 millions d’euros

    Le week-end dernier, le Paris Saint-Germain a remporté une victoire décisive face à Arsenal en finale de la Ligue des champions (1-1, 4 tab à 3). Pourtant, l’affrontement entre les deux clubs ne s’arrête pas là : c’est désormais sur le marché des transferts que la bataille s’annonce féroce. Les deux formations parisiennes et londoniennes convoitent en effet le même talent, le milieu portugais Mateus Fernandes.

    Avec la fin de la saison européenne, les dirigeants du club parisien doivent désormais se concentrer sur le recrutement estival. Luis Campos, responsable du secteur sportif, est déjà à pied d’œuvre pour renforcer l’effectif. Plusieurs pistes sont envisagées, dont celle d’un joueur en particulier : le jeune prodige de 21 ans évoluant actuellement à West Ham.

    Une course au recrutement pour Mateus Fernandes

    Selon les dernières informations, le milieu portugais suscite l’intérêt de plusieurs grands clubs européens. Outre le PSG et Arsenal, Manchester United figurerait également parmi les prétendants. Le départ de Fernandes de West Ham semble inévitable, le club londonien ayant été relégué en Championship à l’issue de la saison écoulée.

    Le milieu de terrain, qui a rejoint les Hammers l’été précédent en provenance de Southampton, pourrait donc quitter la Premier League pour un montant colossal. West Ham, en quête de recettes financières après sa descente, exigerait un montant équivalent au double de son prix d’achat initial, soit environ 97 millions d’euros.

    Un pari risqué pour les clubs intéressés

    Le montant demandé pour Mateus Fernandes représente un investissement majeur. Les clubs concernés devront évaluer si le talent du jeune Portugais justifie une telle dépense. Le PSG, déjà engagé dans une politique de recrutement ambitieuse, pourrait être tenté de faire une offre. Reste à savoir si Arsenal ou un autre prétendant sera prêt à aligner une telle somme pour s’assurer ses services.

  • Visite officielle de romuald wadagni au Niger et au Burkina Faso

    Visite officielle de romuald wadagni au Niger et au Burkina Faso

    Un déplacement diplomatique inédit pour le président béninois

    Depuis son investiture le 24 mai 2026, le Président Romuald Wadagni du Bénin a choisi de marquer son mandat par une tournée en Afrique de l’Ouest dès les premiers jours de juin. Son premier arrêt ? Le Niger et le Burkina Faso. Une initiative qui vise à rétablir et renforcer les liens entre le Bénin et ses voisins du Sahel, notamment dans le contexte post-crise.

    Le Niger, une priorité après des années de tensions

    Cette visite au Niger revêt un caractère historique. En effet, Romuald Wadagni devient le premier chef d’État béninois à se rendre officiellement à Niamey depuis le changement de régime survenu le 26 juillet 2023. Bien que deux prédécesseurs aient tenté une médiation en 2024, entraînant une rencontre à Cotonou avec une délégation nigérienne, aucune avancée concrète n’a été enregistrée depuis cette date.

    Cette absence de dialogue prolongé a eu des répercussions majeures : les frontières entre les deux pays restent fermées, pesant lourdement sur les économies locales et entravant la circulation des personnes et des marchandises. Une situation qui nécessite une intervention urgente pour relancer les échanges et la coopération.

    Une étape stratégique avant Ouagadougou

    La veille de son départ pour le Niger, le 1er juin 2026, le Président Romuald Wadagni avait effectué sa première visite officielle à l’étranger depuis son investiture. Une destination choisie avec soin : le Nigéria, partenaire commercial incontournable du Bénin et voisin direct. Cette étape souligne l’importance accordée aux relations régionales dans la politique étrangère du Bénin.

    Le lendemain, le chef de l’État béninois a poursuivi sa tournée en se rendant au Burkina Faso, où il poursuivra les discussions engagées pour consolider les liens entre les deux nations.

    Objectifs : relancer l’économie et rétablir la confiance

    Les enjeux de cette mission sont multiples. D’une part, il s’agit de rouvrir les frontières et de faciliter les échanges commerciaux, essentiels pour les économies des deux pays. D’autre part, cette visite vise à rétablir un climat de confiance mutuelle, indispensable pour une coopération régionale efficace dans un contexte géopolitique complexe.

    En s’engageant dans cette démarche, Romuald Wadagni confirme sa volonté de jouer un rôle actif dans la stabilisation et le développement du Sahel, tout en renforçant la position du Bénin comme acteur clé de la sous-région.

  • Bénin : une gestion exemplaire de la dette publique face aux défis africains

    Bénin : une gestion exemplaire de la dette publique face aux défis africains

    L’Afrique fait face à une situation financière sans précédent : en 2024, près d’un cinquième de ses recettes publiques est englouti par le remboursement de sa dette, un niveau trois fois supérieur à celui de 2010. Cette pression inédite, qui dépasse désormais les dépenses consacrées à l’éducation, place les États du continent devant un défi de taille : concilier développement et soutenabilité budgétaire.

    Dans ce contexte complexe, le Bénin se distingue par une approche radicalement différente. Plutôt que de subir passivement les contraintes des marchés financiers, Cotonou a érigé la gestion de sa dette en véritable stratégie souveraine, transformant ainsi un exercice souvent subi en levier de résilience économique. Cette vision audacieuse, saluée par les observateurs spécialisés, repose sur une combinaison de rigueur budgétaire, d’innovation financière et de transparence.

    Une gestion de la dette repensée : l’exemple béninois

    Sous l’impulsion du ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, le Bénin a fait de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) bien plus qu’un simple service administratif. Ce centre d’expertise est devenu un pôle décisionnel stratégique, où chaque décision d’emprunt ou de remboursement est analysée à l’aune de critères financiers sophistiqués : coût moyen pondéré, maturité des dettes, devises d’émission et opportunités de marché. L’objectif ? Optimiser chaque opération pour réduire le fardeau de la dette tout en sécurisant les finances publiques.

    Cette méthodologie a permis des avancées remarquables. Le Bénin a notamment lancé la première obligation souveraine en euros d’un pays africain noté en catégorie spéculative, avec une échéance de 14 ans. D’autres innovations ont vu le jour : rachats anticipés de dettes coûteuses, utilisation de swaps pour étaler les paiements, ou encore recours à des instruments verts et sociaux. Chaque initiative est conçue pour allonger la durée de la dette et en diminuer le coût global, deux indicateurs clés pour la stabilité financière.

    Crédibilité et transparence : les piliers de la résilience béninoise

    La réussite du modèle béninois ne repose pas uniquement sur des montages financiers astucieux. Elle s’appuie aussi sur un cadre budgétaire rigoureux, régulièrement salué par les institutions internationales. Le pays maintient un déficit maîtrisé, respecte des règles d’engagement strictes et communique de manière proactive avec les investisseurs. Cette transparence se traduit par une prime de risque réduite, un accès facilité aux marchés financiers et des conditions d’emprunt plus avantageuses que dans de nombreux autres pays africains.

    Pourtant, le Bénin n’est pas à l’abri des aléas économiques mondiaux. Les politiques monétaires restrictives des grandes puissances, la volatilité des devises ou les chocs externes peuvent peser sur le coût des nouvelles émissions. Malgré ces défis, Cotonou a prouvé qu’une gouvernance rigoureuse permet d’amortir ces chocs, évitant ainsi les pièges d’un endettement procyclique ou opportuniste, comme c’est le cas chez certains voisins.

    Trois leçons à tirer pour les autres pays africains

    L’expérience béninoise offre des enseignements précieux pour l’ensemble du continent. Premièrement, la gestion de la dette doit être traitée comme une fonction stratégique, et non comme une simple tâche administrative. Cela implique la création d’une cellule dédiée, dotée de compétences techniques pointues et d’une vision pluriannuelle, avec un tableau de bord des risques en temps réel.

    Deuxièmement, la diversification des sources de financement est un impératif. En combinant emprunts régionaux (via l’UEMOA), eurobonds, financements concessionnels et instruments thématiques, le Bénin a su répartir les risques et saisir les opportunités selon les cycles économiques. Cette approche exige cependant des ressources humaines et techniques rares sur le continent.

    Troisièmement, la gestion vertueuse de la dette nécessite un alignement politique fort entre la présidence, le ministère des Finances et la banque centrale. L’enjeu dépasse le cadre technique : il s’agit d’un choix de souveraineté. Dans un contexte où le service de la dette rivalise désormais avec les dépenses sociales, la professionnalisation de cette fonction devient un impératif absolu.

  • Kamitatu critique le style de gouvernance de Tshisekedi : une comparaison avec Louis XIV

    Kamitatu critique le style de gouvernance de Tshisekedi : une comparaison avec Louis XIV

    Kamitatu critique le style de gouvernance de Tshisekedi : une comparaison avec Louis XIV

    Muhindo Nzangi et Félix Tshisekedi lors du lancement de la campagne agricole 2025-2026

    Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, a livré une analyse cinglante de la gouvernance actuelle en République démocratique du Congo. Lors d’un live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a comparé Félix Tshisekedi à Louis XIV, évoquant un pouvoir absolu entouré d’une cour de courtisans et de flatteurs.

    Pour Kamitatu, cette dérive rappelle les dangers des passions temporaires qui peuvent égarer ceux qui détiennent le pouvoir. Il a souligné que la Constitution de la RDC a été conçue précisément pour protéger la nation contre de telles tentations, comparant son rôle à celui d’Ulysse face aux sirènes : une barrière contre les ambitions personnelles.

    « Toutes les règles de la Constitution doivent rester hors des passions du moment », a-t-il insisté. Il a rappelé que ce texte fondamental garantit les droits des minorités, souvent menacées par les majorités, et protège aussi les intérêts des générations futures, qui n’ont pas encore voix au chapitre.

    En réduisant la Constitution à un simple instrument au service d’ambitions individuelles, Kamitatu a estimé que l’on trahit le pacte républicain conclu lors des accords de Sun City, pierre angulaire de la reconstruction de la RDC.

    Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, a livré une analyse cinglante de la gouvernance actuelle en République démocratique du Congo. Lors d’un live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a comparé Félix Tshisekedi à Louis XIV, évoquant un pouvoir absolu entouré d’une cour de courtisans et de flatteurs.

    Pour Kamitatu, cette dérive rappelle les dangers des passions temporaires qui peuvent égarer ceux qui détiennent le pouvoir. Il a souligné que la Constitution de la RDC a été conçue précisément pour protéger la nation contre de telles tentations, comparant son rôle à celui d’Ulysse face aux sirènes : une barrière contre les ambitions personnelles.

    « Toutes les règles de la Constitution doivent rester hors des passions du moment », a-t-il insisté. Il a rappelé que ce texte fondamental garantit les droits des minorités, souvent menacées par les majorités, et protège aussi les intérêts des générations futures, qui n’ont pas encore voix au chapitre.

    En réduisant la Constitution à un simple instrument au service d’ambitions individuelles, Kamitatu a estimé que l’on trahit le pacte républicain conclu lors des accords de Sun City, pierre angulaire de la reconstruction de la RDC.

  • Loi sur le référendum à Kinshasa : tensions entre majorité et opposition en rdc

    Loi sur le référendum à Kinshasa : tensions entre majorité et opposition en rdc

    À Kinshasa, les débats parlementaires ont pris une tournure explosive ces derniers jours. L’examen de la proposition de loi encadrant l’organisation des référendums a révélé des fractures profondes entre les bancs de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition. Les tensions, palpables lors de la séance plénière du 27 mai, ont abouti au départ des députés de l’opposition du groupe Ensemble pour la République.

    Assemblée nationale de Kinshasa

    une réforme controversée au cœur des débats

    Le texte, porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, vise officiellement à moderniser le cadre juridique des référendums en République démocratique du Congo. Il s’agit de remplacer un dispositif datant de la transition politique de 2005 pour définir les modalités d’organisation des consultations populaires prévues par la Constitution. Pour les partisans de cette initiative, la démarche s’inscrit dans une logique de clarification et de légitimité démocratique.

    « La décision d’engager des réformes constitutionnelles ou légales relève exclusivement de la majorité au pouvoir. Aucune disposition constitutionnelle ne confère à l’opposition le droit d’initier ou de contester ces réformes. Seuls le Parlement, le Chef de l’État ou une pétition signée par plus de 5 000 Congolais en ont la prérogative. Le reste n’est, à mes yeux, que des manœuvres stériles », déclare Steve Mbikayi, député de la circonscription de Mont-Amba et président du Parti Travailliste, allié à l’Union Sacrée de la Nation.

    l’opposition dénonce un projet dangereux

    Les adversaires de cette loi y voient, au contraire, une menace pour la stabilité du pays. Ils estiment qu’il est inapproprié de discuter d’un référendum alors que plusieurs régions de l’Est restent sous la coupe de groupes armés. Christian Mwando, membre du groupe parlementaire Ensemble pour la République, met en garde contre ce qu’il qualifie de complot visant à fragiliser la Constitution.

    « Le groupe parlementaire Ensemble pour la République appelle le Président de la République à mettre un terme à ces initiatives qui risquent de légitimer la rébellion dans l’Est. Nous exhortons le peuple congolais à rejeter ce projet funeste, qui met en péril la survie même de la nation. Pour nous, il s’agit d’une entreprise ourdie contre la Constitution de la RDC », affirme-t-il.

    des mobilisations annoncées

    Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a rappelé que l’objectif de cette réforme est simplement d’offrir un cadre juridique permettant au peuple de s’exprimer directement sur les grandes questions nationales, dès lors que les conditions sont réunies. Malgré le retrait de l’opposition, le rapport de la Commission Politique, Administrative et Juridique a été validé, sous réserve d’amendements.

    Le conflit dépasse désormais les murs du Parlement. L’opposition a convoqué une journée « ville morte » pour le 3 juin, afin de protester contre cette initiative. En réponse, les partisans de la majorité préparent une marche dans Kinshasa et dans plusieurs provinces, prévue pour la même date.

  • Romuald Wadagni lance une tournée diplomatique au Niger et au Burkina Faso

    Romuald Wadagni lance une tournée diplomatique au Niger et au Burkina Faso

    À peine installé à la présidence de la République du Bénin, Romuald Wadagni entame ce mardi 2 juin une tournée diplomatique d’envergure en se rendant simultanément à Niamey et à Ouagadougou. Cette première étape d’une série de déplacements en Afrique de l’Ouest marque une volonté claire de réchauffer les relations avec deux partenaires sahéliens clés, dans un contexte régional particulièrement tendu.

    Un geste fort pour apaiser les tensions régionales

    Cette visite intervient moins d’une semaine après l’investiture du nouveau chef de l’État béninois, élu pour succéder à Patrice Talon. Son objectif ? Relancer le dialogue avec les autorités nigériennes et burkinabè, alors que les relations entre le Bénin et ces deux pays se sont fortement dégradées ces derniers mois. Depuis les changements politiques survenus à Niamey en juillet 2023 et à Ouagadougou, les échanges diplomatiques étaient au point mort, aggravés par la fermeture de la frontière nigéro-béninoise et des tensions persistantes en matière de sécurité.

    Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances connu pour son approche pragmatique, mise sur une diplomatie de terrain plutôt que sur des déclarations officielles. En se rendant dès le début de son mandat dans ces deux capitales sahéliennes, il envoie un signal fort : celui d’une volonté de tourner la page des conflits et de rétablir une coopération constructive.

    Un corridor économique à réactiver d’urgence

    Les enjeux économiques sont au cœur des discussions prévues avec les dirigeants nigériens et burkinabè. Le port de Cotonou, poumon logistique du Niger enclavé, a subi de plein fouet les conséquences des tensions bilatérales. Depuis la suspension des échanges consécutive aux sanctions de la Cédéao puis au retrait du Niger et du Burkina Faso de l’organisation régionale, le trafic portuaire béninois vers le Sahel a fortement diminué, au profit des ports de Lomé et Tema.

    Pour le Bénin, rétablir la fluidité des échanges avec Niamey et Ouagadougou est une priorité. Les recettes douanières et portuaires jouent un rôle clé dans les finances publiques, et leur baisse a un impact direct sur l’économie nationale. Les discussions devraient porter sur la réouverture des frontières, la levée des taxes additionnelles et la sécurisation des axes routiers reliant les trois pays. La menace des groupes armés actifs dans la zone frontalière, comme ceux opérant dans le parc W, sera également un sujet central.

    Naviguer entre Cédéao et Alliance des États du Sahel

    Le défi pour Romuald Wadagni est de taille : concilier la réconciliation avec les juntes nigérienne et burkinabè tout en maintenant les engagements du Bénin au sein de la Cédéao. Le pays reste membre de l’organisation régionale, mais Niamey et Ouagadougou ont créé en 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES), une structure qui incarne leur rupture avec l’organisation d’Abuja. Le président béninois doit donc trouver un équilibre pour ne pas donner l’impression de soutenir les transitions militaires ni de s’aligner systématiquement sur les positions de la Cédéao.

    Cette tournée diplomatique revêt aussi une dimension symbolique majeure. En choisissant Niamey et Ouagadougou comme premières destinations hors de la zone côtière ouest-africaine, Romuald Wadagni montre l’importance qu’il accorde à ces partenariats. Les deux pays partagent avec le Bénin non seulement des frontières, mais aussi des défis sécuritaires communs, notamment face à la menace jihadiste qui pèse sur le nord du territoire béninois. Une coopération renforcée avec les forces sahéliennes est indispensable pour endiguer cette insécurité grandissante.

    L’accueil réservé par le général Abdourahamane Tiani et le capitaine Ibrahim Traoré à cette initiative sera déterminant. Les deux dirigeants ont jusqu’ici privilégié des partenariats avec d’autres acteurs internationaux et adopté une posture distante vis-à-vis des institutions ouest-africaines traditionnelles. Romuald Wadagni mise sur une approche originale, distincte des pressions exercées par la Cédéao, pour démontrer que le Bénin peut jouer un rôle clé dans la stabilisation de la région.

  • Burkina Faso : pourquoi l’arrestation de l’imam Kindo met Ibrahim Traoré sous pression

    Burkina Faso : pourquoi l’arrestation de l’imam Kindo met Ibrahim Traoré sous pression

    L’imam Kindo a été interpellé à Ouagadougou le 26 mai, à la veille de la fête de l’Aïd.

    Publié aujourd’hui à 06h50 Lecture : 7 minutes.

    Ibrahim Traoré