Auteur/autrice : nigeractu

  • Rencontre de haut niveau entre l’union européenne et la Mauritanie pour renforcer leur partenariat

    Rencontre de haut niveau entre l’union européenne et la Mauritanie pour renforcer leur partenariat

    Rencontre stratégique entre l’Union européenne et la Mauritanie : approfondissement d’un partenariat clé

    Un dialogue politique de haut niveau s’est tenu le 12 février 2026 à la Primature de Mauritanie, marquant une nouvelle étape dans les relations entre la République Islamique de Mauritanie et l’Union européenne. Sous la présidence du Premier Ministre mauritanien Mokhtar Ould DIAYE, cette réunion a réuni les principaux responsables politiques et diplomatiques des deux parties.

    Une réunion axée sur les enjeux bilatéraux et régionaux

    Cette rencontre diplomatique avait pour objectif principal de renforcer la coopération entre la Mauritanie et l’UE, en abordant des thématiques majeures pour les deux partenaires. Parmi les sujets traités :

    • Sécurité et stabilité régionale : examen des questions de paix et de sécurité, avec un accent particulier sur la situation humanitaire et l’accueil des réfugiés en Mauritanie
    • Développement économique : analyse des performances économiques mauritaniennes, des défis persistants et des réformes structurelles mises en place
    • Coopération politique : bilan des avancées politiques et institutionnelles, notamment en vue du futur dialogue national
    • Droits humains et sociaux : promotion des droits civiques et politiques, ainsi que des secteurs clés comme la santé et l’éducation
    • Environnement et pêche : discussion sur la gestion des ressources naturelles et la pêche durable

    Les discussions ont également porté sur les initiatives européennes en Mauritanie, notamment dans le cadre de l’accord Global Gateway, avec un focus sur le développement des infrastructures et la transition énergétique.

    Participants et contributions des deux parties

    Du côté mauritanien, la délégation était composée de plusieurs ministres clés :

    • Le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur
    • Le Ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local
    • Le Ministre des Finances
    • Le Ministre de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires
    • Le Ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement
    • Le Ministre de la Santé
    • Le Directeur du Cabinet du Premier Ministre

    Pour l’Union européenne, étaient présents :

    • La Directrice du département Afrique du Service européen de l’Action extérieure (EEAS)
    • Le Directeur Afrique de la Direction générale des partenariats internationaux
    • Les Ambassadeurs de l’Equipe Europe en Mauritanie (Allemagne, Espagne, France, Italie)
    • Les Ambassadeurs non résidents (Roumanie, Danemark)

    Mme Patricia Llombard-Cussac, représentant l’Equipe Europe, a présenté les actions de l’UE en Mauritanie, notamment les projets liés à l’initiative Global Gateway et les investissements dans les infrastructures énergétiques et sociales.

    Perspectives et engagements pour l’avenir

    Les échanges ont été menés dans un climat de confiance mutuelle, soulignant la qualité des relations entre la Mauritanie et l’Union européenne. À l’issue de la réunion, les deux parties ont réitéré leur engagement à poursuivre le dialogue et à renforcer leur partenariat dans les domaines identifiés.

    Ces rencontres régulières s’inscrivent dans le cadre de l’Accord de Samoa, qui structure les relations entre les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et l’Union européenne (ACP-UE).

    Cette réunion confirme l’importance stratégique de la Mauritanie pour l’Europe, notamment dans des domaines aussi variés que la sécurité, l’économie et le développement humain.

    Pourquoi ce partenariat est-il crucial pour la Mauritanie ?

    La Mauritanie, située à la croisée de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, joue un rôle clé dans la stabilité régionale. Son partenariat avec l’UE permet :

    • Le renforcement de la sécurité et de la paix dans la région du Sahel
    • Le soutien à la croissance économique et à la diversification des secteurs productifs
    • L’amélioration des conditions de vie de la population, notamment via l’éducation et la santé
    • La promotion de la coopération internationale sur les enjeux migratoires et environnementaux
  • Le Burkina Faso rend les médicaments plus accessibles avec une baisse tarifaire historique

    Le Burkina Faso rend les médicaments plus accessibles avec une baisse tarifaire historique

    Le Burkina Faso franchit une étape significative dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé en annonçant une réduction spectaculaire des prix des médicaments essentiels génériques et de certains consommables médicaux. Cette mesure d’envergure, effective dès le 1er mars 2026, vise à alléger considérablement le fardeau financier des ménages et à garantir une meilleure équité face à la santé.

    Cette décision stratégique a été entérinée lors du Conseil des ministres du 12 février 2026. Les autorités burkinabè ont ainsi validé une diminution notable des tarifs des produits distribués par la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG), avec des baisses pouvant atteindre jusqu’à 72 % pour certaines catégories.

    Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a détaillé les différentes catégories concernées par ces ajustements tarifaires. Les diminutions varient ainsi : les formes comprimées bénéficient d’une baisse allant jusqu’à 67,27 %, les produits injectables de 53,47 %, et les sirops ou suspensions de 20 %. Les consommables médicaux enregistrent les réductions les plus importantes, avec des baisses pouvant atteindre 72,73 %.

    Pour soutenir cette réforme ambitieuse, l’État burkinabè mobilise un appui financier conséquent, s’élevant à 3 milliards de FCFA. Cet investissement crucial est destiné à réduire les dépenses de santé des citoyens, à faciliter l’accès à des traitements vitaux et à renforcer l’égalité d’accès aux services de santé sur l’ensemble du territoire.

    Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité d’efforts antérieurs, notamment une précédente baisse des prix des médicaments mise en œuvre en mai 2025, dont l’impact budgétaire avait été estimé à près de 5 milliards de FCFA. Ces actions successives illustrent la volonté inébranlable des autorités de garantir des soins de qualité et financièrement accessibles à l’ensemble de la population du Burkina Faso.

  • Invité Afrique Midi – «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Invité Afrique Midi – «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Invité Afrique Midi

    «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Publié le :

    Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est achevé sur une déclaration d’intention : celle de « faire taire les armes » et de ne plus tolérer les changements de pouvoir anticonstitutionnels. Peut-on réellement y croire ? Le chercheur camerounais Paul-Simon Handy, directeur régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Est, était à Addis-Abeba, il est l’invité d’Afrique midi. 

    Paul-Simon Handy, directeur régional de l'Institut d'études de sécurité (ISS) pour l'Afrique de l'Est, revient sur le bilan du sommet de l'UA à Addis-Abeba.
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    À lire aussiFin du sommet de l’Union africaine: «Aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels»

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  • Invité Afrique Midi – «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Invité Afrique Midi – «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Invité Afrique Midi

    «Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement»

    Publié le :

    Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est achevé sur une déclaration d’intention : celle de « faire taire les armes » et de ne plus tolérer les changements de pouvoir anticonstitutionnels. Peut-on réellement y croire ? Le chercheur camerounais Paul-Simon Handy, directeur régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Est, était à Addis-Abeba, il est l’invité d’Afrique midi. 

    Paul-Simon Handy, directeur régional de l'Institut d'études de sécurité (ISS) pour l'Afrique de l'Est, revient sur le bilan du sommet de l'UA à Addis-Abeba.
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  • Violence jihadiste au Niger : un massacre choquant dans le Tillabéri

    Violence jihadiste au Niger : un massacre choquant dans le Tillabéri

    Des soldats nigériens assurant la sécurité dans une zone instable du Sahel

    Un massacre de civils a endeuillé le Niger en ce début d’année. Le 18 janvier dernier, des hommes et des enfants ont été exécutés par des combattants de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dans le village de Bossiye, situé dans la région du Tillabéri, à l’ouest du pays. Bilan : 31 victimes.

    Une attaque méthodique selon les informations recueillies par Human Rights Watch. Autour de midi, une centaine de jihadistes auraient fait irruption dans le village, armés et juchés sur des motos. Leur objectif ? Semer la terreur parmi la population locale.

    Une région sous haute tension

    Le Tillabéri fait partie des zones les plus touchées par les violences jihadistes au Niger. Cette région, frontalière avec le Mali et le Burkina Faso, est le théâtre de fréquents affrontements entre groupes armés et forces de sécurité nigériennes. Les trois frontières (Niger-Mali-Burkina Faso) concentrent une grande partie des attaques terroristes dans le Sahel.

    L’EIGS, un groupe particulièrement actif

    L’État islamique au Grand Sahara est l’un des principaux groupes armés à l’origine de ces violences. Ses membres ciblent régulièrement les villageois, accusés de collaborer avec les autorités ou les forces internationales. Les massacres perpétrés par ce groupe ont déjà fait des centaines de victimes au Niger et dans les pays voisins.

    • Une escalade alarmante : les attaques se multiplient depuis plusieurs années dans la région.
    • Un défi sécuritaire pour le gouvernement nigérien, qui peine à endiguer la propagation de ces violences.
    • Des conséquences humanitaires dramatiques pour les populations locales, contraintes de fuir ou de vivre dans l’insécurité permanente.

    Que faire face à cette menace ?

    Les autorités nigériennes, soutenues par des partenaires internationaux, tentent de renforcer la sécurité dans la région du Tillabéri. Cependant, la tâche reste complexe face à la mobilité et à la détermination des groupes armés.

    Les ONG et les organisations de défense des droits de l’homme appellent à une réponse internationale coordonnée pour protéger les populations civiles et mettre fin à ces exactions.

    Ce nouveau massacre rappelle l’urgence d’agir pour briser le cycle de la violence au Niger et dans toute la sous-région.

  • Les États-Unis et le Maroc redéfinissent leur influence au Sahel

    Les États-Unis et le Maroc redéfinissent leur influence au Sahel

    Le paysage géopolitique du Sahel connaît une transformation silencieuse mais profonde. Alors que les missions européennes se sont progressivement retirées du Mali, du Burkina Faso et du Niger, et que la Russie consolide sa présence via des structures paraétatiques, les États-Unis semblent marquer un retour en arrière éclairé. Selon Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE, cette dynamique ne relève pas d’un regain soudain, mais plutôt d’une stratégie de patience. « Ce n’est pas un retour en force, c’est plutôt la confirmation qu’ils n’ont jamais été très loin et qu’ils attendaient de voir le délitement des autres pour pouvoir se positionner », analyse-t-il.

    Une approche stratégique fondée sur le pragmatisme

    Les États-Unis n’ont jamais quitté le Sahel, mais ont adapté leur présence en misant sur le pragmatisme. « Les Américains sont pragmatiques. Ils négocient avec des interlocuteurs dont ils ne partagent pas forcément les positions », souligne Emmanuel Dupuy. Dans cette logique transactionnelle, les enjeux sécuritaires et économiques priment sur les considérations idéologiques.

    Il ajoute : « Ils ne considèrent pas la Russie comme une menace et, au contraire, ils sont parfaitement complémentaires avec des acteurs qui, par ailleurs, ont bénéficié du vide stratégique, du coup d’aspirateur qui a chassé les Occidentaux, en l’occurrence les Européens. » Cette coexistence, loin d’être conflictuelle, s’inscrit dans un jeu d’ajustements mutuels où chaque puissance capitalise sur les espaces laissés vacants par d’autres partenaires.

    Une opportunité stratégique pour Washington

    Plusieurs facteurs favorisent actuellement une fenêtre d’opportunité pour les États-Unis. « Tout s’aligne pour les Américains. L’ONU est discréditée, la Russie ne parvient pas à lutter efficacement contre les groupes armés terroristes. » L’affaiblissement de la crédibilité onusienne et les limites opérationnelles des dispositifs russes ouvrent ainsi un espace pour un redéploiement indirect.

    La méthodologie américaine repose sur un dialogue structuré avec les autorités locales, quelle que soit leur légitimité. Emmanuel Dupuy établit un parallèle explicite : « Les Américains pratiquent exactement la même méthodologie de dialogue structuré avec les autorités maliennes, comme ils l’ont fait avec les autorités afghanes, avec, in fine, la perspective de négocier avec les talibans. » Cette approche, distincte de celle des Européens, marque une acceptation du fait accompli politique.

    Sous-traitance sécuritaire et alliances indirectes

    La stratégie américaine ne se limite pas à un dialogue avec les régimes sahéliens. Elle s’inscrit dans une dynamique de convergences croisées. « Les Américains sont parfaitement convergents avec d’autres acteurs et partenaires, notamment la Turquie », observe Emmanuel Dupuy. La faible présence relative de la Chine dans certains segments sécuritaires du Sahel constitue, selon lui, une opportunité supplémentaire pour Washington.

    Sur le plan commercial, il évoque la relance de l’African Growth and Opportunity Act, un dispositif permettant à plusieurs pays africains de bénéficier d’exemptions tarifaires sur le marché américain. Ce cadre, qui concerne trente nations, participe d’une stratégie d’ancrage économique complémentaire à la dimension sécuritaire.

    Une coexistence russo-américaine en question

    La question de la coexistence entre les États-Unis et la Russie dans un même espace géographique revient régulièrement dans les débats. Emmanuel Dupuy y répond sans détour : « Ça peut d’autant plus fonctionner que ce ne seront pas directement les États-Unis ni directement la Russie. Ce sont des sociétés militaires privées, des ESSD, qui interviendront. C’est exactement ce que les Américains feront. » Cette externalisation constitue, selon lui, le cœur du modèle.

    Il cite l’exemple du Rwanda et de la RDC : « La meilleure preuve, c’est le deal qu’ils ont facilité entre la RDC et le Rwanda : il y a des Américains, mais pas des forces armées régulières. Cela s’appelle Blackwater. » L’évocation de sociétés militaires privées renvoie à une pratique déjà éprouvée sur d’autres théâtres d’opérations.

    Le Maroc, un partenaire clé dans la stratégie américaine

    Dans ce contexte, la place du Maroc occupe une position singulière. La coopération bilatérale entre Rabat et Washington s’est intensifiée sur les plans militaire, économique et diplomatique. Emmanuel Dupuy estime qu’une convergence plus large pourrait se dessiner vers le Sahel. « Vraisemblablement, oui. Le Maroc est un peu le partenaire idéal, le partenaire espéré, dont les Américains ont besoin. »

    Cette complémentarité d’intérêts permet aux États-Unis de ne pas s’engager frontalement tout en utilisant l’image positive du Maroc, qui peut dialoguer avec les gouvernements issus des coups d’État militaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

    Emmanuel Dupuy observe que « les Marocains demeurent des acteurs privilégiés, d’autant plus que l’Algérie a perdu le lien quasi organique qu’elle entretenait avec le Mali ». Il évoque notamment le soutien apporté par Alger à certains acteurs religieux jugés inacceptables par Bamako, ce qui aurait contribué à distendre les relations.

    Un levier d’influence discret mais efficace

    Le pouvoir à Bamako voit d’un très bon œil le fait que le Maroc reste un acteur privilégié, alors même que les autorités maliennes dénoncent régulièrement des ingérences extérieures. Rabat bénéficierait ainsi d’un capital relationnel distinct.

    La perspective d’un approfondissement économique régional reste inscrite dans le long terme. « Oui, mais ça, c’est du très long terme. On parle de désenclavement, de corridors logistiques Burkina FasoNigerMali via la Mauritanie, puis des investissements dans le sud du Maroc. C’est une perspective à dix ans, pas avant », précise Emmanuel Dupuy.

    Avant ces infrastructures structurantes, d’autres leviers sont mobilisés. Il cite en particulier la diplomatie spirituelle : « Depuis 2015, l’Institut Mohammed VI de formation des imams forme des cadres religieux pour toute la région, avec la promotion d’un islam modéré, malikite, soufi. C’est un outil d’influence douce extrêmement efficace. » L’exportation d’un référentiel religieux encadré constitue, à ses yeux, un vecteur de stabilisation et d’influence.

    Parallèlement, le Maroc peut proposer « des perspectives économiques de désenclavement que peu d’acteurs sont capables de proposer aujourd’hui ». Cette offre s’inscrit dans une stratégie plus large de projection africaine, déjà visible à travers les investissements bancaires, télécoms et industriels du royaume.

    Algérie et Sahara : un rapport de force en mutation

    Reste la question algérienne. Emmanuel Dupuy se montre sceptique quant aux marges de manœuvre d’Alger. « Honnêtement, je ne vois pas laquelle », répond-il à propos des cartes dont disposerait encore le régime algérien. Il estime que la dynamique diplomatique actuelle lui est défavorable, notamment sur le dossier du Sahara. Selon lui, « les Américains ont rappelé que la seule base de discussion reste le plan d’autonomie ».

    Il souligne également que certains projets alternatifs, notamment énergétiques, n’ont pas abouti comme envisagé. Les marges de manœuvre d’Alger apparaissent ainsi contraintes par l’évolution des alliances régionales et par les priorités des grandes puissances.

    Emmanuel Dupuy évoque la réunion de Madrid comme un moment charnière dans l’évolution du dossier du Sahara. « Il ne s’agit plus de débats idéologiques, mais de mise en œuvre pratique. » Les discussions porteraient désormais sur la gouvernance locale, le développement économique, les zones maritimes, la production agricole et les zones économiques exclusives.

    À travers cette grille de lecture, le Sahel n’apparaît plus seulement comme un théâtre de rivalités sécuritaires, mais comme un espace de recomposition stratégique où s’entrelacent intérêts extractifs, sous-traitance militaire, diplomatie religieuse et corridors logistiques. Dans cet échiquier, Washington ajuste sa posture et le Maroc s’affirme comme un pivot régional, au croisement de l’Atlantique, de la Méditerranée et de la profondeur africaine.

  • Énergie solaire à Niafounké : soins médicaux durables au Mali

    Énergie solaire à Niafounké : soins médicaux durables au Mali

    énergie solaire au Mali : une révolution sanitaire à Niafounké

    Panneaux solaires installés par MSF à l'hôpital de Niafounké, au nord du Mali

    Dans la région de Tombouctou, au Mali, l’hôpital de Niafounké bénéficie désormais d’une solution énergétique innovante grâce à l’installation de panneaux solaires. Cette initiative, portée par Médecins Sans Frontières (MSF), permet de renforcer l’autonomie de l’établissement et d’assurer une meilleure continuité des soins dans une zone confrontée à des défis logistiques et sécuritaires majeurs.

    Une transition énergétique cruciale pour les soins médicaux

    Avant cette modernisation, l’hôpital de Niafounké dépendait principalement d’une centrale thermique fonctionnant au gasoil. Les coupures d’électricité fréquentes obligeaient les équipes médicales à recourir quotidiennement à un générateur, entraînant des coûts élevés et une fiabilité limitée. Aujourd’hui, la nouvelle installation solaire photovoltaïque couvre 60 % des besoins énergétiques de l’hôpital, réduisant considérablement la dépendance aux énergies fossiles.

    « Cette transition énergétique nous permet de minimiser les dépenses liées au générateur, à son entretien et à l’achat de diesel. Les ressources ainsi économisées sont réinvesties dans la prise en charge des patients. De plus, elle garantit la continuité des soins essentiels : fonctionnement des concentrateurs d’oxygène en néonatologie et pédiatrie, urgences chirurgicales et obstétricales, alimentation du laboratoire, des appareils d’échographie et de la chaîne du froid nécessaire aux transfusions sanguines. »

    Souleymane Ouattara, coordinateur du projet à Tombouctou

    Ce système innovant, d’une capacité de 90 kWc, est couplé à des batteries lithium de 210 kWh et à un groupe électrogène de 80 kVA. Cette combinaison hybride assure une alimentation électrique stable, de jour comme de nuit, en alternant entre énergie solaire, réseau local et générateur.

    Un impact concret sur la vie des patients

    Pour les habitants de la région, cette stabilité énergétique est une véritable bouffée d’oxygène. Fadi, une mère déplacée de Léré en raison de menaces de groupes armés, témoigne : « Après avoir fui mon village avec mes enfants, je me rends désormais à la pédiatrie pour soigner mon fils Ousmane. L’accès à des soins fiables est vital dans ce contexte de précarité. »

    Ce projet s’inscrit dans la Green Initiative de MSF, une démarche visant à réduire l’empreinte carbone des missions humanitaires tout en optimisant leur efficacité. Depuis plusieurs années, MSF déploie des solutions solaires hybrides dans des zones reculées du Sahel, où l’acheminement du diesel est complexe et coûteux. En remplaçant partiellement cette énergie polluante, l’organisation renforce la résilience des structures de santé locales.

    Des bénéfices multiples pour la santé et l’environnement

    Au-delà des avantages écologiques, cette initiative permet de réallouer des ressources financières vers les soins médicaux. L’énergie solaire stabilise le fonctionnement des laboratoires, des chambres froides et des services hospitaliers essentiels, améliorant ainsi les conditions de travail des équipes et la qualité des soins prodigués aux patients.

    Dans un contexte humanitaire fragile, l’énergie solaire représente bien plus qu’une solution technique : elle incarne un levier d’autonomie et d’espoir pour les populations et les structures de santé. Grâce à ces projets, MSF allie action humanitaire, responsabilité environnementale et engagement durable pour sauver des vies.

    Depuis 2019, MSF mène également un projet pédiatrique dédié aux enfants de moins de 15 ans hospitalisés à Niafounké. L’organisation soutient par ailleurs quatre centres de santé communautaire et intervient dans les villages isolés de la région du Gourma, toujours dans le nord du Mali.

    Pour aller plus loin

  • Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso
    Deux personnes échangent des billets de Banque à Bamako 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

    Classement corruption : le Mali recule face au Niger et Burkina Faso

    Le Mali enregistre un recul notable dans l’édition 2025 de l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International. Le pays glisse de la 135ᵉ à la 136ᵉ position au classement mondial, se faisant ainsi devancer par ses voisins du Niger et du Burkina Faso, tous deux membres de la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Cet indice, qui évalue la lutte contre la corruption dans 182 pays, attribue au Mali une note de 28/100 pour l’année 2025. Une performance en baisse par rapport à l’année précédente, où le pays occupait la 135ᵉ place. Malgré les mesures annoncées par les autorités pour endiguer ce phénomène, les résultats peinent à se matérialiser.

    Ibrahim Harouna Touré, coordinateur régional de l’Observatoire des droits humains et de la paix à Gao, analyse ce classement comme le reflet d’un manque criant de transparence et de gouvernance au sein des institutions maliennes. « Aucun débat public, aucune remise en question n’accompagne les grands projets de l’État. Les appels d’offres manquent cruellement de redevabilité », explique-t-il.

    L’expert souligne également l’absence de contrôle effectif sur la gestion des fonds publics. « On a l’impression d’une gouvernance aux mains de plusieurs entités autonomes, où chaque responsable gère les ressources à sa convenance », dénonce-t-il. Pour lui, ces lacunes structurelles en matière de transparence et de responsabilité expliquent en grande partie la persistance de la corruption au Mali.

  • Classement corruption 2025 : l’afrique francophone en difficulté

    Classement corruption 2025 : l’afrique francophone en difficulté

    Transparency International vient de publier son indice de perception de la corruption 2025, qui évalue le niveau de corruption perçue dans le secteur public de 182 pays à travers le monde. Cette année, les résultats révèlent une aggravation globale du phénomène, y compris dans des démocraties considérées comme stables.

    présentation indice de perception de la corruption

    comment fonctionne l’indice de perception de la corruption ?

    La corruption, par nature illégale et dissimulée, reste difficile à mesurer directement. Cependant, Transparency International évalue chaque année la perception de ce phénomène à travers le monde. L’indice de perception de la corruption (IPC) s’appuie sur des données provenant de 13 sources externes, dont la Banque mondiale et le Forum économique mondial.

    Les critères analysés incluent le taux de poursuites contre des fonctionnaires corrompus, les détournements de fonds publics et la protection accordée aux lanceurs d’alerte. Chaque pays reçoit un score sur 100, allant de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre). En 2025, plus des deux tiers des pays affichent un score inférieur à 50.

    Le classement est dominé par le Danemark (89 points), tandis que le Soudan du Sud et la Somalie ferment la marche avec seulement 9 points chacun.

    l’afrique subsaharienne en tête des régions les plus touchées

    L’Afrique subsaharienne affiche la note moyenne la plus basse au monde, avec un score de 32/100. Seulement quatre pays de la région dépassent le seuil de 50 points, et aucun pays francophone n’en fait partie. Parmi les mieux notés, on trouve les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda et le Botswana.

    En Afrique de l’Ouest francophone, le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se distinguent grâce à des réformes administratives, mais la Guinée accuse un retard important en raison de faiblesses institutionnelles et d’un espace civique restreint.

    le Sahel et l’afrique centrale francophone : des scores préoccupants

    Dans la région du Sahel, les pays francophones affichent des résultats encore plus inquiétants. Les environnements sécuritaires et politiques instables, couplés à des institutions fragilisées, favorisent la corruption. Le Burkina Faso, en tête des pays sahéliens francophones, obtient un score de 40, loin de la moyenne de 50. À titre de comparaison, le Niger atteint 31 points, le Mali 28 et le Tchad seulement 22.

    En Afrique centrale francophone, la situation est tout aussi critique. La République démocratique du Congo, en proie à des conflits, affiche un score de 20, tandis que le Burundi atteint péniblement 17 points. Le Rwanda fait exception avec 58 points, se positionnant comme un modèle dans la région.

    Un constat s’impose : aucun pays d’Afrique francophone ne dépasse les 70 points, seuil considéré comme le début de la zone d’« intégrité élevée » par Transparency International.

    illustration corruption échange d'enveloppes

    europe : un recul inquiétant de la lutte contre la corruption

    À titre de comparaison, l’Allemagne se classe en dixième position mondiale avec 77 points, devançant la France (66 points). Selon François Valérian, président de Transparency International, « des lois existent, mais elles ne sont pas appliquées. Les organes de lutte contre la corruption manquent d’indépendance et de moyens. »

    Il dénonce également un désengagement de certains gouvernements, notamment dans les pays du Nord, qui estiment avoir déjà suffisamment agi contre ce fléau.

    Pour renforcer la lutte, Transparency International plaide en faveur d’un système judiciaire indépendant, à la fois des pouvoirs exécutifs et des intérêts privés. Une indépendance assortie de ressources suffisantes pour garantir son efficacité.

    La première directive anticorruption de l’Union européenne, adoptée fin 2025, vise à harmoniser les législations pénales des États membres. Cependant, les résultats concrets prendront du temps à se matérialiser.

  • Le Tchad, terre d’accueil pour les réfugiés soudanais malgré des défis nationaux croissants

    Le Tchad, terre d’accueil pour les réfugiés soudanais malgré des défis nationaux croissants

    Dans le tumulte provoqué par le conflit soudanais, le Tchad s’impose comme la principale terre d’asile en Afrique centrale. Bien que la situation humanitaire ait montré des signes de stabilisation l’année dernière, cette nation reste l’une des plus fragiles au monde, peinant à couvrir les besoins vitaux de quatre millions de ses propres citoyens.

    Un fardeau humanitaire sans précédent

    Depuis le déclenchement des hostilités entre factions rivales au Soudan en avril 2023, environ 14 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer. Selon les données de l’ONU, cette crise déstabilise l’ensemble des sept pays frontaliers et impacte la sécurité régionale.

    Le Tchad est en première ligne, devenant le pays africain qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant. D’après le HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés), plus de 900 000 Soudanais ont traversé la frontière orientale depuis le début des combats. Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a salué cet élan de solidarité exceptionnel.

    Des réfugiés soudanais fuyant les violences arrivent à la ville frontalière d'Adré, au Tchad (photo d'archives).

    Une nation face à ses propres vulnérabilités

    Surnommé la « Tour de Babel » pour sa diversité culturelle (plus de 200 ethnies et 100 langues), le Tchad traverse une période critique. Avec 42 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, le pays doit jongler entre l’accueil massif et la gestion de crises internes majeures.

    Impact climatique et insécurité alimentaire

    Le changement climatique pèse lourdement sur le pays. Le lac Tchad continue de s’assécher, tandis que des inondations dévastatrices frappent le territoire. En 2024, ces crues ont anéanti 432 000 hectares de terres agricoles, impactant près de deux millions d’habitants et provoquant des épidémies de choléra.

    La malnutrition atteint des seuils alarmants : on estime que deux millions d’enfants de moins de cinq ans seront touchés par la malnutrition aiguë entre fin 2025 et 2026, dont près de 484 000 cas sévères selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

    Pressions sécuritaires et enjeux régionaux

    L’insécurité demeure une préoccupation centrale dans cette zone du Sahel. Les attaques de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad ont déjà déplacé 250 000 personnes. Au nord, le trafic illicite et l’exploitation minière illégale s’accompagnent de violences de genre. Il est à noter que 87 % des réfugiés sont des femmes et des enfants, une population particulièrement exposée. Cette situation est suivie de près par les observateurs de la politique nigérienne et régionale en raison de la porosité des frontières.

    Des forces de sécurité patrouillent à Adré, au Tchad.

    L’action internationale et le soutien de l’ONU

    Le gouvernement tchadien, soutenu par le HCR, a réussi à reloger 67 % des nouveaux arrivants dans des zones sécurisées. Un Plan d’action humanitaire pour 2026, doté de 986 millions de dollars, vise à secourir 3,4 millions de personnes. Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, a précisé que les efforts se concentreront sur l’est, le sud et la province du Lac.

    Par ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations Unies prévoit une réunion le 19 février pour traiter de la crise soudanaise, avec un accent particulier sur la protection des femmes face aux violences généralisées.

    Un espoir de résilience : le parcours de Radwa

    Malgré l’adversité, des histoires de réussite émergent. Radwa Abdelkarim, mère de six enfants ayant fui le Soudan en 2023, a transformé une aide financière du HCR en une opportunité entrepreneuriale. Installée au camp de Farchana, elle a ouvert deux épiceries et un restaurant, employant aujourd’hui 12 autres réfugiés.

    « Mon objectif est de soutenir les autres femmes pour que nous puissions avancer ensemble », témoigne-t-elle, illustrant la force de la solidarité au sein des communautés déplacées alors que le pays fait face à d’importants défis liés à l’économie régionale.

  • Frappe de drone au Niger : 17 civils tués et des vies brisées

    Frappe de drone au Niger : 17 civils tués et des vies brisées

    Une attaque meurtrière sur un marché du Niger

    Une frappe de drone militaire, apparemment menée par l’armée nigérienne, a causé la mort de 17 civils, dont quatre enfants, et blessé au moins 13 autres personnes dans la région de Tillabéri, à l’ouest du Niger. L’incident s’est produit le 6 janvier 2026 dans le village de Kokoloko, situé à environ 120 km de Niamey et à moins de trois kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso.

    Parmi les victimes figurent 11 femmes âgées de 29 à 50 ans, deux hommes et quatre enfants âgés de 5 à 10 ans. Les blessés, au nombre de 13, incluent également deux enfants. Les corps, souvent carbonisés, ont été enterrés dans des fosses communes séparées pour les femmes et les enfants d’une part, et pour les hommes d’autre part.

    Des témoignages accablants sur l’attaque

    Des habitants ont rapporté avoir vu un drone survoler Kokoloko à deux reprises avant de larguer une munition vers 13h30, alors que le marché était bondé. « J’ai vu le drone blanc, puis j’ai entendu un sifflement avant une explosion assourdissante », a déclaré un marchand de 36 ans, qui a miraculeusement échappé aux blessures.

    Selon les récits, trois combattants de l’État islamique au Sahel (EIS) se trouvaient au marché au moment de l’attaque. Ils étaient sans armes et habillés en civil, portant des turbans. Les habitants ont précisé que ces combattants effectuaient régulièrement leurs achats dans les marchés de la région. Cependant, l’attaque a également coûté la vie à trois de ces combattants, dont les corps ont été récupérés et enterrés par l’EIS.

    Une frappe qui viole le droit international

    Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch, a souligné que cette frappe « a tué et blessé un grand nombre de civils sur un marché, en violation flagrante du droit de la guerre ». Elle a appelé les autorités nigériennes à mener une enquête transparente et à indemniser les victimes et leurs familles.

    L’armée nigérienne, dirigée par une junte militaire depuis un coup d’État en juillet 2023, n’a fait aucun commentaire public sur cette frappe. Human Rights Watch a envoyé une lettre à la junte pour exiger des réponses, mais n’a reçu aucune réponse à ce jour.

    Des preuves accablantes

    Human Rights Watch a mené des entretiens avec 15 personnes, dont des témoins et des membres d’ONG, et a analysé trois vidéos ainsi que des images satellites. Les données de la NASA (système FIRMS) confirment la présence d’incendies actifs à Kokoloko à 13h31 le 6 janvier. Les images satellites du 7 janvier montrent des traces de feux supplémentaires, absentes sur les images du matin précédent.

    Les images du 20 janvier révèlent des zones brûlées le long de la route principale du village. Les témoins ont expliqué que la munition larguée par le drone a provoqué un incendie alimenté par le carburant présent sur le marché et les étals en bois, favorisant la propagation rapide des flammes.

    Les vidéos disponibles en ligne montrent des dégâts considérables, compatibles avec l’utilisation d’explosifs puissants. Les blessés présentaient des brûlures et des blessures causées par des fragments de munitions.

    Un exode massif après l’attaque

    Sur les 1 200 habitants de Kokoloko, la quasi-totalité a fui vers des villages voisins ou a franchi la frontière vers le Mali. Une femme, qui a perdu sa cousine de 50 ans et son neveu de 5 ans, a raconté : « J’ai passé la première nuit dans un village proche avec mes enfants, puis nous avons traversé la frontière avec presque rien. »

    Un contexte de violences récurrentes dans le Sahel

    Depuis 2019, des groupes armés islamistes, dont l’EIS, mènent des attaques contre les militaires et les civils au Niger. La région de Tillabéri est particulièrement touchée. Selon l’ACLED, en 2025, cette région a enregistré « le plus grand nombre de victimes civiles » dans le centre du Sahel, attribuées à l’EIS, à l’armée nigérienne et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

    En septembre 2025, des frappes aériennes de l’armée nigérienne sur un marché du village d’Injar, toujours dans la région de Tillabéri, avaient déjà causé la mort de plus de 30 civils. En janvier 2024, des frappes de drones avaient également tué des civils dans le village de Tiawa, situé dans la même région.

    Des drones turcs au cœur des controverses

    Depuis 2022, l’armée nigérienne aurait acquis plusieurs types de drones turcs, dont les Bayraktar TB-2, Karayel-SU et Aksungur UCAV. Ces drones, équipés de capteurs et de munitions guidées, permettent une surveillance et des frappes de précision. Cependant, leur utilisation dans des zones civiles densément peuplées soulève des questions sur leur ciblage.

    Appel à une action internationale

    Ilaria Allegrozzi a conclu en exhortant les gouvernements étrangers soutenant l’armée nigérienne à « faire pression pour que des mesures soient prises afin d’éviter tout préjudice aux populations locales ». Elle a également souligné l’obligation pour le gouvernement nigérien de fournir une assistance aux victimes et de verser des indemnités appropriées.

  • Le Mali dynamise sa santé publique : 39 véhicules 4×4 Gavi pour les zones reculées

    Le Mali dynamise sa santé publique : 39 véhicules 4×4 Gavi pour les zones reculées

    Un événement significatif a marqué le jeudi 5 février 2026 à Bamako : le ministère de la Santé et du Développement Social du Mali a pris possession de 39 véhicules tout-terrain. Ces robustes 4×4 sont spécifiquement alloués à la consolidation du système de santé national et à l’amélioration de l’accès aux prestations sanitaires essentielles, en particulier les campagnes de vaccination, au sein des localités les plus isolées et défavorisées du territoire malien. La cérémonie officielle s’est déroulée au cœur de la Cité administrative, au siège du ministère.

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    D’une valeur estimée à 689 millions de francs CFA, cette nouvelle flotte représente le fruit d’une collaboration fructueuse entre le ministère de la Santé et l’Alliance mondiale pour les vaccins (Gavi), comme l’a précisé la ministre de la Santé, Assa Badiallo Touré. Elle a tenu à souligner que cet apport s’inscrit dans la continuité d’un engagement durable, rappelant l’acquisition de 68 véhicules en 2023, grâce au soutien de la Banque mondiale, pour renforcer la vaccination contre la COVID-19. La ministre a également évoqué l’arrivée prochaine d’autres équipements au cours de l’année 2026, confirmant la dynamique de renforcement des infrastructures sanitaires au Mali.

    Dans son discours, la ministre a affirmé que ces véhicules tout-terrain sont essentiels pour « dynamiser les capacités opérationnelles de nos établissements de santé, notamment pour le suivi des programmes de santé et des initiatives de vaccination ». Elle a vivement encouragé les futurs utilisateurs et les conducteurs à assurer une maintenance méticuleuse de ces équipements. La ministre a insisté sur l’importance de la conservation de ce matériel précieux, même face aux défis actuels, alors que le ministère s’efforce continuellement d’étoffer sa flotte de véhicules de service.

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    Fosca Giulidori, représentante de l’UNICEF au Mali, s’est exprimée au nom des partenaires techniques et financiers, soulignant la signification profonde de cette initiative. Elle a déclaré : « Au-delà d’une simple remise de clés, cet événement incarne un geste fort de solidarité internationale, concrétisé par l’engagement constant de Gavi à accélérer les efforts de vaccination à l’échelle mondiale et à assurer une égalité d’accès aux vaccins essentiels. »

    Selon Mme Giulidori, ces 39 véhicules sont des atouts cruciaux pour le système de santé malien. Leur rôle sera multiple : ils faciliteront le transport sécurisé et conforme des vaccins et autres fournitures médicales vers les établissements de santé les plus éloignés, permettront le déploiement d’équipes médicales mobiles dans les zones enclavées, et consolideront les programmes d’immunisation, la surveillance nutritionnelle ainsi que d’autres prestations de soins vitales pour l’ensemble des citoyens.