Auteur/autrice : nigeractu

  • Gabon : yves fernand manfoumbi défend une refondation par la planification stratégique

    Gabon : yves fernand manfoumbi défend une refondation par la planification stratégique

    La refonte des fondements du Gabon ne peut se satisfaire d’ajustements superficiels. C’est l’idée centrale défendue par Yves Fernand Manfoumbi, ex-directeur général du budget et ancien membre du gouvernement, dans une tribune diffusée sur sa page Facebook. Pour cet expert en gestion publique, le pays doit abandonner le pilotage à courte vue pour adopter une approche structurante, alignée sur une vision de long terme.

    L’ancien ministre dresse un bilan sans complaisance de la gouvernance gabonaise, soulignant que les politiques publiques ont trop souvent réagi dans l’urgence aux crises successives. « Un État ne se construit pas dans l’improvisation », martèle-t-il. Il s’appuie sur des exemples internationaux, comme Singapour, la Corée du Sud ou le Rwanda, pour illustrer comment la rigueur prospective a transformé des économies en quelques décennies.

    Pourtant, le Gabon possède des atouts majeurs pour réussir sa métamorphose. Ses ressources naturelles abondantes, son couvert forestier intact et sa jeunesse en mouvement lui offrent un terreau fertile. La question n’est plus de savoir si le pays peut progresser, mais comment il doit s’y prendre.

    Des résultats concrets et une redevabilité systématique

    Selon Yves Fernand Manfoumbi, cette mutation exige trois leviers complémentaires. D’abord, une planification méthodique où chaque réforme s’inscrit dans un cadre cohérent et mesurable. Ensuite, une évaluation systématique des politiques publiques, car une action non mesurée finit par coûter plus qu’elle ne rapporte. Enfin, une anticipation proactive face aux défis globaux, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou des bouleversements climatiques.

    Le message est clair : « Gouverner ne consiste pas à annoncer des mesures, mais à en garantir l’efficacité ». Pour lui, le changement de paradigme passe par une gouvernance axée sur les résultats, et non sur les discours.

    Construire des institutions adaptées au XXIe siècle

    Au-delà des principes, Yves Fernand Manfoumbi insiste sur l’impérieuse nécessité d’intégrer cette rigueur à tous les niveaux de l’administration. Il rappelle une évidence géopolitique : « Le XXIe siècle récompensera les nations les plus organisées, et non les plus riches ». Pour lui, le Gabon a tout pour réussir ce virage historique, à condition de faire de la planification et de l’anticipation les piliers de son action publique.

  • Sébastien Lecornu en mission diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Sébastien Lecornu en mission diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Un déplacement officiel de deux jours pour relancer la coopération bilatérale

    Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a atterri à Rabat mercredi soir pour une visite diplomatique de deux jours. Objectif affiché : resserrer les liens entre la France et le Maroc à travers une série de partenariats renforcés. Plusieurs accords majeurs dans les secteurs économique, sécuritaire, énergétique et culturel sont prévus lors de cette escale officielle.

    Sébastien Lecornu en mission diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Un contexte diplomatique marqué par un réchauffement des relations

    Accueilli par Aziz Akhannouch, son homologue marocain, Sébastien Lecornu entame cette visite dans un contexte de détente progressive entre Paris et Rabat. Ce rapprochement s’est amorcé en 2024 avec la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Les deux dirigeants s’entretiendront en privé avant de coprésider la 15ᵉ Rencontre de haut niveau franco-marocaine, un événement diplomatique inédit depuis 2019.

    Une quinzaine d’accords stratégiques en préparation

    Parmi les dossiers prioritaires, une quinzaine d’accords devraient être finalisés lors de cette visite. Les domaines concernés couvrent l’aviation civile, les infrastructures, la gestion de l’eau, l’interconnexion électrique, la défense ainsi que la culture. Un partenariat inédit entre l’Institut du monde arabe de Paris et le ministère marocain de la Culture est également au programme. Cette tournée pourrait également poser les bases d’une future visite officielle du roi Mohammed VI en France, déjà prévue dans les mois à venir.

    Le Maroc, pilier de la stratégie française au Maghreb

    Cette mission diplomatique illustre la volonté de la France de faire du Maroc son partenaire privilégié au Maghreb. Sur le plan sécuritaire, notamment dans la lutte contre les menaces au Sahel, Paris compte désormais davantage sur Rabat. Cette approche s’inscrit dans un contexte où les relations avec l’Algérie, bien qu’en amélioration, restent sujettes à des tensions ponctuelles.

  • Les nouveaux dirigeants à la tête de General Bank of Cameroon

    Les nouveaux dirigeants à la tête de General Bank of Cameroon

    Actualités

    Les nouveaux dirigeants à la tête de General Bank of Cameroon

    Le banquier Ezékiel Passam prend la tête du conseil d’administration de cet établissement bancaire, anciennement Société générale Cameroun, dont l’État camerounais est désormais l’actionnaire majoritaire. […]

    Armand Djaleu
    ||2 min de lecture
    Suivez Actu Cameroun sur Google
    Commenter
    Publicité

    Le banquier Ezékiel Passam prend la tête du conseil d’administration de cet établissement bancaire, anciennement Société générale Cameroun, dont l’État camerounais est désormais l’actionnaire majoritaire. Jusqu’ici directeur général adjoint, Victor Noumoue a été nommé directeur général.

    La nomination de cette équipe marque la prise de contrôle définitive de l’établissement bancaire par l’État du Cameroun. Le président du conseil d’administration, le directeur général ainsi que les deux directeurs généraux adjoints de General Bank of Cameroon ont été désignés à l’issue d’un conseil d’administration tenu ce  mercredi 15 juillet 2026 à Yaoundé.

    Le nouvel attelage dirigeant de la General Bank of Cameroon (GBC), ex-filiale de Société Générale Cameroun, est composé des personnalités suivantes nommées lors du conseil d’administration, Ezékiel Passam,  Président du Conseil d’Administration (PCA). Le banquier de profession, remplace à ce poste Alain Malong.

    La banque, qui opère désormais sous le nom de General Bank of Cameroon (GBC)

    Victor Noumoué, Directeur Général (DG), précédemment Directeur Général Adjoint (DGA). Diplômé de HEC Paris, il a fait l’essentiel de sa carrière au sein du groupe Société Générale. Il était directeur général depuis le retrait de la gouvernance française, en remplacement du Sénégalais Yeri Seck.

    Publicité

    Jean-Michel Ondo, Directeur Général Adjoint (DGA). Roland Firmin Same Dikongue,  Directeur Général Adjoint (DGA). Pour rappel, l’État du Cameroun a officiellement finalisé le rachat des 58,08 % de parts détenues par le groupe français Société Générale dans sa filiale camerounaise le 12 mai 2026. Cette opération, évaluée à 129 milliards de FCFA, a porté la participation de l’État à 83,68 % du capital. La banque, qui opère désormais sous le nom de General Bank of Cameroon (GBC).

     

    BanquecamerounEzékiel PassamGeneral Bank of CameroonVictor Noumoué
    Publicité

    Soyez le premier à commenter cet article

    Commentaires

    Chargement des commentaires…
  • Côte d’Ivoire : le fimec, moteur des compétences pour l’emploi et la croissance

    Côte d’Ivoire : le fimec, moteur des compétences pour l’emploi et la croissance

    Côte d’Ivoire : le fimec, moteur des compétences pour l’emploi et la croissance

    Abidjan — la deuxième édition du forum international des métiers et des compétences (fimec), tenue à Abidjan, s’est imposée comme un levier stratégique pour concrétiser les ambitions du plan national de développement (pnd) 2026-2030. lors de l’inauguration de l’événement, le premier ministre robert beugré mambé a souligné l’importance de rapprocher les besoins économiques des compétences issues des structures de formation.

    le thème central de cette édition, « compétences, emploi et transformation économique en afrique : le rôle stratégique de la formation professionnelle », a servi de cadre aux échanges entre acteurs publics, privés et académiques. cet espace de dialogue vise à renforcer la compétitivité des entreprises ivoiriennes tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes.

    le fimec, un outil au service du plan national de développement

    le pnd 2026-2030 s’articule autour de plusieurs priorités : accélérer l’industrialisation, renforcer la compétitivité économique, soutenir les champions nationaux et stimuler les investissements privés. parmi ses objectifs phares, la création de plus de 3 millions d’emplois d’ici 2030 occupe une place centrale. dans cette perspective, le développement des compétences devient un pilier essentiel de la stratégie économique.

    robert beugré mambé a rappelé que « chaque investissement dans la formation professionnelle se traduit par un gain de productivité pour les entreprises, une attractivité accrue de l’économie nationale et une consolidation de notre souveraineté économique ». le gouvernement s’engage ainsi à faire de la formation un levier d’inclusion sociale, de compétitivité et de création de richesse durable.

    un écosystème où formation et emploi s’alignent

    l’ambition affichée est claire : bâtir un écosystème où la formation professionnelle devient un accompagnateur privilégié des priorités nationales. cet écosystème doit soutenir la compétitivité des entreprises, encourager l’innovation et accélérer l’industrialisation du pays. le fimec offre une plateforme unique pour coordonner ces efforts et répondre aux défis de l’emploi et de la qualification.

    « notre responsabilité est de garantir que chaque jeune ivoirien puisse acquérir les compétences nécessaires pour réussir, entreprendre et contribuer activement au développement du pays », a déclaré le premier ministre. cette vision guide les réformes en cours et rassemble tous les acteurs autour d’un objectif commun.

    anticiper les mutations économiques par l’innovation

    la tenue de cette deuxième édition du fimec reflète la détermination de la Côte d’Ivoire à faire du capital humain un pilier de sa transformation économique et sociale. face aux mutations rapides des économies mondiales, le pays mise sur l’anticipation, l’innovation et l’investissement dans les compétences pour façonner une afrique compétitive et souveraine.

    « les métiers évoluent, les économies se transforment. nous devons investir dans ce qui nous rend les plus forts : les femmes et les hommes qui construiront demain », a-t-il ajouté. l’objectif ? faire des compétences le premier moteur de la compétitivité, de la souveraineté économique et de la prospérité partagée.

    un programme riche en échanges et formations

    cette édition de deux jours a proposé aux participants un programme varié : expositions interactives, tables rondes avec des experts internationaux, ateliers pratiques et rencontres entre acteurs clés. ces activités visaient à créer des synergies entre les différents secteurs et à identifier des solutions concrètes pour répondre aux enjeux de l’emploi et de la formation.

  • Caisse des dépôts et consignations : levier clé pour financer les infrastructures au Cameroun

    Caisse des dépôts et consignations : levier clé pour financer les infrastructures au Cameroun

    Économie

    Caisse des Dépôts et Consignations : levier clé pour financer les infrastructures au Cameroun

    Pour pallier la baisse des financements extérieurs, le Cameroun mise sur l’épargne nationale. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), institution publique opérationnelle depuis janvier 2023, incarne cette stratégie. Quinze ans après sa création juridique, elle se positionne comme un acteur incontournable pour financer les grands projets d’infrastructures du pays.

    Armand Djaleu
    ||6 min de lecture
    Suivez l’actualité camerounaise sur Google

    Pourquoi la CDEC est-elle devenue indispensable ?

    Depuis plusieurs années, l’accès aux financements internationaux traditionnels se réduit pour les économies africaines comme le Cameroun. Les prêts concessionnels, l’aide publique et les marchés obligataires deviennent moins accessibles et plus coûteux. Dans ce contexte, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), lancée officiellement le 20 janvier 2023, s’impose comme une solution stratégique. Créée en 2008 par la loi, elle a été opérationnalisée quinze ans plus tard pour mobiliser et sécuriser l’épargne intérieure, publique et privée.

    « Le Cameroun, confronté à une contraction des financements extérieurs, doit se tourner vers ses propres ressources. La CDEC incarne cette transition en transformant l’épargne dormante en levier de développement. »

    Patrick Duprix Anicet Mani

    Un modèle inspiré de la France, adapté aux réalités camerounaises

    La CDEC s’inspire directement de la Caisse des Dépôts française, un modèle éprouvé depuis des décennies. Trois mécanismes clés permettent de transformer l’épargne en investissements durables :

    • Centralisation des ressources réglementées : Livrets d’épargne spécifiques, fonds notariaux et comptes inactifs sont regroupés au sein d’une institution publique sécurisée.
    • Transformation des dépôts court terme en prêts long terme : Grâce à la garantie de l’État, l’épargne collectée finance des projets d’envergure sur plusieurs décennies.
    • Effet de levier : Chaque franc cfa mobilisé permet de financer des infrastructures essentielles comme les logements sociaux, la rénovation urbaine ou les réseaux de transport.

    La CDEC camerounaise reprend cette architecture pour accompagner les politiques publiques nationales.

    La CDEC en chiffres : des résultats encourageants, mais un potentiel encore inexploité

    Trois ans après son lancement, la CDEC a déjà permis de centraliser plus de 151 milliards de FCFA (environ 260 millions de dollars). Pourtant, ce montant reste bien en deçà des attentes. Des estimations antérieures évoquaient un potentiel de plus de 1 000 milliards de FCFA en fonds dormants dans le système bancaire camerounais.

    Les ressources mobilisables par la CDEC

    • Dépôts réglementés (fonds de notaires, comptes bancaires inactifs)
    • Consignations administratives (cautionnements sur marchés publics)
    • Consignations judiciaires (libérations sous caution, règlements de litiges)
    • Autres ressources assimilées

    Un décret du Premier ministre, daté du 1er décembre 2023, a renforcé le cadre juridique en imposant aux banques, assurances, notaires et greffes de transférer les fonds consignés sous peine de sanctions financières.

    Vers une filiale bancaire dédiée aux infrastructures : une révolution en marche

    Le projet le plus ambitieux de la CDEC est sans doute la création d’une filiale bancaire entièrement dédiée au financement des infrastructures. Étudiée depuis février 2025, cette structure aura pour mission de :

    • Soutenir l’État, les collectivités locales et les entreprises dans le financement de grands projets
    • Accompagner les PME souhaitant participer aux appels d’offres publics
    • Faciliter les introductions en bourse et l’évaluation de projets économiques
    • Proposer des produits financiers adaptés aux besoins locaux (prêts long terme, garanties, crédit-bail)

    Cette filiale marquera un tournant majeur, passant d’une logique de collecte à une logique d’investissement direct dans l’économie réelle.

    Quels secteurs pourraient bénéficier du financement de la CDEC ?

    Les domaines d’intervention de la CDEC sont vastes et pourraient transformer durablement l’économie camerounaise :

    • Logement social : Financement du programme des 10 000 logements et accessibilité au logement pour les ménages modestes.
    • Infrastructures urbaines : Modernisation des voiries, assainissement des grandes villes comme Yaoundé et Douala.
    • Numérique : Extension de la couverture haut débit dans les zones rurales et semi-urbaines.
    • Collectivités territoriales : Soutien financier aux communes et régions dans le cadre de la décentralisation.
    • Transport : Développement des corridors routiers, modernisation du port de Kribi et des infrastructures ferroviaires.

    Les défis à relever pour garantir le succès de la CDEC

    Malgré ses avancées, la CDEC fait face à plusieurs défis majeurs :

    • Effectivité de la collecte : Certaines institutions financières résistent encore au transfert des fonds consignés, comme en témoigne le cas d’Allianz Cameroun, seul acteur à avoir effectué un transfert dès fin 2023.
    • Gouvernance et transparence : La crédibilité de l’institution auprès des épargnants et des consignataires est essentielle pour attirer davantage de fonds.
    • Compétences techniques : Le financement d’infrastructures exige une expertise pointue en montage de projets, évaluation des risques et structuration financière.
    • Coordination avec les autres acteurs : Une collaboration étroite avec les bailleurs de fonds internationaux et les institutions publiques est nécessaire pour éviter les chevauchements et maximiser l’impact.

    En conclusion, la CDEC dispose des fondations nécessaires pour devenir un acteur clé du développement infrastructurel au Cameroun. Sa capacité à mobiliser l’épargne intérieure et à la transformer en investissements durables représente une réponse concrète aux défis posés par la rareté des financements extérieurs. Le lancement imminent de sa filiale bancaire dédiée marquera un pas décisif vers une économie plus autonome et résiliente.

    Caisse des Dépôts et Consignations
  • Plaintes contre Ousmane Sonko pour ses déclarations sur Touba

    Plaintes contre Ousmane Sonko pour ses déclarations sur Touba

    Un plaignant a saisi le parquet dakarois après des déclarations d’Ousmane Sonko, chef du gouvernement sénégalais et leader du Pastef. Ces propos, tenus sur les flux financiers controversés à Touba, capitale spirituelle du mouridisme, pourraient avoir des répercussions judiciaires. L’affaire survient dans un contexte politique marqué par des changements institutionnels depuis l’installation de la nouvelle majorité en 2024.

    Des propos de Premier ministre sous le feu des projecteurs

    Ousmane Sonko a utilisé l’expression « de l’argent sale est entré à Touba » lors de prises de parole publiques axées sur la moralisation de l’économie et la lutte contre les circuits financiers opaques. Pour le plaignant, ces mots portent atteinte à l’image de la cité religieuse et de sa communauté. La plainte déposée vise à évaluer si ces déclarations relèvent de la liberté d’expression ou constituent une atteinte à l’honneur collectif. Le procureur dakarois devra désormais trancher sur la recevabilité de la demande et, le cas échéant, engager une enquête. Aucune date précise n’a encore été communiquée par la justice.

    Touba, entre spiritualité et enjeux économiques majeurs

    Fondée en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba, Touba représente bien plus qu’une ville au Sénégal : c’est le cœur battant du mouridisme, une confrérie dont l’influence s’étend à tous les niveaux de la société. Son tissu économique, dynamique et diversifié, repose sur le commerce, l’immobilier et les transferts de la diaspora. Ces spécificités lui confèrent un statut unique, forgé par des décennies de relations particulières avec l’État. Toute mise en cause des circuits financiers locaux touche donc à des équilibres historiques et politiques.

    En évoquant publiquement la présence d’« argent sale » à Touba, Ousmane Sonko s’inscrit dans la continuité de son engagement contre la corruption et le blanchiment, pilier de son action depuis son arrivée au pouvoir. Cependant, cette formulation a suscité des réactions immédiates, tant du côté religieux que politique. Des demandes de précisions ont été formulées : quels sont les faits exacts visés ? Qui sont les personnes impliquées ? Quelles mesures concrètes l’État a-t-il mises en place, notamment via la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), pour contrôler ces flux ?

    Un défi pour les relations entre l’État et les confréries

    Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire représente un test crucial pour les relations entre le gouvernement sénégalais et les grandes confréries religieuses. Historiquement, ces dernières ont joué un rôle clé dans la stabilité institutionnelle du pays, notamment en tant qu’arbitres lors de crises politiques. La gestion de cette plainte par Ousmane Sonko pourrait redéfinir l’équilibre entre son discours de rupture avec la corruption et le respect dû aux autorités religieuses, comme le Khalife général.

    Cette situation est également suivie de près par les investisseurs et partenaires internationaux du Sénégal. Dakar, considérée comme une place financière majeure en Afrique de l’Ouest, voit sa réputation scrutée de près. Toute allusion à des pratiques de blanchiment sur son territoire alimente les discussions au sein du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). La manière dont cette affaire sera traitée judiciairement et politiquement enverra un signal fort sur la capacité du gouvernement à concilier lutte anticorruption et gestion des équilibres internes.

    La plainte a été officiellement enregistrée par le parquet de Dakar, marquant le début d’une procédure dont les conséquences restent à déterminer.

  • L’émissaire congolais en mission diplomatique à Gitega après Kampala et Lomé

    L’émissaire congolais en mission diplomatique à Gitega après Kampala et Lomé

    Dans le cadre d’une mission diplomatique de haut niveau, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, s’est rendu ce mercredi 15 juillet 2026 à Gitega, capitale politique du Burundi. Il y a été reçu par le Président Évariste Ndayishimiye, également à la tête de l’Union africaine. Cette visite s’inscrit dans une tournée régionale visant à renforcer les liens bilatéraux et à aborder les défis sécuritaires communs.

    L’audience accordée à Floribert Anzuluni, désigné comme envoyé spécial du Président Félix Tshisekedi, a été l’occasion de transmettre un message confidentiel entre les deux chefs d’État. Selon les informations communiquées par le ministère congolais de l’Intégration régionale, les discussions ont porté sur deux axes majeurs : l’approfondissement des relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Burundi, ainsi que la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, notamment dans l’est de la RDC.

    Un dialogue centré sur la paix et la coopération régionale

    Floribert Anzuluni a souligné l’importance de cette rencontre, précisant : « J’ai été reçu en audience par Son Excellence le Président Évariste Ndayishimiye en tant qu’envoyé spécial de Son Excellence Monsieur le Président Félix Tshisekedi. J’ai eu l’honneur de lui remettre un message spécial et confidentiel du Président de la République. Ce message porte principalement sur le renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays, mais également sur la situation sécuritaire dans la région, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo, une préoccupation commune pour nos États. »

    Le ministre a également salué le rôle actif du Président burundais au sein de l’Union africaine, notamment dans la recherche d’une paix durable pour la RDC et toute la sous-région. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur de la stabilité, de la coopération bilatérale et de l’intégration régionale.

    Un contexte régional marqué par des tensions persistantes

    Cette mission diplomatique intervient dans un contexte où les tensions persistent dans l’est de la RDC. La rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, maintient ses positions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré les efforts diplomatiques engagés à Washington et à Doha, aucun règlement durable du conflit n’a encore été trouvé.

    Avant son passage au Burundi, Floribert Anzuluni s’était déjà rendu en Ouganda, où il a rencontré le Président Yoweri Museveni, puis au Togo, où il a été reçu par le Président Faure Gnassingbé. Ces étapes s’inscrivent dans une stratégie diplomatique plus large visant à mobiliser les acteurs régionaux autour de la stabilité en Afrique centrale.

    Des relations historiques entre la RDC et le Burundi

    La RDC et le Burundi entretiennent des liens historiques, fondés sur l’amitié, la solidarité et la coopération. Cette dynamique a été renforcée lors de la visite officielle du Président Ndayishimiye à Kinshasa le 22 juin 2026, à l’invitation de Félix Tshisekedi. Les deux dirigeants ont réitéré leur volonté commune de rétablir la paix dans la région des Grands Lacs et de promouvoir une intégration économique accrue.

    Cette tournée diplomatique illustre ainsi l’engagement des autorités congolaises à rechercher des solutions régionales aux défis sécuritaires, tout en consolidant les partenariats bilatéraux avec les pays voisins.

  • Tchad : 200 jeunes formés aux métiers verts pour un avenir durable à N’Djamena

    Tchad : 200 jeunes formés aux métiers verts pour un avenir durable à N’Djamena

    Tchad : 200 jeunes formés aux métiers verts pour un avenir durable à N’Djamena

    La capitale tchadienne, N’Djamena, marque une étape clé dans la lutte contre le chômage des jeunes grâce à une initiative ambitieuse alliant emploi et écologie. La Mairie de N’Djamena et l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) ont lancé, ce mercredi, l’insertion de deux cents jeunes dans les métiers du maraîchage. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme d’Insertion des Jeunes dans les Métiers Verts (PROJEV), visant à promouvoir des emplois durables tout en accélérant la transition écologique.

    Cérémonie de lancement du projet PROJEV à N'Djamena

    Un projet au cœur des enjeux socio-économiques du Tchad

    Le lancement officiel de cette initiative a eu lieu dans l’enceinte de l’espace Kuweïte de Farcha, situé dans le premier arrondissement de N’Djamena. Mahamat Alhafiz Idriss, responsable du guichet du crédit agricole à l’ONAPE, a rappelé que le projet PROJEV a pour mission de former et d’accompagner les jeunes afin de les doter des compétences nécessaires pour lancer des activités génératrices de revenus. L’objectif ? Créer des emplois stables et durables, tout en répondant aux défis environnementaux actuels.

    Le maire du premier arrondissement, Djamal Moussa Yaya, a salué cette initiative qui illustre la synergie entre les institutions publiques. Une collaboration essentielle pour transformer les politiques en actions concrètes, notamment dans la lutte contre le chômage des jeunes, un fléau qui touche particulièrement la jeunesse tchadienne.

    Les métiers verts, une réponse aux défis du Tchad

    Nassouradine Abakar Kessou, directeur général de l’ONAPE, a mis en lumière l’un des principaux défis du Tchad : l’emploi des jeunes. Malgré un potentiel économique considérable, le pays fait face à un taux de chômage et de sous-emploi alarmant chez les jeunes. Pour y remédier, la formation et l’insertion dans les métiers verts s’imposent comme des solutions prioritaires. Ces métiers ne se contentent pas de créer des emplois, a-t-il expliqué, ils favorisent également la préservation de l’environnement et le développement durable.

    Le plan MIDI : une feuille de route pour la jeunesse tchadienne

    Seid Adji Seid, directeur de cabinet adjoint de la mairie de N’Djamena, représentant le maire Sanoussi Hassana Abdoulaye, a détaillé les ambitions du plan MIDI. Ce dernier repose sur cinq piliers : le civisme, une formation pratique de qualité, l’accompagnement entrepreneurial, la transition agricole urbaine et le soutien aux industries culturelles et artistiques. Une réponse locale, pragmatique et ambitieuse, conçue pour répondre aux aspirations légitimes des jeunes à une vie digne et épanouie.

    S’adressant directement aux jeunes bénéficiaires, il a déclaré : « Vous n’êtez plus de simples demandeurs d’emploi, vous incarnez désormais l’avenir de la transition écologique de notre ville. Les métiers verts ne sont pas une solution temporaire, mais une voie vers un développement harmonieux, alliant croissance économique, respect de l’environnement et amélioration du cadre de vie de nos concitoyens. »

    Un avenir prometteur pour les jeunes de N’Djamena

    Après une formation technique complète, les deux cents jeunes sélectionnés seront installés sur un terrain de dix hectares dédié au maraîchage. Ce projet leur offrira l’opportunité de mettre en pratique leurs nouvelles compétences, tout en contribuant activement à la vitalité économique et écologique de la capitale tchadienne.

  • En Côte d’Ivoire, le pari d’une économie souveraine par les champions nationaux

    En Côte d’Ivoire, le pari d’une économie souveraine par les champions nationaux

    Mines :  en Tanzanie, 88% des achats ont été effectués auprès des fournisseurs locauxLe pays impose depuis peu des co-entreprises aux fournisseurs étrangers afin d’ancrer cette manne au-delà de la part captée par l’impôt sur le bénéfice et d’autres redevances minières. Il s’agit d’une révolution silencieuse dans le partage de la rente en Afrique, mais qui devra se confirmer et se renforcer.La Tribune Afrique
  • Réconciliation Mali Algérie : quels impacts pour le transport aérien en Afrique de l’ouest ?

    Réconciliation Mali Algérie : quels impacts pour le transport aérien en Afrique de l’ouest ?

    Décollage d’un avion d’Air Algérie à l’aéroport international, symbolisant l’ouverture des liaisons aériennes

    La reprise des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie marque un tournant pour le secteur aérien ouest-africain. Depuis plusieurs mois, les compagnies comme Air France, Brussels Airlines ou encore Air Algérie subissaient les conséquences des tensions politiques entre les deux pays. Désormais, les perspectives de reprise des vols directs et la levée des restrictions pourraient redynamiser un marché en quête de stabilité.

    des liaisons aériennes au ralenti depuis des années

    Les restrictions imposées par Alger à l’encontre de Bamako avaient fragilisé les connexions aériennes entre l’Algérie et le Mali. Les voyageurs comme les professionnels du tourisme et des affaires devaient souvent emprunter des escales longues et coûteuses, passant par des hubs européens ou maghrébins. Cette situation avait poussé de nombreuses compagnies à réduire leurs fréquences ou à suspendre temporairement leurs liaisons.

    Parmi les acteurs fortement impactés, Air Algérie, qui jouait un rôle clé dans les échanges entre les deux pays, avait dû adapter sa stratégie. Les passagers se retrouvaient confrontés à des tarifs élevés et à des horaires peu pratiques, freinant ainsi les déplacements professionnels et touristiques.

    une réouverture des espaces aériens bénéfique pour les économies régionales

    La normalisation des relations entre le Mali et l’Algérie ouvre la voie à un regain d’activité pour le transport aérien en Afrique de l’Ouest. Les experts du secteur estiment que la reprise des vols directs entre Bamako et Alger pourrait générer plusieurs milliers de passagers supplémentaires chaque mois. Cette dynamique profiterait non seulement aux compagnies aériennes, mais aussi aux économies locales.

    Les échanges commerciaux, déjà en hausse ces dernières années, devraient encore s’intensifier. Les entreprises maliennes et algériennes pourront enfin renouer avec des contacts directs, accélérant ainsi les transactions et les partenariats. Le tourisme, un secteur en plein essor dans les deux pays, devrait également en tirer profit grâce à une accessibilité accrue.

    quels acteurs aériens pourraient en profiter ?

    Plusieurs compagnies sont positionnées pour tirer avantage de cette réconciliation. Air Algérie, en premier lieu, avec son expertise dans les liaisons transsahariennes, pourrait retrouver une place centrale sur le marché. Air France et Brussels Airlines, qui desservent déjà la région, pourraient également augmenter leurs fréquences ou lancer de nouvelles routes.

    D’autres transporteurs, comme les compagnies low-cost ou les opérateurs régionaux, pourraient aussi saisir cette opportunité pour étendre leur réseau. La baisse des coûts opérationnels due à la fin des restrictions devrait permettre une flexibilité accrue dans la tarification des billets.

    un signal fort pour la stabilité régionale

    Cette réconciliation dépasse le cadre strict du transport aérien. Elle envoie un message clair : la coopération entre les pays d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb est possible malgré les divergences politiques. Pour les voyageurs et les investisseurs, c’est une preuve de la résilience du secteur aérien africain face aux crises.

    À moyen terme, d’autres pays de la région pourraient s’inspirer de cette dynamique pour relancer leurs propres liaisons aériennes. Le Mali et l’Algérie, en surmontant leurs différences, montrent la voie à suivre pour une intégration économique renforcée en Afrique.

  • Maroc : un acteur clé dans les relations France-Sahel ?

    Maroc : un acteur clé dans les relations France-Sahel ?

    Maroc : un acteur clé dans les relations France-Sahel ?

    Une délégation ministérielle française, menée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, est en visite officielle au Maroc depuis le 15 juillet. Au programme : la signature d’accords bilatéraux et une analyse des dynamiques géopolitiques en Afrique subsaharienne. Cette rencontre survient dans un contexte où les relations entre la France et certains pays du Sahel se tendent, tandis que le Maroc renforce son influence sur le continent. Une situation qui soulève des questions sur le rôle de Rabat dans ce jeu d’alliances complexes.

    Mehdi Alioua, sociologue marocain spécialiste des migrations

    Un partenariat France-Maroc sous le signe de la coopération

    La visite de Sébastien Lecornu au Maroc s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre Paris et Rabat. Plusieurs accords devraient être signés, illustrant une collaboration étroite entre les deux pays. Comme l’explique Mehdi Alioua, sociologue à l’université internationale de Rabat, « une grande partie des investissements marocains se font en partenariat avec des entreprises françaises ou en accord avec la diplomatie française ». Cette synergie entre les deux nations suggère une complémentarité plutôt qu’une rivalité.

    Pourtant, le Maroc développe également des initiatives purement nationales, notamment en Afrique subsaharienne. « Une politique africaine pour l’Afrique, clairement affichée par le Roi du Maroc », souligne le sociologue. Cette ambition se traduit par des investissements autonomes et une diplomatie proactive, qui contrastent avec les difficultés rencontrées par la France dans la région.

    Le Maroc peut-il apaiser les tensions entre la France et le Sahel ?

    Les relations entre la France et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont récemment dégradées, notamment au Mali. Pourtant, Mehdi Alioua tempère ce constat : « la situation n’est pas dégradée au niveau des peuples, mais plutôt au niveau politique ». Les nouveaux régimes au Sahel ont instrumentalisé un sentiment anti-français à des fins populistes, ce qui n’a rien à voir avec la diplomatie marocaine, bien plus nuancée.

    Le sociologue rappelle l’histoire millénaire entre le Maroc et les pays sahéliens, « des liens qui remontent avant l’Islam et se sont renforcés avec le temps ». Une relation qui permet au Maroc de jouer un rôle de médiateur. « Nous sommes voisins, séparés par le Sahara, que nous savons traverser depuis des siècles », explique-t-il. Une expertise historique qui pourrait être mise à profit pour rétablir le dialogue.

    Droits humains au Maroc : entre progrès et défis

    Récemment, des voix critiques au Maroc, comme le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet et le rappeur Mehdi Black Wind, ont été interpellées. Une situation qui interroge sur le respect des libertés fondamentales dans le pays. Mehdi Alioua prend la défense du système judiciaire marocain : « Il faut s’inquiéter lorsque des journalistes ou artistes sont emprisonnés, mais les procédures restent indépendantes ». Il reconnaît cependant que « des vieux réflexes persistent » malgré les avancées en matière de droits humains.

    Les associations de défense des droits humains et les avocats se mobilisent pour soutenir les personnes concernées. Le sociologue conclut : « Le Maroc a fait des progrès considérables, mais il reste du chemin à parcourir ».

    Attractivité du Maroc : un rival pour la France ?

    Le Maroc cherche à renforcer son attractivité en Afrique, notamment à travers des événements comme la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football. Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques. Mehdi Alioua explique que « la société marocaine s’interroge sur l’utilisation des fonds publics », tandis que des tensions peuvent surgir avec d’autres pays africains.

    Pour le sociologue, le Maroc attire de plus en plus, mais ne rivalisera pas avec l’attractivité de la France tant qu’il restera un pays à revenu intermédiaire faible. « Le jour où le Maroc sera plus riche et développé économiquement, son attractivité dépassera celle de la France », prédit-il. En attendant, Rabat doit trouver un équilibre entre ambition et humilité pour consolider sa position sur le continent.

  • L’or camerounais s’échappe vers les émirats : le scandale des milliards perdus

    L’or camerounais s’échappe vers les émirats : le scandale des milliards perdus

    Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, au Cameroun, l’exploitation illégale de l’or bat son plein. Des sites miniers clandestins prolifèrent, échappant à tout contrôle étatique. Résultat : des fortunes colossales quittent le pays en direction de Dubaï, drainées par des réseaux mafieux aux ramifications locales bien ancrées.

    Ces trafics, organisés avec une précision inquiétante, reposent sur des complicités à tous les niveaux. Les autorités camerounaises, malgré leurs déclarations répétées, peinent à endiguer ce phénomène qui saigne l’économie nationale.

    Des régions sous l’emprise de l’orpaillage sauvage

    Les provinces de l’Est et de l’Adamaoua sont devenues les théâtres d’une ruée vers l’or incontrôlable. Des milliers d’individus, attirés par la promesse de richesses rapides, s’y adonnent à l’exploitation artisanale ou semi-industrielle. Pourtant, ces activités, souvent illégales, échappent à toute régulation.

    Les conséquences sont dramatiques : pollution des sols, déforestation accélérée, et surtout, un manque à gagner colossal pour l’État camerounais. Les recettes fiscales liées à l’exploitation minière s’effritent, tandis que les réseaux criminels s’enrichissent sans vergogne.

    Un trafic bien organisé en direction des Émirats

    Les filières de contrebande fonctionnent avec une efficacité redoutable. L’or extrait illégalement est acheminé vers Dubaï, où il est ensuite blanchit et réexporté sous forme de lingots ou de bijoux. Les méthodes utilisées pour contourner les contrôles sont variées : faux documents, fausses déclarations, ou encore corruption des agents des douanes.

    Les sommes en jeu sont astronomiques. Selon les estimations, des centaines de millions de dollars quittent chaque année le Cameroun de cette manière. Ces fonds, qui pourraient financer des infrastructures ou des services publics, alimentent au contraire l’économie parallèle.

    Des complicités locales difficiles à déraciner

    Les réseaux criminels ne pourraient prospérer sans des appuis au sein même des institutions. Des fonctionnaires, des militaires et des élus locaux sont régulièrement accusés de fermer les yeux – ou pire, de participer activement à ces trafics. Les enquêtes menées sur place révèlent l’ampleur des collusions.

    Les autorités camerounaises ont tenté de réagir. Des opérations de répression ont été lancées, des saisies effectuées, et des responsables arrêtés. Pourtant, les résultats restent mitigés. La corruption, profondément ancrée, rend toute lutte difficile. Les promesses de transparence peinent à se concrétiser.

    Quelles solutions pour le Cameroun ?

    Pour mettre fin à ce pillage organisé, une approche globale est nécessaire. Renforcer les contrôles aux frontières, moderniser la législation minière, et surtout, éradiquer la corruption au sein des institutions sont des étapes incontournables. Sans une volonté politique sans faille, le Cameroun continuera de voir ses ressources s’envoler vers l’étranger.

    Les populations locales, quant à elles, paient le prix fort. Les conditions de travail dans les mines artisanales sont souvent précaires, voire dangereuses. Les profits, eux, ne restent pas sur place.

    Face à l’urgence, le Cameroun doit agir vite. Sinon, l’or continuera de couler entre ses doigts, emporté par des courants bien plus puissants que les siens.